Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Le pouvoir de la connaissance
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MessageSujet: Le pouvoir de la connaissance Mer 28 Nov - 18:01
Début mai de l’an 2000

C’était une belle journée en mai. Le vent soufflait doucement sur les arbres et apportait de fraicheur à la chaleur du désert que les contrées d’Akkaton avaient heureusement réussi à hydrater.  Otmar était parti tôt le matin pour travailler et il avait laissé sa fille, Lilyneska, à la maison avec la promesse d’y rester pour accueillir une jeune femme. En fait, il avait engagé une tutrice cette journée là pour parfaire ses connaissances. Ce n’était pas une mauvaise idée, car la petite hybride ne savait pas grand-chose du monde qui l’entourait. Elle aimait apprendre heureusement et n’avait eu aucune mauvaise expérience pour le moment avec ses différents mentors. Certes, il y en avait des plus sympathiques que d’autres, des plus pédagogiques que d’autres, mais aucun n’avait été méchant.

Lily s’était sustentée directement à la cuisine de la demeure pour le petit déjeuner. Les cuisiniers et domestiques s’étaient habitués à voir la jeune femme déambuler dans les couloirs de la tranquille demeure personnelle de l’empereur, attraper ce qu’elle voulait manger et l’engloutir en quelques minutes. Ils avaient essayé de l’habituer à des heures régulières de repas et d’être servie à la table. Mais à moins qu’Otmar soit là pour partager le moment, ça ne fonctionnait juste pas.

Après cela, elle avait tout bonnement grimpé et s’était installée sur le toit de la maison. Les caresses du soleil étaient particulièrement agréables à cette heure matinale, mais pas trop. De là-haut, elle avait une belle vue sur les alentours. Elle sourit en voyant une dame marcher dans la rue et s’approcher de la porte principale. C’était une jeune femme gracieuse dans toute sa simplicité. Sa peau était pâle et sa chevelure dorée ondulait en harmonie avec le vent. La première impression lui parut positive.

« Bonjour! » S’exclama-t-elle en lui faisait un signe de la main. Lilyneska n’avait toujours pas quitté le toit tandis qu’elle saluait l’inconnue. « Êtes-vous Éléonore? » Demanda-t-elle ensuite. Elle aurait dû dire mademoiselle ou madame Alyster par politesse, mais c’était difficile pour elle. Au moins, elle l’avait vouvoyée, non? La jeune femme descendit du toit en escaladant la paroi de la demeure puis sauta au sol près de la professeure. « Je suis Lilyneska. » Dit-elle. Elle s’exprimait en Akkatonnien, mais clairement son accent la trahissait sur le fait qu’elle n’était pas du coin.

On aurait pu croire qu’elle avait des gènes de singe, mais c’était les gènes félins qui avaient gagné la bataille à voir ses oreilles. L’hybride était petite de taille et avait l’air d’une adolescente. Elle était vêtue simplement d’un pantalon serré noir et d’une blouse rouge qui contrastait avec sa chevelure bleutée. Ses azurs continuaient de toiser Éléonore avec la ferme intention de l’analyser.
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MessageSujet: Re: Le pouvoir de la connaissance Jeu 29 Nov - 15:18



Huitième de Maïa, année 2000 de l'Âge d'Acier – 9H
Demeure d'Otmar Ehrlich Deffarès

Feat. Lilyneska Ehrlich



Premier élément.



« Quelque chose chez cette jeune fille m'avait poussé à accepter
cette intrusion dans mon intimité psychologique. »

