Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Éléonore Alyster
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MessageSujet: Éléonore Alyster Éléonore Alyster EmptyMer 3 Oct - 20:24

Éléonore Alyster: Professeur des universités

Éléonore Alyster 2a66Éléonore Alyster Bscp
Identité


Nationalité : Akkatonienne
Race : Humaine
Nom : Alyster (par sa mère)
Prénom : Éléonore
Surnom : « Élé »
Sexe : Féminin
Date de naissance : Cinquième d'Octobrius de l'an 1973 de l'Âge d'Acier
Age : Vingt-huit printemps
Lieu de naissance : Un village de passage dans les confins orientaux d'Akkaton
Lieu de vie lors de votre entrée en jeu : Cité d'Airain
Rang social : Classe moyenne
Métier/Position dans la société : Professeur des universités (chaire de philologie appliquée à l'histoire de l'Âge d'acier)
Titre : « L'Alcyon » (légèrement connue à Akkaton) – les cercles universitaires, notamment ceux versés dans les humanités lui accordent une connaissance extensive doublée de ce regard ensommeillé qu'elle arbore lorsqu'on la trouve dans les bibliothèques. Cet air-là a un côté un peu plaintif et d'aucuns se sont mis à lui donner le surnom de cet oiseau qui flotte à la surface de l'eau ; bien heureux l'étudiant qui la trouve dans une des salles de lecture pour lui poser une question, car il aura toutes les réponses qu'il souhaite – et sans doute plus encore.
Impression de voix : Lien Youtube



Armes et équipement :


Armure et armes en votre possession lors de votre entrée en jeu

Rapière de Guillaume : Une fine lame qui passait dans le lignage paternel depuis des générations. L'arme n'était pas particulièrement resplendissante, mais elle était parfaitement fonctionnelle. Son alliage solide avait résisté aux affres du temps. C'était une lame remplie de souvenirs.
Spoiler:
 

Autres équipements

Ensemble décontracté : Une stricte panoplie de vêtements qu'elle porte dans la vie de tous les jours. Ce sont des vêtements aux étoffes plutôt simples, mais autorisant quelques volatilités. On trouvera différents chemisiers, vestes, jupes et pantalons. Rien d'extravagant.

Tenue de soirée : Car la charge d'un professeur vient avec les mondanités usuelles. Éléonore possède une robe de soirée, suprême cadeau qu'elle reçut de père pour ses vingt ans. Elle était faite de taffetas légers, à la couleur azur. Le bustier était paré de mille perles qui étincelaient à la lumière des lustres. Pour les grandes occasions uniquement.
Spoiler:
 

Agate peinte : Souvenir précieux qu'elle reçut de Céréalis. Ancien objet de la collection de son maître, ce dernier s'en était séparé pour la féliciter de son succès aux concours de l'enseignement. Elle représente la mer et la vie.
Clef magique : Éléonore enchanta cette agate et elle devient la clef qui permettait d'ouvrir une porte dérobée, menant à un bureau secret, où elle menait ses études critiques.
Spoiler:
 

Ensemble d'écriture : Éléonore se déplace toujours avec de quoi écrire. Elle avait une plume qui était la première qu'eut sa mère. L'académicienne avait également des petites fioles d'encre, de plusieurs couleurs.
Spoiler:
 

Besace : Sac en bandoulière. Il était fait dans un cuir très confortable. Pas extrêmement grand, il était suffisant pour transporter quelques dossiers de cours et des livres.


Caractéristiques :


Magie

Potentiel : Honorable

Feu : Inapte
Eau : Débutante
Vent : Inapte
Terre : Inapte
Lumière : Inapte
Ténèbres : Inapte
Invocation : Inapte
Nécromancienne : Inapte
Transformiste : Inapte

Mental

La volonté : Champion
Contrôle de soi : Maître
L'intelligence : Légende
La perception : Prodige
Le charisme : Virtuose
Technologie : Champion

Physique

Force physique : Adepte
Agilité : Champion
Vivacité : Champion
Résistance physique : Adepte
Résistance magique : Confirmé
Vitalité : Confirmé
Beauté : Maître
Discrétion : Confirmé

Martial

Armes de tailles : Champion
Armes lourdes : Inapte
Armes d'hast : Inapte
Faux : Inapte
Art de la défense : Adepte
Armes de lancer/fouet : Inapte
Arc/arbalète : Inapte
Mains nue/Arts martiaux : Adepte
Armes à feu : Inapte
Equitation : Maître
Domptage : Confirmé
Conduite : Débutante

Si dragon

Combat dans les airs : N/A
Combat sur la terre ferme : N/A


Description de votre personnage :


Description physique :

Quoi qu'il pût être dit au sujet d'Éléonore – que ce fût sur des malversations imaginées ou des traits d'esprit brillants –, la jeune femme était d'une ravissante beauté. Elle n'était certes pas cette déesse pamprée de sinople dont la seule présence éblouissait, mais avait ce charme discret qui sentait bon et illuminait une journée, sans qu'on s'en aperçût. Elle était plutôt mince, sans aller jusqu'à l'exagération, et ses traits avaient ce quelque chose qui paraissait venir d'ailleurs. Car elle avait cet air impénétrable et doucement mystérieux qui seyait à son caractère comme celui de ces femmes inatteignables dont le sourire peint par les grands maîtres, surcédait une difficile impression de manque. Sa figure attirait les regards, car rehaussée par une affectueuse moue pensive qui laissait croire qu'elle était perdue dans des rêves extravagants – ce qui n'était pas particulièrement faux. Ses traits formaient un ovale presque parfait, laissant juste transparaître sa mâchoire. Celle-ci offrait une courbure tout à fait charmante, qui donne de ces airs sérieux. Deux pierres de saphir ornaient son visage, dont la couleur changeait au gré des fluctuations de la lumière : quand le soleil se levait, ses yeux transparaissaient comme du céladon et le soir, ils prenaient la teinte du denim. Ô merveilleux cadeau que ta mère t'a fait, Éléonore ! Des cils un peu courts jetaient aussi leurs ombres sur ses paupières et ses joues.

Ce qui est étonnant, c'est que la coloration de ses iris contraste fortement avec la pâleur de sa peau. Malgré le soleil de plomb, elle prenait difficilement de la couleur et il semblait qu'elle était constamment nacrée dans des blancheurs immaculées. Son nez était assez droit, légèrement redressé, mais plutôt fin. Il finissait par deux narines, quelque peu refermées, ce qui s'explique sans doute par la rudesse du sable d'Akkaton. Enfin, son visage était fini par une bouche dont les fines lèvres cachaient une série de dents blanches, presque parfaitement alignées. Son père, botaniste à ses heures perdues, faisait souvent la comparaison entre le sourire de sa fille et la corolle au milieu de fleurs de genévriers. Voilà, rapidement, le tableau qu'on pouvait dresser de sa tête. Il serait ingrat de ne pas mentionner sa chevelure blonde, dont la couleur s'amourachait avec l'ocre du désert d'Akkaton : ils étaient légèrement ondulés comme les dunes de sable et s'ouvraient en de longues bandes qui se perdaient derrière sa tête, comme se perdent les voyageurs dans l'infini sableux.

Il existe un art qui consiste à rappeler ou à faire oublier sa physionomie au travers des vêtements que l'on porte ; c'était une discipline qui plaisait à Éléonore, plus pour l'aspect ludique qu'il pouvait revêtir que pour l'actuelle finalité de s'habiller. Quoi qu'il en fût, la jeune femme donnait dans le genre léger, ce qui n'avait rien de surprenant, compte tenu de la nature caniculaire du climat akkatonien. Pourtant, elle ne paraissait pas dénudée, elle savait faire usage des tissus aériens, agrégative de ces étoffes et finement gambergeuse. Dans ses choses, on pouvait trouver de belles robes candides, dont tantôt les extrémités frôlaient le sable, tantôt laissaient-elles ses jambes plus libres en s'arrêtant à ses genoux – pudeur faisant, merci de ne pas insister avec votre regard sur ses jambes. Éléonore avait appris de sa mère comment placer élégamment les plis et palier les déficits d'une constitution parfois un peu chétive, ce qui plaît à l'œil.

Mais il fallait dire que la jeune femme appréciait le contact des éléments sur ses mollets. Bien sûr, quand la tempête soufflait, elle dérobait à la vue ses membres en manchon, pour les protéger de quelconque contre-coup fâcheux. Elle porte avec grand plaisir des tarlatanes et des mousselines, tout comme elle apprécie la texture de la gaze : la jeune femme n'avait guère l'occasion d'en porter, à part lors de ses excursions en Eïrn, où le climat tempérée était bien plus clément et tolérait généreusement le port de taffetas divers. Car nous savons cependant que la beauté d'une fille vaut bien plus qu'une adjonction de chiffonnades. Il ne s'agit pas là de l'aveu que la pauvre fille ne sût porter des tissus anciens, car elle le fait occasionnellement, sans que cela lui donnât un air particulièrement costumé. Autant dire qu'elle arborait avec fierté toutes étoffes sans trop de problèmes, quoiqu'elle eût plus de mal à porter des coloris sombres. Contre-poids à la légèreté des tissus, Éléonore prit la mauvaise habitude de jouer avec les bijoux que son père ramenait des voyages et elle nourrissait pour ces pierres une affection particulière. Les perles à la pureté remarquable lui donnaient les plus hautes émotions, car elle voyait en elles la blancheur, invariante, immobile, inchangée comme les neiges éternelles. Et en même temps, ces pierreries étaient la représentation physique du commerce qui parcourait les grandes routes par tout temps, symbole fort de l'histoire et de l'échange entre les peuples – fut-ce pour de l'argent.

Aussi, elle portait discrètement des pendeloques, semblables aux saules qui fleurissaient au-dessus des rivières, leurs branches diligemment arquées qui finissaient en des chatons poudroyants et étincelants. Ultime déréliction trouve-t-on dans les fragrances que porte la jeune femme. Presque provocante, elle alternait singulièrement entre le styrax et la fleur de cassie, de l'épopée désertique balsamique à la poudre florale des piémonts. Elle dégageait un air charnel, mais mêlé à une virginalité sans faille. Il s'agissait peut-être là de l'expression contractuelle et conflictuelle de la vie même, une sorte de raison primaire que portent seulement ceux dont le désir et la passion sont les plus naturels. C'est l'odeur de la mer et celle de la terre.

De sa stature, il convient de remarquer qu'elle est particulièrement modeste et ne semble pas avoir hérité de l'athlétisme de ses parents, contrairement à sa fratrie. C'était une femme mince, nous l'avons dit, dont la musculature était peu développée : c'était comme si le corps lui-même n'avait guère considéré utile l'adjonction d'une musculature accentuée. Si elle ne semblait donc pas héroïne de chair et d'os, il convient de ménager notre portrait. Car il fallait lui accorder une ampleur illimité dans ses mouvements, sorte de grâce naturelle et éternelle : l'inaction n'avait jamais sis à Éléonore. Pendant longtemps fut-elle en charge des travaux manuels ; étendait-elle le linge, rangeait-elle les marchandises ou faisait-elle tout autre ménage, elle fut en prise à des exercices exigeants, qui eurent le mérite de développer la cambrure inférieur de son dos et de lui donner une certaine agilité. Bien sûr, ce genre de manœuvres connaissait ses limites et bientôt elle fut plus une fille de l'esprit que du corps, tournée à l'étude dans d'épais grimoires. Pourtant, son père la forçait à prendre des cours d'escrime : un bon marchand, dit-on, est capable de se défendre lui-même. La jeune fille avait longtemps acquiescé, mais il est plus vrai de dire qu'elle acceptait cette éducation martiale surtout pour le plaisir de rester avec son père, trop souvent inaccessible et occupé.

Elle retint pourtant quelques réflexes de ces années d'estoc, sans être une bretteuse d'exception. Parlez-lui de quartes, de voltes, de parades en sixte ou d'autres fentes fantaisistes, elle vous regardera avec un air d'affection et plus comprendre de quoi il s'agit. Bien sûr, elle trouvait la gymnastique des tireurs belle au regard, mais elle y voyait souvent un habit pour le gentillâtre désœuvré, semblable à la roue du paon. Aussi n'a-t-elle pas cette stature noble qui honore la discipline et elle fera surtout usage de coups hétéroclites et mobilisera ça et là quelques coups bas. Au final, ses jambes et ses bras s'affermirent légèrement et une très fine ligne pouvait se déceler sur ses membres – quoi qu'il fallût faire preuve d'attention pour la remarquer. Cela ne lui déplaisait pas et elle était même heureuse d'avoir fortifier ses jambes, heureux cadeau pour celle qui aimait errer dans les plaines, en quête d'un paysage reposant.

