Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Quelque part, sur une plage isolée...
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MessageSujet: Quelque part, sur une plage isolée... Dim 22 Avr - 19:33
Fin aprilis 2000

La petite plage de galets grisés était bien paisible. Quelques mouettes fouillaient dans les algues rejetées sur ce bord, cherchant de possibles restes d'animaux pour se sustenter. L'aube pointait à peine et annonçait par un magnifique ciel dégagée une belle journée. Pourtant, la nuit avait été mouvementée. Une tempête avait sévi quelques heures le long de la côte. Preuve en était qu'un navire gisait non loin de la plage, au trois quart englouti. Aucun pavillon n'ėtait visible et des survivants possibles, il n' y avait aucune trace. En même temps, sur les côtes duchéennes, ce n'était pas les villages dans les terres.

Ce navire était donc à l'abandon, brisé, attendant que la mer termine la fin de son agonie avec les prochains marées. Et qui sait quelles marchandises restaient encores présentes à l'intérieur de ses flancs.

Un homme observait la plage depuis un bosquet de petits pins maritimes. Le navire ne l'intéressait guère. Il était ici pour une bonne raison : il guettait la venue d'une personne en particulier. A force d'interroger quelques contacts, il avait fini par trouver le soit-disant lieu de rendez vous. L'activité paraissait être illicite, mais ça, il s'en fichait. Car pour répondre à ses propres projets, il avait besoin d'informations sur ce qui se tramait dernièrement dans les Duchés. Et qui c'est, demander un certain soutien....Mais avant...

Peddyr Thelrand, mercenaire de son état, avait enfin pris la décision ne cesser de fuir son passé. La rencontre avec sa nièce Lydie et d'autres facteurs combinés avait poussé le vieil homme à cesser cette fuite. Il était temps pour lui et ce qu'il avait été qu'il revienne à la "vie".

Mais avant... il devait voir la Duchesse Pirate....



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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée... Ven 27 Avr - 14:28
Il Sanguinario avait appareillé la veille en début d’après-midi. Les voiles noires gonflées par le vent de Nord-Ouest promettaient une traversée rapide jusqu’à ce que des rafales suivies de grosses vagues annoncent un grain susceptible de jeter le navire sur les écueils proches des côtes. Valerya fit lancer par-dessus bord les ancres flottantes et le navire cinq fois centenaire affronta la tempête en pleine mer. Ce n’était ni son premier grain, ni le pire orage qu’il ait subi. Le bois grinça mais le navire amiral de la duchesse ne connut pas d’avanie à part un filin cassé et un peu d’eau sur le pont. Le seul évènement notable fut que le plus jeune mousse dégueula toute la nuit sous les quolibets des marins dont l’estomac s’était habitué aux traîtres ballottements océaniques.

La tempête s’était dissipée au milieu de la nuit et Il Sanguinario avait repris son voyage vers le continent, ses voiles et son bois sombre se confondant avec la nuit. L’aurore pointait à l’horizon lorsque le navire arriva en vue des côtes. Le gros temps les avait précédés ; les restes d’un bâtiment déchiqueté par les rochers finissait d’agoniser dans les vagues. Bientôt il sombrerait définitivement dans les hauts fonds.

Après avoir vérifié qu’aucune autre flotte ne traînait dans les parages pour l’attaquer par surprise, Valerya fit descendre plusieurs barques. L’une s’approcha de l’épave éventrée qui ballottait au gré des vagues.  Les autres étaient emplies d’hommes armés. La duchesse leur avait donné pour mission de surveiller les parages. Un rendez-vous sur un rivage désert avec un groupe de mercenaires dans les duchés… ça faisait pas mal de paramètres susceptibles de mal tourner. Un groupe d’hommes s’enfonça dans les terres pour la prévenir de l’arrivée de ses clients. En mer comme sur la terre, la duchesse pirate restait prudente.

Elle tourna le dos au soleil dont le disque rouge donnait à la mer une couleur violacée. Les premiers rayons se reflétaient sur le sable et les prunelles de la vampire, protégées par des lentilles améliorées, passaient progressivement du gris au rouge sang. Elle resta figée un instant, ressentant la faiblesse qui envahissait son être au point du jour. Derrière elle des hommes descendaient quelques caisses. C’étaient de petits échantillons de l’équipement qu’elle gardait en cale. Elle ferait parvenir le reste sur la plage si le chef mercenaire était intéressé… Ou avait de quoi payer. Un sifflement strident provenant d’un éclaireur lui indiqua que les mercenaires descendaient vers la plage ; elle résolut d’attendre ses partenaires le fessier sur une haute caisse.