Il est de ces journées qui sont douces et agréables. Déjà, lorsque le soleil se levait dans sa parure d'émeraude, l'extérieur était une douce chaleur, particulièrement agréable en ce mois de Maïa. Je me levais aux aurores car j'avais des copies à corriger et j'avais promis à Otmar Ehrlich Deffarès que je l'assisterais dans l'éducation de sa fille adoptive, en tant que pédagogue, si le terme m'était autorisée. Ma fenêtre était à demi-ouverte et je grattais le tas de papiers avec des commentaires en rouge. Les oiseaux piaillaient et bientôt l'odeur du pain qui sortait du four emplît mes narines. Encore en vêtements de nuit, je me dirigeai prestement vers la salle de bain, abandonnant mes copies (j'en profitai pour fermer la fenêtre : il eût été bien malencontreux que le vent les emportât pendant que je me préparais). Je me déshabillai pour pouvoir savourer l'eau chaude de la douche qui avait un effet réconfortant pour mes muscles. Du mieux que je le pouvais, je fis en sorte de ne pas rester trop longtemps. La pièce était encore enfumée, lorsque je fis cesser l'arrivée d'eau. Je m'enroulai dans une serviette et pris une autre pour sécher mes cheveux. Toujours pressée, je me rendis dans la cuisine, les pieds toujours mouillés, laissant des traces humides sur le sol, pour me faire un thé.

Je pris alors mon temps. Il est de ces moments qui sont doux et agréables : le bonheur de pouvoir lire, avant de partir au travail. Le temps venu, je m'habillai et passai un parfum derrière mes cheveux. Il venait dans un joli flacon que ma mère m'offrit pour mon anniversaire. Il sentait si bon les fleurs : j'y distinguais des roses, des jacinthes, des narcisses et des tubéreuses ! Ni une ni deux, je pris mon sac et sortis de chez moi.

Le chemin n'était pas foncièrement long pour rejoindre la demeure de l'empereur. A vrai dire, c'était une balade agréable, même si les bruits de la cité ne cessaient de venir de toute part. Après quelques foulées, j'étais dans un quartier un peu plus tranquille, dont la quiétude contrastait avec l'activité urbaine. Je me repérais mentalement, jusqu'à arriver au lieu-dit. C'était une petite maison au style bien sage. Assez grande de plus près toutefois, elle était jouxte d'un petit jardin agrémenté de quelques pots de fleurs colorées. Le soleil frappait contre les murs blancs. Il tombait d'aplomb sur le sol pavé du jardin, qui renvoyait une réverbération ocre. Des ombres tombaient des arbres et offraient leur fraîcheur.

La maison de l'empereur n'exultait pas de fastes, mais elle était diligemment décorée de telle sorte qu'on se crût bien hors les murs de la Cité d'Airain. Sur le toit, une figure colorée, resplendissant de rouge et de bleu, finissait ce paysage. « Êtes-vous Éléonore ? » lança-t-elle avec joie, après m'avoir saluée. C'était, je m'en doutais, la protégée de l'empereur et elle me salua avec une vigueur qui convenait à la jeunesse. Je lui rendis son salut d'un petit geste de la main et avec un grand sourire, alors que je poussais la grille de la demeure pour entrer dans le jardin. La petite (je choisis ce mot pour son côté adorable) hybride descendit les murs et sauta sur le sol, en soulevant quelques poussières illuminées par les rayons chauds.

« Je suis Lilyneska.
Et je suis bien Éléonore, répondis-je avec un air de tendresse sur mon visage, face à son accent que je trouvais amusant. »

La petite me faisait penser à moi, bien plus jeune. L'écart d'âge entre mon précepteur et moi était bien plus significatif, mais c'était une impression toute nouvelle que d'être de l'autre côté de la barrière. Les oreilles de mon interlocutrice battaient légèrement sous l'effet du vent qui soufflait sur la ville. J'eus un grand sourire et après quelques secondes de contemplation :

« Enchantée de faire ta connaissance, Lilyneska ! finis-je par dire. Tu peux me tutoyer, c'est ce que mes étudiants font. Sinon, je me sens vieille ! Je pense que ton père t'a dit qui je suis, mais je me représente : je suis Éléonore Alyster et je suis une des professeurs de l'Université des Humanités de la Cité d'Airain. Ton père m'a demandé de t'apprendre des choses à propos du monde qui nous entoure et me voilà ! »

