Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Entre duchesses (Pv Valerya)
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MessageSujet: Entre duchesses (Pv Valerya) Dim 18 Fév - 21:55
Mi Mars dans le duché d'Esperanza

Maintenant que la situation du duché de Sarrasi était pleinement stabilisé, quoi de plus normal que d'aller renouer les liens du duché envers les voisins ou même les renforcer ? C'est en tout cas ce que c'était dit Osami, notamment en faisant le choix de se rendre dans le duché d'Esperanza après avoir évidemment prévenue la duchesse de celui-ci de sa venue, duchesse vampire qui l'attendrait donc dans la capitale du duché pirate.

Enfin plus précisément, au quai du vaste port de la cité d'Esperanza, car pour l’occasion Osami avait louée un bateau appartenant à des capitaines officiant pour le duché de la vampiresse pour que celui-ci la mène à bon port. Le capitaine avait d'ailleurs eut l'air surprit que la duchesse vint sur son navire seule et sans escorte, mais connaissant la réputation de cette dernière, au finale il dû deviner qu'elle n'en avait pas forcément besoin. Dans tous les cas, le voyage qui dura une bonne semaine ne fut guère désagréable et c'est ainsi que le bateau dont elle avait louée les services de l'équipage finit par arriver en vue de la cité d'Esperanza…

Ils ne mirent évidemment guère longtemps à accoster et peu après que la rampe de débarquement soit déployée, la duchesse et invitée du jour de la dirigeante d'Esperanza descendit donc de l'honorable frégate. Et visiblement tout un comité d'accueil comme elle s'y était attendue était là pour l’accueillir, dont sa potentielle future partenaire d'affaire qui certes était bien plus petite qu'elle, mais pas du tout moins remarquable. Osami ne manqua donc pas de la saluer en s'inclinant à la manière Ikhyldienne avant de faire entendre sa voix au gracieux accent chantant, mais chargée d'une certaine force et prestance.

« Salutations à vous Spaventosa-san, permettez moi de louer la compétence et le professionnalisme de l'équipage qui m'a mené à bon port, je suppose que si tous les Esparanzien sont d'une telle qualité, mon séjour au sein de votre splendide archipel ne manquera pas d'être agréable. » Bon, peut-être que c'était dû pas mal au fait qu'elle était une femme intimidante et donc ils avaient disons marchés droit en sa présence, mais autant souligner cela par politesse et amabilité tout de même. Dans tous les cas, elle attendit alors patiemment que sa collègue dise elle aussi ce qu'elle avait à dire, surtout que de ce qu'elle avait entendu dire c'était elle aussi une femme de fort caractère. En somme rien qui ne serait pour lui déplaire, même si évidemment quant à savoir quels seraient les débouchés de cette rencontre qui venaient tout juste de débuter, cela seul l'avenir le dirait...
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Mar 20 Fév - 0:53
Sarrasi... Ce nom délicieux évoquait à lui seul toutes les ressources de la terre: du minerai, des joyaux, des pierres et des objets précieux ou utilitaires dont le duché avait tant besoin. Dès qu'elle avait appris que le duché montagneux avait un nouveau dirigeant, Valerya avait saisi sa plus belle plume pour féliciter la Dame Renarde. D'une part Esperanza avait besoin d'un apport régulier de matières premières minérales qu'il ne pouvait pas produire, d'autre part Sarrasi était l'un des rares duchés à accepter des échanges commerciaux officiels avec la nation pirate. Certains territoires préféraient les voies détournées... Une question de prestige sans doute. En tout cas les liens avec Sarrasi devaient être préservés.

Les approvisionnements avaient continué même si les quantités fluctuaient en fonction de la situation politique. Il y avait les vassaux rebelles mais sûrement des espions étrangers qui fragilisaient la vie et l'économie du duché minier. Valerya s'était arrangée pour former des convois afin d'acheminer les précieux minerais jusqu'à l'archipel et avait recommandé à ses capitaines de saisir des livraisons en direction d'autres duchés afin de compenser une éventuelle pénurie. Les affaires se poursuivaient, Sarrasi n'était pas pénalisé par les raids des pirates et Esperanza recevait sa juste part de matières premières. Tout allait bien dans le meilleur des mondes... Enfin selon Valerya qui craignait que cette visite soit un prétexte pour renégocier les accords.

Pour recevoir son homologue Valerya avait mis les plats dans les grands... A sa manière. Elle lui avait proposé de visiter le duché pendant la fête des grandes marées du printemps, un grand moment de traditions purement Esperanziennes. La Dame Renarde avait souhaité emprunter un vaisseau de sa flotte. La situation était risquée: ils pouvaient être arraisonnés par un vaisseau pirate indépendant, heurter un récif ou couler durant une tempête. Sans compter l'incident diplomatique qui pouvait survenir au moindre faux pas durant la traversée. Elle avait décidé de confier cette périlleuse mission au Commodore de ces dames, c'est à dire Malik le Loup des Mers qui s'était montré enthousiaste à l'idée d'escorter une duchesse Kitsune contre vents et marées. Malik était jeune, intelligent, vif, fantasque et beau garçon. Il pouvait être une distraction agréable et plus si affinité s'il advenait que la duchesse s'ennuie durant la traversée. Quant au retour... Bah! si les choses se gâtaient sur l'archipel, elle serait raccompagnée par Barbarossa qui, en plus d'être vieux et laid, exhalait l'odeur aigre de la vinasse par tous les pores de sa peau.

La Duchessa Sanguinaria avait reçu quelques messages durant leur traversée: la Kitsune était magnifique, grande et b...elle. Voilà en substance ce que le Commodore avait daigné transmettre, en plus de leur date d'arrivée. Le jour prévu Malik choisit de rentrer dans la baie d'Esperanza contre le vent. Comme d'habitude, il ne faisait rien comme tout marin aurait logiquement fait... Mais la Dame Renarde put contempler le vaste panorama qu'offrait l'île sur laquelle était implantée la capitale du duché tandis que le bateau avançait lentement: les plages de sable blanc, la végétation et les premiers vergers en fleur, le grand chantier naval et ses cales sèches où étaient construits ou réparés toutes sortes de bateaux. Enfin ils arrivèrent au port, ses entrepôts, ses troquets, les habitations accrochées au flanc de la colline et le fort quasi inexpugnable.

Malik avait navigué assez lentement pour que Valerya ait eu le temps d'organiser un comité d'accueil de deux cent personnes. Il y avaient les admiratrices du Loup des Mers qui se crêpaient le chignon en attendant fébrilement son retour, les commensaux de la duchesse qui s'étaient mis sur leur trente et un -chapeaux à peu près droits, chemises à peine tâchées- les Commodores et leur suite ainsi que des curieux qui venaient se greffer à l'attroupement de minute en minute.

La nouvelle duchesse de Sarrasi débarqua. Comme décrite par Malik, elle était magnifique et rayonnait d'autorité. Valerya n'était pas impressionnée par sa prestance ni par sa taille. Elle se tenait les mains dans son dos droit et raide, la tête fièrement relevée afin de planter son regard rougi par ses lentilles magiques sur le visage de son égale en visite. Elle scruta ses traits un instant, essayant de déceler quelque chose dans ses expressions: de la curiosité, du dégout, du respect peut-être? Mais comme chez tous les aristocrates duchéens il était difficile de faire la part des choses entre sincérité ou d'autres sentiments moins nobles tant l'art de la comédie était répandu parmi eux.

On avait dit à Valerya que cette mystérieuse Osami Nakajima était une mercenaire qui avait fait carrière dans les Duchés. La Duchessa Sanguinaria fut surprise de se retrouver face à une Kitsune qui semblait tout droit venue de l'empire Ikhyldien. Entraînée à conserver un air neutre depuis des siècles, Valerya ne laissa rien paraître. Ses fidèles se montrèrent surpris de ne pas reconnaître la patine des habitudes diplomatiques duchéennes. Quant à Malik qui descendait du bateau, il s'était fait happer par ses groupies en délire qui se battaient presque pour s'accrocher à son bras.

La Duchessa Sanguinaria s'inclina brièvement à la façon ikhyldienne, mais pas trop profondément pour ne pas paraître soumise. Elle souhaitait garder la main et ne pas  jouer les paillassons devant ses sujets et la Kitsune. Non mais quelle idée d'être aussi grande!

" Malik n'a pas son pareil pour divertir ses invitées à bord." dit Valerya avec esprit, ce qui fit glousser certains spectateurs. "Je suis heureuse que notre vaillant Commodore vous ait tant impressionnée et j'espère que vous serez satisfaite par mes compatriotes avec qui vous aurez la grâce de vous entretenir en particulier." dit-elle en jouant sur les mots. Si la relation avec Malik avait été platonique, la duchesse de Sarrasi trouverait sa formule de politesse un peu... Bon, Valerya était plus connue pour étriper ses adversaires que pour les ronds de jambes. Mais si Osami s'était amusée avec le tombeur de ces dames, elle comprendrait les allusions grivoises de la La Duchessa Sanguinaria qui ne manquait pas d'humour malgré son air sérieux. Quelqu'un d'un peu aviné poussa un hourra, et la foule ne fut que cris d'allégresse et applaudissement. Barbarossa beugla "ça s'arrose!" et avant que la réception protocolaire ne dégénère en beuverie, Valerya invita Osami d'un large geste de de la main à la suivre.

Le musculeux orc Orug le Libérateur commandait les porteurs chargés d'emmener les valises de la duchesse de Sarrasi jusqu'au Fort. Trottinant aux côtés de Valerya et d'Osami, la commodore Sigrid Porte-Flingue faisait la conversation avec la Dame Renarde. La Naine était particulièrement intéressée par un rapprochement avec ce duché lointain qui amenait tant de minerais que les ateliers de Turbina transformaient en machines. Valerya se contentait de hocher la tête régulièrement tandis que le moulin à parole à verticalité contrariée qui avait fait l'effort de porter une robe -chose exceptionnelle! - racontait l'histoire d'Esperanza, de sa fondation jusqu'aux temps présents. Elle abandonna les duchesses à regret aux portes de la forteresse.