Un groupe d’une quinzaine d’hommes bardés de fer et armés de piques s’approcha sur le sable. C’étaient pour la plupart de robustes soldats qui avaient survécu à un bon nombre de rixes. La duchesse descendit de la caisse pour saluer ses hôtes tandis que ses hommes lui fournissaient une escorte patibulaire ; derrière eux Il Sanguinario semblait d’une immobilité tranquille mais ses sabords ouverts étaient tournés vers les terres. A la moindre entourloupe les boulets risquaient de pleuvoir sur la plage.

Après un échange d’amabilités sommaires, le couvercle des caisses de différentes tailles furent ouverts. Depuis les hauteurs on pouvait voir les soldats regarder les arquebuses ou manipuler des lames de facture duchéenne. Il y avait également un tout petit baril de poudre et ce qui semblait être un fauconneau, un petit canon mobile qui peut être tracté sur le champ de bataille et quelques boulets adaptés. Le chef mercenaire semblait parlementer avec la petite blonde qui dirigeait les pirates. Il devait négocier une ristourne sur le prix des armes mais l’attitude froide de son interlocutrice supposait qu’il aurait fort à faire pour la convaincre.
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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée... Mer 2 Mai - 10:22
Peddyr n'eut pas à attendre bien longtemps. Depuis sa cachette végétale, il avait observé l'arrivée du sombre navire. On ne pouvait pas louper son identité : Il Sanguinario. Aussi sombre que la nuit et la mort ténébreuse elle-même. Le vieux mercenaire n'était pas un marin et passait rarement par la mer pour ses voyages, mais il ne pouvait pas ignorer le nom du navire de la Duchesse Pirate. Lui-même était des Duchés et avait été Duc dans une autre vie, une vie oubliée et fragmentée dans son esprit. Mais là, il agissait et pensait comme Peddyr Thelrand ; pour le moment.

Depuis l'aurore et depuis que les premiers membres d'équipage avaient posé les pieds sur la plage, il avait veillé à mieux se dissimuler dans le petit bosquet où il s'était réfugié (plutôt caché) le temps de voir l'arrivée d'Il Sanguinario et de celle qui le dirigeait. Il commençait à regretter de pas avoir pris une cape qui l"aurait bien aidé à se fondre dans la flore. Là, il se contentait de sa vieille cape grisée, capuche rabattue sur sa tête et son visage.  Il savait qu'il y aurait du monde, mais il ne s'était guère attendu à voir autant de mercenaires. En même temps, quand on venait négocier quelque chose avec des pirates, il ne fallait pas s'attendre à des joyeusetés comme s'ils étaient les meilleurs amis au monde.

Donc, Peddyr avait aussi assisté à l'arrivée des mercenaires, pendant que les barques faisaient des aller et retour entre le navire pirate et la plage. A voir l'équipement déballé, cela sentait presque une petite vendetta dans le coin dans les prochaines semaines. Mais cela n'avait rien de surprenant, quand on savait comment fonctionnait les Duchés, cette contrée qui fournissait le plus de mercenaires dans tout le continent.

Il avait serré les dents quand, juste avant le début des négociations, des hommes de la Duchesse Pirate étaient parti dans les environs. Les risques de se faire découvrir étaient minimales, mais tout de même. Pour le moment, la chance était avec lui. Mais elle ne le restera pas. Sauf s'il décidait de partir pour ne pas prendre le risque de se faire abattre à vue. Car la petite opération commerciale qu'il observait n'était pas légal. Donc, il courait le risque d'être pris pour un espion. Mais en même temps, dans ce qu'il entreprenait, et tout ce qu'il avait vécu jusqu'ici, la mort l'avait toujours suivi de près. En somme, ce n'était pas le moment de commencer à trembler comme une feuille dans la perspective d'y laisser sa peau.

*Et j'ai toujours pris des risques, même inconsidérés. Ce n'est donc pas maintenant que je vais flancher. *

Il fallait trouver le bon moment... et surtout la bonne manière pour être amené en vie devant la Duchesse Pirate. Et cela ne prit pas longtemps finalement, car à peine avait-il redressé son visage encapuchonné que son regard croisa celui d'un des hommes de Spaventosa...