Nous avons brossé un tableau assez convaincant des apprêts de la jeune femme, ce qui doit donner au lecteur une idée approximative de son physique. Mais nous pouvons aussi nous demander comment Éléonore se voit elle-même. La question est plus complexe qu'il n'y paraît. Fine beauté – pas brillante, mais assez pour attirer l'attention –, elle a toujours été décrite par ses parents et leurs amis comme une fille assez charmante qui trouverait facilement un parti. Sensible, elle a été attirée à cette idée, dans sa tendre jeunesse. Voyez donc comme la pauvre petite s'imaginait des romances bleues : mais la jeune fille fut vite déçue, car il vint à son esprit que les garçons recherchaient plus sa compagnie pour eux-mêmes, pouvant se targuer d'avoir une amante charmante, que sa bonté. C'est comme cela que l'on fait la douloureuse expérience de l'éducation sentimentale et que les amours trompées deviennent de ces fleurs fanées que l'on conserve pour ne jamais plus oublier les trahisons passées. Bien sûr, il faudrait dire que la jeune fille n'a jamais cherché l'amour physique : d'aucuns comprendraient qu'elle pouvait avoir besoin de ce genre de douces affections dans des embrassades ou des mains ogivées avec une moitié, mais elle ne ressentait pas le besoin de céder aux plaisirs de la chair. Veinée de romantisme, la jeune femme cherchait de quoi nourrir son triste cerveau, en mal de réelles bergerades – par ailleurs, rêvait-elle vraiment de bergerades ou n'était-ce qu'un idéal construit, qu'elle savait bien loin de la réalité ?

Aussi, le physique est un jeu pour Éléonore, nous l'avons mentionné plus haut. C'est peut-être pour elle l'occasion de mêler à nouveau le corps et l'esprit ; au même titre qu'elle déchiffre les passages de la littérature orzanienne, elle propose, dans ses vêtements, une série de symboles cryptiques, autant de pièges et de significations pour l'individu charmé, qui rêve d'un amour charnel avec une demoiselle aimante. Mais cela n'est que tromperie : il n'y a aucune substance autre que le jeu dans l’attirail de la jeune femme. Là où des prétendants verraient des pistes, il n'y a qu'impasse. Profondément déçue, elle ne cherche plus à quérir les routes et le pays à la recherche d'amour. Elle saura prodiguer de la bienveillance et de la bonté – messages nécessaires pour la jeune femme –, mais cela se fera sans les plaisirs du contact. Là encore, elle exprime à nouveau la qualité de la vie, une unique force positive de bonté qui ne connaît pas d'autres variations ou corruptions. D'aucuns diraient qu'il y a là paradoxe et que la femme se joue de son entourage. Peut-être ? En tout cas, elle ne le ressent pas comme cela. Elle est physiquement, voilà tout.

Description mentale :

Le caractère et le métier d'Éléonore lui garantissait le respect de sa vie privée et il apparaissait que la majorité de ses connaissances ignoraient peu ou prou toute son existence. C'est bien là le premier conseil que l'on pût donner à une professeure : celle de cloisonner les sphères de sa vie et d'en faire des bulles qui valsent ensemble, mais jamais ne se fondent les unes les autres. Une telle discrétion était une entreprise difficile, dans une contrée où l'on mettait en avant les individus et l'excellence de leur vie. Car, ainsi qu'il le fut en Akkaton, chacun pouvait se distinguer, au-delà des déterminants de sa naissance. Que si l'on ignorât le patrimoine foncier de la famille, l'importance relative de l'exercice d'influence et tous les autres rouages sociaux, on pouvait distinguer le mérite d'une personne. Mais voilà bien ce qui déplaisait à la jeune femme. La mémoire des événements et l'appréhension du contexte sont des éléments nécessaires pour interroger et saisir le parcours d'une personne. L'académicienne pourrait se targuer d'avoir eu une scolarité exemplaire, mais cela, à ses yeux, n'avait guère de valeur, tant que sa route n'était pas étudiée au rang de ses autres souvenirs. Mais la vie d'Éléonore avait été bercée des affres peu commodes du destin et il était de douloureux souvenirs qui ne sont pas faits pour être partagés. Ainsi, la jeune femme était cette créature mystérieuse, à la fois si proche par sa moralité et si lointaine par son caractère, qu'on ne pouvait cesser de trouver en elle un éminent paradoxe qui défiait la raison.

Peut-être fallait-il justement ne pas céder à l'exigence de raison pour comprendre la jeune femme qui ne devait sa réussite qu'aux hasards d'une vie hussardée et à des rencontres inespérées, sortes de passe-droits pour franchir les murs habituellement imperméables du destin. Éléonore avait certainement connu les deux dans d'intenses proportions – il faut renvoyer le lecteur à la biographie de l'académicienne –, d'autant qu'elle fut femme de corporation et d'esprit de corps. Les parents d'Éléonore étaient d'origine modeste ; ils n'étaient pas foncièrement pauvres, mais vivaient d'un train de vie qui n'avait rien de palpitant. Faut-il nuancer le propos : son père était marchand de père en fils et sa mère était une écrivaine que la plume guidait souvent sous l'aile d'un mécène, pour quelque temps. Leur condition aurait pu être largement supérieure, mais Marguerite comme Guillaume étaient des individus mus par l'envie de voyage et ils n'avaient jamais eu l'intention de se sédentariser plus que de raison, au moins jusqu'à la naissance d'Éléonore, puis celle de Jeanne. Aussi, la brillante élève a su s'élever de cette condition quelque peu bohémienne par son métier et son esprit.

La corporation va de pair avec l'éducation de l'esprit et Éléonore fut élevée dans le respect d'autrui et dans l'amour de sa famille. Elle eut l'occasion de voyager dans sa tendre enfance et d'être confrontée à une myriade de portraits humains qu'elle put chérir, comme les personnages d'une histoire universelle. Aussi, charitable et pudique, elle sut se faire apprécier de ses pairs, depuis le plus jeune âge, sorte de rosière dont la conduire irréprochable, quoi qu'elle gardât sa coquetterie indolente et enfantine. Ce cœur embarrassé et vierge était en proie aux affres des sociabilités. Elle était ballottée sur l'échelle de l'estime entre ceux qui étaient tractés par sa générosité et sa candeur et ceux qui se servaient d'elle pour d'égoïstes intentions, bien qu'elle n'en fut jamais réellement consciente, dans ses primes années. Voilà là l'écrin de déconvenues sociales qui avait fini par instiller l'esprit de la jeune adolescente. Finalement, malgré la profusion de personnes qu'elle put croiser dans sa vie, elle ne tissa jamais aucun lien digne d'être noté, autrement qu'avec sa famille, ses mentors et quelques camarades d'étude. Éléonore avait songé à haïr et à plonger corps entier dans le dédain des autres, mais elle préféra afficher une mine lisse et discrète, calme comme l'alcyon, d'où son surnom.

Jusqu'à très récemment, elle avait encore cette image d'une madone au sourire mystérieux, facette qui faisait tourner la tête des artistes qui cherchaient en elle une muse. Mais jamais ne s'était-elle rapprochée de ses artistes, même si elle prenait plaisir à écouter les quelques mélodies qu'on lui dédiait. De ses peines, rares étaient ceux au courant et parmi eux, d'autant plus rares ceux sur qui elle espérait se reposer. Ses larmes étaient nocturnes et ses soupirs vespéraux.

Pareil que la chaleur plombante des déserts akkatoniens, le douloureux pèlerinage d'Éléonore en quête d'émotions perdues a été rythmé par des feux qui ne s'éteignaient jamais. Au nombre de deux, le premier fut le soleil chaleureux de la curiosité et de l'amour de la connaissance. Flamboiement subtil et si doux à celui qui sait s'y abandonner, il éclairait continuellement la route de la jeune femme. Le second était un brasier sordide, celui de la passion romantique. Celle-là même qui détruit les corps. La fille perdit la parole dans sa souffrance, mais les mots lui furent rendu pour dire de ce qu'elle endurait. Éternelle insatisfaite, l'union des corps lui ayant été refusée, elle cherchait l'union de l'esprit et des sentiments ; elle espère trouver l'agitation, la chose si nuisible qui la rehausserait avec sa moitié à un degré d'être supérieur. Ces deux flammes-là étaient crucifiés dans l'âme d'Éléonore et elle sentait leurs brûlures en elle, à tout instant. Faut-il expliciter son appétit intellectuel ? Il était sans borne et elle ne cessait d'apprendre et de comprendre, activité qui ne connaissait pas de limites. L'amour était plus complexe, car il était pénible et doux à la fois. Doux par l'exaltation de l'imaginaire ; pénible par son absence – sa non-existence. Souvent, la curiosité et le désir se mêlaient, ce dont pourrait témoigner ses étudiants, quand elle professait dans ses cours.

Pour autrui, se rapprocher de la chaleur de ses feux était le signe d'une reconnaissance particulière et de l'affection qu'Éléonore lui portait. Ce genre l'individu existait, mais il restait une dernière barrière à franchir pour atteindre le cœur de la psyché de la jeune femme. Il s'agissait un territoire caché, même à ses propres yeux qu'aucun coureur d'antichambre ne pourrait oser atteindre un jour. En effet, du portrait que nous avons dressé de la jeune femme, il en ressort un caractère apathique en surface, mais profondément passionné en son for intérieur. En vérité, la réalité est toute autre. Ce cœur rongé par les tourments du passé s'était laissé tomber dans un infini pessimisme : elle agit par une injonction universelle qui la guide, mais pressent l'échec et la finitude de ses actions qui ne valent rien face aux forces centrifuges qui régissent le monde. Là est le plus éminent paradoxe dont la seule réponse est l'entropie. Éléonore brille, mais son cœur est un trou noir dont les espoirs inféodés à l'idéal d'excellence disparaissent à jamais.

Elle produit néanmoins assez d'espoirs pour ne jamais céder complètement aux affres de la déliquescence. Mais elle craignant, inconsciemment, le jour où la source pure cesserait. Il sera alors temps de disparaître. Disparaître comme l'enfance avait disparu. Temps béni du destin où seul le présent existait sans considération pour le passé ou le futur. Éléonore avait grandi et elle s'envola, cette époque d'innocence, cet âge sacré perdu à jamais, chéri de ses mémoires et bourreau de son âme. Peut-être vivait-elle pour protéger la jeunesse et son potentiel illimité : la jeune femme avait bien du mal à se faire une raison et elle ne comprenait pas la singulière émotion qui lui tiraillait la poitrine, dès qu'elle pensait à son passé, aussi trouble fût-il.

Convictions :

Ô Éléonore. Bien tragique que ce sort-là. La souffrance qui t'habite, l'angoisse qui te veine, la tristesse qui te voile. Pourtant, tu luttes de toutes tes forces pour les souvenirs de tes visions d'antan et pour l'espoir d'un monde meilleur. Voyante poétique que tu es ! Ton âme n'est jamais complète, car brisée en deux, sa moitié est celle du monde, celui dont tu rêves ardemment. Va, Éléonore. S'il faut être pour être, ta route est déjà tracée : elle te guidera en toute terre.

S'il est absurde pour toi de croire à un ordre établi, soit ! Chéris l'entropie et affronte cette fin des temps par l'acte, la parole et l'œuvre. Que ta main généreuse soit offerte à celui qui en a besoin. Que ta mort soit une fatalité qui prête à sourire et que ta vie soit à sa hauteur.

Que ta sagesse brille et que tu puisses l'accepter enfin, dans cet univers où tu as ta place. Vis, donc, ma chère fille. Sois vertueuse et sois honnête. Haïs peu, méprise l'intolérable, pardonne souvent, mais n'oublie jamais. Car la mémoire des peuples est la ressource la plus précieuse sur cette planète, car c'est la seule chose qui restera. N'oublie rien de l'histoire et des religions, chéris-les comme les témoins des peuples et des races. Ne connais jamais l'impair d'en préférer l'un à un autre : l'âme essentielle est faite de la même matière et ne juge jamais au visage. Il est de ton devoir de sonder l'âme et de ne lutter que contre ce qui est véritablement mauvais. Tu trouveras autant de tyrans goulus, viles et paillards à Akkaton, que de sages conscients en Teïder : élève-toi contre toi et soutiens le bien, partout où il est.

