Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Le temps du changement - PV Sigismond
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MessageSujet: Le temps du changement - PV Sigismond Sam 12 Mai - 14:14
4 Aprilis 2000

Il avait fallu que ce soit un jour gris et pluvieux, particulièrement froid et désagréable pour honorer pleinement les funérailles du Grand Inquisiteur de Teïder, emporté par la maladie deux jours auparavant. Une situation bien ennuyeuse pour notre jeune roi, qui n’avait pas prévu de perdre si tôt un allié politique de poids dans son règne. En tant que Prince-Héraut, il avait lui-même officié la cérémonie funéraire de son allié trépassé, sa tunique cérémonielle bleu et or comme sa chevelure se gorgeant rapidement de l’eau de cette pluie battante. Une cérémonie qui lui avait pris toute la matinée, le froid et l’humidité ravivant un peu plus la douleur de sa jambe estropiée à maintenir si longtemps une posture droite. Une douleur pernicieuse et permanente qu’il tâchait de dissimuler et garder pour lui, habitué à la ressentir qu’il était. Sans mentionner celle toujours vivace des multiples stigmates des coups de fouets reçus quelques jour plus tôt lors de la Communion de Zheznev, la véritable dernière interaction qu’Aleksandar avait eue avec le défunt.

Il était donc temps désormais de trouver un successeur digne de confiance et suffisamment capable d’assumer cette charge parme les Inquisiteurs du Royaume. Une tâche relativement complexe au yeux du jeune roi, tant la charge se voulait importante, et sa confiance très difficile à gagner. Depuis son couronnement, le Fratricide avait employé bien trop de temps et d’énergie à rétablir l’ordre et affirmer sa légitimité au sein du royaume pour que ses ambitions ne soient encore réellement connues de tous ses sujets ; et les nombreux rapports reçus de ses services de renseignements indiquait que l’ordre n’était pas encore complètement rétabli dans les terres les plus reculées. Les races inférieures pullulaient encore à Teïder, les rebelles et renégats se voulaient toujours plus actifs et de mieux en mieux organisés, face à une force militaire aussi brute que bête. Un héritage reçu des générations de ses prédécesseurs qu’Aleksandar méprisait au plus haut point, l’estimant indigne de la mission divine dont la famille royale était chargée et allant même à l’encontre de sa vision du monde.

Il était de notoriété publique que le souverain avait une très grande estime de lui-même et qu’il était d’une intelligence redoutable. Malheureusement, il n’avait encore rien accompli de son règne qui tende à le prouver et l’imposer comme le grand monarque qu’il devait devenir. Sa capitale était surpeuplée, une véritable poubelle hétéroclite où les plus hauts dignitaires et les hommes les plus fameux du royaume côtoyaient les pires misérables qui ne méritaient que de finir en camp de travail pour simplement nettoyer les rues et contribuer plus activement à la prospérité du royaume. Une poubelle qu’il fallait purger, comme le reste de ce royaume. Et les nombreux récits de sa reine sur la prospérité d’Akkaton n’en finissaient pas d’alimenter l’envie du roi de mener son royaume vers plus de gloire et de rayonnement. Mais comment pouvait-il conduire de telles ambitions quand son peuple était majoritairement constitué d’ignares et d’illettrés ? Combien de ces idiots allaient purement et simplement se suicider à la frontière Eïlynsterienne, à être vaincus en surnombre par des hommes qui savaient ce qu’étaient le combat et se préparaient depuis toujours à la guerre ? Son royaume était cerné d’ennemis et peuplés d’abrutis. Il fallait que ça change.

Les heures s’étaient écoulées depuis la fin de la cérémonie funéraire et le repas du midi, où le Prince-Héraut de la Souffrance avait reçu l’un après l’autre de nombreux Inquisiteurs et Purgateurs de son royaume, revenus à la capitale pour honorer la mémoire du Grand Inquisiteur disparu certes, mais surtout convoiter sa place. Rares étaient ceux qui avaient suscité le moindre soupçon d’intérêt chez Aleksandar, blasé qu’il était de toujours s’entendre resservir les mêmes propos et inepties de ces hommes trop formatés par des idéaux incompris. Et à chaque nouvel arrivant, il espérait - souhaitait - être enfin agréablement surpris. Autant dire que le roi allait pour l’instant de déception en déception, s’apercevant que la relève de son Inquisition souffrait d’un fanatisme exacerbé et désincarné vis-à-vis du Père de la Souffrance et le message divin qu’il avait à transmettre. Ce n’était pas étonnant que ce royaume s’embourbait dans ses propres conflits, aussi bien extérieurs qu’intestins.