Valerya avait réservé une bonne partie du premier étage pour Osami: un petit salon, une chambre à coucher, une pièce plus modeste pour y entreposer malles et garde-robe, un bureau et même une salle de bain où trônait une baignoire magique taillée dans un seul bloc de marbre de couleur sable. L’ameublement était hétéroclite puisqu'il provenait de prises. Les styles ikhyldien, elfique, duchéen et même teïderien se mélangeaient avec plus ou moins de bonheur. Les Esperanziens n'étaient pas des décorateurs mais ils aimaient le clinquant et le tape à l’œil: les objets étaient de grande qualités et certains dorés à l'or fin. Les tapis étaient tissés dans la laine la plus moelleuse et les rideaux et drap étaient taillés dans de la soie. L'appartement donnait sur la baie et la Dame Renarde pouvait admirer le bleu de l'océan, les oiseaux de mer  et le ciel d'azur par des fenêtres de taille modeste mais qu'elle pouvait ouvrir si l'envie lui prenait de goûter à un peu d'air iodé.

Valerya referma la porte des appartements derrière elle afin de discuter quelques minutes avec son hôte en privé. "J'ai appris que vous étiez venue sans suite ni domestiques. C'est une décision plutôt osée... La plupart de mes voisins ont peur de mes forbans. Mais vous n'avez rien à craindre, ceux qui viennent ici sont tolérés tant qu'ils respectent le code: pas de meurtre, d'agression avec arme ni d'esclave." Valerya ne savait pas vraiment comment s'y prendre avec cette inconnue délicate. Elle avait surtout l'habitude de parler à l'impératif et de distribuer des regards noirs à la ronde. "Mais je préfère vous fournir une escorte. Je crains les espions étrangers qui auraient intérêt à vous éliminer ou vous enlever. Le Commodore Orug vous accompagnera, j'ai toute confiance en lui." L'orc éclatait les crânes comme personne. C'était sale mais diablement efficace. "Combien de serviteurs dois-je mettre à votre service dans votre suite?" demanda vertement la pirate qui s'aperçut un peu tard qu'elle n'avait pas été diplomate. "N'hésitez pas à les avertir si quoi que ce soit venait à vous manquer. Le duché a des ressources surprenantes." ajouta t-elle en esquissant un sourire froid. Il est vrai que les prises apportent parfois leur lot d'objets étranges et rares.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Mar 20 Fév - 19:32
Osami n'avait pas trop fait attention au fait que le capitaine l'ayant mené à bon port était visiblement populaire auprès des dames, en vérité elle n'en avait un peu rien à fiche, même si elle parut tout de même un instant surprit en voyant tout ce manège... Mais qu'est-ce que ces femmes trouvaient à cet homme ? Difficile à dire, il avait certes l'air charmant, mais tout de même…

Enfin dans tous les cas elle apprécia que la vampiresse s'incline elle aussi et bien entendu ne s'attendait pas à ce que cette dernière s'incline trop, après tout ce serait là une marque symbolique de soumission assez malvenue. Quoique, il fallait être ikhyldien pour que cela ait vraiment de l'importance, car dans les faits elle aurait pu comprendre après tout qu'une duchéenne ne maîtrise pas forcément parfaitement les marques de politesses de son empire natal, mais qu'elle sache se débrouiller avec était tout de même très agréable il fallait le dire.

« J'ai l'impression que l'homme dont vous parlez s'est comporté bien différemment en ma compagnie de la manière dont il se comporte avec les dames habituellement... Étrange. » Se contenta t-elle sinon de commenter passivement concernant le commodore dont lui parlait la duchesse, mais elle ne prit pas la peine d'expliciter cela, même si elle sous-entendait sans doute pour le coup qu'il ne s'était absolument rien passé entre-elle et lui. De toute manière soyons sincère… Il n'était pas vraiment son genre, les tombeurs étaient loin d'être de ceux qu'Osami voulait séduire après tout, elle les préférait plus docile et timide disons, mais aussi sensibles de préférence. Après tout elle avait un caractère fort et ne supporterait probablement pas trop un mâle qui lui taperait constamment sur le système par un comportement plus ou moins inadéquat…

Dans tous les cas elle se contenta de suivre calmement la duchesse d'Esperanza qui alors que les alentours commençaient à s'agiter de manière joyeuse, l'invitait à suivre ses pas. C'est ce que fit donc la kitsune tout en remerciant les porteurs qui se chargèrent de porter les quelques valises que s'était amusée à prendre la duchesses, quelques seulement car cette dernière n'était disons pas spécialement le genre de femme ou de duchesse à avoir une tonne de valises avec elle en général…

Et bien entendu, c'est avec politesse et amabilité que la duchesse renarde entretint une certaine conversation avec la naine dirigeant la petite ville de Turbina, surtout qu'elle se doutait en effet que si elle vendait une bonne quantité de minerais au duché pirate, ce serait pour que certains de ces minerais aillent directement à Turbina… Donc pourquoi bouder l'une des raisons qui ferait que les coffres de Sarrasi se remplissent d'or ? Dans tous les cas elle promit à la naine de revenir la voir prochainement lorsqu'elles durent se séparer et ensuite constata avec amusement que l'on avait réservé une bonne partie du premier étage du fort à sa personne…

Pourquoi amusement ? Car dans les faits la kitsune n'avait probablement pas besoin de tout cela, même si évidemment elle n'allait guère refuser ceci. Par contre, elle fut étonné de voir de l'ameublement Teïderien dans le tas… Quoique étonné, le terme était fort, elle cru même voir deux trois choses akkatoniennes dans les environs, mais oui les objets Teïderiens étaient les plus étonnants… Enfin, dans tous les cas elle ne put que sourire de manière doucement approbatrice devant le raffinement et le qualité de tout cet ameublement… Qui certes était très hétéroclite et un peu en bazar, mais l'effort qui y avait été mit était si notable qu'on ne pouvait que l'apprécier après tout.

Et elles finirent suite à cela sinon par s'enfermer elle et la duchesse d'Esperanza dans les appartements pour discuter en privé, aux premiers paroles de sa collègue, Osami ne manqua pas d'ailleurs de répondre avec amusement à sa collègue. « Vous savez, quand j'étais une mercenaire par le passé, il a bien fallu que je mette la main à la patte pour former ma compagnie, mais aussi la faire prospérer et disons que je préfère souvent faire les choses moi-même que les laisser à la charge de mes soldats... » Elle sourit finement et ajouta. « Je suis une ikhyldienne de naissance et je ne rejetterais jamais le raffinement de mon empire natal, mais je ne suis pas non plus une fleur délicate rassurez-vous Spaventosa-san, même si évidemment je ne rejetterai pas la présence de votre commodore. Si je suis venue seule ce n'est pas tant pas confiance même si je ne doute pas de la qualité de vos hommes que parce que je sais me débrouiller seule au pire… » Elle réfléchit ensuite et ajouta pensive concernant le nombre de serviteurs qu'elle voulait avoir. « Juste la présence d'un guide et une escorte minimale, je n'aime pas que serviteurs soient trop dans mes pattes dans les faits et je compte disons profiter de mon séjour ici pour visiter votre duché si vous n'avez rien contre, je pensai même participer à la fameuse lutta si vous voyez ce que je veux dire… Si vous voulez bien entendu, je peux prendre une autre apparence que celle actuelle pour être anonyme. » Elle sourit finement et tout à coup sa collègue put voir que de même que sa voix, son apparence devint tout à coup masculine, même si à la manière kitsune qui ne dépareillait point avec ses vêtements actuels, c'était là juste une manière de faire une légère démonstration de ses dons transformistes disons. Du coup le duc si on pouvait le dire reprit alors aimablement.

« Rendez-moi un service dans tous les cas san, ne me traitez pas comme une fleur délicate faîte de verre, cela pourrait vous sembler arrogant peut-être, mais je pense être une guerrière quasiment aussi endurcie que vous, probablement pas aussi expérimenté car plus jeune, mais disons que je suis loin d'être la jouvencelle qui attend son prince charmant ou qui serait soumise à son mari si je devais en avoir un. » Sur ce il reprit son apparence féminin originale et glissa cordialement.

« Ceci établit, ne vous privez pas de parler franchement et… Si vous le désirez je vous laisse l'initiative concernant le premier sujet important à aborder, de manière ainsi à vous laisser le loisir de le faire sans être obligée de faire les habituels ronds de jambes agaçants je suppose. » Ceci dit elle le conclut avec un sourire sincère, même si pour le coup elle même n'avait pas été un parangon de délicatese disons.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Jeu 22 Fév - 11:10
Dès qu’Osami l’invita à se mettre à l’aise, Valerya ne se fit pas prier. Elle appuya son fessier contre une commode et croisa les bras dans l’attitude revêche qui est la sienne d’ordinaire. Non qu’elle soit agressive, mais la Duchessa Sanguinaria avait en permanence une attitude aussi abrupte que ténébreuse, apparemment tout le contraire de son interlocutrice.

Elle écouta la duchesse de Sarrasi en silence presque sans ciller. Elle leva un sourcil circonspect seulement lorsqu’il fut question de la Lutta… C’était à se demander si Osami n’était pas venue pour se détendre et s’encanailler auprès des pirates qui passaient pour de joyeux lurons.

« Vous voulez que je vous parle franchement... » dit Valerya d’une voix lente et posée, fixant le regard de la Kitsune de ses prunelles rouges. « Tant mieux, je n’aime pas les chichis ni les ronds de jambes. Vous vous apercevrez qu’ici les petites fleurs délicates ne le restent pas longtemps. » ajouta t-elle avec un sourire froid, faisant référence à la réputation de rustres et de débauchés que s’étaient taillé les Esperanziens, non sans raison. « Vous avez peut-être raison de ne pas vouloir de domestique. Le service ici laisse parfois à désirer. L'amabilité n'est pas le fort des Espéranziens. » Et si elle voulait visiter un peu les îles, elle serait servie de ce côté là: on lui dégoterait rapidement un joli petit surnom fleuri selon la coutume et les citoyens l'interpelleraient sans façon.