Plusieurs religions semblables à nos fastes de l'esprit existent et chacune escalade l'esprit. La Sainteté n'est pas absolue et il ne t'est pas permis de la juger. Là aussi, accepte ce qui est juste ; hais ce qui est cause de malheurs.

Éléonore, ma tendre enfant, je suis bien malheureuse que tu sois née en Akkaton et que tu ne pus exercer les arts magiques. Tu les tiens plus en estime que la technologie, je le sais. Sois heureuse, ma fille.


Passé de votre personnage :


Liens

Guillaume Panova : Son défunt père était le fils unique de sa famille. Il fut destiné au négoce, comme ses aïeux. Il mourut emporté par un cancer à l'âge de 49 ans. Ce fut un homme charitable, un mari aimant et un père attentionné. Éléonore passa son adolescence loin de lui, à cause de ses études, mais elle était toujours dans son cœur et son rêve était que sa fille pût devenir une académicienne renommée. Il mourut avec le seul regret de ne pas voir ses filles briller. Éléonore hérita de sa rapière, trésor familial.
Spoiler:
 

Marguerite Alyster : La mère d'Éléonore était une femme charmante, bénéficiant d'une douce influence dans quelques minces sphères. Poétesse, romancière et dramaturge, elle aimait les lettres et prodigua à sa fille cet amour. Éléonore était très proche de sa mère depuis toujours. La mort de Guillaume jeta un malaise dans leur relation, car Marguerite s'était isolée de tout, dans son veuvage. Mais l'attention de Céréalis lui redonna goût à vivre et ce fut presque comme si la quiétude et l'affection d'avant furent revenues.
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Jeanne Alyster : Bien qu'aimant sa cadette avec une largesse certaine, Éléonore n'eut jamais le loisir de rester de longs mois avec sa sœur déjà devenue adolescente. La jeune fille était vouée à une carrière d'inventrice, car elle aimait à s'exercer avec différents mécanismes – d'autant plus quand ils causaient des étincelles. C'était une jeune fille une peu turbulente, mais elle vouait une admiration sans faille envers sa sœur et un amour profond envers sa mère – et feu son père.
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Céréalis Yn'vencalis : Ancien professeur de l'Académie d'Argent, secret qu'Éléonore appris dans les confidences d'une librairie de la Cité de Jade. C'était son tuteur et un second père pour elle, surtout depuis la mort de Guillaume. Sage et mu par un sens de l'humour inébranlable, le petit vieil homme laissait souvent glisser ses lunettes sur la pointe de son nez, ce qui lui donnait un air faussement important. Éléonore aimait beaucoup son précepteur et considérait toujours ses avis avec une grande attention. Elle jura de découvrir les secrets qui avaient mené à l'abdication de sa chaire.
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Lia Feran : La meilleure amie d'Éléonore était une parfaite représentation de la joie de vivre. Aventureuse jusqu'à la déraison, c'était une fille d'une famille modeste qui avait des affinités avec la magie. Mais plus théoricienne que pratiquante, elle préférait garder cette magie pour elle, sorte de jardin secret qui ne serait pas soumis un enseignement ardu. Ainsi, elle s'était plutôt dirigée vers des études éthiques sur la pratique des arcanes. Lia aimait beaucoup Éléonore, car elles se ressemblaient autant qu'elles étaient complémentaires. La première était une boule d'énergie positive et la seconde une créature de contemplation. Elles avaient cette réputation à l'Académie d'Argent d'être inséparables.
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Frédéric Lombasle, Lucia Arquila et Adrien Feylem : Étudiants dont Éléonore a la charge, ils sont les membres de l'expédition qu'elle mena dans le désert d'Akkaton, pendant les années 1998 et 1999. De caractère brillant, les trois élèves étaient complémentaires et inséparables. Éléonore leur vouait une admiration qui est celle qu'on prête à la jeune sagesse qui se dévoile. Éléonore les fréquente également hors de ses cours, en mangeant ou en sortant de temps en temps avec eux.


Qui êtes vous ?


Petite présentation de votre personne : Je suis une étudiante en histoire, assez polymathe. De fait, j'aime beaucoup les forums RP, parce que ça me donne l'occasion d'appliquer tout cela dans un univers. Autrement, il n'y a pas grand chose à dire de plus. J'aime bien jouer du piano, boire du thé et lire enroulée dans ma couverture.

Rythme rp et particularités : Ca dépend beaucoup. De manière générale, j'ai un emploi du temps assez chargé et je n'aime pas fournir des réponses trop courtes, d'où des délais de quelques jours, parfois. Néanmoins, j'ai quelques phases où mon imagination fuse et où je peux écrire de manière extensive.

Comment avez vous découvert le forum : Via un annuaire !

Des ambitions pour votre personnage ?  En soi, je vais commencer à me fondre un peu dans le moule, mais j'ai quelques idées pour la suite, des sortes de grands axes de développement. Après, l'essentiel reste de pouvoir interagir avec le reste du cast, donc je ne me fais pas plus de soucis que ça.

Crédits artistiques : Musketeer Hopeful d'Artagnan (Legend of the Cryptids), Cello Suite No. 2 in D Minor, BWV 1008: II. Allemande (Eva Lymenstull)


Osami Nakajima

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MessageSujet: Re: Éléonore Alyster Éléonore Alyster EmptyMer 3 Oct - 20:25
Histoire


Premier élément.

« Je pris le nom de ma mère et j'en tirais le mérite
et la gloire qui lui étaient associés. »
Je glissai ma main sur les tranches des ouvrages qui habillaient le mur de mon bureau. Des tours de papiers s'élevaient du sol, faites de multiples compte-rendus et recensions que j'avais dûment annotés. Mon doigt s'arrêta sur un livre, dans la cinquième section de ma bibliothèque. C'était un volumineux journal qui contenait des notes que j'avais prises, depuis un temps plus jeune. Je sortis le volume et l'ouvrit sur mon bureau, le son de la tranche qui craquelait me rappelant son vénérable âge.

Il n'était pas évident de naître en Akkaton, surtout sur les routes de cette étendue territoriale. Au moins, n'étais-je pas née dans ces contrées où la réussite était déjà assurée par une illustre ascendance ou dans ces endroits où une mère aguicheuse aurait enfanté d'une triste enfant condamnée à suivre ses traces. Sans vraiment le savoir, je vins au monde, fille d'un couple de voyageurs excentriques, tour à tour poètes et marchands. Ma mère accoucha dans un petit village, où mes parents firent halte quand elle perdit les eaux. Ma naissance fut facile : ma parturiente était d'honorable constitution et je n'étais qu'une frêle créature. Bien sûr, ma mère connut les douleurs de l'accouchement, mais cela ne fut pas une épreuve mortifère.

Il me fallut, disait-on, plusieurs minutes pour pleurer. On me crut morte, mais il semblait que le souffle du Verbe n'avait pas encore atteint le réceptacle qu'était mon corps. Mes parents connurent le soulagement, lorsqu'enfin je me mis à crier. C'était un cri primordial, félicité d'une divine joie ; audacieuse chose qu'est le Verbe, car il est le refus même de la douleur essentielle de toute chose, il est ce conseil éperdu, ce dépassement de l'absurdité de toutes les données sensibles et il est le don de voir à travers la mort. J'étais bien vivante, car de ma bouche sortait les Mots, encore incompréhensibles, mais ils existaient.

J'étais la première de mes parents et, bien que satisfaits de n'avoir aucune progéniture à charge, ils s'étaient tout de même engagés dans l'aventure parentale, pour cette raison, je crois, que leur honneur les poussa à faire hériter leur patrimoine lignager. C'était une force que de pouvoir transmettre sa mémoire et que ne fussent jamais perdus les souvenirs d'une vie et les épreuves dont elle fut la catalysatrice. Mon père était marchand depuis quatre générations : il se satisfaisait dans le négoce de draperies de très bonne facture et, s'il n'avait jamais connu le succès des pionniers qui avaient pu bâtir un empire commercial, il vivait décemment, payait ses taxes et était mu par une charité improbable pour les villages qu'il visitait pendant ses voyages. Finalement, il ne lui restait que peu d'argent pour sa famille, mais suffisamment pour que le confort ne fût en rien critiqué. Ma mère était une écrivaine ; elle avait le don de la formule et elle se plaisait à cette activité nourricière et nécessaire qui la rendait heureuse. Elle connut un succès décent, sans qu'on pût lui porter les louanges de toute une nation, mais sa plume était reconnue parmi les justes. Elle jouissait ainsi d'une renommée de cercles privés et rédigeait parfois des chroniques pour quelques individus soucieux de préserver leur vie dans le papier. L'œuvre pour laquelle elle eut le plus de retentissement était son Fait de miséricorde, qui traitait de l'intolérance dans les écrits et à la récusation de tels propos, par un tour philosophique. Pour tout dire, ma mère était moins philosophe que chroniqueuse, mais elle avait de l'esprit et une éducation heureuse, aussi put-elle traiter du sujet, lequel fut d'ailleurs plus reçu pour sa forme que pour son fond, je dois l'admettre.

Quoi qu'il en fût, c'est dans ce petit monde que j'advins et il ne me fallut pas longtemps pour succomber aux délices sucrées de la connaissance et de la littérature, dont la chaleur et la compagnie m'étaient depuis toujours agréables. De ma mère, j'eus le privilège d'apprendre les bases du savoir et de la rhétorique ; de mon père, j'eus à apprendre la psyché et l'ardeur dans l'exercice physique. Très jeune, je m'en souviens encore, je me promis d'être à la hauteur de mes géniteurs et de les surpasser un jour.

« Ses cheveux sont blonds comme les blés et ses yeux sont semblables à la mer, souffla mon père, Guillaume, alors qu'il me prit sur ses genoux.
Comme sa mère, répondit-elle, en sueur, dans un élan de fierté distingué.
Elle sera une fille juste, brillante et charitable. Elle s'appellera donc Éléonore.
Éléonore Panova...
Non ; Éléonore Alyster. Elle prendra ton nom, Marguerite. »

Ma mère n'avait pas répondu. En effet, elle savait que son mari faisait l'impasse sur sa propre succession nominale, pour me protéger des affres des ennemis qu'il avait pu contracter pendant des années de commerce. Car aussi honorable marchand fut-il, ses négociations l'avaient mis en désaccord avec des partenaires pour qui l'appât du gain était supérieur à l'humanité. Aussi, je pris le nom de ma mère et j'en tirais le mérite et la gloire qui lui étaient associés, abandonnant celui de mon père dans mes veines.

Pendant les premières années de ma vie, je voyageais avec mes parents, qui pouvaient encore me fournir eux-mêmes l'éducation à laquelle chacun pouvait prétendre. J'avais un potentiel intellectuel sensible, mais, faute de professeurs avisés, il était mal quantifié. On me présentait comme une petite fille qui comprenait vite ; mais plutôt silencieuse et qui se laissait aller là où le courant la portait. Lorsque je pus former des phrases, il n'y eut pas de changements notables à ce caractère. J'avais un sourire expressif et des mots qui faisaient mouche, mais je ne parlais guère, en dehors du cercle familial. J'étais proche de ma mère qui ne souhaitait pas non plus que je m'éloignasse d'elle. Ainsi, mes primes années furent passées dans ses jupons, avec des livres dans les bras. Elle me dorlotait souvent aussi et entonnait des berceuses dans une langue ancienne ― tout du moins, je le présume, encore à ce jour ― dont elle semblait être la seule locutrice. Nous étions unies par nos bras, mais surtout par la Culture et les Mots.

Doucement, je me mis ensuite à marcher, quoique mes parents eussent de nombreux rires, en me voyant chuter par terre, les regardant avec une expression ébahie. Ce fut à ce moment-là que mon père me fit monter sur ses épaules. Je me sentais grande et l'horizon était plus clair, plus brillant. Nous étions unis par nos bras, mais surtout par notre Grandeur et notre Honneur.

Second élément.

« Baignée de la lumière sélène, j'observais l'astre
qui me semblait être une rose blanche aux reflets bleutés. »
L'intelligence de l'âme était à la fois un don et une révélation qui faisait office d'honneur lignager à travers les époques. Non pas qu'il y avait une charge héréditaire qui donnait une aptitude à commander par le sang, mais plutôt que la noblesse de cœur était ce déterminant hautement symbolique qui donnait une aura singulière. Aussi archaïque que pouvait être cette pensée, j'y ai toujours adhéré, au moins en partie. Par le programme moral d'Akkaton, beaucoup de familles visaient cette excellence et cette droiture des mœurs, signe d'une réussite sociale. Cela explique assurément la place donnée aux éducateurs – et à l'éducation donnée au sein du foyer –, car les parents prennent soin de faire de la génération suivante quelque chose qui égalera la leur, si ce n'est une génération qui la surpassera.

