Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Un bon jour pour miner [Prio Sigismond]
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MessageSujet: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Mar 22 Mai - 22:14

« Et un pour pa-paaa et un pouuur mamaaan et HUUUAHH ! »Le rocher sur lequel la jeune femme s’escrimait depuis quelques minutes céda finalement et se divisa en cinq pierres de tailles moyennes, ce qui lui arracha un cri de satisfaction encore plus bestial que les précédents. Elle devait miner toutes les roches dans rayon de vingt mètres. Son employeur avait décidé de monter une nouvelle écurie et c’est à elle que revenait l’honneur, du moins, l’avait elle prit ainsi, de déblayer le terrain rocheux. Au fond, le contraire eut été impensable, le jour où un homme maniera la pioche mieux qu’un nain n’est pas venu. Le petit humanoïde tandis d’ailleurs à le confirmer à un public imaginaire en se saisissant subitement d’une des pierres et se mis à tourner sur elle-même en la maintenant à bout de bras, avant de la lancer de toute ses forces en braillant de nouveau. Mora entendit avec satisfaction la roche tomber dans des fourrés à quelques mètre de là et suivit la direction du son afin de retrouver sa pierre. Elle pourrait ainsi évaluer à quelle distance elle l’avait projetée et faire mieux avec les autres. Avant que les recherches n’aient pu aboutir, la naine fut attirée par des bruits de voix. Elle aperçut alors son mentor, la mine blafarde, qui parlait d’un air emprunté avec un grand type de dos. Les muscles de son échine se tendirent quand la demoiselle aperçut non loin d’eux quelques soldats armés. Enervée que des humains avec des velléités de combat pénètrent sur son territoire, la jeune dresseuse fit demi-tour en oubliant sa pierre et reprit son poste au désenrochement.

Avec le tintamarre qu’elle faisait, elle senti leur présence plus qu’elle ne les entendit arriver.  Mora asséna le plus gros coup de pioche possible sur le nouveau rocher qu’elle tentait de morceler afin de faire une première démonstration de force puis leva la tête. Avant que son patron ai pu parler, elle se dirigea finalement vers le grand type qui ne plaisait vraisemblablement pas ce dernier et lui tendit la main pour qu’il la serre.
« Bonjour, Mora Sovyan. »
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Mer 23 Mai - 19:58
Sigismond n'était pas spécialement ravi de devoir consacrer sa journée à l'inspection d'une écurie à monstres et de ses alentours, pas qu'il jugeait la chose inutile, après tout on ne savait jamais, surtout qu'il ne manquerait plus que des partisans rebelles volent des monstres et ce serait un drame, mais… Cela inaugurait que sa journée manquerait d'action ou bien de purifications d'hérétiques ou abominations quelconques, mais soit… La vie ne pouvait pas être faîte de que de combats contre l'infidèle et de litanies de haines récitées alors que les païens brûlaient sur le bûcher.

Néanmoins, à défaut de pouvoir faire autre chose de sa journée, il comptait bien faire son devoir, mais en profiter aussi pour suggérer au dresseur de monstre qu'il était bien que ce dernier reste fidèle au régime, bien et que ça valait mieux pour lui… C'est ce qu'il ne manqua donc pas de faire en arrivant sur les lieux, félicitant le dresseur de son travail et lui disant que le roi et le seigneur lui en étaient reconnaissants et regarderaient avec attention ses exploits futurs. En somme une manière à la fois de le louer, mais aussi de glisser cette subtile menace.

Ceci fait, Sigismond remarqua quelque chose qui lui déplût fortement ou plutôt qu'il n'avait pas trop prit la peine d'examiner avant. La présence d'une de ces ridicules nabotes que sont les naines… Occupée à faire la seule chose que savait bien faire leur peuple, casser des cailloux avec une pioche, que dire ? Si même les femmes chez eux perdaient leur temps à faire cela, ça voulait beaucoup dire sur ce peuple teigneux et de mauvais caractère.

Une naine qui se permit quand il s'approcha d'elle en compagnie du dresseur et de ses hommes de venir la saluer et de lui tendre la main. Main qu'il ignora royalement, il ne prit même pas la peine de la regarder, alors c'est dire à quel point il ne la serra pas… Ce avant de dire pour sa part de sa voix grave et peu amicale.

« Sigismond Bonnenfant, inquisiteur au service du seigneur. » En somme, pas du tout son ami, les inquisiteurs avaient très mauvaises réputation après tout, ils étaient ceux qui mettaient sur le bûcher les ennemis du régime de Teïder ou bien les faisaient passer au supplice pour obtenir des renseignements, autant dire qu'il n'était probablement pas de bonne compagnie pour des gens comme eux…

« Qu'est-ce qu'une naine comme toi fais ici ? » Finit-il en tout cas par demander, mais du ton de l'homme qui exigeait une réponse claire et compréhensible à sa question, non de celui qui demandait par curiosité ou intérêt pour son travail de minage. Sans doute qu'il demandait d'ailleurs qu'est-ce qu'elle faisait ici en compagnie du dresseur de l'armée et non à miner comme l'indigne courte sur patte qu'elle était.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Lun 4 Juin - 22:44