Je plongeais mes yeux dans les siens. Je retrouvais dans cet azur complexe le même éclat que mon maître, Céréalis, avait trouvé en moi. Je détendis mon corps et acceptais d'être toisée par la jeune hybride. Je n'avais rien à cacher et me montrais telle que j'étais. Otmar Ehrlich Deffarès m'avait expliqué sommairement le passé de sa fille adoptive. Non pas que je pusse comprendre la douleur que connut Lilyneska, mais j'essayais d'être acclimatante pour ne pas la brusquer. C'était un exercice que je n'avais guère l'habitude de faire. Souvent, mes pensées étaient enfermées dans une carapace (ce pourquoi on m'appelait l'Alcyon) ; je ne me laissais aller que chez moi, là où personne ne pouvait me surprendre. Mais quelque chose chez cette jeune fille m'avait poussé à accepter cette intrusion dans mon intimité psychologique.

Je fermais les yeux et arborait un très léger sourire, presque invisible.

« Mhh... repris-je, les yeux encore clos. Où voudrais-tu que nous discutions ? J'ouvrais à nouveau mes yeux. On a souvent l'habitude d'apprendre à l'intérieur, mais je crois que c'est aussi bien de profiter de la douceur d'aujourd'hui. Décide donc où tu veux que nous nous installions, là où c'est le plus confortable pour toi. Et nous pourrons commencer : j'ai quelques petites choses à te montrer. »

Je prenais un air un peu joueur, tout en tapotant la surface de ma sacoche du bout des doigts.



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MessageSujet: Re: Le pouvoir de la connaissance Mar 11 Déc - 1:05
Éléonore Alyster, c’était bien ce nom qu’Otmar lui avait dit. Lilyneska secoua la tête comme si elle disait non à quelque chose. C’était le cas, mais c’était simplement à une question silencieuse soulevée par sa méfiance. Elle chassait l’idée que la jeune femme devant elle était une terrible personne et qu’elle était ici avec de mauvaises intentions, celles lui faire du mal. « Enchantée de faire ta connaissance, Éléonore! » S’exprima-t-elle. Son ton était joyeux et accueillant. Elle avait répété les mêmes paroles qu’elle puisqu’il lui était apparu plus simple de faire ainsi au lieu de trouver de nouveaux mots en Akkatonnien. La blonde à la chevelure d’or ne semblait pas méchante. Elle n’avait pas de malices dans son regard et Lily avait jaugé rapidement sa force physique. À moins d’avoir une botte secrète, elle n’était pas un danger. Mais qui sait? Elle-même n’avait l’air de rien au premier regard.

« Université des Humanités? » Demanda-t-elle. « Ça veut dire quoi, ça? C’est le nom de la bâtisse? » S’enquit-elle. Ce qu’elle avait dit avait attiré son attention, mais après avoir posé cette question, l’hybride se dit que ce ne devait pas être bien important en réalité.

Ses azurs s’illuminèrent ensuite lorsque la professeure lui demanda où elle voulait discuter. « Je peux vraiment décider? » Demanda-t-elle innocemment. Elle s’attendait à ce que ce soit une question rhétorique où on s’attendait à une réponse préétablie, dans ce cas-ci, dans l’aire de travail de la demeure. C’était l’endroit usuel puisqu’il y avait tout le nécessaire pour travailler en plus des nombreuses bibliothèques, tables et chaises. « Dans ce cas, je sais où je veux aller! »

Lily l’attrapa vigoureusement par la main et la tira pour qu’elle la suive. Elles contournèrent la maison et se rendirent à l’arrière. Le demeure d’Otmar était humble, mais à la fois jolie. La nature resplendissait et les couleurs verdoyantes de vie étaient agréables. Il y avait une petite fontaine où l’on pouvait entendre l’eau ruisseler, un petit jardin et quelques arbres. L’hybride attira Éléonore jusqu’à l’ombre d’un arbre. « Ne bouge pas d’ici. Je reviens! » S’exclama-t-elle. Elle se précipita à l’intérieur et disparut rapidement.