Ma famille eut ce même souci et il advint le temps où je ne pouvais pas continuer mon éducation sur la route. Il me fallait poser bagage et souffrir de l'exercice intellectuel, celui-là même qui était si bon et si doux, en un lieu fixe. Le choix de mes parents fut marqué par des discussions qui ne connaissaient de fin, d'autant que je me souviens, mais ils s'arrêtèrent sur la petite bourgade de Petitmont. Deux arguments forts jouaient en faveur de la calme cité. Le premier était son calme désarmant qui en faisait une localité propice à l'étude. La seconde était la présence d'un professeur dont le talent avait plu à mes parents, contact de mon père. C'était un petit vieillard dont le dos était plié par le poids des années. Pourtant, il paraissait grand, comme les colosses, dont l'expérience avait donné des jambes si grandes qu'il côtoyait les neiges éternelles des montagnes. De fait, la décision fut bientôt prise de me loger dans la pittoresque ville pour le reste de mon enfance et mon adolescence, en compagnie de mon précepteur à qui se doublait la figure d'un second père. J'appris les plans de mes parents assez tardivement, de sorte que j'eus peu de temps pour me préparer : plusieurs mois me séparaient du jour fatidique où je serais sédentaire, mais chacun des jours passés auprès de mes géniteurs s’égrainait bien trop rapidement.

Enfin, vint le jour où je dus préparer mes affaires, encore toute jeune minaude que j'étais.  Céréalis – c'était le nom de mon précepteur – était un érudit installé depuis quelques années à Petitmont et il était reconnu pour des œuvres tout à fait remarquables. Son savoir était réel et il avait apporté avec lui une large bibliothèque, si dense que beaucoup de livres restaient constamment à terre, ça et là dans sa demeure. Alors que j'arrivais chez lui, le temps était clair et une aimable brise soufflait dans mes cheveux et dans les pins qui habillaient les rues de la belle cité – on eût cru qu'une entité divine jouait de la syrinx pour accompagner mon arrivée.

Je ne me faisais pas vraiment de crainte et j'avais accepté la séparation, de sorte que je ne ressentis pas de terribles douleurs, lorsque je fus sur le point de quitter mes parents. Néanmoins, je m'apprêtais à plonger dans l'inconnu et cette pensée secouait mon pauvre cerveau dans mon crâne. Cela n'était pourtant pas la première fois que je venais à Petitmont mais, aujourd'hui, les rues me paraissaient bien plus grandes, le temps bien plus long, mon souffle bien plus serré. Lorsque nous entrâmes dans l'antre de mon précepteur, je fus accueillie par une ambiance tamisée, probablement dû au fait qu'il fisse sombre dans le salon, dont les fenêtres étaient à demi-closes. Le miel de la lumière faisait des arabesques sur les antiques meubles dont la composition boisée indiquait un amour certain pour les antiquités. Je pouvais sentir l'odeur des vieux livres et du thé.

Enfermée dans une spirale nouvelle, mon esprit était conquis par le potentiel illimité de lecture que j'entrevoyais. J'eus à peine le temps de dire au-revoir à mes parents, à leur promettre que je serais une fille digne du nom que je portais et à leur faire une embrassade aimante, que je me retrouvais déjà avec des ouvrages sur les genoux.

« Bien, commençons ! souffla mon maître avec une mine joueuse. »

Il n'en fallut pas plus pour que j'empoignasse une plume, assez jolie, pour commencer à tracer des lettres sur la feuille que Céréalis me présentait. J'entendais le contact rugueux de la pointe de métal contre le papier dont le grain était agréable au toucher. Je pinçais indélicatement mes lèvres pour m'appliquer le plus possible dans la forme de mes boucles. J'essayais, comme j'avais vu ma mère le faire si souvent, d'appuyer plus ou moins fort pour délivrer une quantité d'encre plus grande quand je descendais mes lettres. Après de longues minutes, j'avais fini mon premier devoir. Le sujet était lui suivant :

« Rédaction : Une nuit au clair de lune. La lumière, les ombres, les bruits confus, vos impressions. »

Je ris en repensant à ce premier écrit. En voilà une retranscription que je tire de mes archives que je viens d'ouvrir :

« En guise de félicitations pour avoir aidé ma mère dans son travail, mon père m'invita, avec ma mère bien sûr, à venir passer le dimanche dans le petit village de la Grand'liane, où il avait déjà séjourné. Nous y allâmes, et, mon père, qui m'avait promis de manger de bons desserts, me fit régaler de ces gâteaux excellents que j'aimais beaucoup. Nous restâmes au village toute la journée et nous revînmes très tard le soir sur notre route, le clair de lune éclairait nos têtes. Le ciel était d'un bleu pâle et le disque presque blanc de la lune nous éclairait à travers le chemin caillouteux du retour. On ne voyait pas une lumière au travers des arbres épais.

Mais tout le monde devait être couché à cette heure-là ! Dans le silence de la nuit, on entendait les cris de malheur des oiseaux de la nuit. Le hibou était effrayant et ne cessait avec des Houuu ! Houuu ! Houu ! Malgré que
(notez cette faute que je faisais souvent petite !) j'étais accompagnée de mes parents, mon dos frissonnait. Je demandais à mes parents d'où venaient tous les bruits. Étaient-ce des chiens méchants ? Des lapins ? Mais rien ne sortait des haies et j'étais très satisfaite de ma nuit au clair de lune.

J'aimerais rester dehors toute la nuit, mais n'aurais-je pas peur ? Je suis peut-être un peu poltronne, peut-être est-ce mieux que je reste à l'intérieur ?
»

Mon maître riait à la lecture de ma lettre. Ce dont je me souviendrai toujours, c'est qu'il accompagna alors dehors, lorsque la nuit fut tombée. Émerveillée par les douceurs éternelles de la nuit, j'en finissais par à oublier les craintes de ma lettre et j'étais seulement cette petite enfant dont l'extase n'avait d'égale que la joie que j'arborais dans mon sourire. Céréalis me dit alors que la nuit était porteuse de l'éminent conseil que le monde pouvait garantir à ses sujets : l'obscurité était cette amie qui apportait le réconfort du silence et la lucidité de l'âme. Je plongeais mes yeux dans la lune que je voyais au-dessus des toits tuilés. Baignée de la lumière sélène, j'observais l'astre qui me semblait être une rose blanche aux reflets bleutés.

Cette nuit-là fut bonne pour mes rêveries noctambules et je me promis de découvrir les secrets qu'elle cachait. Les mots de mon maître résonnaient encore dans ma tête et je m'abandonnais à ses histoires sur l'histoire, la littérature et l'art, matières qui – selon son goût – étaient trop peu en vue en Akkaton. Je dois dire que je partage aujourd'hui son avis.

Troisième élément.

« Le voyage confirma ma destinée d'érudite
et les plaisirs d'une vie de science qui ne connaissait
pas les routines monotones. »
Tout en face de moi, quatre adolescents s'amusaient dans un parc à la verdure étincelante. J'avais bien grandi des enseignements de Céréalis et il ne fallut pas grands moments pour que les barrières de Petitmont vinrent contraindre mon désir de connaissances. Mon maître était parfaitement au fait de l'ardeur que j'avais à voyager et à repousser les limites de mon horizon intellectuel. Aussi, il fut décidé, lorsque j'atteignis le prime âge de l'adolescence – et avec l'accord de mes parents, qui me rendaient souvent visite – de quérir aventures et contes en Ikhyld. Jamais un érudit n'eût pu résister aux chants des sirènes de la tour d'Hybra. Ses colonnades s'élevaient vers le dôme céleste, suprême achèvement et métaphore du désir humain. Non moins acclamée, l'université d'Argent avait sur mon esprit la flamboyance sereine de la promesse d'une éducation couronnée.

Les quatre jeunes gens que j'évoquais sentaient étonnamment forts et ils avaient cet air gaillard qu'ont les prétentieux qui ne doutaient jamais de leur sagesse. J'étais assise sur un des bancs mis à disposition des marcheurs fatigués, occupée à croquer grossièrement la silhouette du Palais de Jade, pour en étudier la forme, plus tard. C'était une activité qui me détendait : je n'étais pas particulièrement douée de mes mains, mais dessiner m'apportait un réconfort étonnant. C'était comme si j'étais pourvoyeuse de l'ordre universel, qui rendait les cieux si beaux et les soleils si doux.

Pendant les quelques semaines que durèrent le séjour, il n'était pas rare que je rentrasse le soir, à une heure très tardive, la tête remplie de ses rêves qui sont l'apanage des jeunes. Bailli de ma propre conscience, j'étais cette jeune amoureuse du temps et de l'espace, qui, loin des préoccupations ordinaires, volait entre les fleurs de la connaissances. Je gardais encore des souvenirs profonds de cette période durant laquelle je fus si extatique que j'en oubliais de manger ou de dormir. Bienheureuse, je ne pouvais faire autrement que de céder aux caprices de ma tendre âme qui s'allongeait continuellement vers les fastes des bibliothèques. Ma félicité était au nombre des exploits chantés par les aèdes et Céréalis était un maître heureux de voir que son éducation avait prodigué à la jeune fille que j'étais, une curiosité qui ne cessait d'être. J'étais pour lui la réussite de sa vie, car j'avais prouvé que l'amour pour les humanités n'avait pas disparu en Akkaton, loin de là.

Bien sûr, il y avait bien d'autres personnes qui chérissaient les lettres comme je le faisais, mais j'avais cette particularité d'être une inadmissible lectrice à la boulimie insatiable : j'eus fini la lecture de la bibliothèque de Céréalis, à Petitmont, en quelques années à peine, fût-elle un labyrinthe infranchissable pour beaucoup. Ainsi, seuls les appareillages d'Ikhyld pouvaient me contenter. Nous nous enquillions de mots simples et d'idées complexes : ce furent des meilleures semaines de ma vie.

Je rencontrai, plus tard, une jeune fille de mon âge. Elle arborait un sourire aimable et ses longs cheveux de jais glissaient dans l'air avec élégance. La demoiselle vint à moi, alors que je flânais dans la végétation, enivrée de parfums poudreux en tout genre. Elle épousseta ma robe et en refit les plis, avec une attention particulière. Je me tournai pour lui faire face et elle me rendit un sourire désarmant.

« Qui es-tu ? demandai-je de cette voix qui trahissait un profond étonnement.
Lia, me répondit-elle. Ça te dérange si je reste avec toi ? »

Intriguée, je l'invitais à me suivre et nous explorions ensemble le monde qui nous entourait. Je ne voudrais pas appesantir le lecteur avec des détails qui ne méritent pas d'attention, mais il fallait seulement savoir que Lia était de ces créatures particulièrement têtues dont les sentiments et la raison se mêlaient avec panache, formant une essence pure de confiance inébranlable. Elle ne me quitta pas du reste de mon voyage : s'étant invitée au dîner, elle parvint à convaincre Céréalis d'installer une couche près de mon lit et elle ne repartit qu'une fois notre séjour terminé.

Je compris, au fil des discussions qu'elle était dans une situation similaire à la mienne. Ses parents furent mandés dans la province, et elle restait en ville, à la charge d'une nourrice, suivant de manière disparate des enseignements. A vrai dire, elle n'avait pas vraiment une connaissance vaste, mais son intuition était très puissante et elle semblait comprendre des concepts qui étaient naturellement bien trop loin de la portée d'adolescentes de quatorze ans. Le soir, nous discutions du monde et de livres, mais aussi d'amour, sujet qui était peut-être cher à des enfants de notre âge. Je lui contais les malheurs que je connus avec différents garçons de Petitmont et elle me narra l'idylle sans fin de son père et sa mère, des individus qui me semblaient remarquables, au portrait qu'elle en brossait. Mes veines furent emplies de fragrances bleutées, les jours passant et je me sentais l'âme poète.

C'était comme si Ikhyld m'avait sorti du temps et des soucis habituels que je rencontrais en Akkaton. Il y avait là quelque chose qui dépassait les coutumes que j'avais intégrés et qui me semblait être une terre de tous les possibles. Je sentais que mon éducation devait se faire ici, car c'était le seul endroit qui me comprenait. Le lecteur doit bien voir ici qu'il s'agissait de la vision nouvellement déformée d'une fillette bien trop pleine d'entrain, mais le fond de vérité était là. Peut-être recevrais-je certes moins de sollicitude civile, mais mon cerveau était tout entier aux prises avec l'immense potentiel de l'Académie d'Argent : ainsi, l'intégrer était mon but.