Le grand type ne la regarda et prit pas sa main, cela ne choqua pas Mora ; les humains étaient d’une imbécilité et d’une arrogance qui finissait par être quotidienne, l’inverse l’aurait peut-être même surprise voire un peu déçue. Fiers de leur grande taille, ils se donnaient des airs sans même se rendre compte qu’ils étaient ridiculement frêles et n’avaient pas le moindre savoir vivre. Ce qui était choquant, c’est qu’ils étaient relativement bien acceptés par les autres races dans la majorité des empires voisins. Enfin, à ce qu’on lui avait dit, elle n’y était jamais allée et si c’est pour voir leur même trogne simiesque d’abrutis fini mais avec des habits différents alors non merci. Sans compter que si tout ce petit monde s’entend si bien avec les Hommes, c’est qu’ils ne valent définitivement pas mieux qu’eux. Peut être même pire, car on peut comprendre que les humains soient un peu con, les plus vieux cons d’entre eux ont tout juste soixante-dix ans, ce qui est à peine l’âge du passage adulte chez les autres espèces. Plus précisément le moment où l’on commence à être « posé », à arrêter d’avoir envie de rigoler, à arrêter d’avoir envie de sortir et à seulement aspirer à avoir des enfants vigoureux, un emploi valorisant, très régulier et quotidien, tellement régulier que tu trucides n’importe qui osant empiéter de deux centimètres sur ton air de minage dans la mine et que tu commences à te plaindre que c’était mieux avant. Rien que de songer à l’âge adulte faisait frissonner Mora d’inquiétude et d’ennui. Perdue dans ses pensées, elle ne capta que quelques secondes après la fin de la phrase de l’homme le poids de ses paroles : «  Sigismond Bonnenfant, inquisiteur au service du seigneur. »
Inquisiteur. Personnellement, elle n’avait pas peur, les inquisiteurs ne venaient pas à Androk Kram, ou du moins, la jeune naine n’y avait jamais fait attention. Par contre elle comprit bien mieux l’état de décomposition avancée de la mine de son employeur. Ces gens là torturaient les autres à tour de bras. Bien qu’elle ne fût pas particulièrement attachée à Josef, qui lui aussi était d’une grande impolitesse à son égard, personne n’avait intérêt à lui faire du mal. Il valait mieux qu’elle fasse attention à ce qu’elle allait dire sinon messire Bonnenfant allait entailler tout ce qui lui passerait sous la main, à savoir Josef.
Mais, le type enchaîna sur un ton odieux: « Qu'est-ce qu'une naine comme toi fais ici ? »
°Une naine comme toi° comment ça une naine comme elle ? Quel était son problème à celui là ? Qu’est ce qui ne lui plaisait pas chez elle.
« Comment ça une naine comme moi ? » cracha-t-elle « Que voulez-vous dire ? Vous ne me trouvez pas assez bien ? » s’énerva-t-elle, suceptible dès qu’elle pensait qu’on s’en prenait à ses complexes physiques.
Les moulinets de bras derrière l’inquisiteur attirèrent son attention, Josef, blème et tirant sur les tons gris, lui faisait signe de … quelque-chose. Elle se recula un peu pour réussir à voir son mentor par-dessus l’épaule de Sigismond Bonnenfant. Il lui faisait des signes de négation puis la désignait elle et lui et le sol avant d’agiter les épaules.
« euuh, en fait, moi et lui on… creuse, non on est ici, pour… hein ?! Demandez lui.
- Ayez l'indulgence de pardonner cette jeune fille, elle n’est pas vraiment habituée à la vie civilisée
- Mais !!
- Je suis entrain de créer de nouvelles stabulations pour des monstres exceptionnels sur lequel je viens de mettre la main. Je l’ai embauchée pour désenrocher plus rapidement le terrain. Elle est… efficace. » Tenta de rattraper l’éleveur.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Mar 5 Juin - 17:52
Sigismond ne fut pas étonné de la réaction première de la nabote, typique de cette race de minuscules êtres à la fierté aux antipodes de leur taille, pour peu que l'on critique quoi que ce soit chez-eux, même à raison et les voilà qui râlaient ou montaient au créneau, quelle race stupide et peu capable dans tous les sens du terme… Pour la peine il aurait presque pitié d'eux si dans les faits leur futilité n'était pas en grande partie de leur faute. Il y avait une raison après tout pour laquelle le seigneur de la souffrance avait choisie la race humaine comme la race élue et elle lui paraissait plus qu'évidente en cet instant.

Et dans les faits il aurait bien continué en ce sens plus pour s'amuser et démontrer son mépris qu'autre chose, mais quelque chose d'intéressant finit par arriver… La naine se reprit soudainement et Sigismond put se rendre compte que la présence du dresseur de monstres n'y était pas pour rien. Dans les faits il fut même interloqué de voir que la naine sembla tout à coup bien docile par rapport à cet homme… Intéressant, l'inquisiteur les regarda alors longuement tour à tour alors qu'il réfléchissait aux implications éventuelles de ceci, puis il finit par dire froidement.

« Je vois, mais dans ce cas là, pourquoi engager une femme naine ? Après tout les hommes doivent êtres bien plus compétents pour les travaux manuels. » Après tout les femmes n'étaient pas faîtes pour ce genre de choses, c'était bien connu, du moins aux yeux de Sigismond qui ne manqua pas d'ajouter ensuite plus gravement. « Cela et puis, comment l'avez vous trouvée ? Elle semble bien jeune, même pour une naine de cette taille. Et si vous l'avez soit disant engagée pour cela, vous devez avoir des papiers le prouvant, n'est-ce pas ? Veuillez les apporter. » Conclut-il fermement en faisant signe au dresseur de s'activer pour aller les chercher, puis s'approchant de la naine et se baissant légèrement à son niveau, mais de l'air de la personne plus agacé par cela qu'autre chose, il glissa d'un ton acerbe.

« Où sont tes parents ? Quels idiots irresponsables peuvent laisser leur fille rôder par ici là où n'est pas sa place ? » Autant enfoncer le couteau dans la plaie après tout, surtout qu'il n'était pas homme à cacher ce qu'il pensait, dans les faits il trouvait réellement que les parents de cette naine devaient êtres les derniers des irresponsables pour l'avoir laissé venir ici, même pour ces idiots butés de nabots...
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Mer 6 Juin - 20:28

Josef, prudent, s'executa sans relever la pique à propos du sexe de son apprentie. D’abord saisi par le ton de l’inquisiteur, il fit deux pas pour partir mais ralenti à la fin du second puis se figea très doucement sur place, comme lorsqu’il essaye de s’affirmer contre un bête enragé à l’aide de ses soixante-dix kilos. Mora l’avait dans son champ de vision, lui d’un côté et le brûleur des familles avec sa clique de dégénérés de l’autre. Elle se demanda ce que fabriquaient les autres employés, pourquoi ces imbéciles n’avaient pas ressenti l’urgence, pourquoi ils laissaient une scène d’inquisition sans témoins…
Sigismond s’était détourné de lui après lui avoir ordonné de partir et s’adressait de nouveau à elle « Où sont tes parents ? Quels idiots irresponsables peuvent laisser leur fille rôder par ici là où n'est pas sa place ?
- Parce qu’ils sont artisans pour notre magnifique armée. intervint le dresseur d’un ton sourd. Je suis désolé monseigneur, tous mes autres documents sont en règles, mais je ne savais pas qu’il fallait des papiers pour les sous-races … » Mora tiqua et ouvrit la bouche pour l’insulter, mais quelque-chose dans son corps la stoppa nette : le crocodile.
C’était ainsi qu’elle avait pu au mieux définir sa posture quand les choses se passaient mal, la dernière fois que ses loups se sont mis à l’encercler par exemple. Ce jour là, les jeunes mâles avaient subitement décidé que ce ne serait plus lui le mâle alpha, il avait malheureusemnt dû supprimer trois des meilleurs éléments de sa meute. Là c’était pareil, il était parfaitement immobile, les mâchoires entre ouvertes mais crispées, le reste des muscles détendus mais les articulations bloquées. Mora n’avait jamais vu de combat entre humains, cela l’aurait bien amusée si les types ne risquaient pas de revenir pour faire tout raser. Enfin, après, il fallait relativiser, on disait que l’inquisition détruisait tout ce qui ne lui plaisait pas mais ce n’était sans doute pas vrai. L’intérêt qu’elle portait à la scène lui fit oublier que le type avait insulté ses parents. Josef continuait sa phrase, tout en continuant de fixer son interlocuteur principal, il leva un doigt autoritaire vers elle puis entre-ouvrit progressivement les doigts pour l’inciter au calme :
-… son père me l’a confiée car il me connait depuis que je suis moi-même apprenti ici, c’est Medrill Sovyan, le chef d’atelier de nos artisans. Elle n’est pas assez douée pour travailler avec lui, il me l’a amenée pour qu’elle se rende tout de même utile à l’armée.
- N’importe quoi ! Je suis parfaitement capable, il a dû te dire ça pour t’attendrir car t’es un humain crédule et stupide mais ce n’est pas vrai !» Fulmina la jeune fille, vexée et douloureusement touchée en comprenant que c’était vrai. Son père lui avait proposé de rejoindre l’élevage en lui présentant le poste comme quoi un bon ami à lui avait besoin d’un apprenti et qu’il pensait qu’elle avait des prédispositions dans ce domaine. Tout ça c’était des mensonges pour l’éloigner de lui, de la forge, de la mine et de toute sa vie car elle lui faisait honte. Elle avait été si stupide de le croire, déjà, comme un nain aussi honorable, du moins l’avait elle cru, que son père pouvait il être ami avec un homme ? Elle les fixa tous les deux d’un air bouleversé et dégouté, elle avait fait une totale abstraction de la gravité de la situation.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Jeu 7 Juin - 17:36
Sigismond se releva et regarda avec froideur le dresseur qui lui avoua qu'il ne savait pas qu'il fallait des papiers pour les sous-races. Sérieusement ? L'inquisiteur n'avait qu'une chose à dire à cela.