Plus bas, sur la plage, les négociations se poursuivaient. Et comme le chef des mercenaires l'avait pensé, il avait fort à faire avec la ''vendeuse", car elle ne lâchait rien. Mine de rien, elle amenait de la bonne facture pour les lames et certaines armes étaient plus difficiles à se procurer sur le marché normal sans que cela attire l'attention. Et comme ces mercenaires là cherchaient à acheter discrètement les armes, cela ne pouvait que rendre les prix que plus difficiles à négocier ; et surtout à faire baisser. Puis, la conversation sur les possibles ristournes cessèrent quand quelques pirates rejoignirent le petit comité en négociation commerciale, tenant visiblement un homme qui était aucunement un membre d'Il Sanguinario.

Le chef des mercenaires sourcilla quand on jeta cet individu sans ménagement sur le sol. Ce dernier avait grommelé sous la rencontre brutale avec le sol, cherchant déjà à se relever. L'épée bâtarde, qui était la sienne et qui lui avait été retiré, tout comme son poignard, était tenue par un des hommes de la Duchesse et menaçait de lui entailler le bas de la mâchoire s'il osait bouger.

''Hum, c'est quoi ce délire, capitaine ? Vous vous prépariez à m'accuser d'espionnage avec cet homme sorti de nulle part ? Sachez en tout cas, que ce n'est pas un de mes hommes, histoire d'anticiper. Bon t'es qui toi !

Peddyr porta à peine son regard sur le chef des mercenaires, avant de braquer ses yeux sombres sur la Duchesse d'Esperanza. Nul doute qu'elle allait se montrer très réactive quand à la présence d'un intrus dans sa petite phase commerciale
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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée... Mar 8 Mai - 11:19
La duchesse pirate entendit un sifflement signalant un problème puis une partie de ses éclaireurs revinrent en traînant un vieux soudard avec eux. Le soldat pouvait très bien avoir suivi les mercenaires à distance qui ne s’étaient pas souciés d’être pistés. A se croire invulnérable on en oublie la prudence élémentaire. Elle avait coûté la vie à Ilfrido et à bien d’autres avant et après lui. Etait-ce pour ça que son client se montrait nerveux ? Ou se méfiait-il d’elle, la suspectant d’avoir enrôlé un espion ?

« Du calme, je n’ai accusé personne. »
lâcha Valerya d’un ton blasé à son client très -voire trop- pressé de se dédouaner. « Retournez-voir s’il y en a d’autres. On ne sait jamais. » Les éclaireurs à qui elle s’adressait retournèrent à leur poste en abandonnant les armes de l’intrus afin de passer le sous-bois au peigne fin.

« Foutez-moi ça de côté. On l’interrogera une fois nos affaires terminées.» dit-elle aux pirates sur la plage qui tenaient l’inconnu en joue que ce soit avec des armes à feu ou leurs propres lames. En fait elle ne lui prêta pas plus d’intérêt qu’à un ballot de marchandise. Les espions n’étaient pas rares dans les duchés et tout le monde savait qu’elle écoulait de la marchandise pillée au plus offrant. Sa réputation de receleuse? Elle s’en fichait. Quant au mercenaire avec qui elle marchandait, il devait s’être assis sur son honneur depuis longtemps.

La duchesse conserva la dague qu’elle glissa à sa ceinture et l’épée bâtarde à la main. L’escrimeuse soupesa l’arme : c’était une lame équilibrée avec une garde originale. Elle n’était pas à la portée du premier mercenaire venu et avait peut-être été enchantée. L’idée que l’inconnu était un vétéran et non un espion lui traversa l’esprit, ce qui souleva la question de sa présence sur cette plage. Valerya ne s’essaya pas à poursuivre son examen de la lame : elle avait envie d’expédier cette vente pour se débarrasser du mercenaire en chef qu’elle trouvait horripilant à ergoter sur le moindre détail.

« Bon, où en étions-nous ? » demanda t-elle au chef mercenaire comme s’ils n’avaient jamais été interrompus. Le type joua l’offensé en lui adressant un regard courroucé; elle eut une soudaine envie de calotter ce gamin qui la prenait de haut. Merde ! Elle, la Duchesse Sanguinaire, s’était déplacée pour traiter avec lui. Il aurait dû se sentir honoré au lieu de la considérer comme une donzelle.

« Vous n’allez pas le tuer ou le questionner ? Nous pouvons nous en occ... »
demanda le mercenaire avec un ton paternaliste un brin offensé.