Je fis par de mes projets à Céréalis et il me répondit d'un « Mhh... » plein de conclusions. Il me demandait ce que je comptais faire après ; je lui dis que j'avais l'intention de passer ma vie à étudier, car c'était une activité qui me seyait à merveille et dans laquelle je trouvais un infini plaisir. Nous discutâmes longuement et nous parvînmes à la conclusion – plus exactement, je parvins à cette conclusion, car il paraissait évident que mon maître avait déjà pressenti ces projets pour moi – que je devais me former dans l'optique de passer les concours de l'enseignement d'Akkaton, dans l'espoir d'obtenir un poste dans une prestigieuse université. Je concevais l'idée avec appréhension, puisqu'il ne m'était jamais vraiment venu à l'esprit que je fusse de l'autre côté de l'estrade. Pourtant, la perspective ne me déplaisait pas et j'en venais déjà à m'imaginer gloser sur des textes devant un parterre d'élèves consciencieux.

Lia était amusée par l'idée et me soutenait dans ce choix. Nous convînmes ensemble que nous ferions nos études ensemble à l'Académie d'Argent, quand le temps viendra. Nous scellâmes cette promesse en échangeant nos plumes. C'était un acte bien lourd de conséquences, car aimantes du savoir que nous étions, nous venions d'échanger le moyen même de notre expression – celui qui devait rester personnel –, signe d'une inéluctable retrouvaille qui forcerait le destin, inéluctablement.

Suite à cela, nous prîmes mesure des quelques jours qui nous restaient et nous les consacrâmes à un repos dûment mérité, fait de promenades et de divers autres manèges plus légers pour l'esprit. Céréalis semblait continuellement inquiet de nos escapades urbaines, quand bien même nous nous portions comme des charmes et que nous étions exemptes de soucis. Je pus appréhender de plus près la vie de cette nation et j'en appréciais les charmes, différents d'Akkaton, mais qui me plaisaient tellement. Peut-être était-ce la différence qui m'attirait et non pas une mesure absolue, je ne saurais le dire : quoi qu'il en fût, j'appréciais à pleine mesure l'aventure magique – dans tous les sens du terme – qui m'était offerte.

Car mon épopée étrangère se conclut sur une note inattendue. J'aperçus, à un quelconque moment, les quatre jeunes gens que j'évoquais plus haut, pratiquant de la magie, à force d'invocations somatiques. La scène m'amusait et je me pris inconsciemment à imiter leur geste. Doucement, du bout du doigt, d'abord, mais j'augmentais l'amplitude sans vraie conscience, comme si quelque chose de supérieur me contrôlait. Ce fut comme si j'étais prise dans une paix intérieure nouvelle et je trouvais là quelque chose qui m'exaltait tant que mes gesticulations devinrent un peu plus précises et je finissais par projeter une petite sphère d'eau de mes mains. La bulle força son passage dans la réalité et finit par asperger un des jeunes garçons. Sans voix, je les regardais avant de diriger mon regard vers mes mains. Elles étaient fines et longues, mais cette fois, elles me paraissaient bien étrangères.

Deux des gaillards se mirent à rire de leur camarade mouillé jusqu'aux os. Il semblait se diriger vers moi et je crus qu'il allait se fâcher, mais Lia désamorça la situation en prenant mes mains et nous nous enfuîmes à travers la ville. C'était seulement à bout de souffle que nous nous arrêtâmes. Je découvrais la magie qui habitait en moi. Triste chose que de déceler ce talent alors que j'étais sur le point de partir. Lia souligna que c'était là une autre raison pour revenir ici et qu'elle m'attendrait avec impatience.

Le retour à Petitmont ne se fit pas sans peine. Je quittais un lieu surprenant, des questions dans la tête. Aussi, le voyage confirma ma destinée d'érudite et les plaisirs d'une vie de science qui ne connaissait pas les routines monotones, car chaque jour était propice à un apprentissage nouveau.

Dans le même temps, ma mère accouchait de ma sœur, de quatorze ans ma cadette.

Quatrième élément.

« De la chaire, l'on tire ce que l'on veut ;
j'érigerai une vérité plus forte que l'airain. »
A la lecture des sages Anciens, on eût pu croire que l'accomplissement d'une vie se trouvait dans  la délivrance de la gynécée. Il y avait là cette idée extatique de la survivance d'une lignée, de la mémoire d'une famille qui transcenderait les barrières de la mort et de l'histoire. Cela s'appliquait à la première naissance, mais dans le cas d'une seconde, comment les Anciens la justifiaient-ils ? Il y avait bien une part de vérité, mais les raisons étaient alors bien différentes. Mon père et ma mère étaient néanmoins dans cette situation. Bienheureux étaient les couples dont la descendance fleurissait en bouquet, mais mes géniteurs, bien que voulant deux enfants, durent se soumettre aux caprices de la nature et à l'absence de cadet ou cadette, pendant les années qui suivirent ma naissance. Ils patientèrent et avec l'attente, leurs rêves familiaux s'érodaient. Le ventre vide de ma mère n'était tourmenté que par la peur que je fus la seule continuatrice du lignage.

C'était d'ailleurs une des grandes questions que mes parents se posaient. Car si je ne manquais guère de panache dans mes études et que j'étais promise à un succès, ma visible apathie amoureuse les laissait dubitatifs quant à mon envie – absolue – de fonder mon propre foyer. Il leur semblait que je n'étais point le genre de fille qui se chargerait avec le poids et les responsabilités d'une sphère familiale. Je ne peux leur donner tort, car sans être un refus, mon indifférence envers cette situation était telle qu'il ne me vînt jamais à l'esprit que je pusse un jour être mère. Ils leur arrivaient parfois d'évoquer cette éventualité à haute voix, surtout dans la confidence de leur boudoir et les rares fois où je fus prise à partie, je leur répondis que la vie réservait son lot de surprises et que rien ne pouvait être acté.

La situation changea donc, je l'ai évoquée plus haut, lorsque je revins à Petitmont, car la famille venait d'être complétée par la naissance de sa cadette. Je pris les choses à cœur car, malgré la différence d'âge, j'étais heureuse de trouver une compagne de jeu. Je ne connus toutefois par les épanchements en joie, en surprise, en jalousie ou en félicité que purent avoir des plus jeunes nouveaux-aînés. Déjà séparée de ma famille depuis de nombreuses années, j'avais l'expérience de la distance et je faisais la part des choses dans cette naissance qui, miraculeuse, n'était pas affaire à bouleverser mon quotidien. Je crois que la naissance de ma sœur, Jeanne, eut cet effet de décupler l'amour de mes parents. Leurs voyages étaient moins étendus et ils passaient plus de temps à Petitmont, jusqu'à cette décision qui fut, finalement, d'acquérir un bien foncier dans la charmante cité.

Cela n'était pas pour me déplaire, loin de là, bien que j'eus rapidement fait de bouger à mon tour, faisant des trajets en train, de Petitmont à la capitale, pour le bien de mes études. En effet, j'avais été admise à l'université des humanités de la Cité d'Airain et je passais moins de temps dans le pittoresque endroit qui m'avait vu grandir et qui me manquait tant. Le fer a cela de beau qu'il est le chantre de la modernité, mais j'étais plus fille de la nature et j'étais nostalgique de la virginalité de notre terre. Ma sœur grandit dans les soirs de lune que je connus des années plus tôt et elle apprécia ses charmes ; elle s'était révélée bien plus turbulente que moi. Mes parents connurent de ces soirées de tension et d'énervement face aux insanités de ma cadette, mais au final, leur relation – bien plus charnelle que celle avec moi – fut belle et pleine d'agréables surprises. La jeune demoiselle s'était montrée une artificière de bon calibre : la surprise n'était pas tant dans son choix de passions non-orthodoxes, mais plutôt dans la maîtrise presque native d'un art qui ne semblait pas commun, même dans une nation comme Akkaton.

Les années qui suivirent furent splendides. Jeanne développa son amour pour la chimie et j'avais étendu mon spectre de connaissances à un degré peu commun, surpassant, de loin, les enseignements de mes parents. Seul Céréalis me prodiguait encore les plaisirs de la découverte, bien qu'il semblait que le vieil homme fatiguait. Ce n'était pas tant qu'il se mourrait, mais il accordait de plus en plus de temps à la méditation et parfois, ses yeux autrefois clairs étaient traversés par un voile grisâtre qui annonçait les vieux jours. Néanmoins, dans le secret des chambres, ma mère m'apprit la langue qu'elle avait utilisée pour nous bercer. C'était un ensemble à la construction chantante et qui ne souffrait pas du souci des particularismes locaux de la grammaire.

Elle me fit promettre de garder cette arcane pour moi, car c'était son trésor le plus précieux. Je le lui promis, d'une voix qui se voulait solennelle, franche et brave.

Les grandeurs de la connaissance étaient mes plus fidèles compagnons et des délices de la conversation étaient des réconforts pour moi. J'étais sur la bonne voie, lorsque j'atteins la vingtaine de printemps, pour envisager sérieusement l'inscription aux concours de l'enseignement, que je décidai vouloir passer dans la ville d'Airain, bastion central. Néanmoins, il me parut bon d'étendre mon horizon en retournant à Ikhyld, conformément à la promesse que j'avais faite. J'y accordais une grande importance, car c'était une chose qui touchait à l'honneur et à l'âme, ainsi je fis part à mes professeurs de ce projet qui fut assez facilement validé, l'essentiel des difficultés étant d'ordre administrative.

Je pus faire mon retour dans la grande Cité de Jade, qui avait toujours ce quelque chose de magnifique qui flattait plus mon esprit que les grandes tours d'Akkaton. Bien sûr, j'aimais mon pays, car il était souvent bon pour ses habitants et des villes comme Petitmont avaient cette pureté qui me faisaient oublier les attaques de la civilisation trop rapide. Au détour des rues, je redécouvrai les enseignes des libraires et les bonheurs de la magie. Car ce fut ici que j'eus mes premières expériences et, malheureusement, la volonté du destin faisant, je ne pus m'exercer en Akkaton, où la dualité entre les arcanes et la mécanique interdisait une étude approfondie de cet art-là. Pas qu'il fût impossible, mais les choses étaient bien trop compliquées, d'autant que je n'avais pas le temps de m'y consacrer décemment.

Je me souviens être rentrée dans une échoppe, pour dévorer les rayons de mon regard, gagnant quelques centimètres sur la pointe des pieds, pour accéder à ceux qui étaient tout en haut. Le libraire, un homme à la bonhomie apparente, s'approcha de moi :

« Je peux vous aider, Mademoiselle ?
Eh bien, je flâne, mais je voulais savoir si vous aviez un manuel général sur votre ville. Qui traiterait d'urbanisme, notamment, répondis-je avec un entrain, qui plaisait à l'homme.
Voyons voir, ma chère, fit-il en fouillant ses rangées du regard. J'ai bien ce traité-là, écrit par Georgus Algoff, L'Économie rurale et urbaine de la Cité de Jade. Sinon, j'ai cette ancienne synthèse. Histoire urbaine d'Ikhyld. Céréalis, un ancien professeur de l'académie d'Argent. »

J'en fus confuse. Jamais il ne m'était venu à ma connaissance que mon maître fut professeur dans la plus prestigieuse académie d'humanités du continent. Il ne m'avait aucunement mise dans la confidence, d'aussi loin que pouvait remonter ma mémoire. Excitée et perdue, je m'entretins avec le boutiquier : ce dernier m'expliqua que Céréalis était professeur d'histoire, mais qu'il y eut des déboires, à propos d'un débat houleux – le libraire n'avait pas de détails précis, mais de mémoire de mortel, il se souvenait que les différentes recensions sur ses ouvrages avaient été des brûlots. De fait, il déposa ses titres et l'académie fit le maximum pour limiter la production de ses ouvrages, entreprise qui s'appliquait rétroactivement à toute sa bibliographie. Aussi, s'il n'y eut pas de censure à proprement parler, ni de contestations de Céréalis, les pans de sa connaissance furent limités à une élite académique, seule détentrice de la mémoire des œuvres du vénérable professeur.