« Vous avez dans ce cas intérêt à régulariser votre situation au plus vite, imaginons après tout que vous ayez volontairement ou non abrité une rebelle sous votre toit ? Vous connaissez la sentence pour un tel crime. » Une mort lente et douloureuse ou la prison, en sachant que certains préféraient la mort au fait de finir des les prisons humides et sombres du royaume de Teïder et l'on pouvait les comprendre. Puis sur ce il reprit avec la même froideur.

« Une naine qui n'est pas douée en tant qu'artisane ? Il faut croire que contrairement à ce qu'affirme ces nabots, ils ne sont pas tous capables de surpasser les humains dans ce domaine comme ils aimeraient le faire croire. Soit, mais j'espère pour son utilité qu'elle est capable d’impressionner assez des bêtes pour les calmer si c'est ce que son père a en tête, car elle ne me paraît pas très intimidante, ce même en oubliant sa petite taille. » Ah oui, il ne se gênait absolument pas pour souligner à nouveau cela, après tout il avait vu bien plus intimidante que cette petite naine… Et à ses yeux il fallait quand même un minimum de talent pour se faire imposant pour impressionner les bêtes, quoique même le dresseur ne semblait pas forcément intimidant en cet instant face à Sigismond, ce sans doute car il savait que contrarier un inquisiteur n'était pas le mieux. Mais qu'importe, ce genre d'excuse n'était pas valable pour cette naine, après tout elle devait être trop têtu comme la plupart des siens pour vraiment totalement s’aplatir quand il le valait mieux… Sur ce il reporta son attention sur la gamine et reprit avec mépris.

« Quoi qu'il en soit, j'ai donc des doutes quant à l'utilité qu'une naine comme toi pourrait avoir pour nous si mêmes les tiens sont aller jusqu'à te considérer comme peu capable alors que tu es une femme. Mais ce n'est pas mon problème de toute manière, tâche de savoir où est ta place et d'y rester et il n'y aura pas trop de problèmes, c'est compris ? » Sur ce il se retourna vers le dresseur et ayant une idée en tête il finit par demander.

« Elle est donc ici pour apprendre à dresser des monstres ? Car je suppose que si son père vous l'a confié ce n'est pas purement pour qu'elle vous serve d'employée ? Je serais bien curieux dans ce cas de voir ce qu'elle vaut. » Autant dire que c'était un ordre, même si ce n'était pas formulé ainsi, après tout qui s'amuserait à aller à l’encontre de la volonté d'un inquisiteur sans bonne raison ?
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Jeu 7 Juin - 22:18

« Vous avez dans ce cas intérêt à régulariser votre situation au plus vite, imaginons après tout que vous ayez volontairement ou non abrité une rebelle sous votre toi ? Vous connaissez la sentence pour un tel crime. » Mora observa la réaction de Josef qui ne cilla pas. Elle se dit que de toute façon il n’avait pas grand-chose à craindre vu qu’elle n’était pas une rebelle.
"Je le ferai dès ce soir, Monseigneur." répondit le dresseur sans bouger.
« Quoi qu'il en soit, j'ai donc des doutes quant à l'utilité qu'une naine comme toi pourrait avoir pour nous si mêmes les tiens sont allés jusqu'à te considérer comme peu capable alors que tu es une femme. Mais ce n'est pas mon problème de toute manière, tâche de savoir où est ta place et d'y rester et il n'y aura pas trop de problèmes, c'est compris ? » La jeune femme fit la grimace, agacée.
L’éleveur finit par comprendre qu’il allait devoir fournir un quelconque argument en la faveur de la féminité de son apprentie car l’inquisiteur semblait faire un blocage à ce sujet. « Je vous avouerai que je trouve que les naines et les nains sont également têtus et imprévisibles, j’aime autant une petite élevée par un individu que je connais et qui suis nos coutumes qu’un mâle parfaitement inconnu de 100kilos. Je ne pourrai décemment pas le mettre dans une cage lorsque j’ai le dos tourné. » dit-il sans sourire mais avec une petite lueur dans le regard.
« Ohoh ! je suis là ! Je ne peux pas rester à une place si vous en m’en laissez pas une ! » trancha Mora, furieuse qu’on parle ainsi d’elle comme d’une bête et d’une incapable. Elle n’arrivait pas à avaler trahison de son père, les mots de l’inquisiteur la rendait enragée et ceux de son patron étaient encore plus douloureux, ils lui nouaient le cou avec un étau tranchant. Il lui semblait presque sentir une plaie s’ouvrir et le sang couler à long trait dans sa gorge pour l’étouffer.
« Je te prie. » gronda Josef, il fit une pause le temps d’être certain d’avoir bien capté son attention « de t’arrêter. » et il finit « immédiatement. ».  Mora le dévisagea de la tête aux pieds. Il n’avait pas repris de couleurs depuis tout à l’heure et elle se rappela alors qu’il avait peur.
« Elle est donc ici pour apprendre à dresser des monstres ? Car je suppose que si son père vous l'a confiée ce n'est pas purement pour qu'elle vous serve d'employée ? Je serais bien curieux dans ce cas de voir ce qu'elle vaut. » L’homme acquiesça puis prononça quelques mots obscurs, même pour Mora. Elle ne reconnut que le nom du monstre, mais ne savait pas qu’il était présent :
« Rubie. Prends, autorisation. Attaque » et il regarda Mora. Le grand corps maigre du dresseur convulsa violement et fut comme projeté en l’air avant de tomber dans un bruit étouffé au sol. Le jeune naine hurla de surprise en voyant le Doppleganger fondre sur elle. La créature avait énormément grandit, était devenue d’un noir profond et ses petits crocs, des lames acérées.