« Vous voulez goûter aux plaisirs du duché… Ma foi je n’ai rien contre. Amusez-vous. » dit la vampire avec le plus grand sérieux. « Vous pouvez emprunter la forme que vous voulez pour la Lutta ou faire partie d’un équipage pendant la régate. Mais ne prenez pas de risques inutiles. Ici la population va et vient, les renseignements s’achètent et se vendent. Si vous voulez survivre, ne faites confiance à personne sauf envers les individus que je vous recommanderai. » Triste constat que voilà, la duchesse se méfiait de ses sujets. Mais les cinq cent années de règne derrière elle avaient forgé cette défiance ; la survie était une lutte de tous les jours que ce soit en mer ou à terre.

« Et si vous ne trouvez pas l’Orc à votre goût, je peux vous accompagner moi-même. » glissa t-elle. Il est vrai que le Commodore n’était pas un cadeau, que ce soit pour son physique ou le pois chiche qui lui servait de cervelle. « Je n’ai rien à cacher, toutes les îles vous sont accessibles, et vous êtes libre de circuler comme vous le voulez. » Valerya n’était pas du genre à entraver la liberté des gens. Par contre elle était intransigeante lorsque ces derniers dépassaient les limites en empiétant sur celle des autres.

« Il faut pourtant que vous sachiez qu’un certain nombre de vos ennemis ont fui votre duché depuis votre accession au trône. Certains sont sûrement ici. Ils ont perdu leur rang, leur fortune et ils pourraient vouloir se venger. Je n’ai pas non plus envie d’être la cause d’un incident diplomatique ni d’une crise qui ébranlera les duchés. La réputation d’Esperanza et la mienne nous précédent, partout on nous considère comme des brigands sans foi ni loi qui tuent pour le plaisir. Vous assassiner ici serait une aubaine pour mes ennemis et les vôtres.» Il y avait le spectre de Teïder mais peut-être aussi celui de divers prétendants qui aimeraient mettre la main sur Sarrasi ou tout autre duché dépendant des marchandises du duché minier.

Valerya décolla ses fesses de la commode, décroisa ses bras pour laisser tomber une main sur le pommeau de sa rapière et se redressa. « Madame, je suis à votre disposition. Si vous avez besoin de quoi que ce soit ou envie d'aller quelque part... » Droite et fière, Valerya était peu ou prou aux ordres de son invitée. C'était une situation inédite pour elle.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Ven 23 Fév - 22:21
Osami n'était pas spécialement du genre à s'encanailler, mais elle aimait bien dans les faits profiter de certains plaisirs simples qui étaient à sa disposition, et dans les faits un bon combat pouvait en être un. Même si évidemment ce serait sous sa forme kitsune qu'elle le livrerait et non une forme monstrueuse qu'elle aurait prit. Après tout elle doutait que cela soit bien vu pendant la lutta d'affronter ses adversaires sous forme de griffon...

Enfin, dans tous les cas elle écouta avec un léger sourire la duchesse d'Esperanza qui se mit à lui parler franchement et qui en était même satisfaite à sa manière car celle-ci avoua sans mal ne pas trop aimer les ronds de jambes. Bien ! Osami non plus, même si évidemment cette dernière n'était point gênée par le fait d'en faire si nécessaire, juste qu'elle n'y tenait pas spécialement disons. Pas que la kitsune était rustre d'ailleurs, point même, mais disons qu'elle savait être assez forte et ferme pour qu'on ne vienne pas trop l'enquiquiner…

Dans tous les cas elle n'était pas trop inquiétée par le fait que l'amabilité n'était pas le fort de beaucoup d'habitants du duché pirate. Il fallait parier en tout cas que ces derniers trouveraient sans doute un surnom assez… Évocateur à son sujet et faisant sans doute référence au côté intimidant qu'elle savait se donner à l’occasion, parce que c'est souvent ce qui se remarquait disons quand on l'irritait...

« Je ne pense pas participer à la régate, je ne suis pas une navigatrice de grand talent contrairement à vous. La lutta me conviendra très bien. » Et sans doute qu'elle allait y laisser un joli souvenir à ses adversaires. Que ce soit ceux qui n'en reviendraient pas d'être battus pas une femme, mais aussi ceux choqués de se faire vaincre par une kitsune, race pourtant connue pour ne pas être la plus aguerrie qui soit physiquement parlant, du moins en dehors de leur forme de grand renard…

« Ne vous inquiétez pas dans tous les cas Spaventosa-san, je ferais preuve de toute la prudence nécessaire au fait de repartir de chez vous en un seul morceau. » Ajouta t-elle d'ailleurs cordialement et avec sérieux concernant ce fait, oui de toute manière elle savait bien que les duchés n'était pas la nation la plus sécurisée qui soit pour les ducs et duchesses de toutes sortes…

« Je n'ai rien contre les orcs disons, mais je sens que vous êtes le genre de personne dont j'apprécie la compagnie, donc si cela ne vous dérange pas, je ne serais guère contre... » Ajouta t-elle sinon aimablement, mais légèrement amusée à cette proposition faîte par sa collègue de l'accompagné, ce avant de reprendre avec humour concernant le fait qu'elle avait la liberté de parcourir toutes les îles. « Je vais quand même éviter de voyage d'îles en îles en prenant la forme d'un griffon, il ne faudrait pas après tout effrayer vos sujets. » Même si les siens pour sa part commençaient à s'y habituer disons.

« Dans tous les cas ne vous inquiétez pas. » Reprit-elle ensuite très sérieusement. « Je suis au courant et prend très au sérieux les menaces sur ma personne, c'est juste que ne suis effrayée, ni intimidée par ces dernières. Cela est inutile après tout de s'inquiéter de ce que l'on ne peut éviter, il faut assumer la chose et régler le problème s'il venait à arriver. Sachez donc que je ne comptes pas vous mettre dans une situation difficile Spaventosa-san. Même si évidemment, vous devez vous en douter, après tout ce serait cher payer de devoir débourser ma vie pour vous mettre dans l'embarras... » Conclut-elle donc avec un peu d'humour noir ce avant d'ajouter à la proposition de la princesse des pirates quand celle-ci lui dit qu'elle était à sa disposition.

« Que diriez-vous que nous visitions la capitale de votre duché dans ce cas ? Bien entendu nous prendrons toutes les précautions que vous jugerez nécessaire Spaventosa-san. » C'était une idée qui lui semblait bien agréable en tout cas, surtout que quel meilleur guide des lieux que la personne qui avait vu la naissance d'Esperanza ? Aussi bien le duché, que la ville du même nom...
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Lun 26 Fév - 23:32
Valerya prit note des desiderata de la duchesse de Sarrasi. Mis à part que l’une et l’autre sont du même rang, elle ne voyait pas en quoi sa présence était plus agréable que celle de l’orc. Même Orug, aussi antipathique soit-il, était plus populaire qu’elle… Il faut dire qu’elle glaçait le sang de tous ceux qu’elle croisait. Avec le temps, la vampire s’y était accoutumée. La demande d’Osami était inhabituelle, mais la Kitsune n’aimant peut-être pas les peaux-vertes, à moins qu’elle préfère la compagnie les femmes. En tout cas Valerya ne chercha pas à en savoir plus : peu lui importait.

« Si vous vous transformez en griffon, il y a des chances pour que vous terminiez au fond de l’eau hérissée comme un oursin. Si mes hommes et mes femmes s’enfuient, ce sera pour revenir avec une arbalète ou un tromblon. Ils ne sont pas du genre à reculer devant le danger. » répondit-elle calmement à la plaisanterie d’Osami.

Rares sont les lâches à Esperanza. La vie quotidienne est un combat de tous les jours : trouver de l’argent, de la nourriture, subir les éléments, prendre la mer sans savoir si l’on rentrera… La rudesse de l’existence a forgé des caractères forts et prompt à se défendre. Les îliens n’ont pas la mollesse ni la tempérance de certains duchéens du continent : ici la bagarre est un sport national.

La duchesse de Sarrasi avait compris les avertissements de Valerya. Malgré cela elle comptait s’amuser et en faire à sa guise en participant à la bagarre de rue qui serait le point d’orgue des festivités… Sous sa forme officielle, ce qui serait assez savoureux. Osami serait discrètement surveillée afin d’éviter un éventuel attentat. Quant à la duchesse d’Esperanza ? Elle savourerait le carnage confortablement installée dans un fauteuil puis décernerait le titre au vainqueur.

« Visiter la capitale… Pourquoi pas. Je vous épargne le tour du Fort, il n’offre pas beaucoup d’intérêt. Ce n’est que de la caillasse empilée pour résister aux boulets et percée de meurtrières pour les arbalètes. Il n’a pas l’architecture raffinée de Vinche mais il est solide, les habitants peuvent s’y retrancher en cas d’attaque. » Mais pas que. Le maquis épais dans le reste de l’île était truffé de caches ; les soldats pouvaient se livrer à une guérilla  durant quelques semaines. Mais à quoi bon l’expliquer ?

Elle préféra éviter de la mener dans les ruelles parallèles au flanc de la colline bordées de maisons blanchies à la chaux. L’hygiène n’était pas la priorité des habitants et il y avait de fortes chances que le subtil odorat de la Kitsune soit heurté par le ruisseau de fange qui stagnait au pied des habitations. Autant descendre directement vers ce qui faisait la puissance d’Esperanza : la production navale. Pas vraiment diplomate, la duchesse pirate avait décidé d’impressionner Osami par sa puissance militaire et industrielle plutôt qu'en organisant un bal raffiné. Son hôte serait sûrement flattée de constater que le bois de ses forêt servait à construire de magnifiques bâtiments. En tout cas, si elle était à sa place, Valerya le serait certainement.