Je ne pus tirer plus d'informations au sujet de la thèse débattue par mon maître qui lui valut l'abdication de sa chaire, mais j'achetai sa synthèse, antérieure à ce conflit entre lettrés. Il fallait d'ailleurs préciser que ce conflit resta dans les marges du monde public et qu'on n'en parlât guère, sauf dans les sphères privés des académiciens.

Par souci de brièveté, j'épargnerai au lecteur des détails qui ne sont pas utiles, bien qu'intéressants. Néanmoins, il convient de dire que j'eus l'immense plaisir de retrouver Lia, ma très chère amie, avec qui je gardais correspondance. Nous nous retrouvâmes dans des épanchements de bonheur et je pus voir qu'elle avait bien grandi, digne femme dont la stature était à la hauteur des études en éthique de la magie qu'elle menait. Nous prîmes nos quartiers ensemble pour la rentrée scolaire et ce fut une douce préparation aux concours qui commença. Je travaillais aussi ardemment qu'à mon habitude, mais avec cette volonté secrète de découvrir les archives de mon maître et ce qui avait causé sa perte.

Malheureusement, les traces étaient presque inexistantes, comme s'il n'avait pas existé. Sa synthèse que je dévorais éclairait quelques points, néanmoins. Je fus prise d'une volonté de liberté intellectuelle qui transcenderait les conflits de couloir. Il me fallait découvrir la vérité et la porter au centre du débat public, car j'avais confiance dans les capacités de mon maître. Ainsi, la clef à ce problème, une chaire de professeur, m'apparut d'autant plus brillante et nécessaire. Mon plan d'avenir prenait parfaitement naissance et je conclus que c'était là mon destin, de m'imposer à mes pairs et d'emporter avec moi les travaux de Céréalis, que j'aurais exhumés du tombeau de la connaissance.

Je pris mon envolée et ce moment marqua le tournant de ma vie, car j'étais mue d'un parfait objectif. C'était là un message d'adieu à l'ancienne fille que j'étais, innocente et naïve, et l'entrée dans un espace où les velléités masquaient de sombres secrets. Je promis que j'accomplirai mon but, dans une formule qui émanait de la langue de ma mère : « Ex cathedra sequitur quod libet ; exigam veritem aere perenniorem. »

« De la chaire, l'on tire ce que l'on veut ; j'érigerai une vérité plus forte que l'airain. »

Cinquième élément.

« J'eus le plaisir de déclamer la leçon devant mon jury
et je connus la dignité d'honorer les connaissances de mes pairs. »
A l'âge de 49 ans, mon père mourut foudroyé par un cancer. Son décès eut lieu quatre mois avant mon concours et je ne pus rentrer à temps pour être à son chevet, dans les derniers instants. Ma mémoire de ces instants est douloureuse et éveille en moi de terribles souvenirs. Les planches de sa bière avaient été poncées au brou de noix. Il reposait dans l'office mortuaire de Petitmont. La salle était blanche et la lumière frappait les carreaux ondulés avec une étincelante beauté. Je ne comprenais pas que mon cher père fut parti. Ma tête semblait vide et je connaissais l'inconfort de l'inanité. La mort si rapide de mon père eut sur moi l'effet d'un paysage onirique ; c'était un rêve qui me tourmentait, le temps ne passant guère plus. Ma mère et ma sœur furent en proie à un terrible chagrin et je ne pouvais y compatir, isolée de cette peine familiale pour des raisons que j'ignorais.

Céréalis vint plus tard dans la journée et il nous apporta ses condoléances. Je crois que j'eus enfin pleuré à ce moment-là : c'était comme si mon second père venait de m'annoncer la mort de mon premier, que je chérissais avec vertu. On dit que les parents souhaitent mourir avant leurs enfants, mais je fus toujours convaincue que je partirais avant les miens, pour la raison que l'idée de la disparition d'autrui m'était bien plus insupportable que ma propre déliquescence dans l'existence.

Je pleurai longuement, en proie à un vide qui ne serait jamais comblé, mon pire cauchemar venant de se réaliser : il m'était impossible de penser la perte d'un de mes êtres si chers. Je n'avais pas eu la chance de connaître avec mon père les plaisirs des climats hivernaux, je n'avais pu connaître ce moment où il pût me réchauffer quand je grelottais. Je ne pus faire l'aventure de la tendresse avec lui, mains dans les mains, cœurs ensemble. Je n'avais pas pu marcher à nouveau sur les dunes brûlantes d'Akkaton, avec lui. Je n'avais pu apprendre de lui tous les secrets de notre lignage.

Ces actes manqués étaient des terribles repoussoirs qui me plongeaient dans une tristesse innommable. Le lecteur pourrait s'étonner de voir si peu d'épanchements d'émotions dans ces quelques lignes. En vérité, sur le moment, le vide que causait la perte subite de mon père fut telle qu'il laissait dans mon âme un puits sans fonds qui aspiraient mes sentiments. Aussi, à l'extérieur, je connus l'apathie et le désœuvrement. Ma mère plongea dans une terrible dépression et Céréalis se porta garant en tuteur pour gérer le reste de la famille. Quant à moi, assez grande, je vaquai à l'inexistence de ma condition, oublieuse des concours que je préparais depuis tant d'années.

J'étais retournée à l'Académie d'Argent, mais je me plongeais dans la contemplation de ce qui était perdu à jamais. Lia fut un secours pour moi, mais j'étais oublieuse et l'ardeur de l'étude m'avait quittée. Je savais bien que tout avait une fin, mais je choisissais de demeurer dans la peine et de laisser ouvertes mes blessures. Je pris mes distances avec ma famille, m'en remettant à l'amitié de Céréalis qui, du reste, fut un excellent garant pour ma famille, prenant soin de ma mère comme de Jeanne, malgré le fardeau des années sur ses épaules. J'espérais pouvoir partager avec quelqu'un la tristesse que j'éprouvais, la douleur de ce manque, mais je ne trouvais personne pour en parler – c'était avec mon défunt père que je voulus avoir cette discussion, mais il nous avait quittés à jamais. Lia fut douce avec moi, mais je tâchais de ménager ma tristesse à son contact, car elle connaissait les mêmes difficiles études que moi.

Je passais mes journées à l'extérieur, regardant passer un mince ruisseau d'eau pendant des heures entières, agrippant l'herbe dans mes poings, fermés par la douleur. J'étais reconnaissante à mon père d'avoir fait le sacrifice de ma présence à ses côtés et de m'avoir accordé tout le temps que je jugeais nécessaire à mes études et à mes rêves. J'étais si reconnaissante de ce qu'il m'avait apporté, sans que je pusse lui rendre mon affection dans toute sa réalité : il m'avait portée sur ses épaules ; il m'avait appris à me défendre ; il m'avait prodigué vêtements et bijoux ; il m'avait fait voir des paysages exquis. Et je fus absente quand ses yeux se clôturèrent.

A cette période-là, je réussis à mettre un nom sur les sentiments que j'éprouvais. Une profonde culpabilité me prenait et elle était décuplée par les manquements que je développais à l'égard du reste de ma famille. J'étalais en moi-même ma peine, la conservant, la maturant et la broyant dans mon sang. Ma rédemption, encore une fois, vint de Céréalis, héros à mes yeux. Il m'envoya une lettre dont je transcris ici le contenu.


1993, 12 Mars - Petitmont


Ma chère Éléonore,

Avant toute chose, sache que tu es dans nos pensées les plus chères. Malgré les difficultés que nous avons connues, ces derniers mois, nous sommes à nouveau en mesure de trouver un train de vie paisible. Ta mère Marguerite est toujours fatiguée, mais elle semble avoir trouvé du baume au cœur dans l'éducation de ta sœur. Celle-ci est encore jeune, mais elle apprend vite et si la douleur du deuil fut âpre, elle a su trouver du courage en honorant la mémoire de son père à travers ses rêves.

Je crois, ma chère élève, que c'est l'attitude qui devrait seoir le mieux à ton caractère. Plusieurs longues semaines se sont écoulées et je ne serais qu'un idiot à remettre en cause la douleur que tu connais, mais ton père était un bon ami. Il aurait voulu que tu surmontes cette épreuve et que tu brilles dans tes études, car ce sont là les mots qu'il nous avait tenus, avant de partir. Ton père a toujours été l'homme le fier que je connaissais, car il se targuait d'avoir une excellente fille qui était promise à un avenir merveilleux.

Il me semble qu'il faille que tu vives pour toi, c'était son vœu le plus cher, sans la contrainte d'un deuil qui te poursuivrait même là où il n'est pas invité. Ma chère élève, honore ton père des qualités qui t'ont fait remarquer. J'adjoins à cette lettre un croquis de ta sœur qui te souhaite bon courage, ainsi que quelques souvenirs de Petitmont. Prends soin de toi ; tu es dans nos cœurs et tu es notre espoir pour un monde meilleur.

Amicalement ton dévoué,
Céréalis Yn'vencalis

Sorte de suprême déclic, je séchai mes larmes et me remis au travail, non sans peine. J'étudiais d'arrache-pied pour combler le retard que je pris dans mon oisiveté. Il n'était pas rare que la lumière de notre chambre restât allumée jusqu'au petit matin et que je sautai une nuit de sommeil pour avancer dans mes travaux. Je dois ici saluer – à nouveau – Lia, qui fut une compagne dévouée, comprenant ma situation et jamais un mot méchant ne sortit de sa bouche. Elle me soutint comme une sœur et je lui dois, ainsi qu'aux missives suivantes de Céréalis, une immense partie de la confiance que je regagnai pendant les semaines finales de ma préparation.

Et ainsi, le 25 Aprilis, je reçus ma convocation qui me sommait de prendre mes dispositions pour rejoindre la Cité d'Airain à partir du 14 Maia, date à laquelle les différentes épreuves commençaient. La pression des premiers jours fut difficile et j'entrepris de rentrer momentanément à Petitmont pour prendre les derniers conseils de la part de mon maître. Je finis par me faire à la situation, cœur battant, et mon esprit surplombait à nouveau mes passions et je brillai à nouveau. Je me sentais mûrir rapidement et devenir une femme avant l'âge qui fut requis.

Car les effectifs de candidats étaient composés d'étudiants bien plus âgés que moi. Malgré mes vingt ans, j'étais la benjamine de l'épreuve, état de fait que je conçus bien lorsque je fus devant ma copie. Devant moi, un parterre de mes aînés était en train de composer. J'essayais de faire abstraction de cela et me concentrait sur mes différentes compositions. Le concours se composait de trois épreuves dissertatives, dont j'annote les sujets pour la mémoire : « Histoire générale : Vivre et mourir pendant l'âge d'or elfique », « Histoire locale : L'impérialisme et la chevalerie dans l'Empire d'Akkaton », « Géographie : Les routes maritimes orzaniennes ».

Au terme d'un marathon difficile pour le corps et pour l'esprit, je rentrai à Petitmont, soulagée d'avoir pu faire de mon mieux lors des épreuves reines de la discipline historique. Je passais les semaines suivantes dans un repos agréable. Notre famille semblait avoir fait de grands pas en avant depuis la mort de mon père et, grâce à Céréalis, une nouvelle ère s'était ouverte, où nous acceptions de porter l'héritage de notre géniteur.

Plus tard, je reçus l'invitation à me présenter à l'oral final, puisque j'avais été admissible à la suite des écrits. Je pris un courage à deux mains et je jetais à nouveau dans l'arène pour la dernière bataille : la leçon d'histoire générale. C'était là un exercice éprouvant, exposé sur un thème a priori inconnu du candidat ou de la candidate. Elle se déroulait dans l'Université des humanités de la Cité d'Airain et c'était ici que se jouait la réussite sublime ou l'échec devant la dernière ligne. Le matin de mon épreuve, je tirai « Le théâtre et ses publics en Orzian ».

Ce fut à ce moment que je mesurais la chance d'avoir une mère écrivaine et je la bénissais de tous les mots que je connaissais. La journée fila à une allure impétueuse, pendant ma préparation. Je bouillonnais de ce romanesque sentiment de la réussite, dans mon entreprise qui était la consécration d'une courte vie d'études. Monumental paradoxe, ce fut cette épreuve qui me fit renouer avec le joie de la préparation et j'eus le plaisir de déclamer la leçon devant mon jury et je connus la dignité d'honorer les connaissances de mes pairs. Enfiévrée, je finis mon exposé et passai mon entretien. On me remercia et on me permit de sortir de salle.

Voilà la missive que je reçus une semaine plus tard :


1993, 2 Julius - Cité d'Airain


Chère Madame Éléonore Alyster,

Nous avons l'honneur de vous annoncer que vous êtes reçue première au concours de l'enseignement d'histoire, dans la section de la Cité d'Airain.