L’apprentie n’eut pas le temps de réagir que le monstre entrait déjà en elle et elle s’effondra au sol aussi glorieusement que son maître. C’était cela alors qu’il manigançait ces derniers temps, elle l' avait trouvé bien plus fatigué et vieux que d’habitude, pas étonnant s’il avait ce genre de protégée sur lui et qu’il la laissait se repaître de sa vie. De son côté elle avait mal et sentait ses forces décroîtrent mais c’était très supportable. La première fois que le Doppleganger était venue sur elle, elle ne l’avait même pas remarquée, mais c’était il y a plusieurs semaines et ce n’était plus le même animal désormais. Elle poussa un cri guerrier avant de se retourner sur le ventre en cognant lourdement la terre. Mais le monstre s’était déjà infiltré entièrement  dans son corps et tenait bon. La jeune fille se mit à courir en décrivant des cercles puis finit par se calmer et réfléchir. Il y avait une énorme boule de puissance brute qui s’agitait comme un damné dans son ventre et... où ailleurs ? C'était palpable également dans son torse, dans sa gorge, dans le bras gauche. Elle avait en fait du temps d’ici à ce que la créature commence vraiment à attaquer son esprit ou la posséder, elle contracta tous ses muscles, cria de nouveau. C’était un cri concentré cette fois, comme ceux qu'elle avait l'habitude pousser en entrainement au combat, celui qui relâcher toute la musculature avant de la bander d'un coup. Elle recommença la manœuvre plusieurs fois, puis fini par cesser de hurler et visualisa mentalement ce qu’elle voulait faire : expulser le Doppelganger de son corps. Alors que Mora reprenait possession de son esprit Rubie, le Doppleganger, pris celle de son corps et la fit tressauter en tout sens. Au bout de cinq minutes de périeux efforts et d’un combat acharné, la résistance magique de Mora pris le dessus sur les assauts de la créature et elle parvint à la faire sortir. Le dresseur, encore au sol avec un genou à terre et l’autre en position pour se relever, la siffla alors qu’elle allait repartir à la charge. Elle se détourna de sa proie et revint vers son maître « Non » l’arrêta-t-il alors, un doigt tendu et la main entre-ouverte pour l’empêcher de revenir en lui. Il agita ensuite la main dans le vague pour lui demander de s’éloigner, ce qu’elle fit, il claqua des doigts lorsqu’elle se faufila dans l’ombre d’un bâtiment, l’animal glissa aussitôt de côté pour redevenir visible en pleine lumière et continua son chemin vers la maison. Chancelant, Josef tenta de se relever mais n'y parvint pas, le monstre avait prélevé presque toutes ses forces lorsqu’il s’était jeté sur Mora et ses muscles ne répondaient plus.
« Elle a du potentiel, en faisant n’importe quoi elle arrive à se sortir de l’étreinte mortelle des Doppelganger. » résuma-t-il en déployant des efforts surhumains pour maîtriser sa respiration sifflante et les tremblements de tous ses membres.
Mora, qui était en chemin pour l’aider à se relever de sa désagréable position de "chevalier servant" s’arrêta net et le fixa, tout sourire. L’adrénaline du combat lui avait fait oublier ses contrariétés de tout à l’heure, mais elle n’allait quand même pas le porter alors qu’il pensait qu’elle faisait n’importe quoi. D'ailleurs le voir ainsi au sol stimulait un sentiment confus qu'elle avait souvent ressenti à son égard. Elle avait à la fois envie de faire preuve d'une vrai délicatesse et d'une grande violence envers lui. C'était surement le contraste entre l'aspect fragile de ses longs membres bien trop minces pour sa taille et le calme froid absolument horripilant qu'il dégageait qui la perdait : ce serait plaisant de l'aider, de s'assurer qu'il n'a pas été blessé et en même temps ce serait si facile et exutoire de le jeter à terre.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Ven 8 Juin - 17:01
« En effet, quitte à devoir supporter la présence d'un nain, autant qu'il soit le moins inquiétant possible et un minimum docile. » Répondit Sigismond de mauvaise grâce aux justifications valables du dresseur, ce en faisant comme si la naine n'était pas là quand celle-ci se mit à partir en jérémiades multiples. Hum, quel que soit la race décidément, certaines choses ne changeaient pas avec les femmes, elles se plaignaient toujours et pour un rien visiblement, autant dire que ça devait être un cauchemar si on combinait cela avec le fort caractère des nains.

Dans tous les cas quand l'inquisiteur demanda ensuite une démonstration au dresseur, pour tout avouer il ne s'était pas attendu à ce qui venait de se passer tout à coup. Un doppleganger ? Ce dresseur était arrivé à domestiquer une de ces créatures ? Cela méritait un certain respect, surtout s'il avait décidé de prendre sur lui pour aider au développement de cette créature… Soit, de toute manière cela démontrait encore mieux une évidence, que le sacrifice de soi était la plus grande des vertus et que les plus belles récompenses ne s'obtenaient finalement qu'en payant un lourd prix de sang et de douleur.

Etonnament sinon, il ne sourit pas de manière sadique en voyant la naine se battre contre le monstre. Il sembla plutôt regarder le spectacle avec la froideur d'un bourreau insensible. Oh, évidemment il ne la pleurerait pas si elle venait à y passer, mais aussi étonnant que cela puisse paraître, Sigismond n'était pas un sadique par nature, juste quelqu'un qui croyait énormément en ses convictions profondes et qui appréciait de mettre celles-ci en applications. La différence pouvait sembler subtil au vu de la nature de ces dîtes convictions, mais ça expliquait que le spectacle ne l'amusa pas spécialement.

Pour sa part aurait-il résisté à une créature de ce genre ? Il n'en doutait pas le moins du monde en vérité, après tout son corps et son être étaient forgés par la douleur et les épreuves qu'ils n'avaient jamais cessés de s'imposer depuis qu'il avait commencé sa formation d'inquisiteur… Mais une naine ? Elle pourrait le supporter conclut-il, comme elle finit d'ailleurs par le prouver lorsque la créature fut chassée de son corps.

« En effet, elle a du mérite l'on va dire... » Finit alors par accorder Sigismond avec un amusement froid, ce avant d'ajouter avec le plus grand des sérieux.