« Si vous voulez vous promener en ville je vous conseille d’abandonner le kimono pour une tenue un peu plus locale. Vous pourrez plus facilement vous fondre dans la foule et goûter à la douceur de vivre espéranzienne. Nous irons au chantier naval et puisqu’il est encore tôt nous pourrions faire le tour de l’île en bateau avant de finir la soirée dans une taverne typique. Cela me semble parfait pour une première journée. Qu’en dites-vous ? »
proposa t-elle. « Si vous n’avez pas de vêtements, je peux vous en fournir. Mes appartements ne sont pas loin. » Lesdites pièces étant juste en face, séparées par un couloir de la suite d’Osami. Elle avait hâte que la Kitsune se change afin d'aller voir Orug et de lui expliquer le changement de plan concernant l'escorte de leur hôte.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Mar 27 Fév - 21:53
« Je comprend cela, les sarrasiens sont un peu comme ça disons, des montagnards dans l'esprit si vous voyez ce que je veux dire. Et surtout, ils n'aimeraient pas l'idée de dépendre de qui que ce soit, même de moi s'ils peuvent faire autrement... » Ajouta t-elle aimablement sinon à la réponse calme de sa collègue, comme quoi la population de leurs duchés respectifs avait des points communs, même si les sarrasiens pour leur part étaient connus pour posséder un mélange de raffinement et rudesse montagnarde.

Dans tous les cas elle ne serait pas contre de pouvoir avoir la duchesse vampiresse comme guide, certes cette dernière avait très visiblement un côté très intimidant, mais ce n'était pas le genre de chose qui freinait Osami disons. Celle-ci était aussi connue pour cela après tout, même si sans doute à un degré moindre, ou alors parce qu'elle le faisait surtout remarqué par des démonstrations franches et cassantes. Dans tous les cas, elle était du genre à aimer de ce fait la compagnie d'autres femmes avec un fort caractère, en tout cas plus que celles qui se comportaient comme des mijorées...

Enfin, en vrai le caractère d'Osami pouvait d'une certaine manière être comparé à celui d'une louve féroce protégeant ses petits. Soyez dans ses bonnes faveurs et elle sera adorable, mettez-vous la à dos ou prenez-vous en à un de ses protégées et elle deviendra votre ennemi à vie et vous le fera payer. C'était en tout ce qui était arrivé à l'infortuné duc de Sarrasi avant qu'elle ne prenne sa place… Et elle n'hésiterait évidemment pas à le refaire si nécessaire, elle avait ses principes après tout.

Dans tous les cas elle ne s'inquiétait pas vraiment pour la lutta, même si sa manière de se battre détonnerait sans doute par rapport à celle probablement plus rustre de ses adversaires. Elle se souvenait après tout encore parfaitement des enseignements de son ancien maître en arts martiaux, il suffirait donc juste de garder ceux-ci en tête et ensuite… La victoire ne dépendrait que d'une chose, sa connaissance de soi-même, de ses forces et de ses faiblesses et de la manière d'en tirer parti au mieux. Après tout le pire adversaire que l'on pouvait affronter en toute circonstances n'était autre que soi-même…

« Si vous le désirez et si un jour vous m'honorez de votre compagnie dans les terres de mon duché, je vous offrirais mes services de guide à mon tour. En espérant bien entendu que vous apprécierez votre séjour là-bas autant que je vais probablement apprécier le mien dans votre archipel. » Sarrasi ne manquait pas de beauté après tout, même si son décor montagneux était sans aucun doute à milles lieux de celui d'un duché consistant surtout en un énorme archipel… Enfin, dans tous les cas les deux territoires ne manquaient guère d'intérêts en effets.

Dans tous les cas elle ne manqua pas de réfléchir sinon à la proposition de sa collègue de changer d'accoutrement pour faire moins tâche dans le décor. Hum, en effet pensa Osami, de toute manière ce n'était pas comme si des vêtements d'un style esperanzien ne seraient points pratiques à porter, de plus il était sûr que ça lui irait bien sans doute... Elle se contenta donc de répondre avec cordialité à la vampiresse.

« Je vais suivre vos conseils dans ce cas et prendre d'autres vêtements, en espérant bien entendu que vous en ayez à ma taille Spaventosa-san, au pire je peux toujours m'arranger pour être un peu moins grande... » Les arcanes de la magie transformiste disons, à se demander presque ce qu'il n'était pas possible de faire comme changement corporel grâce à cette magie ô combien fort pratique .

Elle se contenta du coup d'aller s'occuper de cela et de voir ce qui était à sa disposition du côté vestimentaire pour prendre quelque chose qui lui irait bien et ne serait pas trop criant, disons qu'Osami n'aimait pas s'habiller de manière provocatrice notamment, ce tout en ajoutant à l'égard de la vampiresse.

« Dans tous les cas le programme que vous me présentez me va parfaitement Spaventosa-san, Dîtes-moi d'ailleurs, comptez-vous pour votre part participer à la lutta ? Pas que je tiens spécialement à vous affronter, quoique ça pourrait être intéressant, mais je suppose que vous feriez un adversaire respectable dans un tel domaine. »
Par contre, elle se doutait qu'elle ne devait pas vouloir participer au concours de craché de pépin, et elle-même allait s'abstenir disons. Car certes elle était ouverte, mais il fallait quand même conserver un minimum de classe et dignité tout de même...
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Ven 2 Mar - 16:21
Les lèvres de la duchesse s’étirèrent en un sourire un peu cynique. Osami semblait une jeune femme pleine de vie et d’humour. Son exact contraire… S’entendraient-elles bien ensemble ? Qu’importe !  Valerya n’était pas du genre à se faire des amis, surtout parmi ses pairs. Les Duchés étaient basés sur un système d’ interdépendance et de concurrence qui compliquaient les rapports humains. De plus les duchéens étaient souvent des individualistes, les matamores pouvaient aussi bien être de braves capitaines que filous occasionnels. La capitaine n’avait confiance en personne et se méfiait des démonstrations d’amitié qui se terminaient avec une dague dans le dos. N’était-ce pas ce qui était arrivé au dernier duc de Sarrasi ?

«  Il vaudrait peut-être mieux que vous rapetissiez. Même avec des vêtements normaux vous aurez l’air d’un phare dans la nuit.» C’était une tournure joliment trouvé ; la dernière fois elle avait traité Orug d’épouvantail avec son nouveau pourpoint jaune et rouge à crevés.

« Je ne participerai pas à la La Lotta. Je n’ai jamais été très douée à ce sport, je préfère l’escrime. Et puis si je participais, je ne serais pas en mesure de remettre la coupe au vainqueur ou de régler les problèmes d’arbitrage. »
déclara t-elle, consciente de révéler une de ses faiblesses. « Je ne suis pas inscrite à la régate non plus, à force de gagner je n’aurais plus de concurrents. » s’amusa t-elle à déclarer, dénigrant ses commodores qui n’étaient pas des marins d’eau douce. Et puis à gagner année après année, la compétition devenait ennuyeuse.  

« Bon, puisque le programme est décidé, pas question de lambiner. Je vous apporte vos frin… Vos vêtements tout de suite, puis nous sortons.»


Avec un parfait demi-tour gauche qui aurait fait la joie d’un gradé Eïlynsterien, Valerya sortit pour revenir rapidement les mains chargées de frusques. La robe était simple mais le bleu profond tranchait avec les couleurs que les femmes de l’île arboraient. L’indigo était une teinture rare, réservée aux riches. Une tenue plus masculine, assez semblable à celle qu’elle portait mais moins sinistre, était tout à fait taillée pour les activités physiques.

« Je vous laisse vous changer. Je vous attends à l’extérieur. »
Valerya laissa le temps à Osami d’arranger sa tenue. Elle n’avait pas envie d’assister aux essayages ou à sa transformation. Elle informa Orug des changements de plan dans le dispositif de sécurité, ce dernier eut la bonne idée de ne pas geindre et de partir en éclaireur vers les chantiers navals afin de pallier à toute menace éventuelle.

Valerya retourna auprès de la porte de son hôte puis elle attendit la duchesse de Sarrasi en s’appuyant le dos au mur, une jambe pliée, appuyant sa semelle contre la pierre épaisse des parois du fort. Valerya n’avait jamais bénéficié de cours de maintien, du moins dans ses souvenirs. Et elle n’avait pas vraiment envie de maîtriser l’étiquette de la parfaite femme de cour en prenant des pauses maniérées. Elle aurait l’air ridicule aux yeux de ses concitoyens.

Valerya dirigeait la marche discrètement en descendant du fort, restant au coude à coude avec Osami. Elle ne savait pas vraiment quoi dire… Qu’est-ce qui intéresserait une mercenaire qui vivait dans les montagnes ? Valerya avait l’impression que les deux duchés étaient aux antipodes l’un de l’autre, même si elles avaient la même nationalité aux yeux des étrangers.