Vous recevrez une convocation dans les prochains jours, pour les détails administratifs.

Sincèrement,
L'Université des humanités

Petitmont fêta ce résultat, toute la nuit durant, au son de joyeuses musiques. J'eus foi que mon père eût été fier de moi. Céréalis me le confirma.

Sixième élément.

« J'apparaissais comme une salvatrice,
douce ange qui serait le soulagement d'une classe. »
Il est surprenant de changer d'univers. Mon passage d'un côté à l'autre de l'estrade fut rapide et l'adaptation ne fut pas particulièrement simple, d'autant plus quand j'avais des élèves qui me dépassaient largement en âge. Le temps et la compréhension faisant, je pris mes marques et on m'avait chargé de travaux dirigés, ainsi que de cours pour des adolescents. Je fus aussi récipiendaire de quelques actes de recherches à mener et de la paperasse administrative qui seyait à notre profession. Le public a souvent tendance à oublier la réalité du travail d'enseignant-chercheur, qui était largement plus d'ordre logistique que didactique ou pédagogique. La chose ne me déplut pas, car c'était une étale satisfaisante après l'acharnement des dernières années dans le travail.

Je pus hériter d'un appartement, dans la grande Cité d'Airain, dont la vue donnait sur le Palais. Sa position n'était pas foncièrement déplaisante, mais elle m'était bien plus fade que les paysages de ma chambre petitmontaise ou celle de l'Académie d'Argent. Je m'avouais vaincue face à une technologie trop développée qui n'était que guère ma passion, contrairement à ma sœur. Cependant, la vie professorale apporta le luxe d'un emploi du temps plus flexible. J'avais certes des cours à dispenser, mais ils étaient assez doux et ma vie était davantage rythmée par mes levers et mes couchers, plutôt que par une quelconque organisation routinière. J'étais libre de m'adonner à mes recherches comme je le voulais.

Cet état de fait dura pendant plusieurs années où je connus des classes différentes, de nouveaux élèves et où je puis diriger les recherches de quelques étudiants. Pourtant, j'eus la surprise d'avoir été choisie à la succession d'un professeur partant à la retraite, à la chaire d'histoire de l'Âge d'Acier de l'Université des humanités. Au cours des dernières années, bien des mots de couloir circulèrent à mon sujet : plus jeune majorante du concours suprême d'histoire en Akkaton, certains ne comprenaient pas que je ne fusse pas installé à une chaire plus tôt.

A vrai dire, le choix était conscient, car je voulais pouvoir me consacrer à quelques projets d'ordre personnel, nommément les mystères autour de Céréalis. Je dus pourtant me rendre à l'évidence : les pistes disponibles étaient bien maigres et finissaient toutes par une impasse qui ne renforçait que ma frustration. A plusieurs reprises, je voulus parler de cela à mon maître, mais à chaque fois, ma conscience me retint, par la pensée qu'il devait avoir eu une bonne raison pour ne jamais m'en parler. Ainsi, je délaissais ma quête par dépit, pour la reprendre quelques mois plus tard, avec guère plus de succès.

Ainsi, je refusais maintes fois des postes dans des universités plus éloignées de la capitale, pour me concentrer sur ma tâche, jusqu'au moment où je fus pressentie pour remplacer mon aîné. La changement fut agréable pour les élèves, je le crois. Mon prédécesseur avait l'habitude de fournir des textes particulièrement ardus, peu propices à l'étude, pour des néophytes. J'apparaissais comme une salvatrice, douce ange qui serait le soulagement d'une classe. Il était vrai que ce rôle me plaisait et je mettais des efforts supplémentaires, pour offrir à mes nouveaux élèves des textes bien plus abordables, compte tenu de leur niveau. On parla de moi comme « Alyster, la prof sympa » et cette pensée me contentait. J'avais l'impression d'apporter un enseignement à mes élèves, digne de l'établissement que je représentais, tout en les ménageant et en leur donnant la possibilité de sortir la tête des études.

Bien sûr, le prix qu'il fallut payer fut celui des préparations et je passais souvent de longues heures dans mon bureau à l'Université ou dans la pièce dérobée de mon appartement, à potasser diverses sources. C'était un endroit scellé, derrière une de mes bibliothèques personnelles, qui ne s'ouvrait qu'à l'aide d'une agate dont m'avait fait don Céréalis. Havre de paix pour mon esprit, il me permettait de goûter à la solitude bénéfique pour l'étude. La seule personne à y avoir accédé fut Lia, lorsqu'elle vint, pendant la trêve de son cursus, pour me rendre visite et passer des vacances en Akkaton. Dans mon antre, il y avait divers fichiers sur des recherches sensibles, quelques notes importantes et les archives les plus importantes parmi mes écrits.

Il faisait souvent chaud dans cette alcôve, mais elle avait le mérite d'être particulièrement bien isolée du bruit, argument de taille, quand l'agitation de la ville me dérangeait trop. Le lecteur peut sans doute se demander pourquoi je m'attarde autant sur la mention de cette pièce-là, quand elle était justement dérobée que si peu accessible pour autrui. Le lecteur doit ainsi replacer mon histoire dans le cadre général de l'acte de mémoire qui est le rôle premier de mes écrits. Si peu connue du monde, il est nécessaire que le secret de cette pièce ne périsse pas et qu'on puisse y accéder dans le futur, pour l'individu digne des recherches que je mène. Bien sûr, tant que je suis sur cette terre, le secret sera gardé en moi, mais peut-être viendra le jour où mes écrits auront une valeur essentielle, auquel cas j'aurais laissé l'accès libre, à condition que le quémandant des secrets soit jugé digne par les épreuves que j'aurais laissées derrière moi.

Quoi qu'il en soit, mon temps à la chaire fut marqué entre les préparations, les amphithéâtres et les visites de terrain. Je voyageais dans les recoins d'Akkaton, aidée par mon équipe de recherches, dignes étudiants dont la qualité n'avait pas attendu l'âge. Il fut un jour où nous explorâmes le désert d'Akkaton, en quête de ruines, quand une tempête subite nous attaqua. La chose fut terrible et nous tentions de braver l'inconnu sablé en résistant tant bien que mal, nos corps voûtés par la pression des courants d'air. Je joins ici la description que Frédéric Lombasle fit de cet événement, car je ne crois guère pouvoir parvenir à une meilleure prose :

« Les grains de sable sur nos visages étaient douloureux. Le soleil était caché par une couverture sombre et ocre. Dans l'obscurité, nous tentions d'avancer jusqu'à une dune plus favorable à notre sort, espérant pouvoir nous cacher derrière elle. Nous nous tenions par la main ; je tenais Adrien par la main gauche et Mme. Alyster par la droite. Nous formions un chaînon unique dans cette épreuve naturelle. Tournant la tête à ma droite, je pus voir Lucia qui glissa, frappée par un bloc de sable un peu plus dense que ce qui tournait autour de nous. Visiblement sonnée, nous nous approchâmes d'elle et fîmes barrière de nos corps, pour qu'elle fût en sécurité. Après une éternité – tout du moins, ce qui nous sembla une éternité –, le vent cessa de souffler et nous pûmes retirer les masques de nos bouches pour inspirer de larges bouffées d'air. Nous étions au bout de nos forces.

Mais nous étions vivants.
»

Cet événement fut un marqueur essentiel dans ma carrière et de celui-ci, je tirai le contenu de la préface de mon ouvrage synthétique que je copie ici :


Un désert d'hommes et de mémoires. – Extrait de la préface.

On a tendance à associer les chercheurs en humanités avec des créatures de bibliothèques, sorte de monstres indicibles qui errent dans parmi les livres sans jamais voir la lumière du soleil que dans les descriptions d'ouvrages. Rien ne pourrait être plus faux que cette idée-là. Car la vie de chercheurs, aussi bien en sciences dures qu'en sciences humaines, était faite de ces aventures incroyables qui restent dans les mémoires pour l'éternité.

Parcourir les mémoires, c'est avant tout faire la rencontre du passé, directement ou par l'intermédiaire d'un autre. Et rien ne pourrait être plus valorisant que de connaître la vie, à travers des expériences nouvelles. C'est pourquoi je propose ici le récit d'une quête à travers le désert d'Akkaton que je pus mener pendant les années 1998 et 1999, à la recherche de fragments de notre histoire. J'eus la chance d'être accompagnée par de brillants esprits que vous découvrirez au fil des pages : Frédéric Lombasle, Lucia Arquila et Adrien Feylem.


Excipit et incipit.

« Mon projet est celui d'inscrire le Tout dans le Temps. »
Je referme ici le volume de mes notes. Il se trouve qu'il arrive à son terme et qu'il me faut en commencer un second. Les pages sont faites pour être tournées et il était temps d'ouvrir une nouvelle ère. Ces instants consignés qui sont les miens resteront à jamais marqués dans le papier et je ne les oublierai pas, aussi joyeux ou tristes soient-ils.

Bien sûr, il est de ces souvenirs qui m'ont plus marquée que d'autres, des aventures plus palpitantes que l'ordinaire et des émotions extrêmes qui sont inscrites dans mes veines. Mais chaque mot est une observation qui a son sens et sa place. J'espère pouvoir oublier quelques uns de ces éléments pour avoir le plaisir de les redécouvrir, plus tard, dans une puissante remémoration.

Je laisse ici ma plume. Pour le lecteur audacieux, ce long tome n'est que l'incipit à plusieurs autres, car mon projet est celui d'inscrire le Tout dans le Temps.

Ami, j'espère te revoir à la fin du second volume. D'ici là, bon vent !
Osami Nakajima

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MessageSujet: Re: Éléonore Alyster Éléonore Alyster EmptyJeu 4 Oct - 16:20
Liste des RP.



« Memoria : magnifica quaedam res et salutaris, si modo est ulla,
quaque proxime ad deorum vim natura mortalis possit accedere. »

Invitée pour une conférence à l'Université d'Argent, Éléonore pensait pouvoir rentrer chez elle pour la soir, mais une renontre fortuite avec le Ministre de l'Éducation allait forcément occuper sa soirée.


» En cours «

Parfois dans le monde universitaire, il faut savoir faire fi des barrières sociales, car c'est le savoir qui prime. C'est sans doute une maxime qui a ses limites, surtout quand on s'aventure là où le hasard nous guide. Et quand on est accompagné de l'empereur d'Akkaton.


» Terminé «

La première rencontre faite, il était temps de se jeter dans le bain. Ou en l'occurrence dans les courants du plan élémentaire du vent. Nul de savait vraiment ce qu'on pouvait y trouver, mais c'était bien pour cette raison que l'empereur et une petite troupe d'universitaires qu'Éléonore guidait s'étaient rendus là-bas.


» En cours «

Chasser la connaissance est une activité commune pour Éléonore. Mais quand cette connaissance devait prendre la forme d'une créature mythique à l'anatomie exceptionnelle, il y avait de quoi dérouter, même accompagnée d'un rôdeur à la longue expérience.


» Avorté «

Il est du professorat qui prend des formes différentes. Parce qu'on n'enseigne pas de la même façon à la chaire qu'au domicile de l'élève. Parce qu'on n'enseigne pas à un doctorant de la même manière qu'à une adolescente. Parce qu'on trouve parfois un éclat singulier chez son élève. Cela se découvre lors de ces premières fois qui restent inoubliables.