« Mais ça se voit qu'elle craint la douleur, qu'elle ne l'accepte pas pour mieux la maîtriser, la dompter. Pour ma part je serais capable de supporter cette créature et de la chasser sans même avoir à m'agiter ainsi et si vous ne me croyez pas…. » Il les regarda tour à tour dans les yeux. « Je peux vous faire une petite démonstration, et montrer à votre élève que la seule chose qui rend véritablement fort et endurant en ce monde, c'est le fait de souffrir et d'endurer. » N'était-ce pas ainsi après tout que c'était bâtit le glorieux royaume de Teïder ? Par le don de souffrance du seigneur des peines ? Pour lui si et il considérait la souffrance et la douleur comme deux choses sacrées et souhaitables en soit. Car celui qui était capable d'endurer la souffrance, celui qui savait passer à travers était véritablement digne et apte à accomplir de grandes choses. Car telle était la nature même de la vie, la souffrance, de la naissance, jusqu'à leur mort, toute vie souffrait et ce de diverses manières, la souffrance était inhérente à toute chose, inévitable, à quoi bon la fuir dans ce cas ? Non, il fallait la dompter, l’apprivoiser et s'en nourrir…

« Par contre j'avouerai une chose, quand je parlais de démonstration, je voulais voir si elle était capable de se faire obéir des bêtes, non si elle était capable de supporter l'assaut de votre animal de compagnie. » Finit-il néanmoins par souligner à moitié satisfait, ce qui démontrer certes qu'il trouvait ce qu'il avait vu acceptable, mais que ce n'était pas ce qu'il avait demandé exactement en effet… Était-ce donc une manière de cacher les faiblesses de cette nabote dans l'art du dressage ? Peut-être, il verrait bien assez vite de toute manière, pas comme si ça l'intéressait vraiment en vérité, c'était probablement plus pour chercher une excuse pour enfoncer cette naine plus qu'autre chose. Il n'était jamais mauvais en soit après tout de rappeler à une membre d'une race inférieure qu'elle était sa juste place dans l'ordre cosmique décidé par le seigneur de la peine et la mère de la vie.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Jeu 14 Juin - 18:38

« En effet, elle a du mérite l'on va dire... » Mora claqua dans ses mains et se mit à les frotter avec satisfaction.
« Mais ça se voit qu'elle craint la douleur, qu'elle ne l'accepte pas pour mieux la maîtriser, la dompter. Pour ma part je serais capable de supporter cette créature et de la chasser sans même avoir à m'agiter ainsi et si vous ne me croyez pas…. » Il les regarda tour à tour dans les yeux. « Je peux vous faire une petite démonstration, et montrer à votre élève que la seule chose qui rend véritablement fort et endurant en ce monde, c'est le fait de souffrir et d'endurer. » le dresseur eut un temps d’arrêt puis fixa subitement Mora dans les yeux, comme s'il avait oublié quelque-chose de capital et qu'elle avait peut-être une solution.
Mal à l'aise, la jeune fille détourna le regard et fit mine de chercher des yeux le doppleganger. Un sifflement clair s'éleva dans son dos et l'animal revint à toute vitesse filant dans les airs, l'air surexcité. Josef l'avait prévenue plusieurs fois que l'intelligence de ces monstres égalait facilement celle d'un humanoïde, aussi, il valait prendre en compte qu'elle risquait d'avoir des sentiments assez élaborés. Le jeune doppelganger s'arrêta net devant Mora et lévita de haut en bas, l'air prête à l'assaut. La naine fut choquée de s’apercevoir qu’elle réagissait de la même façon en entrainement, quand elle devait attaquer un adversaire difficile à vaincre. Le dresseur de son côté interrogea l'inquisiteur du regard, recevant confirmation de ce dernier, il lâcha le monstre sur lui.

Mora le regarda avec attention, ce qu'elle pouvait se permettre car l'humain avait les yeux fermés et un air concentré : Il avait l'air aussi coincé que d'habitude, c'est que cette tare n'était pas réductible. Quoiqu’il en soit, l’homme restait absolument impassible et n’avait même pas l’air de souffrir ce qui agaça formidablement la naine. En même temps cela l’intrigua un peu, mais pas de trop non plus. La douleur pour la douleur n’était pas pertinente il n’y a que la souffrance causée par le dépassement de ses limites qui soit belle. Le doppleganger fut éjectée assez rapidement du corps de sa victime et Mora ne pu retenir un grognement mécontent. La créature revint vers son maître, ce dernier lui tendis une main ouverte
« Bien ! Top-là ! »
Le jeune animal leva ses deux mains
« doucement ! »
Elle en ferma une et abaissa violemment l’autre, cela traversa la main de son maître qui devint blanche aux veines violacées, comme exansangue.
« J’avais dit doucement ». commenta-t-il, les dents serrées. Il tapota délicatement dans le vide, visant à peu près la zone où elle flottait et redéfinit en parlant gentiment « doucement ».
- Je crois qu’elle avait compris » grommela Mora, à qui il ne s’addressait jamais aussi aimablement . Une fusée noire passa prêt d’elle, lui faisant perdre l’équilibre au passage et sauta sur Josef avant d’essayer de l’emmener avec lui en le trainant au sol.
- « Couché ! Couché ! » « ça va ». Articula-t-il lentement. « qu’est ce que tu fiches dehors ? » questionna-t-il en se redressant, le visage fermé. Ikoo, l’employé qui s’occupait de la meute de chupacabras avait eu ce matin pour ordre de les garder enfermés toute la journée, qu’avait-il foutu ? A moins que la raison de leur enfermement les ait aidé à en sortir. Pourquoi fallait-il que ça arrive ce jour précis?

Mora vit cinq autres de ces bêtes foncer vers eux. Les voyant aussi débouler, le dresseur passa les doigts dans le bas de son dos « Je sens tant le sang que ça ? ».
Sa chemise, légèrement relevée découvrit un bandeau de chair, il saignait bel et bien, apparemment la sortie brutale de Rubie de son corps avait rouvert quelques blessures fraîches : on entre-apercevait des grandes entailles fines et régulières. La naine eut une subite révélation : l’autoflagellation. C’était un truc d’humain ça, de se fouetter tous les mois. C’était pour ça qu’il l’avait fixé subitement tout à l’heure quand l’inquisiteur faisant l’apologie de la souffrance ; il ne savait pas si elle suivait ce rite, ce qui semblait plutôt recommandé à ce moment-là. Oups.

« Mora je vais leur faire croire que je suis blessé, je te laisse essayer de les empêcher de m’emmener ». la prévint-il afin de laisser la jeune fille prouver ses talents en domptage. Cependant, il avait l’air ailleurs, fixant l’endroit venait les monstres. La naine les regarda d’un air dubitatif, elle l’avait déjà vu avec Ikoo entraîner ces animaux à trainer les blessés d’un affrontement à l’abris. C’était plutôt sportif et s’ils n’étaient absolument pas agressif, il fallait du temps aux moins entrainés avant de relâcher leur protéger. Etrangement, il ne lui avait pas donné une tâche facile. De plus, ça faisait bientôt quinze minutes que Josef avait …mis bas, s’amusa-t-elle à penser et qu’il était par terre sans parvenir à se mettre debout, se faire sauter dessus n’allait pas l’aider à récupérer des forces. N’avait-il vraiment pas envie de pouvoir se relever à un moment ou un autre ? C’était bien les grands ça, ils étaient tellement imbus d’eux même que ça les faisait sacrément rigoler de voir qu’assis, ils restaient grands. Elle se concentra, prête à interagir avec les chupacabras. Mais son mentor ne fit pas signe aux animaux de l’attraper, il restait bloqué sur l’horizon.
« Je suis désolée, il a dû se soigner avec un don de la souffrance hier et il a lâché le doppel aujourd’hui, je crois qu’il dessoude un peu. » tenta-t-elle maladroitement de le défendre, sentant un lourd silence s’établir. Le dresseur poussa un grognement assez indéfinissable, entre la victoire et la colère, il attira l’attention de son chupacabra et lui fit signe de l’aider à se relever. L’animal avait beau avoir des pattes munis de mains crochues mais fonctionnelles, il le choppa par le col à l’aide de ses crocs et passa subitement d’une position quadripède a bipède, lui faisant un bond en l’air. Mora éclata de rire en voyant que l’animal et l’homme faisaient la même taille avec une semblable silhouette dégingandé « tu ne m’avais jamais présenté ton cousin ! » gloussa-t-elle grassement.
Adossé au tronc du monstre l’homme adressa un léger signe d’avertissement à l’assistance avant de fermer son poing, il avait le bras droit caché dans le bas de son dos. L’animal ne comprenait pas trop ce qu’il se passait et ne bougeait pas en attendant les ordres. Mora saisit le message et attrapa sa pioche, c’était aussi sympathique pour pourfendre qu’une hache.