« Je pense que vos habits vous conviendront. Ici il ne fait pas vraiment froid en hiver. C’est à cause de la mer : il gèle très rarement. Par contre nous avons de bonnes tempêtes hivernales. La pluie, le vent et les vagues font monter la mer. Certaines peuvent êtres submergées. C’est pour ça que les habitations ont été construite en hauteur par ici, et face à la mer pour voir rentrer les bateaux. Les femmes et les gosses restent à terre, les hommes sont sur l’eau. Mais on attend leur retour avec impatience à la maison.» Parler de la pluie et du beau temps lui semblait totalement incongru. Certes, elle ajoutait quelques explications urbanistiques mais ce n’était franchement pas sa tasse de thé. Le mieux était de laisser parler Osami qui semblait plus douée avec les mots que la duchesse pirate. « Et chez vous, je suppose que c’est radicalement différent, non ? » La question était un peu brutale, mais elle avait le mérite d'être sincère.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Sam 3 Mar - 20:50
Osami se contenta de sourire avec amusement quand sa collègue lui dit que même avec des vêtements normaux, elle aurait l'air d'un phare dans la nuit au vu de sa taille si elle ne se rapetissait pas un peu. Soit, elle ferait donc ainsi conclut-elle, ça ne lui coûterait pas grand-chose après tout, cela et puis en effet il ne valait mieux pas trop se faire remarquer par sa grande taille en un tel lieu. Même si évidemment sa taille n'était généralement pas pour rien dans le côté intimidant que pouvait avoir la kitsune, même si heureusement elle était tout à fait capable de s'adapter et de faire autrement. Et sinon, elle ne sembla pas spécialement déçue que la vampiresse ne veuille pas participer à la lutta. C'était son choix après tout et il est vrai que ça n'aiderait pas en plus à départager de manière objective le vainqueur…

« Vous devriez penser à inventer d'autres sports dans ce cas si ceux actuels commencent à vous ennuyer. Au pire le jour où vous viendrez par chez moi, n'hésitez pas à participer aux nôtres de sports, ils sont disons assez montagnards dans l'esprit. » Elle ne manqua pas d'ailleurs d'ajouter avec humour. « Même si évidemment dans un tel cas je serais à mon tour obligée de vous dire de faire preuve de prudence car il suffirait juste que vous glissiez pendant de telles pratiques et on me soupçonnerait d'avoir voulu tenter de vous tuer en faisant passer cela pour un accident. » Les montagnes étaient dangereuses après tout, même si évidemment c'était d'une certaine manière cela qui contribuait aux côté exaltant de tels sports…

Enfin bon, sur ce elles allèrent donc s'occuper de l'accroutement de la kitsune et il le fallait le dire… le choix qui lui était offert n'était pas immense, mais il était plutôt à son goût disons. Même s'il fallait l'avouer, la préférence d'Osami alla rapidement à la robe

La kitsune ne mit donc guère longtemps à se vêtir après avoir fait son choix et dans les faits cela ne lui demanda qu'un effort magique assez léger pour être à la taille de la robe. Elle put ainsi rapidement rejoindre la duchesse pirate qui l'attendait à l'extérieur et semblait assez nonchalante pour sa part. Et il fallait le dire sinon, que la robe allait plutôt bien à la kitsune qui néanmoins ne s'amusait pas spécialement à jouer de cela de manière provocatrice. Sans doute qu'elle n'était pas vraiment femme à vouloir spécialement mettre en avant ses atouts physiques…

Enfin, dans tous les cas elles ne tardèrent pas à sortir du fort peu après alors que les deux duchesses marchaient au coude à coude tout en se rendant au chantier naval de la cité et que dame Spaventosa fit un effort disons… Méritoire pour entretenir la conversation, du moins c'est ce que pensa Osami en devinant que faire la causette ne devait pas être dans les habitudes de la pirate… Du coup cette dernière ne manqua pas de répondre tout d'abord à la pirate.

« L'environnement montagnard n'est pas des plus hospitaliers je vous avouerai, mais en dehors de quelques séismes par-ci par là nous n'avons pas grand-chose à craindre au niveau des climats les plus extrêmes. Le principal danger auquel les miens font face est plutôt le fait qu'il suffit des fois d'un peu de maladresse pour chuter dans un ravin et mourir lorsque l'on ne fait pas attention, ce qui fait souvent que les Sarrasiens sont des gens assez prudents et agiles ou du moins habiles quand ils s'agit de se déplacer rapidement sans trébucher. Sauf les nains évidemment, eux préfèrent rester enfermés dans leurs forts et leurs mines comme toujours. » Souligna t-elle donc avec un certainement amusement...

Puis ensuite elle décida disons d'aborder un sujet qui conviendrait probablement plus à sa future partenaire commerciale…

« Dîtes moi, l'on m'a beaucoup parlé de votre grand talent en tant que navigatrice, mais d'où vous est venu cette passion pour la mer et les bateaux ? Je suppose après tout qu'une telle vocation ne se découvre pas en claquant des doigts, surtout quand on l'exploite comme vous pour faire de son duché un rival honnête de celui de Vinche concernant le duché qui a la plus puissante flotte. Cela et... » Elle sembla réfléchir et ajouta avec cordialité sur ce. « Je serais heureuse bien entendu de fournir votre duché en bois Spaventosa-san, mais il me faudra savoir quels sont les bois dont vous avez le plus besoin et en quelle quantité si vous désirez que nous priorisons d'une certaine manière la production pour que vous ayez la quantité convenue. Il faudra d'ailleurs nous arranger pour que les marchandises de mon duché arrivent jusqu'à chez vous et donc peut-être que nous négocions ensemble avec les duchés côtiers, mais aussi que nous dissertions de la logistique à mettre en œuvre. » Ce qui aurait une certaine importance oui, car il faudrait bien que ce bois arrive jusqu'au duché d'Esperanza, Osami aurait l'air bien maligne après tout de vouloir faire payer un bois n'arrivant pas à destination.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Dim 4 Mar - 23:16
La main gauche sur la garde de sa rapière, l’autre sur le manche de son fouet, Valerya était parée à toute éventualité. Cependant aucune menace visible ne venait troubler la discussion entre duchesses. Parti en éclaireur, Orug et son équipage avaient fait déguerpir les esprits déjà échauffés par le Siroppo et les festivités à venir. En descendant vers le chantier naval elles ne croisèrent que des habitants vaquant à leurs occupations, les saluant d’un signe de tête ou en ôtant leur chapeau. Osami la questionna à propos de son rapport particulier avec les bateaux et de ses prouesses en tant que navigatrice. Valerya avait l’impression que c’était l’océan qui l’avait choisie et non l’inverse. Dans ce cas, peut-on parler de passion ou même d’amour ? C’était l’une des rares choses qu’elle sache bien faire. Elle décida de raconter la légende de la création d’Esperanza. Le récit était huilé à la perfection, répété par maintes générations qui ignoraient tout de la vérité : un naufrage et des pseudo-marins désespérés. Mieux valait une histoire d’aventuriers rebelles qui faisait rêver les enfants.

« Je n’ai pas plus décidé de devenir capitaine que d’être duchesse. Nous étions des survivants du conflit entre les deux empires, nous avons accosté ici pour nous réapprovisionner en eau. Nous sommes finalement restés un hiver, le temps de nettoyer le navire et de se mettre à l’abri des tempêtes. Une saison s’est transformée en une année, parce qu’après chaque expédition nous retournions à notre camp de fortune. La vie était difficile ; nous pêchions et cultivions quelques arpents de terre mais cela ne suffisait pas à la colonie. Nous n’avions pas d’argent, alors il fallait prendre ce dont nous avions besoin pour vivre. C’est à ce moment que j’ai appris à naviguer. Les siècles ont fait le reste.»


Valerya légitimait le plus simplement du monde la piraterie. L’ide de voler un marchand quitte à ce que le pauvre hère soit déclaré en banqueroute puis suriné par les porte-glaives de ses bailleurs de fond ne l’émouvait pas le moins du monde. Ça faisait partie des risques en mer, comme le scorbut, les blessures ou les ouragans, rien de plus. Valerya guida Osami dans une rue parallèle au port où s’alignaient les débit de boissons. L’endroit empestait déjà l’alcool, l’urine et le vomi alors qu’on avait lavé le sol à grands seaux d’eau la veille. Ça y est, la duchesse de Sarrasi était dans l’ambiance Esperanzienne. Valerya nota mentalement qu’il faudrait qu’elle aille engueuler les propriétaires des tripots quand elle aurait quelques minutes de libres mais poursuivit son récit comme si de rien n’était afin qu’Osami se concentre plus sur ses paroles que sur les effluves.

« Ensuite le temps a passé, certains ont eu des enfants, des colons et des aventuriers nous ont rejoints. Au fil des siècles Esperanza a grandi. Pour les habitants du duché j’ai toujours été une sorte de personnalité immuable, je suis la seule rescapée des fondateurs. Je n’irai pas dire que je suis une référence mais les Esperanziens m’ont toujours considérée comme une vieille dame empreinte de sagesse. J’ai pas mal d’expérience mais de là à dire que je suis un puis de science...»
La duchesse eut un sourire cynique. « J’ai dû déclarer notre indépendance avant qu’un voisin décide de nous annexer que ce soit par force ou par des manœuvres politiques. Évidemment cela ne s’est pas passé sans heurts, mais notre puissance navale était un atout contre Teïder, cela a aplani les difficultés. »

Valerya tourna à angle droit et l’air marin balaya les relents nauséabonds. Elles étaient parvenues jusqu’au chantier naval. Là une dizaine de grands bassins artificiels rectangulaires se remplissaient et se vidaient selon la marée, permettant aux bateaux solidement amarrés ou hâlés afin d’être réparés. D’autres bâtiments de toutes les tailles et de tous les styles étaient échoués. Certains étaient penchés et demeuraient dans cet équilibre précaire grâce à de solides cordes. D’autres ceinturés par un mur de poutres  étaient maintenus droits sur le sable. Autour des bâtiments immobiles s’affairaient tout une armée d’ouvriers. Il y avait des marins hâlés par le soleil, de vieux briscards aux doigts noueux et au corps couverts de cicatrices, mais aussi des professionnels comme des cordiers, des ferronniers et des charpentiers. Les hommes beuglaient tandis que les bruits aigus des scies irritaient les tympans au rythme des marteaux s’abattant sur le bois qui faisait résonner leur tintamarre.
Valerya sourit ; elle était assez fière de ce chantier. C’était l’un des plus grands voire le plus gros des duchés. Elle laissa à Osami le temps de prendre l’ampleur de la zone portuaire et de la quantité de bois dont le duché d’Esperanza pouvait avoir besoin.

« Puisque vous en parliez, nous avons besoin de bois, comme vous pouvez le voir. Mais pas n’importe lequel. Nous utilisons plusieurs essences différentes selon les modèles. »
Elle s’approcha d’un navire solitaire dont la coque penchée enduite de goudron finissait de sécher au soleil.