Installé dans sa chaire de Prince-Héraut, semblable à un trône royal par la taille mais bien plus austère, simplement taillée dans du bois d’acajou et à peine plus grande que les chaires des autres Purgateurs, Aleksandar suivait de son regard océan un énième candidat en lice s’éloigner et se diriger vers la sortie de la Grande Salle du Conseil de la Maison du Prince-Héraut. Une pièce qui a elle-seule avait les dimensions d’une nef d’église, richement ornementée de sculptures, tapiseries et oriflammes en berne, peintures et vitraux qui baignaient les lieux d’une lumière douce et colorée, même par temps gris comme en ce jour. En son centre, se tenait une immense table elliptique où étaient disposés de nombreux chandeliers faisant échos aux torches rangées sur les hautes colonnes qui soutenaient la voûte de la Grande Salle. L’air se voulait chargé des volutes et parfums d’encens qui se dégageaient des grands encensoirs suspendus, donnant à l’ensemble de la salle une atmosphère presque mystique, à la fois lourde et pieuse. Tout était mis en oeuvre pour entretenir la piété du lieu, même pour un membre étranger à la Maison. La grande porte à double battant claqua lorsque le dernier prétendant reçu quitta enfin la pièce, laissant à Aleksandar quelques minutes de solitude et de réflexions avant que n’entre le suivant.
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MessageSujet: Re: Le temps du changement - PV Sigismond Mar 15 Mai - 0:24
Aujourd'hui étant un grand jour pour Sigismond, non pas car il espérait devenir le nouveau grand inquisiteur, mais car il devait rencontrer le roi au palais d'Orzus, l'un de hommes qui était le plus béni par le seigneur en ce monde, d'autant plus que celui-ci avait un contact privilégié avec celui-ci par l'intermédiaire de la magie nécromantique… Une magie à la fois hérétique quand elle était utilisée par autre chose qu'un serviteur choisit du seigneur de la souffrance et une magie sainte quand elle était honorée et acceptée par celui-ci, le grand prophète n'avait-il pas été un puissant nécromancien après tout ?

En tout cas, c'est assez calmement que Sigismond entra dans la salle où l'attendait le roi, mais dénué de presque tout vêtements en dehors de ceux couvrant le bas de son corps. Pourquoi cela ? Qui sait, peut-être avait-ce un lien avec le fait qu'il faisait apparaître ainsi le reste de son corps qui était recouvert d'innombrables cicatrices de toutes sortes aussi bien dû à l'auto-mutilation qu'au combat contre des ennemis du seigneur et ce à un point effrayant, car il donnait l'impression qu'aucun centimètre de sa chair n'avait été épargné par cela. C'est en tout cas solennel qu'il s'avança jusqu'au roi sans regarder celui-ci comme le voulait le protocole et qu'il s'agenouilla devant celui-ci avant de dire avec gravité.

« Mes hommages votre altesse, élu et enfant du seigneur, c'est un honneur pour moi de me prosterner devant votre grandeur. Ceci est précoce néanmoins si vous me permettez de le dire votre majesté, je ne pensai pas rencontrer un aussi privilégié représentant du seigneur avant de m'être assez distingué pour pouvoir prétendre à être jugé comme digne et pur par le seul véritable dieu. » En somme il avait l'impression de ne pas être à sa place ici, pas encore et il n'hésitait pas à le dire. Il n'en était pas encore assez digne et ne prétendrait pas le contraire tant que le seigneur n'en aurait pas décidé ainsi, car seul le véritable dieu au final pouvait juger de sa pureté.

« Qu'est-ce que l'humble brebis du seigneur que je suis peux faire pour vous ? » Finit-il ensuite par dire gravement, après tout il était un serviteur du roi aussi, même si avant tout un serviteur du seigneur de la peine, s'il pouvait faire quoi que ce soit pour celui-ci donc, ce serait évidemment un grand honneur pour lui.
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