« C’est bon les gars, on remballe ! » Beugla la duchesse. Trop c’est trop. Non mais pour qui il se prenait, ce mercenaire de pacotille ? « Mes hommes l’ont vu en premier, il est à moi. Et je suis tout à fait capable de mener cet interrogatoire. J’en pratiquais déjà alors que vos ancêtres n’étaient même pas arrivés dans les Duchés. » répliqua t-elle d’un ton sec. Ses pirates fermaient déjà les caisses et certaines prenaient la direction des barques.

Le chef mercenaire pâlit tandis que ses hommes s’inquiétaient. Ils avaient fait tout ce chemin pour ne rien acheter ? Comment allaient-ils se battre sans armes ni munitions ? Autant de questions vitales auxquelles leur meneur aurait à répondre, ce qui risquait de mal tourner. « Non ! C’est bon ! C’est bon ! » s’empressa t-il de dire alors que Valerya réprimait un petit sourire victorieux. Ces soldats, tous les mêmes… Elle allait lui faire cracher son or comme un Esperanzien au concours de lancer de pépin. Cette andouille avait intérêt d’avoir les poches bien remplies.

« Alors vous achetez quoi ? Vingt petits barils de poudre, dix bouches à feu avec une douzaine de boulets chacun, une cinquantaine d’arquebuses avec une centaine de balles chacune, quatre-vingt épées… Combien d’arbalètes ? Cinquante avec une quarantaine de carreaux chaque ? Ça fera trois mille pièces d’or, et encore je vous fais cadeau des balles et des carreaux.»

Le capitaine mercenaire eut l’air d’avoir avalé une fiole de poison tant sa grimace lui déformait le visage. Puis ses traits se radoucirent et sa voix se fit mielleuse. « Mais bien entendu. » Il tendit à la duchesse un sac rempli de pièces mais trop maigre pour en contenir ce qu’elle réclamait. Elle avait vu ce genre de manœuvre trop souvent pour être dupe. Si elle saisissait la bourse ce type allait profiter de l’ouverture pour lui trouer la peau au niveau de l’aine afin de la neutraliser et la prendre en otage. Il réclamerait une rançon et partirait avec les échantillons déballés sur la plage ; c’est ce qui s’appelle vouloir le beurre et l’argent du beurre. La pirate siffla le signal d’urgence en sautant en arrière tandis que le sac tombait au sol laissant s’échapper les pièces dans le sable. En un instant la tension était montée d’un cran et la rencontre pacifique virait à l’affrontement. Les deux camps se faisaient face et au loin les sabords d’Il Sanguinario s’étaient parés de bouches de canon.

Valerya souriait ironiquement en fixant d’un air calculateur son adversaire de ses pupilles rougies par ses lentilles. Pauvre idiot ! Elle n’avait pas été surprise le moins du monde. Maintenant, il allait payer pour sa ruse grossière. L’instinct de traque de la vampire s’était éveillé et son client était devenu sa proie. Elle ne ferait aucun quartier. Certains vampires appréciaient une chasse sécurisée à base de séduction. Valerya faisait partie des immortels qui avaient besoin d’adrénaline pour se sentir encore vivants. Un combat ou une situation violente donnait une saveur particulière au sang du vaincu.

La duchesse éprouvait l’envie de jouer au chat et à la souris. Tandis que son adversaire dégainait, elle en fit de même avec l’épée bâtarde de l’inconnu trouvé dans les sous-bois et jeta l’arme dans sa direction. C’était un mouvement étrange qui pouvait passer pour stupide. D’ailleurs son mauvais client haussa un sourcil de surprise avant de se mettre en garde. Valerya s’était fiée à son instinct : un vieux soldat qui avait eu le cuir assez solide pour survivre jusqu’à avoir des fils argentés dans sa barbe et ses cheveux devait savoir se battre comme un lion et il valait mieux avoir cet atout dans sa manche plutôt qu’il reste inutilement le fessier dans le sable à prendre le soleil en spectateur.

Elle concentra toute son attention sur son adversaire. Foutu soleil! Elle détestait se battre en journée, elle se sentait terriblement diminuée. La rapière adverse fendit l'air et la duchesse l'esquiva de justesse. Elle ajusta un bon coup de pied dans le sable pour aveugler son adversaire l'espace de quelques secondes le temps de dégainer Crudele. Le premier assaut avait lancé la bagarre générale, la mêlée projetait des ombres indécises sur le sable éclairé par un soleil encore rouge sang s'élevant au-dessus de la mer.