« Il y a typiquement deux types de bâtiments : ceux avec une armature en chêne, l’autre en pin. La première peut durer quarante ans, l’autre jusqu’à quinze ans sans enchantement bien entendu. Les mâts sont généralement en pin, sapin ou épicéa. Le bois doit affronter le vent et soutenir les voiles sans craquer et les résineux se prêtent bien à cet exercice. Sur le chantier nous économisons tout ce qui peut l’être ; un bateau trop vieux sera découpé et ce qui peut être utilisé à nouveau sera remonté sur un autre navire. Nous ne pouvons pas nous passer d’une centaine de planches. D’autant que la production augmente d’année en année et que je vais devoir exiger la construction d’une nouvelle cale sèche d’ici un an ou deux. »


Valerya se tourna vers le bateau pour le considérer d’un œil expert. Mais en arrière plan la baie constellée d’une myriade d’embarcations attirait son regard. Si du jour au lendemain les importations  de Sarrasi devaient cesser, elle aurait de gros ennuis. Le temps de trouver un nouveau partenaire la production serait interrompue et cela risquait fort de beaucoup déplaire aux turbulents Esperanziens.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Lun 5 Mar - 22:21
Fichtre, ce n'est pas du cidre que devaient boire ces hommes pour ainsi avoir vider le contenu de leur estomac au sol, même s'il était probable qu'ils devaient vider un nombre impressionnant de bouteilles d'alcool pour parvenir à un tel résultat. Ah douce terre des duchés… Tu était tel un vin, pouvant aussi bien être aigre, qu'agréable par sa saveur. Le paradis véritable des mercenaires, mais aussi des escrocs, des hommes peu recommandables et presque tout ce qui pouvait être faux en ce vaste monde… L'avantage au moins pour des hommes buvant autant, c'est qu'ils ne ressentiraient pas trop le froid nocturne quand les températures commenceront à tomber. Même si cela ne l'étonnerait pas qu'ils finissent par commencer à danser sous le coup de l’ivresse, ce qui était bien un spectacle qu'elle allait s'épargner si possible, après tout il y avait une limite au ridicule qu'elle pouvait contempler.

Elle se disait d'ailleurs en pensant à cela qu'elle ne serait guère contre de boire un vin issu des dernières vendanges de son duché, mais aussi de manger un type de viande plus raffiné que l'habituel jambon de porc des montagnes ou steak de boeuf. Il faudrait en tout cas qu'elle voit quels produits alimentaires elle pourrait retirer de l'accord futur avec sa collègue avant de signer celui-ci de sa plus belle plume. Une possibilité intéressante serait d'ailleurs de voir à l'avenir comment graduellement augmenter les bénéfices que Sarrasi retirerait de cet accord, mais cela viendrait avec le temps dans tous les cas.

Le même temps qui avait permit au duché d'Esperanza de s'élever là où il n y avait que galets et tortues dans cet archipel, telle la graine devenue arbrisseau, puis ensuite splendide chêne. Une naissance qui avait néanmoins nécessitée que la duchesse vampirique sache être prudente comme un hérisson devant un prédateur ou bien comme la poule couvant ses œufs, après tout comme l'avait précisé cette dernière, le duché aurait très bien pu disparaître avant de devenir ce qu'il était aujourd'hui. Dans tous les cas, heureusement pour ce duché que leur dirigeant n'avait rien d'une biche sans défense, sinon il n'existerait même pas. Par contre oui, du coup on n'était pas dans un duché de gens faisant de la poésie du type «  Prends cette rose aimable comme toi, qui sers de roses aux roses les plus belles » ou « Une hirondelle refait mon printemps, quand je te vois. » ou encore « Un mot aimable est comme un jour de printemps ». Osami imagineait plutôt que quiconque s'amuserait à un tel lyrisme serait la risée de tous ces pirates un peu rustres…

« Un homme a dit un jour que les meilleurs savoirs sont ceux que nous transmettent les survivants. Je suppose que votre installation dans l'archipel est un bon exemple de cette maxime. Vous avez vécu des temps difficiles, mais vous êtes arrivés vous et les vôtres à survivre malgré tout et en êtes ressortit plus forts et expérimentés, contrairement à ceux qui jamais de leur vie ne connaissent de telles difficultés. » Se contenta sinon de dire Osami par rapport au récit que lui avait conté la duchesse, en effet on était loin de pirates qui passaient leurs temps à se prélasser sur le sable chaud des plages d'Esperanzia en attendant que tout s'arrange en contemplant simplement les nuages. Au contraire ils n'avaient pas fait du surplace comme un cavalier faisant piaffer son cheval, ils étaient aller de l'avant coûte que coûte pour bâtir le duché pirate tel qu'il était aujourd'hui. Ce qui en soit, méritait une certaine admiration évidemment, pour sa part en tout cas, Osami y était assez sensible.

« Il est vrai en tout cas que Teïder est un voisin qui sait être contrariant et insistant, à croire que c'est devenu une tradition au cours du millénaire d'avoir de temps en temps une invasion Teïderienne à gérer. C'est à se demander presque comment ils arrivent à renouveller aussi aisément leurs effectifs. L'ironie pour moi étant que je suis une de leurs voisines direct, heureusement les montagnes sont des reliefs difficiles à attaquer pour une armée. » Ce qui expliquait sans doute pourquoi le duché s'en était bien sortit au cours des siècles. Les Teïderiens ayant tendance à contourner la montagne ou ne pas trop concentrer leur troupe dessus pour éviter de perdre trop d'hommes, c'était bien le minimum après tout pour espérer envahir les Duchés du Sud.

Enfin, dans tous les cas ils finirent par arriver au chantier naval où était produit l'une des fierté d'Esperanzia, ses bâteaux. Là où d'autres Duchés pouvaient se vanter de leurs greniers remplis à ras bord de bien alimentaires à vendre que ce soit de vulgaires taraxacum ou des truffes hors de prix, celui de la vampiresse construisait de magnifiques gallions. Le genre de marchandise qui malheureusement ne serait d'aucune utilité à un duché montagnard comme celui d'Osami qui aurait plus besoin de semis de blé en quantité, mais ça en faisait au moins un bon duché client pour les mines de Sarrasi et ce n'était pas plus mal…

Et dans les faits, le spectacle des bâteaux de qualités qui étaient amarrés et en cours de réparation dans le chantier naval était assez appréciable pour Osami. Ce n'était visiblement pas des erzats de navires digne de ce nom qui étaient produits ici et était assez agréable à voir. Il ne faisait aucun doute en tout cas que la production des bâteaux ici était optimisée au même point que celles des arbres fruitiers auxquels on faisait subir un processus d'arcure. La nuance étant que contrairement aux fruits produits suite à la floraison des arbres, ici c'était des engins de guerres ou de pillage qui étaient produits. Nul doute en tout cas, du moins pensa Osami avec le sourire. Qu'ils auraient besoins de bois pour maintenir une telle production à flot…

Dans tous les cas elle nota dans sa tête, le coeur léger comme l'envol d'une hirondelle, les essences de bois dont aurait besoin ce chantier naval pour produire ses sublimes embarcations. Elle imaginait déjà les coffres de son duché se remplir et ce aussi aisément que l'herbe poussait dans les plaines en contrebas de ses montagnes chéries. Oui, ça allait décidément être une excellente affaire. Pour la peine elle aurait sourit à un barde qui aurait exagéré un récit épique en sortant des vers comme "De plus haut, les méchants recevront leur juste châtiment" ou "Je préfère l'hiver, je n'ai jamais réfléchi au printemps." , plutôt que de doucement rire de lui...

« Je suppose qu'il faudra aussi du métal pour vos bateaux, ainsi que pour vos boulets de canons notamment ? Sans parler des balles de vos armes à feu ou des munitions de vos armes de traits. C'est là aussi une production que mon duché vous vend je crois et il serait bon évidemment de s'assurer que les exportations à ce sujet se poursuivent, la question étant par contre... Quelle quantité de métal devront nous vous vendre brut et quelle quantité en produits finalisés devrons nous exporter, nous sommes aussi un duché d'artisans et forgerons après tout. » Ne manqua t'elle pas d'ailleurs de finir par souligner en bonne femme d'affaire ce avant d'ajouter pensive en s'approchant elle aussi d'un bâteau pour le contempler de plus près.

« Pour ma part je serais intéressée par votre production fruitière et vos fruits de mers, une fois traités pour être aisément conservés évidemment. Vous savez après tout que mon duché a le problème de ne pas avoir beaucoup de terres arables, notre population si elle passait son temps à faire le nécessaire pour produire de quoi se sustenter, n'aurait pas le temps de faire autre chose, comme miner, artiser, forger ou même guerroyer. Ce qui serait dommage vous en conviendrez, j'imagine en tout cas déjà certains de vos magnifiques navires remplis à rapports de ces biens destinés aux sarrasiens. » Elle sourit doucement et conclut sur ce avec amusement.

« Sinon en vérifiant les comptes de mon prédécesseur, je n'avais pas manqué de remarquer un détail amusant, vous êtes l'un des duchés qui nous achète le moins de monstres dressés ou de montures volantes au mien, je suppose que je ne dois pas m'en étonner ? Après tout avec de tels navires, vous n'avez pas forcément besoins de pégases pour aller aisément d'îles en îles. » Cela elle dit avec un mélange d'humour, compliment et constat, en tout cas elle ne cachait pas être impressionné par ce chantier naval, même s'il était probable que flattée ou non, sa collègue ne soit pas du genre à montrer qu'elle était affectée par une telle marque de considération de sa part.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Jeu 8 Mar - 21:33
Outre la folle quantité de bois dont Esperanza avait besoin pour ses navires, les coques nécessitaient des rivets par milliers. Ce détail n’avait pas échappé à la duchesse qui s’était soudain transformée en représentante commerciale soucieuse d’établir un monopole concernant toutes les matières premières, les armes, les objets transformés et la pierre. Nul doute qu’elle serait aussi prête à curer les vieilles mines épuisées pour recueillir du salpêtre s’il lui en venait l’idée. Bref, il était évident qu’elle cherchait à obtenir le monopole sur toutes les importations de l’île. Valerya n’était pas dupe : c’était de bonne guerre, puisque Osami voyait qu’elle pouvait rafler la mise. Cette situation mettait Valerya mal à l’aise : elle détestait l’idée d’être dépendante d’un autre duché même si ce dernier multipliait les actions d’amitié.