Quelques minutes, elle ressortit avec une couverture qu’elle installa sur le sol, quelques coussins et un panier. À l’intérieur de ce dernier, on pouvait voir quelques pâtisseries, des fruits et des boissons. « Juste en cas où on aurait une fringale. » Expliqua-t-elle. « Tu disais avoir une surprise? »
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MessageSujet: Re: Le pouvoir de la connaissance Mer 12 Déc - 15:30



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Feat. Lilyneska Ehrlich



Second élément.



« Si je n'étais pas là pour des affaires professionnelles,
je me serais volontiers assoupie dans cet océan vert. »

La petite hybride avait un esprit qui était visiblement vif et qui n'attendait que d'être nourri avec du savoir. Elle avait de ces mimiques qui prêtaient à sourire ; elle avait de ces manières de ne rien dire en secouant sa tête ; elle avait ; elle avait de ces gestes agréables à damner l'âme d'une mère. Visiblement, j'avais encore des réflexes de professeur à l'université et cela se ressentait dans les mots que j'utilisais. Je tâchais de répondre avec le plus de candeur et de clarté possible, non pas qu'elle était ingénue, mais il fallait ménager son apprentissage de l'akkatonien : « Tu vois, le grand clocher là-bas, au-dessus des maisons ? fis-je en le pointant du doigt. C'est l'Université des Humanités. Si tu veux, c'est un endroit où se rassemblent des gens qui étudient un peu tout le temps. On dit qu'on travaille sur les humanités, parce qu'on évoque des choses qui parlent des gens comme toi et moi. On essaie de les comprendre, de mieux les connaître, de découvrir notre passé.

Quand j'étais un peu plus jeune, j'étais une élève là-bas. Aujourd'hui, c'est moi qui donne des cours à des jeunes gens ; un peu comme on va faire ici, continuai-je en souriant bravement. Mais bien sûr, on va s'amuser, c'est important aussi ! »

L'adolescente semblait s'extasier à propos de ce que je disais. C'était comme si elle attrapait à la volée quelques mots qu'elle trouvait amusants et intrigantes, qu'elle voulait en savoir plus pour qu'ils deviennent les siens. Aussi, fut-elle visiblement surprise de pouvoir choisir là où nous étudierons. Bien sûr, cela n'était pas chose commune de trouver des instructeurs aussi libéraux. Je ne cherche guère à démontrer au lecteur que je vaux mieux que mes collègues dont l'enseignement est plus strict, car j'essayais seulement de copier le style que Céréalis eut sur moi. Enfant, j'avais toujours eu la possibilité d'étudier quand je le voulais. La chose était bonne : jamais je ne fus frustrée par mes lectures et je venais moi-même poser des questions. Mon but était de préparer Lilyneska aux choses de la vie, pas de la contraindre à quoi que ce fut.

Après un instant de réflexion, la petite hybride m'entraîna par le poignet dans un endroit légèrement ombragé du jardin, avant de s'enfuir en m'invitant à rester où j'étais. « Promis, je ne bouge pas ! » Je retirai mon grand chapeau, cette capeline au bord long. Je tournai la tête pour regarder les environs. Ma chère élève s'était glissée rapidement entre le petit péristyle qui était décorée élégamment, comme pour une noce. Laissée seule (mais observée de loin par un domestique qui se demandait sûrement si j'avais besoin de quelque chose, et à qui je souris), j'observais le jardin qui ressemblait à un pavillon de fleurs de pois. L'herbe était verdoyante et florissante. Si je n'étais pas là pour des affaires professionnelles, je me serais volontiers assoupie dans cet océan vert.

On voit cette nature comme au fond d'une gloire. L'herbe pleine de rubis et de diamants allait merveilleusement avec la petite fontaine, dont le muret était en pierre ciselée. Un jet de saphirs sortait du vase de la sculpture centrale. Tout était rayon et je m'abandonnais au luxe de la quiétude, mon esprit priant pour mon salut et celui du genre humain. Comment ne pas opposer ce calme sibyllin à la cruauté des hommes. Fallait-il donc subir l'impiété dans le sacre naturel ?