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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée... Jeu 10 Mai - 20:34
La réaction avait été vive parme les mercenaires, provoquant une tension presque palpable parmi eux. Sur ordre de la capitaine, Peddyr fut mis un peu à l'écart. Un des hommes de la dame pirate l'obligea à se redresser séance tenante. Un autre confia la dague et son épée à la capitaine, qui plaça la courte lame à sa ceinture et prit l'autre arme en main, la jaugeai déjà. Peddyr se contenta de sourciller. Protester aurait été mal venu et très mal avisé. En même temps, il était venu ici dans un but précis. Il encourait des risques qu'il avaient bien mesurées, quitte à manquer d'y laisser des plumes, voir la vie. Mais si on ne prenait pas de risques, on ne connaissait jamais la fin du chemin entrepris. Par contre, il avait veillé à doucement écarté les bras et laisser ses mains bien en vue pendant que les autres marins le tenaient en joue avec leurs armes. Pour l'instant, il n'était qu'un spectateur tenu comme prisonnier, le temps que les affaires commerciales en cours se terminent.

La suite de la transaction devait reprendre normalement son cours, comme si rien n'était venu la perturber, mais on voyait bien dans le regard condescendant du chef mercenaire que les choses ne lui convenaient guère. Il paraissait aux yeux du vieux mercenaire, en attente de son sort, que le dirigeant de ce groupe de mercenaires là n'appréciaient guère de voir des femmes être à son niveau d'égalité. Et quand celui-ci commit le pas de travers en la questionnant quand à l'avenir temporaire de leur prisonnier perturbateur de l'instant précédent, la Duchesse Sanglante entra dans un nouveau jeu.

Peddyr avait entendu parler de son sens des affaires. Elle excellait en la matière et à ce qu'il observait par la suite ne faisait que confirmer ce qu'il avait pu entendre sur elle. Douée pour les affaires, et donc dangereusement intelligente. Et ça, le capitaine mercenaire avait un peu négligé ce fait. Ce qui allait lui coûter sur le plan financier... et plus encore quand la capitaine d'Il Sanguinario bondit soudainement en arrière tout en lâchant un sifflement précis. Aussitôt, les choses virèrent dangereusement. La négociation commerciale venait de stopper net, laissant place à une tension dangereuse, combative. Cette fois, c'était l'affrontement.

Le coeur du vieux mercenaire avait fait un bon dans sa poitrine. Le combat allait avoir lieu et il était dépourvu de son épée ! Il lui restait la magie et il savait quel camp était le sien. Et là, son épée termina sa course à ses pieds, terminant de crisser sur le sable de la plage. La capitaine des pirates venait de lui jeter son arme espéré, sous le regard médusé du capitaine mercenaire. Peddyr avait compris le geste et ignora totalement les marins qui l'avaient tenu en joue quelques instant plus tôt. Ils étaient tendus, se préparant à l'offensive... qui se produisit ! Le vieux mercenaire ne perdit pas de temps pour entrer lui même dans le combat.

Sa lame barra la route d'un sabre qui avait cherché à frapper en traître la Duchesse Sanglante, occupée à se battre contre le chef de ces soudards. C'était là une attitude que n'appréciait guère le vieux guerrier. Frapper en traître était indigne d'un véritable guerrier. Mais dans les Duchés, les mercenaires pensaient plus à gagner de l'or que de se porter sur l'honneur au combat. Et le vieux mercenaire entraîna son adversaire non-honorable dans une duel où l'ennemi n'avait aucune chance de pouvoir prendre la main. Et il tomba rapidement à terre, abreuvant celle-ci de son sang. Peddyr n'y accordait déjà plus d'attention qu'il enchaînait déjà avec un second ennemi. Dans ce qui le poussait à voir la Duchesse Sanglante, il employait toute son expérience martiale, serrant les dents à un lointain souvenir où il se battait en plein coeur d'une guerre de pouvoir... Cette fois, il ne "mourra" pas !