« Pour ce qui est des importations de fer et de produits manufacturés, je pense que nous pouvons nous baser sur les chiffres actuels. Dans l’immédiat nos besoins en métaux ou d’armes ne devraient pas augmenter. Et puis pour être honnête si j'augmente mes commandes de bois je n’aurai peut-être pas assez de liquidités pour invertir dans plusieurs domaines d’un seul coup. »
dit-elle pour expliquer son choix puisqu’elle était sûre que la douloureuse présentée par la duchesse de Sarrasi creuserait les caisses d’Esperanza.

Puis Osami déclara échanger son bois contre de la morue salée ou tout autre poisson comestible. « Si visiter un village typique vous intéresse, nous pouvons emprunter une barquavela et traverser le  bras de mer. C’est à une demie-heure de voile environ. L’ambiance est plus calme et vous pourrez visiter une pêcherie et quelques fermes. Nous produisons aussi des épices ainsi que des herbes aromatiques et médicinales. Une infusion de thym et de citron soigne les rhumes hivernaux, et mes marins s’enduisent un cataplasme d’origan sur leurs balafres pour contrer les infections. Les Esperanziens se soignent avec de la nourriture.» L’immortelle n’avait bien évidemment jamais testé la recette contre les refroidissements; et si elle l’avait fait de son vivant l’altération de sa mémoire lors de sa transformation avait condamné ce souvenir à l’oubli. Peut-être que quelques rares horticulteurs seraient intéressés par ces plantes et fruits plutôt exotiques dans ces montagnes ? Des mages de Terre ? Valerya était même prête à discuter une augmentation la production si cela pouvait faire baisser la facture de l’importation du bois. « Vous pourrez même goûter quelques spécialités. Les vergers commencent à verdir mais il doit rester un peu de la production de l’été et de l’automne de l’an dernier. Nous faisons sécher nos fruits au soleil afin de pouvoir les emporter par bateau : ils résistent plus longtemps au pourrissement et ils prennent moins de place dans le barda des marins. Ça plairait peut-être à vos mineurs, j'imagine qu'au fond d'une mine la conservation des fruits doit être difficile.»

Valerya eut un sourire ironique lorsque Osami se plaignit des faibles commandes concernant les créatures sauvages ou d’élevage. « J’ai assez affaire avec mes Espéranziens de tout poil pour m’occuper en plus d’animaux plus ou moins sauvages. » dit-elle pince-sans-rire, faisant référence au tempérament bouillonnant de ses administrés. « Ici les routes sont rares et le fourrage presque inexistant. Je pense que vous devez avoir le même problème par chez vous… En conclusion nous avons assez peu de chevaux ou de bœufs ; quelques ovins et caprins tout au plus. Il y a sûrement des bêtes féroces sur l’île du Montréhaukipu, mais les rapports des explorateurs m’ont semblé très vagues. Pour ce qui est des monstres la hantise de nos marins est le léviathan mais tout un tas de créatures étranges rôdent dans les abysses. Et puis si l’on maîtrise assez bien les vents, il est très facile de se déplacer rapidement sur un petit esquif, c’est moins cher à l’achat et d'un entretien moins coûteux qu’un griffon. Et surtout moins effrayant pour les voisins ! » Elle imaginait déjà la terreur des habitants si elle hébergeait un énorme drake sur une des tours du fort.

« Je vous laisse décider de ce que nous faisons ensuite. Nous pouvons flâner au chantier naval, boire un coup dans un tripot, rentrer au fort ou visiter une ferme. C'est comme vous voulez, je n'ai pas de préférence.» Elle avait assez de respect pour la duchesse de Sarrasi pour la laisser décider selon ses désirs. D'autres hôtes auraient accumulé les visites et réceptions dans des palais parmi de riches négociants. Valerya avait une stratégie toute autre: comme ses concitoyens, elle avait une personnalité entière, sans faux-fuyant. Esperanza avait  des atouts mais aussi des faiblesses et La Duchessa Sanguinaria ne tentait pas d'enfumer son hôte avec des courbettes, mensonges et poudre aux yeux. D'ailleurs pourquoi le faire puisqu'un espion pouvait facilement renseigner Osami à ce sujet? A chaque question posée Valerya avait une réponse plus ou moins franche, mais elle ne tentait pas de noyer le poisson par des jeux subtils se sémantique ou de séduction.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Ven 9 Mar - 23:12
Osami se contenta de sourire sans paraître contrariée par la réponse de sa collègue qui vint lui dire qu'elle n'allait pas augmenter les autres importations pour éviter de trop creuser les caisses de son duché, soit. Après tout ça pouvait se comprendre, car certes les Duchés du Sud ne manquaient pas ou rarement d'argents, mais des investissements massifs pouvaient quand même miner les caisses d'un duché pendant un temps, il valait donc mieux se montrer prudent. Surtout que bon, Osami doutait que la vampiresse veuille s'endetter auprès d'une banque d'un autre duché ou bien d'une autre nation pour ses propres dépenses, c'était là une stratégie qui n'était pas forcément des plus profitables sur le long terme après tout, même si elle pouvait l'être à court terme.

Pour sa part la kitsune en tout cas se passerait bien de devoir s'endetter auprès de qui que ce soit, surtout qu'au vu de la manière dont elle était arrivée au pouvoir, elle n'était pas forcément des plus populaires au sein de la grande famille divisée qu'était celle des comtes et ducs des Duchés du Sud. Quoique, ce n'était pas non plus comme si elle avait eut l'arrogance en plus de cela d'être une descendante du légendaire Ilfrido, sinon on aurait clairement cru qu'elle était dans une optique de conquérir des territoires et ça n'aurait pas été pour l'arranger vu que son duché venait d'être pleinement sécurisé depuis seulement quelques mois de cela. Maintenant, restait à voir si ça allait durer, mais surtout ce qu'elle arriverait à faire aussi bien pour le bien de Sarrasi que son propre bien ou celui de ses amis…

Osami hocha sinon doucement de la tête aux propositions de sa collègue de profiter de spécialités locales et de faire quelques visites dans certains lieux de productions ou villages atypiques si elle le désirait. En effet ce ne serait pas une mauvaise idée pensa t-elle, même si évidemment elle n'avait pas forcément besoin de cela pour deviner la qualité des produits venant du duché pirate. Après tout ce serait contre productif pour la duchesse de celui-ci de vendre des produits de qualité discutable… Cela et puis la kitsune ne demandait pas non plus à acheter en énorme quantité des biens alimentaires de luxes, ce serait après tout en grande partie de la nourriture à destination des mineurs et de la frange moyenne ou pauvre de la population. Car il fallait s'en douter, la frange riche de la population sarasienne n'avait pas vraiment besoin jusqu'à preuve du contraire que la duchesse aille leur chercher de quoi se sustenter. Surtout que ce n'était pas dans l'esprit du duché montagnard que ses habitants doivent déprendre véritablement de qui que ce soit, disons que leur souveraine leur faciliterait donc plus les choses pour qu'ils puissent concentrer leur temps et énergie à d'autres occupations que le faire réellement à leur place…

Dans tous les cas, elle nota que son petit trait d'humour sur le fait qu'Esperanzia ne lui achetait pas beaucoup de monstres avait visiblement été remarquée, comme en témoignait aussi bien le sourire ironique de la vampiresse que la réponse de cette dernière qui faisait preuve d'un sens de l'humour certes difficilement apparent, mais bien existant.

« Heureusement que les mercenaires rôdent en nombre dans les duchés à défaut de ne pas poser de problèmes, ont contribué au faible nombre de monstres rôdant en nos terres. » Ne manqua t-elle pas pour sa part de souligner ironique. C'était bien la spécificité des duchés après tout, ici la plupart des problèmes n'avaient pas une origine monstrueuse ou autre, mais surtout humaine ou pécuniaire. Voilà toute la noblesse et la grandeur de la civilisation sans doute, remplacer les problèmes naturels par ceux culturels… Dans tous les cas elle ne manqua pas de reprendre sinon avec amusement.

« Je suppose que dans tous les cas, archipel, montagne, plaine, quel que soit le relief du duché que l'on dirige en tant que duc, la tâche de dirigeante n'est jamais un long fleuve tranquille. C'est fou par exemple de se dire à quel point les autres bourgeois ou les sujets plus modestes peuvent se montrer imaginatifs pour nous occuper d'une manière ou d'une autre. C'est à se demander d'ailleurs comment font les empereurs d'Ikhyld et d'Akkaton pour arriver à gérer leur vaste empire, quoique je suppose que leur population est plus docile par nature. Nous vivons après tout en une terre à la fois riche et très vivante ou l'on ne s'ennuie jamais à défaut de pouvoir y écouler aisément des jours paisibles et je ne sacrifierai cela pour rien au monde. » Après tout les péripéties comme tout le monde le savait avait la capacité innée de rendre votre vie infiniment plus intéressante et quelle terre pour trouver ces dernières que les Duchés du Sud après tout ?