Levant la tête, elle aperçut six autres chupacabras qui arrivaient au pas de course. Trois étaient normaux, trois étaient énormes. Trois étaient vraiment très musclés, trois étaient en fait des gargouilles.
« Tu n'en as pas tué une hier ? questionna la jeune femme, se rappelant avoir vu les hommes revenir excessivement agités de leur entraînement. Apparemment, Josef essayait d’intégrer certaines gargouilles dans la meute des animaux secouristes. Si les résultats étaient probants depuis plusieurs semaines, Ikoo lui avait raconté que quand ils étaient passés au test de loyauté et qu’ils s’étaient badigeonnés de leur propre sang - donnant une parfaite illusion d’agonie - l’une des gargouilles avait essayé d’achever leur patron. Sur le coup, Mora avait surtout noté que les réserves de sang dans le cellier étaient nécessaires à l’élevage et n’étaient pas gardées là à cause d’un quelquonque fétichisme morbide.

« Elles se souviennent d’hier. Essaye de les maîtriser rapidement. » ordonna-t-il.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Jeu 14 Juin - 18:38
Le membre 'Mora Sovyan' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


#1 'Dizaine' :


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#2 'Unité' :
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Jeu 14 Juin - 19:58

Le cliquetis du cran de sureté de l’arme de l’éleveur retentit. Alors là, il s’avançait. Si lui les pensait « perdues » et bonnes à abattre, comment elle pourrait elle les dompter ? Jamais elle n’avait fait ce genre d’exercice. Elle en était encore au premier stade, celui de nourrir les animaux, de les approcher, de débourrer les petits de l’écurie volante et de faire des épreuves de survie en forêt. Mais calmer un monstre plutôt furibond et mesurant près du double de sa taille, ça, elle ne l’avait jamais fait. Les animaux avaient avaient ralenti l'allure et s'approchaient lentement désormais, l’un montra les crocs, elle leva sa pioche. Les trois bêtes lui sautèrent dessus, elle en bloqua une du manche de la grosse pioche et planta la lame dans une seconde. Deux coups de feu détournèrent la troisième de sa cible et la gargouille sauta sur son nouvel agresseur, pas tant gênée que ça par les balles reçues dans la pommette et l’encolure.

Josef, point serré arma son bras et lui assena un coup du tranchant du bras sur le cou, bien trop faiblement pour l’arrêter. Si d’habitude, cela surprend ce type de monstre tout en muscle et les arrête une ou deux secondes, ici l’animal fut à peine vaguement déconcentré de son but initial. Son faible quotient intellectuel lui dicta alors de déchiqueter plutôt le bras qui venait de l’attaquer.  Le dresseur avait laissé son bras bien en évidence, lorsque la créature fondit dessus il était trop épuisé pour gérer tous ses mouvements : l'esquiver et contra-attaquer, fit le choix de sacrifier l'esquive, il tira deux balles à bout portant dans la nuque de la gargouille tout en sentant qu’elle lui brisait le bras gauche, il cria mais ne paniqua pas. Une fois le monstre à terre, l’adrénaline lui permit de parcourir quelques mètres pour rejoindre son apprentie, il n'était pas en état de se battre au corps à corps et devra se limiter à tirer à distance. Le chupacabras ne le soutenait plus, il était parti rejoindre le reste de la meute, qui avait fait un cercle autour de la naine en et regardait en aboyant Mora qui se battait contre deux gargouilles en même temps.

La naine avait toujours la deuxième gargouille enfoncée sur sa pioche. Résistant, le monstre n’était pas particulièrement affaibli mais était maintenu à bonne distance et ne savait pas trop comment se dégager, Mora agitait le manche de l’arme en tous sens pour repousser l’autre gargouille avec. Heureusement, ses assauts étant de front et réguliers, ils n’étaient pas trop difficiles à contenir. Elle entendit avec joie quatre coups de feu puis une longue pause. Décidant de passer à l’attaque, la naine parvint à dégager sa pioche et transperça la gorge de la gargouille blessée par balle. L’autre lui bondit sur le dos, lui lacérant l’échine. La jeune fille s’écroula en avant mais fut dégagée du poids du monstre, elle bondit sur ses petites jambes. Ce n’était pas son mentor qui l’avait secourue mais l’inquisiteur! Un coup de feu retenti, puis un deuxième, elle fonça à sur la gargouille à terre.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Ven 15 Juin - 21:09
Sigismond donna sans hésiter l'autorisation au dresseur de lâcher le doppleganger sur lui lorsque ce dernier revint et ce sans trembler un seul instant. Après tout que valait une telle épreuve pour un homme comme lui qui avait déjà tant été éprouve par les dons du seigneur ? Probablement rien de pire que ce qu'il avait déjà enduré, après tout si une jeune naine était arrivé à supporter cette expérience, aucune raison que lui n'y arrive pas.

Il resta donc calme et concentré quand la bête vint en lui, sentant bien l'influence que cette dernière essayait d'avoir sur lui. Soit, il déploya alors aussi bien sa volonté féroce que son endurance monstrueuse et endura comme il savait si bien enduré. Cela ne prit donc guère longtemps dans les faits de chasser cette créature et quand Sigismond l'eut fait, il semblait quasiment en aussi bon état qu'avant que la créature n'entre en lui. Il était probable que ce n'était pas exactement le cas, mais disons qu'il cachait très bien son jeu de toute manière, cela et puis la douleur était son éternelle accompagnatrice...

« Voilà comment on fait tout en ayant l'air digne. » Glissa t-il sur ce avec un air légèrement hautain à la naine, ce avant de reprendre un tantinet plus aimable à l'égard du dresseur.

« Vous restez en tout cas un dresseur d'une qualité rare de ce que je vois, je pense que les services que vous pouvez rendre à notre glorieux royaume valent bien de fermer un peu les yeux sur cette excentricité je suppose. » De qui parlait-il ? Sans doute de la naine. D'ailleurs, il ne manqua pas sinon de remarquer le monstre transformiste qui venait d'arriver et sauta affectueusement sur le dresseur. Mmmmh, ça sentait le maître qui dressait davantage les bêtes qu'il possédait par le sucre que le bâton, mais soit. Les animaux n'étaient pas aussi malins que les humains après tout, il ne fallait donc pas compter sur eux pour comprendre véritablement le sens du mot douleur, cette souffrance qu'ils fuient tous comme des lâches...