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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée... Sam 12 Mai - 19:53
La duchesse avait bien choisi son poulain… Façon de parler. Il se battait comme un vieux lion en  maniant son épée avec une adresse forgée au fil des ans et des combats. Satisfaite d’avoir fait le bon choix, Valerya retourna à son propre tête-à-tête mortel. Elle n’était pas face à un bras cassé et le soleil levant avait diminué ses forces. La réverbération des rayons de l’astre sur le sol était amoindrie grâce à ses lentilles qui lui donnaient des pupilles rouges, mais elle était suffisamment gênante pour que la vampire ne repère pas l’éclat d’un fer sur le côté. Le pire avait failli arriver, le mercenaire avait été traversé de part en part par une lame avant de s’écraser mollement sur le sol avec une odeur d’entrailles qui se répandent. Une récidive de ce genre était à prévoir. Aussi Valerya se devait de terminer vite son duel. Crudele ferraillait tandis que la duchesse se préparait à lancer un sort de Douleur Sourde. La hâte était synonyme de mort face à un adversaire expérimenté. Assaut après assaut, elle attendait l’ouverture entre esquives et parades. L’occasion se produisit soudain et d’un coup précis elle effleura la joue de son adversaire de son fer. L’estafilade fut suffisante pour lui lancer un sort qui le déstabilisa un instant. Il ne restait plus à la duchesse qu’à allonger le bras pour lui trancher la gorge. Ce n’était pas une manœuvre chevaleresque, plutôt celle d’un bandit, mais qu’importe, l’essentiel était de rester en vie. De toute manière rares étaient les combattants duchéens à avoir bâti leur réputation sur l’honorabilité. Et ce n’était sûrement pas le cas de la Duchesse Sanglante.

Leur chef étendu sur le sable, le moral des autres mercenaires fut en berne. Il y eut un moment de flottement où ils se regardèrent entre eux du coin de l’œil sans trop savoir s’ils devaient continuer le combat ou non. C’est à cause d’une action inconsidérée de leur capitaine qui les avait mis dans ce pétrin. Maintenant qu’il s’était étouffé dans son sang, qui dirigeait les opérations ? Fallait-il rester, fuir, se rendre ? Les pirates sentirent que le vent était à leur avantage et, avec des cris de rage, se ruèrent avec encore plus d’enthousiasme sur leurs adversaires. Valerya passait ici et là sur le champ de bataille, frappant les mercenaires dans le dosou lançant des sorts pour soignant en urgence des compagnons blessés. Si un ennemi s’avançait vers elle, un de ses pirates se dégageait pour la protéger. Il semblait évident qu’ils donneraient leur vie pour leur capitaine.  

Peu à peu la bataille rangée se délita. Le peu des mercenaires restant reculaient vers le haut de la plage. Ce fut une mauvaise stratégie : les éclaireurs de la duchesse, restés dans les sous-bois firent feu et une volée de carreaux abattit quelques ennemis. Valerya leva alors le poing et un unique boulet passa au-dessus des têtes des combattants pour s’écraser à quelques mètres des mercenaires effrayés. Le projectile envoya quelques mètres cubes de sable dans les airs qui fouettèrent le visage des ennemis, les aveuglant à moitié en retombant. De leur côté les pirates riaient ouvertement en les provoquant par des injures. Certains en profitait pour faire le tour des pirates blessés tandis que les mercenaires hors combat étaient laissés à leur sort.

Valerya siffla et la bronca cessa. D’une voix claire,  avec un sourire mauvais, elle ordonna aux mercenaires survivants de se rendre. Il ne fallut pas longtemps pour qu’ils déposent les armes. En compensation pour la traîtrise de leur capitaine et les pertes pirates, les mercenaires furent priés de vider leurs poches, d’abandonner leurs armes et armures et de filer à travers la forêt peu importe leur état physique. S’ils avaient suivi un chef aussi lamentable, ils n’avaient qu’à s’en prendre qu’à eux-même. La prochaine fois ils se feraient engager par un meilleur patron.

Peddyr quant à lui était tout à fait libre de ses mouvements. Il avait choisi son camp en combattant aux côtés des pirates et ces derniers ne le menaçaient pas. Certains le surveillaient du coin de l’œil à cause de son apparition providentielle mais on lui proposait volontiers une lampée de Bollicine pour se remettre de ses efforts. Les caisses étaient à nouveau gardées et un tas d’armes hétéroclites avait augmenté le stock de la duchesse. Valerya supervisa la reddition des mercenaires et alla de blessé en blessé pirate d’abord, mercenaire ensuite. Enfin elle décida de la levée des corps des quelques pirates tombés au combat tandis que ceux de leurs adversaires restaient sur la plage pour nourrir les oiseaux de mer. Une fois tout cela terminé, la capitaine vampire retourna auprès du mystérieux inconnu qui l’avait secourue.