» En cours «

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MessageSujet: Re: Éléonore Alyster Éléonore Alyster EmptyLun 31 Déc - 16:59
Inventaire



« Pecunia ueniet ultro, honor offeretur, gratia ac dignitas fortasse ingerentur tibi :
uirtus in te non incidet. Ne leui quidem opera aut paruo labore cognoscitur ;
sed est tanti laborare omnia bona semel occupaturo. Unum est enim bonum quod honestum :
in illis nihil inuenies ueri, nihil certi, quaecumque famae placent. »


[MISE EN PAGE A VENIR]

Armurerie
- Rapière

Garde-robe
- Ensemble décontracté
- Robe de soirée
Ensemble gracieux (merci Lily !):
 

Coffret à bijoux
Amulette antique (merci Otmar !):
 
Monocle de lecture (merci Araki !):
 

Cadeaux du destin
- Une amélioration d'équipement unique à créer vous-même
- Un sort ou un talent unique à créer vous-même

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MessageSujet: Re: Éléonore Alyster Éléonore Alyster EmptyLun 31 Déc - 17:05
Talents



« Non est quod spectes quod sit iustae rei praemium :
maius in iusto est. Qui uirtutem suam publicari uult
non uirtuti laborat sed gloriae. »


[MISE EN PAGE A VENIR]

Fɪʟʟᴇ ᴅᴇs ʟᴀɴɢᴜᴇs : Éléonore a été élevée par sa mère dans l'apprentissage des langues, très jeune. Elle en a gardé une plasticité particulièrement forte pour les structures syntaxiques et les morphologies lexicales.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Intelligence (Légende)
Talent choisi (description complète) :
Linguistique (Expert) : Les langues étrangères et tout ce qui les concernant n'ont aucun secret pour vous.
- Novice : Vous apprenez assez vite les langues étrangères.
- Adepte : Vous apprenez très vite les langues étrangères auxquelles vous êtes confronté.
- Maître : Vous pouvez tenter d'apprendre sur le tas une langue étrangère à laquelle vous êtes confronté pour la parler rapidement, cela prendre plusieurs jours, voir semaines et vous ne la parlerez que passablement bien le temps d'approfondir, mais ça fonctionnera.
- Expert : Vous êtes capables en faisant beaucoup d'effort de comprendre à peu près et vaguement le sens d'une conversation, même si c'est la première fois que vous êtes confronté à la langue utilisée pour la mener.



Dᴇ Aᴅᴍɪɴɪsᴛʀᴀᴛɪᴏɴᴇ : Le travail d'une professeur à l'Université est constitué aussi bien de la déclamation à la chaire, de l'accompagnement des étudiants et de l'administration pour le maintien des laboratoires.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Intelligence (Légende)
Talent choisi (description complète) :
Administration (Expert - minoré à Maître pour le moment) : L'administration n'a aucun secret pour vous.
- Novice : Vous êtes capables de vous débrouiller avec l'administration de toutes les nations sans aucun mal.
- Adepte : Vous êtes un bon administratif qui sait tout à fait faire prospérer ses possessions et les gérer sans accrocs.
- Maître : Vous pouvez tout à fait remonter à l'origine de tout document administratif en votre possession avec un peu d'efforts, vous pouvez même déduire si ces derniers sont possiblement des faux en prenant le temps de les analyser.



Hᴀʀᴍᴏɴɪᴇ ᴅᴇ ʟ'ᴇsᴘᴀᴄᴇ : Guillaume, le père d'Éléonore, a forcé sa fille à maîtriser les règles de base du combat, car la vie de voyageuse a cela qu'elle peut être dangereuse. Notamment, un concept clef est d'éviter toute blessure par la maîtrise de soi et de son espace. L'adaptation est reine : il faut se mouvoir en même temps que son adversaire, adapter sa puissance et sa vitesse, ainsi que sentir les intentions ennemies. Peu encline à se battre, Éléonore en a seulement retenu les fondements.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Intelligence (Légende)
Talent choisi (description complète) :
Anticipation (Expert - minoré à Adepte pour le moment) : En combat il est facile pour vous d'anticiper ce que fera votre adversaire.
- Novice : Vous pouvez tenter d'analyser sommairement en deux tours de jeu la technique de combat de votre adversaire, suite à cela vous bénéficierez d'un bonus de +5 à tous jets en combat contre lui.
- Adepte : L'analyse ne prendra qu'un tour.



Dᴇ ʟᴀ ᴍᴀɴɪᴇ̀ʀᴇ ᴅᴇ ᴠɪᴠʀᴇ ǫᴜɪ ᴄᴏɴᴠɪᴇɴᴛ ᴀᴜx ᴘᴇʀsᴏɴɴᴇs ʙɪᴇɴ ᴘᴏʀᴛᴀɴᴛᴇs ᴇᴛ ᴅᴇs ᴍᴏʏᴇɴs ᴅᴇ ʀᴇᴍᴇ́ᴅɪᴇʀ ᴀ̀ ʟᴀ ꜰᴀɪʙʟᴇssᴇ ᴅᴜ ᴄᴏʀᴘs : Le professorat est l'aptitude à prendre soin de l'esprit et de l'élever à un niveau qui sied à la vie de l'individu. Il paraît évident, depuis la nuit des temps, que cet exercice doit se coupler au soin donné aux corps. De ce fait, avec Céréalis, Éléonore a exploré quelques traités de médecine pour savoir reconnaître les maladies et les traiter. Loin d'être une experte, elle peut néanmoins donner quelques diagnostics et médications.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Intelligence (Légende)
Talent choisi (description complète) :
Médecine (Expert - minoré à Adepte pour le moment) : Vous maîtrisez particulièrement bien l'art de soigner indirectement, sans risquer de traumatiser le corps. Vos préparations médicales sont plus efficaces que de coutumes.
- Novice : Vous pouvez préparer des concoctions et remèdes apaisant la douleur et les troubles légers rapidement. Vous pouvez donc fabriquer des potions et poisons ayant une valeur inférieure à 50 pa et les vendre.
- Adepte : Avec un peu de temps vous finissez toujours par deviner le mal qui afflige quelqu'un, que ce soit un maladie, un besoin ou une malédiction… Vous pouvez d'ailleurs fabriquer des potions et poisons ayant une valeur inférieure à 100 pa et les vendre.



Dᴇs ᴘʀᴇᴍɪᴇ̀ʀᴇs ʜᴇᴜʀᴇs ᴇᴛ ᴅᴇs ᴘʀᴇᴍɪᴇʀs ᴊᴏᴜʀs : Le voyage est doux lorsque les auberges et les gîtes ponctuent les chemins. Mais dans des régions plus reculées, on ne peut compter que sur sa propre capacité à assurer sa survie. Pour cela, il est nécessaire de savoir identifier les endroits qui optimisent les chances de survie.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Intelligence (Légende)
Talent choisi (description complète) :
Survie (Expert - minoré à Novice) : Survivre par vos propres moyens n'a rien de difficile à vos yeux.
- Novice : Vous êtes capable avec un peu de temps de trouver de la nourriture dans tout type d'environnement où la vie peut s'épanouir.



L'ɪɴᴅɪɢɴᴀᴛɪᴏɴ ᴍᴀɪ̂ᴛʀɪsᴇ́ᴇ ᴅᴇ ᴍᴇs ᴘʟᴀɪᴅᴏɪʀɪᴇs : La persuasion a ses splendeurs et ses misères. Mais c'est une alliée essentielle pour discourir. Quand l'argumentation est un coup d'épée dans l'eau, il faut savoir appeler quelque chose de plus profond. Mère écrivaine et père marchand, il était forcé qu'Éléonore en tire quelques ficelles.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Charisme (Virtuose)
Talent choisi (description complète) :
Persuasion (Maître) : Vous avez un talent certain pour pour persuader votre prochain de quelque chose.
- Novice : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 aux tests de persuasion.
- Adepte : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 au taux de réussite critique pour vos tests de persuasion.
- Maître : Votre persuasion triomphe même de la mauvaise foi, votre taux de réussite critique augmente de +10 face à quelqu'un de très récalcitrant ou buté.



L'ᴀᴅᴍɪɴɪsᴛʀᴀᴛɪᴏɴ ᴅᴇ ʟᴀ ᴘʀᴇᴜᴠᴇ : La méthode historique est un article structuré, fondée sur l'administration de la preuve et la démonstration articulée autour d'une thèse valide. Car une affirmation sans preuve appelle une réfutation sans preuve. C'est l'arcane principale du métier d'Éléonore et, nécessaire, un sujet qu'elle se doit de maîtriser.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Charisme (Virtuose)
Talent choisi (description complète) :
Argumentation (Maître) : Convaincre les autres avec des arguments logiques et usant de bon sens ? C'est votre spécialité.
- Novice : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 aux tests d'argumentation.
- Adepte : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 au taux de réussite critique pour vos tests d'argumentation.
- Maître : Vous sentez toujours quand quelqu'un doute pour de bonnes raisons de sa cause ou de ce en quoi il croit et n'avez pas trop de mal à deviner ces mêmes raisons en lui parlant un peu.



Lᴇ ᴘʀɪɴᴄɪᴘᴇ ᴅᴇ ʟᴀ ᴠᴇʀᴛᴜ ᴅᴀɴs ʟ'ᴀ̂ᴍᴇ ᴇsᴛ ʟᴀ ʙɪᴇɴᴠᴇɪʟʟᴀɴᴄᴇ : Il est d'une affection qui pousse à désirer le bonheur d'autrui. De ce constat, connaître l'autre est semblable à connaître la mortalité toute entière. On ne peut vouloir du mal à son prochain, car ce serait la perte des idéaux.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Charisme (Virtuose)
Talent choisi (description complète) :
Empathie (Maître) : Lire dans votre prochain est parfaitement faisable pour vous.
- Novice : Vous pouvez tenter de lire plus ou moins en votre prochain grâce à un test d'intelligence assortis de bonus ou malus selon la situation dans laquelle vous le faîte.
- Adepte : Vous pouvez déduire certaines choses sur les personnes que vous rencontrées à leur manière d'être, ce qu'elles portent et ce qu'elles vous disent. Des détails souvent, mais qui vous permettez d'avoir une meilleure idée sur elles.
- Maître : Vous sentez quand l'on vout mente ou tente de vous manipuler, du moins vous pouvez essayer avec un test de charisme opposé.



Uɴᴇ ᴇ́ʀᴇᴄᴛɪᴏɴ ᴅᴇ ʟ'ᴀ̂ᴍᴇ : La beauté est une chose qui se suffit à elle-même. Mais les plus ingénieux savent qu'elle peut être utilisé contre les mortels. Le poids des mots est appuyé par la geste et la grâce. Éléonore a compris cela, malgré elle, parfois. Néanmoins, il lui reste toujours cette conscience qui la pousse à soigner son apparence pour en jouer.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Beauté (Maître)
Talent choisi (description complète) :
Beauté séduisante (Novice) : Votre beauté est taillée pour faire chavirer les coeurs.
- Novice : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 à vos test de persuasion.



Dᴇs ᴄᴀʀᴀᴄᴛᴇ̀ʀᴇs ǫᴜᴇ ᴊᴇ ɴᴇ ᴘᴜɪs ʟɪʀᴇ : Lorsque l'on a passé des milliers d'heures à déchiffrer des parchemins et des inscriptions illisibles, l'œil s'habitue et devient plus performant. Malgré elle, Éléonore a développé une capacité visuelle assez développée pour remarquer des éléments intéressants.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Perception (Prodige)
Talent choisi (description complète) :
Acuité visuelle (Adepte) : Votre vue est perçante, rien ne lui échappe.
- Novice : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 à vos tests de perception visuelle.
- Adepte : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 à votre taux de réussite critique pour vos tests de perception visuelle.



Uɴᴇ ᴠᴏɪx ᴄʟᴏsᴇ ᴀᴜx ɪɴꜰʟᴜᴇɴᴄᴇs ᴅᴜ ᴅᴇʜᴏʀs : L'alcôve et la bibliothèque sont des lieux de travail privilégiés de la professeure. Ce sont aussi des lieux qui sont remarqués pour leur quiétude. Ainsi, lorsqu'une voix s'élève, lorsqu'un livre tombe à terre ou lorsqu'un bruit étrange se faire entendre, Éléonore n'a guère de mal à l'identifier. Du silence, on tire l'attention.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Perception (Prodige)
Talent choisi (description complète) :
Acuité auditive (Adepte) : Votre ouïe est aiguisée, il y a peu de bruits suspects que vous ne remarquez pas.
- Novice : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 à vos tests de perception auditive.
- Adepte : Vous bénéficiez d'un bonus de +5 à votre taux de réussite critique pour vos tests de perception auditive.



Iʟ ꜰᴀᴜᴛ sᴀᴠᴏɪʀ ʀɪsǫᴜᴇʀ ʟᴀ ᴘᴇᴜʀ ᴄᴏᴍᴍᴇ ᴏɴ ʀɪsǫᴜᴇ ʟᴀ ᴍᴏʀᴛ : Braver une tempête dans le désert, risquer sa vie contre un piège ancien et surtout supporter la nervosité face un jury d'éminents érudits : la peur est une ressource essentielle et il faut savoir la dompter pour en tirer le meilleur, survivre et exceller. Éléonore commence à comprendre ce précepte.

Domaine concerné et votre niveau dans celui-ci : Contrôle de soi (Maître)
Talent choisi (description complète) :
Insensible à la terreur (Novice) : Vous ne connaissez pas la peur, ou presque.
- Novice : Vous bénéficiez d'un bonus de +10 en réussite à vos tests de peur.



_________________


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