Dans tous les cas, il regarda ce spectacle à moitié indifférent, celui de cette meute de monstre qui semblait au début s'inquiéter pour leur maître. L'amour des bêtes… Sigismond refusait de penser qu'il valait quoi que ce soit, après tous les animaux ne sont que des ingrats hédonistes, ils ne vous aiment que parce que vous leur faîte plaisir et parce qu'ils espèrent quelque chose de vous. Oui, il ne fallait pas croire que l'affection d'un chien valait quoi que ce soit en vérité, car celui-ci ne faisait qu'obéir à ses bas instincts, voilà ce qui différenciait l'homme de l'animal, l'homme pouvait rechercher la souffrance si nécessaire, la bête non, car la bête est vaine, hédoniste et futile par nature. Et c'est cela aussi qui faisait la supériorité incontestable de l'homme sur l'animal à ses yeux.

Par contre, il semblerait qu'il ait une preuve incontestable par la suite des talents de dresseuse de la naine quand peu après les choses ne manquèrent pas de dégénérer lorsque le maître de celle-ci essayons de tirer quelque chose d'elle disons. Typique de ces non humains arrogants pensa Sigismond. Dès qu'on leur demande de faire autre chose que de miner ou forger un outil, ils deviennent aussi peu doués que le dernier des maladroits…

Trois gargouilles ? Bien, ça allait devenir intéressant pensa l'inquisiteur qui devina qu'il allait être obligé d'agir s'il voulait éviter qu'un précieux dresseur de monstre du royaume soit trop grièvement blessé suite à tout ceci.

Il se jeta donc au combat alors que ses hommes hésitaient pour leur part, sans doute bien peu familiers au combat conte des gargouilles. Sigismond abattit donc violemment son fléau sur le dos de la gargouille qui lacérait la naine, puis laissa parler sa rage de zélote ensuite. Difficile de dire ce qui se passa par la suite, mais l'inquisiteur sembla lacéré d'un peu partout et à eux trois ils avaient triomphais des gargouilles avant que d'autres employés du camp de dressage n'arrivent.

« Allez soigner cet homme. » Dit-il donc sèchement aux employés quand ceux arrivèrent enfin, pour la naine, qu'ils fassent comme ils l'entendent, pour sa part il se fichait bien d'elle, il remarqua d'ailleurs  qu'un homme ou deux pensèrent quand même à elle. Tant mieux pour cette nabote, quant à lui… Il se contenta de prendre en main une bouteille d'alcool que lui tendit un de ses hommes puis de la verser sur ses plaies en ne grimaçant presque pas. Ceci fait il se débarrassa calmement de la bouteille, puis reprit avec pragmatisme à l'égard du dresseur.

« Vous êtes bien trop confiant envers votre élève pour ainsi lui laisser tenter sa chance dans une situation aussi grave. La confiance est une chose que l'on doit toujours offrir avec raison et prudence et les non humains sont rarement de ceux à qui l'on doit aisément faire confiance... » Il regarda alors la naine et conclut avec un léger dédain.

« Je me demande même si tu aimes apprendre ce genre de choses. Les tiens après tout n'aiment que le minage et fabriquer des outils ou de la bière. Dès qu'il s'agit de devoir supporter des bêtes avec un caractère aussi difficile que le leur, tout de suite il n'y a plus personne. Il n'est pas trop tard au pire retourner chez les tiens, réfléchis-y bien. » Qu'y avait-il à répondre à cela ? Pas grand-chose sans doute à ses yeux, mais il supposait que ce n'était pas ses affaires.
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MessageSujet: Re: Un bon jour pour miner [Prio Sigismond] Hier à 23:47

Mora se releva lentement, les trois gargouilles étaient étendues au sol, la dernière, celle qui l’avait assailli était en charpie °bien fait° se dit elle avec satisfaction. Le type qui avait l’air totalement cinglé aux premiers abords, semblait bien plus normal en fait. Quoique odieux, il réagissait tout de même lorsque des gens se faisaient attaquer. Ou bien sans doute pensait- vraiment ce qu’il disait tout à l’heure, lorsqu’il avait signifié à Josef qu’il serait certainement utile à l’état et avait décidé de les aider pour cela. Il était compliqué de définir ce qui motivait les actes des humains et c’était rarement l’empathie.

Douloureuse, elle tenta de décoller sa chemise de ses plaies ouvertes. Ceci fait, elle leva un peu le bras, le monstre avait violemment appuyé sur son dos pour essayer de lui casser l’omoplate mais n’y était apparemment pas arrivé, elle pouvait facilement la bouger.
Les collègues arrivèrent en trombes, armés et équipés. La jeune femme accepta avec soulagement la potion de soin qu'un petit blond nommé Jonas lui tendit. Elle entendit quelques exclamations, leur patron venait de recracher la sienne : semblant chercher de l’air.


Lars :  Va pas nous faire une syncope ! s’inquiéta-t-il en lui maintenant la nuque en arrière et lui remettant la fiole de force entre les dents.
Jonas : Tu vois pas qu’il étouffe ! feula celui qui lui avait donné une potion en se dépêchant de le rejoindre. Mora le suivit et assena une grande claque dans le dos de leur chef, au point le plus haut qu’elle pouvait atteindre histoire de faire sortir ce qui l’etouffait.
Jonas : Mais vous êtes completements demeurés ! Dégagez !
Lars : T es médicos toi maintenant ?
L’homme ne répondit pas, il écarta le haut de la chemise et de la fine armure de leur patron, pour regarder dessous et eut un rictus de dégout.
Lars : Ah je crois que c’est le poumon qui lâche diagnostiqua-t-il en jetant un coup d’oeil. L’armure est un peu encastrée dans la cage thoracique, heureusement que c’était la légère !
Jonas : Le poumon n’a pas lâché, la gargouille lui a enfoncé les côtes et vous avez tapé dessus ! Gueula-t-il tandis qu’il sortait une sonde de son sac.
Mora : Il avait l’air d’avoir un truc dans la gorge !
Lars : Oh ça va hein, ce n’est pas ma faute s’il s’est laissé sauter dessus, c’est la base quand même d’esquiver une gargouille. Il fit un geste pour empêcher Jonas d’insérer la sonde trop vite dans la gorge du blessé. Aide-moi plutôt à le tirer derrière l’arbre,
Jonas : Tu ne veux pas un arbre plus loin encore ? s’impatienta-t-il en voyant qu’ils dépassaient le premier arbre.
Lars : Tu n’as jamais avalé de popote magique avec la cage thoracique en rade toi : en plus de l’effet visuel plutôt ignoble quand les os se ressoudent, les abrutis qui n’ont pas entendu les coups de feu tout à l’heure ne vont pas pouvoir nous manquer cette fois.