« Bon, à nous. Qui est-tu et qu’est-ce que tu fais là ? Si tu veux une place parmi mon équipage, t’es le bienvenu. Mais faudra apprendre à te rendre utile sur mon navire. Chez nous un gars doit savoir tout faire. »

Valerya ne prenait pas de gants avec ce vieux combattant ; la diplomatie n’était pas son fort et elle n’avait pas de temps à perdre. De toute façon il devait en avoir vu d’autres et s’être fait traiter bien plus mal par des chefaillons de fantassins dans sa longue carrière.
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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée... Lun 14 Mai - 13:09
Le second ennemi était plus coriace que le premier, qui était déjà en train de refroidir sur le sable. Autour de lui, c'étaient cris, agonie, sang et fracas des lames qui s'entrechoquaient. D'un coup brutal, Peddyr repoussa assez loin son adversaire du moment pour jeter un coup d'oeil à la Duchesse Sanglante qui avait accepté de lui accorder sa confiance durant ces combats. Elle paraissait gêner par la lumière du jour, car qui connaissait la Duchesse, même de par sa sinistre réputation, savait à quoi s'en tenir quand à ce qu'elle était réellement. Mais cela ne l'empêchait pas de tenir tête au chef des mercenaires. Le coup d'oeil du vieux mercenaire n'avait duré qu'un temps très court, juste assez pour savoir qu'il n'aurait pas besoin de la secourir. Après tout, elle n'était pas Duchesse et capitaine de pirates pour rien !

La bataille tenait plus du carnage que d'un véritable affrontement, surtout quand le capitaine mercenaire tomba à terre, achevé par sa redoutable adversaire. Devant la chute de leur tête dirigeante, les guerriers eurent quelques hésitations, ce qui fut suffisant pour donner l'avantage aux pirates, qui surent grandement en profiter. Et ce fut le début de l'hallali.

Les fuyards qui tentèrent de fuir au lieu de se rendre furent massacrés, autant par les pirates, que par la capitaine et ses éclaireurs qui guettaient depuis le début dans la lisière toute proche. Du côté de Peddyr, il avait jeté à tête son dernier adversaire, lui entaillant sérieusement le genou. Le sang goutta le long de sa lame qu'il retint pour ne pas frapper le malheureux qui le suppliait à genoux. Grimaçant, sentant une vieille émotion qui l'écoeurait, il abaissa sa lame mais frappa d'un bon coup de poing l'adversaire. Puis, après avoir essuyé sa lame, il jeta un sombre regard sur ce qui restait de ce mini champ de bataille. Etait-ce là la voie qu'il avait décidé de prendre, pour suivre son objectif ? Avait-il seulement le choix ? Il fronça des sourcils. Il ne pouvait plus faire machine arrière. Il avait assez fui. Toute sa vie n'a été que lâcheté, pour refuser ce qu'il avait été autrefois. Maintenant, il était temps pour le disparu considéré mort et tué de revenir dans le monde des vivants. Mais avant, il devait parler avec la Duchesse.

Il rengaina sa lame et rejoignit les pirates. Il sentait le regard méfiant de certains, se sachant encore considéré comme un homme à surveiller, qui n'avait pas clairement énoncé ce qu'il était et ce qu'il voulait. Il ne doutait pas que certains l'avaient reconnu. Il accepta par contre et très volontiers une lampée de l'alcool proposé. Il eut l'impression que cela aidait à rincer un vieux goût sanglant qui traînait dans la gorge. Puis, il observa la Duchesse, qui s'affairait à terminer de distribuer ses derniers ordres quand à ses hommes blessés et aux survivants ennemis. Et elle vint vers lui quand elle eut terminé. Elle fut directe et franche.

Il eut un très léger rictus amusé.

''Ne suis-je pas un peu vieux pour devenir un marin accompli, Duchesse Spaventosa ? Votre offre est généreuse, mais je ne suis pas venu à vous pour cela....''

Il employait volontairement le tutoiement.

''Je suis le mercenaire Peddyr Thelrand, qu'on surnomme le Vétéran. Rassurez-vous, je ne suis pas ici pour réclamer votre tête ou d'autres choses du même acabit. Je suis ici, car vous êtes une personne qui a une bonne position dans les Duchés, même si votre Duché n'est guère bien vu par nombres de dirigeants. J'ai besoin de votre aide pour connaître la situation politique et économique des Duchés. Il y a bien longtemps que je n'y prêtais plus d'attention. Et qui sait, peut être même pourrais-je avoir besoin bien plus de vous que de réapprendre l'Histoire des Duchés....''