Ces questions attendront, car ma jeune enfant revint les bras chargés de mille choses et les yeux pétillants avec une beauté magnifique. En elle, tout était joie et enchantement. Elle posa ses affaires à terre et, de ses deux bras, lança une couverture à même l'herbe. Elle en redressa les coins qui s'étaient mal posés, corrigea les plis, avant de placer des coussins. Dans un panier qu'elle avait aussi apporté, je voyais force de sucreries. Des drageoirs de nacre contenaient des petites pâtisseries qui débordaient de leur coupe. Des pommes, des oranges et des fraises habitaient dans ce trésor de nourritures. Quelques bouteilles en verre, remplies de nectars alléchants, finissaient d'habiller l'en-cas. Lilyneska me dit que c'était au cas où n'aurions faim, d'un air très docte et assuré.

« Merci, c'est parfait ! ris-je en attrapant une fraise pour l'engloutir rapidement. Après tout, je n'avais guère déjeuné, ce matin. Mhh... Oui, j'ai emmené plusieurs petites choses pour toi. »

Je tirai alors de ma besace une petite statuette de quelques centimètres de hauteur, pour la placer devant mon élève. « J'ai fait plusieurs voyages pour découvrir les secrets des gens qui habitaient ici avant nous. Parfois, on a l'impression que nos ancêtres n'étaient que des personnes qui faisaient des guerres ou de la politique. On oublie qu'il y avait des gens comme nous, commençai-je en invitant Lilyneska à s'emparer de la figurine pour l'examiner.

Tu peux le voir, c'est une petite figurine d'un cavalier en terre cuite qui a été peinte. Mon expédition l'a découverte dans une ruine immémoriale. Les textes disent que c'est un jouet qu'on offrait aux enfants, parlai-je avec des mouvements de mains.

Alors, ça n'est pas la vraie figurine que nous avons trouvée, mais une copie, une reproduction, parce que je n'ai pas droit de prendre les vrais trésors de notre travail. C'est pourquoi tu peux la garder, si tu veux.

J'ai maintenant une question pour toi. Si je te dis que nous avons retrouvé cette statuette, à Eïrn
(je tirai une carte de ma besace pour lui montrer le lieu où nous l'avions trouvé ; près de la frontière entre Eïrn et Akkaton), dans un sanctuaire, c'est-à-dire un lieu religieux. A l'époque, c'étaient des elfes qui se trouvaient là-bas. Est-ce que tu peux me dire quelque chose sur l'importance de la statuette ? Sur ce qu'elle représente ? »

Je voulais savoir à quel point mon élève était vive d'esprit. Rien de mieux pour cela que des questions ouvertes pour exercer son sens de l'analyse. Si la figure était un jouet, elle représentait également la force guerrière et la vitalité : c'était comme cela que nous comprenions les nombreuses figurines de cavaliers que nous retrouvions dans les sanctuaires. Elles servaient à s'attirer des faveurs pour les combats.

Je regardais mon élève avec attention, dans l'attente de sa réponse. Pendant ce temps, je sortais d'autres choses de ma besace. C'étaient des reproductions d'anciennes pièces de monnaie, que je disposais devant moi, pour la suite de notre discussion.

Image jouet:
 





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MessageSujet: Re: Le pouvoir de la connaissance Mer 2 Jan - 23:10
Dire que Lilyneska offrait toute sa confiance à Éléonore n’était pas vrai, cependant elle ne se méfiait pas de son enseignante. C’était une bonne chose. La jeune hybride n’aimait pas beaucoup les inconnus et il était généralement nécessaire de faire ses preuves pour gagner sa confiance. C’était un peu différent avec cette dame, car elle savait que son père l’estimait. Puis… elle n’avait vraiment pas l’air d’une femme dangereuse, sans offense. À ne pas sous-estimer, cependant, car Lily elle-même n’avait l’air de rien et elle avait déjà trop de sang sur les mains. « Oh! L’Université est dans le même bâtiment que le grand clocher? J’y suis allée une fois avec Otmar pour avoir une belle vue sur la ville. Je le saurai pour la prochaine fois! » S’exclama-t-elle d’une voix joyeuse. La jeune femme était particulièrement de bonne humeur. Cela se voyait-il qu’elle était impatiente d’apprendre? Elle avait un bon pressentiment, car Éléonore n’était pas hautaine et elle accordait même de l’accordance à s’amuser.