Mora jeta un coup d’œil rapidement à ceux qui venaient d’arriver, en effet certains membres de l’équipe n’avaient pas dû entendre les coups de feu, ils étaient une douzaine d’employés permanents et ils étaient seulement huit sur les lieux.
Un hurlement vint confirmer les dires de Lars, Mora sursauta et regarda le bosquet d’arbre où ils avaient eu la délicatesse de traîner le dresseur afin de limiter le nombre de témoins.

Jonas (au loin): ah merde il avait le bras détruit aussi, faut lui en redonner un peu , sinon ça va pas tenir. UN PEU !
Des bruits de lutte et des cris plus étouffés parvinrent du bosquet. Enfin, des voix s’élevèrent :
Jonas : ca va patron ?
Josef : Parfaitement merci.
Lars : Ah tient j’ai chargé un peu la dose de potion, ça t’as fait un sacré lifting.
Josef : Aurais-tu l’obligeance de me rendre ma chemise !
Lars : T’effarouche pas comme ça, je disais ça pour être aimable, j’ai pas vraiment regardé.

Les trois hommes revinrent, Josef jetant un regard assassin à ses hommes. « Je vous remercie pour votre professionnalisme et votre délicatesse. Vous me ferez tous un stage d’une semaine avec les infirmiers de l’hôpital du Saint Sacrement. Tous. Appuya-t-il en baissant les yeux vers elle. °
°Mince° se dit Mora, il avait identifié qu’elle avait aussi participé à ses soins. Elle n’avait aucune envie d’aller aider le personnel soignant de l’hôpital du coin: il était catastrophique, en plus il manquait tout le temps de monde et la qualité des soins y était médiocre.

Josef : Je vous présente mes excuses pour ce spectacle.
L’inquisiteur reprit : Vous êtes bien trop confiant envers votre élève pour ainsi lui laisser tenter sa chance dans une situation aussi grave. La confiance est une chose que l'on doit toujours offrir avec raison et prudence et les non humains sont rarement de ceux à qui l'on doit aisément faire confiance...
Mora eut plutôt envie de rire et de lui retourner le compliment.
Josef : En vérité, elles auraient attaqué de toute façon. Elles avaient senti mon état de faiblesse de tout à l’heure. Admit-il difficilement.
Mora : Fais pas cette tête, valait mieux les envoyer sur moi que sur toi. Lui dit-elle gentiment, supposant que c’était le fait d’avouer qu’il l’avait délibérément utilisée comme appât qui le mettait mal à l’aise.
Son mentor soupira. Mora serra les dents, on  lui reprochait depuis tout à l’heure d’être désagréable et dès qu’elle essaye d’être compatissante, on lui reproche aussi, ils allaient tous recevoir un bon coup de hache dans l’arrière train si cela continuait ainsi.
Sigismond : Je me demande même si tu aimes apprendre ce genre de choses. Les tiens après tout n'aiment que le minage et fabriquer des outils ou de la bière. Dès qu'il s'agit de devoir supporter des bêtes avec un caractère aussi difficile que le leur, tout de suite il n'y a plus personne. Il n'est pas trop tard au pire retourner chez les tiens, réfléchis-y bien.
Mora : Je ne peux pas et ne veux pas rentrer chez moi. Je n’y ai pas ma place. Répondit-elle, elle était encore blessée des révélations qu’elle avait eut tout à l’heure à propos de l’opinion qu’avait sa famille d’elle.
Josef : Tu le peux, mais fais bien attention à ce que tu diras à ton père. C’est lui qui fait tout ça. Lui répondit le dresseur en lui tendant l’armure légère qu’il avait jusqu’à présent pliée sous le bras.
/
Elle était constituée de croute de cuir et renforcée en plusieurs endroits par des écailles de dragons trempées dans de l’acier. Les écailles étaient enfoncées au niveau du torse et du bras gauche suite à la morsure du monstre, il n’y avait cependant qu’un seul trou : une fente au niveau du bras réalisée par une dague, sans doute par Jonas ou Lars quand ils lui avait ôté le haut de l’armure pour le soigner. La jeune femme le regarda, déçue, non seulement son propre père était venu voir cet homme pour se débarrasser d’elle, mais en plus il l’avait à l’évidence menacé pour qu’il accepte de la prendre et c’était sous cette même menace qu’il la gardait à son service. Elle lui prit l’amure des mains et, voulant se rendre utile lui répondit « C’est à peine abimé, ce sera facile à réparer et je ne compte pas partir. » si ce vulgaire humain n’avait pas les trippes de la renvoyer, c’était son problème.
Josef acquiesça d’un air sombre, Mora eu a nouveau envie de rire, c’était plutôt amusant de le voir essayer de se débattre, coincé entre les opinions de son fournisseur d’équipement et ceux de l’inquisition. Il n’avait pas l’air de beaucoup apprécier le fait d’avoir des choix stratégiques à faire. Il prit d'ailleurs le parti de ne surtout pas le faire.

Josef : De toute façon, si les non humains posent un réel problème, les humains en posent tout autant et malheureusement, la confiance n’est au fond à offrir que dans des cas de pure nécessité.
Mora : C’est plutôt déprimant comme vision du monde.
Lars : Aha ! Ouais mais là, c’est à cause d’une femme que tu dis ça, ça ne compte pas. Dis pas le contraire, j’ai reconnu ta tête de quand tu y penses.
Mora gloussa, satisfaite de n’être pas toute seule à en prendre pour son grade ce soir.
Jonas : Subtil Lars, subtil.
Mora : C’est quoi cette histoire ? Demanda-t-elle à Lars, il ne daigna pas lui répondre. Elle avait momentanément oublié qu’il ne la supportait pas du fait de sa race et peut être aussi de son sexe.
Josef : Ma femme était Miranda Kislov. Eclaircit le dresseur à l’adresse de l’inquisiteur.
Lars failli ajouter quelque-chose mais se retint avec un air goguenard. Il n’avait sans doute pas besoin de préciser que Miranda Kislov avait été surnommée « la Mante d’Orzus ». Vingt ans plus tôt elle avait été l’auteur d’un drame qui était certainement assez courant mais qui était devenu célèbre car largement médiatisé par tous les journaux de la capitale durant toute la durée du procès : dans l’impossibilité de divorcer de son mari sous peine de mise à mort sociale, elle avait tenté de le supprimer en inventant une excuse d’adultère. Au final, quelques incohérences dans les accusations de la jeune femme avait pu donner raison à son mari, Josef Kislov.
Lars, adolescent à l’époque, avait adoré les esquisses en première page des journaux représentant un jeune homme torse nu, la gorge semi-ouverte et se vidant de son sang dans le lit conjugal. C’était bien la preuve que les femmes n’étaient pas faites pour vivre avec les hommes et qu’elles devraient exister exclusivement pour leurs fonctions de reproduction. Ça avait aussi persuadé d’autres adolescents que les femmes, c’était le mal, ce moment avait été une des meilleures périodes de sa vie.
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