Il demeurait assez évasif. Peut être cherchait-il à éveiller l'intérêt de la Duchesse sur son cas. Elle était bien plus âgé que les hommes qu'elle côtoyait. En avait-elle même enterré plus d'un par le temps passant.
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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée... Jeu 17 Mai - 10:18
Un peu agacée, Valerya donna un léger coup de pied dans le sable, pas assez fort pour lever une motte mais suffisamment pour laisser l’empreinte du bout de sa botte. L’équipage d’Il Sanguinario était la fine fleur de la marine espéranzienne. Les types se battaient littéralement pour accompagner la duchesse bien souvent jusqu’à la mort. Ses gars étaient autant marins que soldats et en faire partie assurait un certain prestige dans l’archipel. Et cet inconnu se permettait de rejeter sa proposition avec légèreté… Elle connaissait des Esperanziens qui auraient fait n’importe quoi pour cette place. D’ailleurs personne auparavant n’avait osé lui dire non.

« D’abord il n’y a pas d’âge pour naviguer. Je suis pas de toute première jeunesse et pourtant je dirige ce bâtiment. Je peux aussi te coller mon pied au cul ou ma lame dans le ventre pour te prouver que je ne suis pas rouillée. Selon ton propre choix, petit.» Valerya rappelait fort peu subtilement qui avait l’avantage dans leur petite discussion matinale. S’était-elle sentie blessée ? Absolument pas. Mais maintenant qu’elle faisait partie des êtres les plus vénérables de la planète avec cinq siècles au compteur, traiter de gamin un vétéran l’amusait, alors autant ne pas se priver des rares plaisirs dont elle n’était pas encore blasée.


Le nom de Peddyr Thelrand ne lui évoqua rien de particulier. Quant au surnom du mercenaire, il était assez courant pour les soldats qui avaient eu la chance de fêter leur quarantième année sans trépasser.

«Je résume la situation… Tu ne veux pas me liquider, ce qui est déjà bien. Tu viens me voir pour me demander un service d’une part, et d’autre part parce que j’ai mauvaise réputation. C’est gentil. Tu sais parler aux femmes. » Valerya leva ses yeux rougis pour lui lancer un regard blasé tandis que ses paroles transpiraient l’ironie. Elle avait la main sur la garde de son épée, cela relevait de la prudence la plus élémentaire : ce type savait se battre et il l’avait prouvé. Par contre il était peut-être un brin cinglé… Peut-être l’alcool ?

La duchesse eut un geste de sa main libre pour intimer le silence au mercenaire. Ses paroles n’avaient aucun sens. Il avait failli mourir pour des renseignements ? La situation des duchés ? Ce type était un fou ou un suicidaire. Finalement c’était une bonne chose qu’il ne veuille pas rejoindre l’équipage, il aurait terminé par-dessus bord ou attaché au mât pour mutinerie.

« Alors on va faire simple… Soit tu me dis clairement ce que tu veux, soit je lève l’ancre tout de suite. La marée n’attend pas et mes gars aimeraient se faire soigner ou enterrer leurs camarades avant qu’ils ne commencent à se décomposer. J’ai été assez généreuse pour ne pas t’avoir troué la peau et ce ne sont pas les occasions qui ont manqué. Alors ne prends pas le risque de m’en donner une supplémentaire, ma mansuétude a des limites. Si tu crois que je vais te dire ce qu’il se passe aux Duchés… T’aurais dû aller au premier troquet du coin, on t’aurait mieux renseigné. A moins que monseigneur désire que je fasse amener un fauteuil, une table et un tonneau de Sciroppo. Si c’est le cas, désolée de te décevoir, ici c’est pas un débit de boisson et je ne suis pas tenancière. Remballes tes histoires et va boire ailleurs. »

C’était un long discours pour Valerya qui était volontiers taciturne. Mais elle assénait ses phrases comme des coups d’estoc afin de faire jaillir la vérité de cet embrouillamini de paroles qui n’avaient ni queue ni tête. A force de secouer le mercenaire, de menacer de le laisser tout seul sur le sable en plus ou moins bon état, peut être qu’il arrêterait de tourner autour du pot pour parler franchement.
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MessageSujet: Re: Quelque part, sur une plage isolée...
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Quelque part, sur une plage isolée...
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