Un moment plus tard, elles étaient prêtes à commencer le cours. Éléonore et Lily s’étaient installées confortablement sur les coussins et la couverture. Ni la faim ni la soif ne les interrompraient, car leurs encas étaient déjà prêts. « Des choses pour moi?! » S’exclama-t-elle avec curiosité. Ses azurs se posèrent sur la besace et suivirent la petite statuette dont elle tendit les mains pour l’attraper. « Des gens comme nous… » Murmura l’hybride de façon pensive. « Je ne saurais pas dire grand-chose de mes ancêtres. » Lâcha-t-elle lentement sur un ton maussade. Ses ancêtres n’avaient rien voulu d’elle, pourquoi prendrait-elle la peine d’en savoir plus sur eux? Elle chassa ce sentiment terne en regardant son enseignante et elle lui sourit. Ses mots étaient empreints d’une grande gaieté et ses prunelles brillaient de sa passion de transmettre ses connaissances. « Oh? C’est pour moi! Vraiment?! » Dit-elle. Elle était émue d’avoir un cadeau. Elle avait serré la petite pièce de bois contre elle. « Mais je ne suis plus une enfant, je peux l’avoir quand même? » S’enquit-elle comme si c’était réellement la condition pour qu’elle l’ait. Officiellement, aux yeux de la loi, Lily avait atteint l’âge de la majorité. Officieusement, elle était loin d’être une adulte. Elle n’avait pas la maturité pour et son cœur ressemblait beaucoup plus à celui d’un enfant, un enfant qui n’avait pas eu la vie facile cependant.

« Ah oui, Eïrn! Bien sûr... » Prononça-t-elle d’une voix incertaine. Son esprit était en mode alerte. Qu’est-ce qu’il y avait à Eïrn? De la forêt… Heureusement qu’Éléonore l’avait pointée du doigt. Il y avait des elfes là-bas, non? Cette notion fut confirmée. Elle ne connaissait rien d’Eïrn, mais qu’est-ce qu’elle pouvait dire sur un jouet d’enfant trouvé dans un lieu religieux? Quel lien y avait-il? « Les sanctuaires sont des endroits de promesses et d’espoirs, n’est-ce pas? » Mais elle enchaîna aussitôt, car ce n’était pas réellement une question à laquelle elle s’attendait à une réponse. « Il y a plusieurs possibilité possible… Mais l’une d’elle est que si vous avez trouvé le jouet là-bas, c’est qu’un enfant elfe en ait fait une offrande. Il avait un souhait. Quel était-il? Que la guerre les épargne, à lui et sa famille. Que son père et sa mère reviennent en vie du combat. C’est son cavalier miniature qu’il a donné parce que c’était son jouet le plus précieux et que ses parents devaient être cavaliers dans l’armée. Malheureusement, ce n’est pas avec des prières qu’on obtient ce qu’on veut et ça s’est terminé en une défaite. » Raconta Lilyneska, C’était une histoire un peu triste. L’Ehrlich n’était pas religieuse, il faisait longtemps qu’elle ne croyait plus en des interventions divines ou extérieurs pour se sortir de son malheur. Prier ne servait donc concrètement à rien, bien qu’elle concevait que croire en l’espoir était une force puissante. « Tu n’aurais pas dit qu’à l’époque les elfes se trouvaient là-bas si l’histoire s’était bien finie. Je me trompe? » S’enquit-elle. « Que leur était-il arrivé? Ou si je me trompe, quelle est l’histoire de ce petit cavalier de bois? »
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