« Allons boire un coup dans un tripot, j'ai disons envie de profiter un peu de l'ambiance d'un tel établissement au sein de votre duché, quand j'y pense, une vampire comme vous est-elle capable de boire de l'alcool ? Du moins si elle le mélange avec du sang ? » Sans doute si elle le mélangeait, mais il est vrai qu'elle avait entendu dire que les vampires ne pouvaient pas boire d'alcool, car comme pour toute nourriture, ils trouvaient le goût répugnant. Dans tous les cas elle ne manqua pas de conclure avec amusement ensuite en laissant la vampire la mener à bon port. « Ne vous inquiétez pas sinon, je sais tenir l'alcool. »
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Mer 14 Mar - 1:05
Valerya fixa un instant Osami d’une façon extrêmement froide et distante. On aurait pu croire que la pirate se rembrunissait puisque la montagnarde déclinait son invitation à caboter vers une autre île ou lui posait une question qui aurait pu être indélicate pour d’autres vampires que Valerya. Rien n’était plus faux : peu lui échaudait en vérité. Non, la duchesse pirate passait mentalement en revue toutes les gargotes de sa connaissance en essayant de sélectionner la moins pire, sans que l’établissement soit truffé de riches négociants. Osami n’avait pas l’air de vouloir prendre un pot dans une auberge cossue blindée de rupins.

« Mouais… Allons au Mousse Braillard, il y a toujours de l’ambiance. » décida finalement Valerya. « C’est sur le port, en route vous allez voir quelques bâtiments. » Elle préférait passer par ce chemin plutôt que de retourner dans la ruelle puante. Et puis Osami ne devait pas souvent voir autant de bateaux, autant en profiter pour lui montrer un échantillon de ce qui circulait sur mer. « Je ne me saoule jamais en public. Je préfère avoir l’esprit clair quand ceux des autres s’échauffent. » expliqua t-elle à son hôte. Valerya n’avait rien contre une bonne picole de temps en temps, mais elle ne le faisait jamais publiquement. Un verre de sang mêlé à l’alcool, pas plus. Elle devait garder une certaine image autoritaire afin de conserver sa réputation de duchesse implacable mais aussi pour ne pas s’exposer à un incident durant un instant de faiblesse.

Les coques esseulées échouées sur la grève laissèrent peu à peu place à des bâtiments en meilleur état. Valerya montra quelques bateaux typiques à quai en expliquant leurs caractéristiques uniques : une jonque commerciale ikhyldienne dont les voiles en forme d’éventail maintenues par des bambous pouvaient supporter les pires tempêtes, les petites Barquavelas typiques du duché d’Esperanza maniées par petits et grands, une nef teïderienne pansue qui semblait surannée face au célèbre Sanguinario, le vaisseau aux voiles noires de la duchesse, une antiquité akkatonienne qui a su traverser miraculeusement les siècles. Valerya ne cachait pas ses sentiments pour son navire ; elle parlait de lui comme elle l’aurait fait d’un vieil ami, un sourire presque tendre aux lèvres. Les liens qui unissaient le capitaine et son bateau étaient forts et indissolubles ; Il Sanguinario avait sensiblement le même âge que la vampire. Ensemble ils avaient traversé les tempêtes, connu le pire comme le meilleur. Elle connaissait la place de chaque rivet, l’origine du moindre craquement et sa façon de réagir sous le vent. Elle regardait le navire silencieusement comme l’aurait fait une mère attendrie par son enfant endormi. Elle s’arracha à regret de sa contemplation pour poursuivre sa promenade avec Osami.

Le Mousse Braillard était à une centaine de mètres du Sanguinario. C’était un bouge bas de plafond, la Kitsune aurait dû se pencher un peu si elle ne n’avait pas rétréci sa taille au préalable. La devanture était constituée de planches récupérées sur le chantier naval, de tailles et de couleurs de bois différents. La porte ne possédait pas de poignée, elle était bloquée par une cale. Quand il pleuvait il suffisait de la pousser pour qu’elle pivote sur ses gonds. Sans lumière extérieure, l’établissement tout en longueur était éclairé par des lampes à huile anti-tempête dont on se servait sur les bateaux. Des tonneaux vides sur lesquels avaient été fixés des panneaux ronds constituaient des tables de fortune. Les groupes consommaient leur vin de palme debout, quelques rares escabeaux trafiqués tenaient lieu de chaises. L’endroit était enfumé par la friture de poisson qu’une femme aux cheveux bruns et gras préparait pour les clients. Un Nain ventru régnait derrière son comptoir, tirant son Sciroppo maison d’un alambic en fer blanc. Il parlait fort et rigolait beaucoup.

Dès que la duchesse pénétra dans l’établissement les conversation se turent. On saluait Valerya d’un hochement de tête respectueux, les « Madame » alternaient avec les « Patronne ». Le Nain s’extirpa avec une dextérité étonnante de derrière son comptoir et les mena à ce qu’il devait considérer comme sa meilleure table : un vis-à-vis avec deux escabeaux un peu en retrait des autres tables, mais assez proche du comptoir pour bénéficier de l’animation. Les deux femmes avaient de l’intimité sans être isolées. Une fois installées, les conversations reprirent. Le Nain essuya quelques taches sur la table de son torchon grisâtre puis leur adressa la parole. « Orik Coup d’Gueule, pour vous servir. Le plat du jour ce s’ra une fricassée d’filets d’sardines, pour les boissons on a du Sciroppo  maison :  Acidulo, Cordiale et  Caloroso. J’ai du  Bollicine  pour les p’tites natures. » Cela entraîna une huée de protestation au comptoir où quatre gars sirotaient leur vin de palme. « Patronne, comme d’habitude ? » demanda prudemment le Nain. Valerya opina : un peu de sang coupé à du Caloroso ; elle aimait l’alcool fort. « Et toi, qu’est-ce que j’te sers ? » demanda t-il sans ménagement à Osami, dont il ignorait la réelle identité. Les lèvres de Valerya s'étirèrent en un sourire ironique: elle trouvait la situation marrante.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Sam 17 Mar - 22:28
Osami s'était contentée d'attendre calmement sans mot dire le temps que sa collègue réfléchisse, ce sans vraiment réagir à l'air visiblement froid avec lequel cette dernière la regarda. Elle supposait après tout que ça devait être normal de la part de la duchesse des mers, cela et puis… Elle se fiait difficilement aux apparences de toute manière en présence d'une collègue, donc ce n'est pas vraiment comme si elle y fit grandement attention. Par contre, elles se demanda dans quel genre d'endroit elle allait l'amener quand la vampire finit par nommer une taverne qui ne nommait « au Mousse Braillard », sans doute le genre d'endroit peupler de marins pensa t-elle. Bien, ce n'est pas comme si l'odeur de poisson allait la gêner de toute manière…

Elle se contenta dans tous les cas de suivre sagement la maîtresse des lieux quand celle-ci entreprit de la guider vers la taverne. Et… Cela n'étonna pas spécialement Osami sinon d'apprendre que sa collègue ne se saoulait jamais en public. Sage décision supposa t-elle, après tout on était rarement moins vulnérable quand on était ivre, bien au contraire. Elle même le savait fort bien, même si dans les faits personne n'avait envie de voir ce que donnait une Osami qui avait trop bu, car disons qu'elle avait des fois l'alcool colérique…

De toute manière, ce n'est pas comme si elle avait vraiment eut envie de faire boire sa collègue, quant à elle, il lui arrivait tout de même de boire de l'alcool assez souvent, mais en compagnie de ses fidèles surtout. Les mercenaires de la compagnie dont elle était toujours la générale notamment. C'était après tout par de petites attentions comme celle là qu'elle était arrivée à gagner la loyauté de ses soldats, il ne fallait après tout jamais sous estimer les facilités qu'offrait le fait de boire ensemble pour fraterniser avec quelqu'un…

Elle ne cacha pas en tout cas une certaine appréciation sinon en contemplant les navires que lui montra la duchesse en cours de route, notamment celui personnel de cette dernière qui avait tout l'air d'un navire Akkatonien ayant plusieurs siècles de cela. Elle n'aurait d'ailleurs jamais cru voir un tel modèle de son vivant vu que les Akkatoniens étaient passés depuis un certains temps aux modèles à vapeur métalliques… C'était donc plaisait d'avoir une telle chance et visiblement il semblerait que la vampiresse soit assez affectueuse à l'égard de son propre navire comme en témoignait la manière dont cette dernière le contempla longuement avant de retourner son attention à leur affaire respective...

Et d'ailleurs la taverne dans laquelle l'avait amenée la duchesse pirate était… Charmante à sa manière disons. Rien qui ne dégoûtait spécialement Osami, mais il est vrai que ce n'était pas non plus du plus grand raffinement. Soit, de toute manière ça lui allait parfaitement, après tout pendant toutes les années où elle avait été mercenaire, ce n'est pas comme si elle n'en avait pas fréquentée des bouges de toutes sortes et plus ou moins louches. Le seul critère sur lequel elle était sévère disons, c'est la salubrité de ces derniers, surtout celle des contenants dans lesquels on buvait les alcools…

Ainsi, elle ne fit pas sa difficile et alla s'asseoir à la table à laquelle le patron de l'établissement les mena, non sans une certaine grâce évidemment. Le surnom de ce dernier de ce dernier d'ailleurs ne manqua de faire esquisser un peu sourire Osami qui se dit que la raison pour laquelle on le nommait ainsi devait être fort explicite… D'ailleurs son sourire s'accentua quand le nain lui demande en tutoiement ce qu'il lui servait et elle ne manqua pas de lui répondre.

« Apportez moi vos sardines en fricassés et un ou deux alcools forts, cela m'étonnerai que ça surpasse les alcools fort des montagnes de Sarrasi, mais qui sait ? Je pourrais peut-être être agréablement surprise... » Cela elle le dit visiblement pour taquiner plus qu'autre chose, après tout autant s'amuser un peu n'est-ce pas ? Dans tous les cas elle ne manqua pas d'ajouter ensuite avec une pointe d'amusement à l'égard du nain. « Que faîtes vous ici d'ailleurs très cher ? Vous m'avez l'air bien loin de forteresses de votre peuple, je suppose que vous avez dû prendre goût à la surface ou au bon air salé des côtés. Quand j'y pense, auriez-vous par hasard des alcools plus… Nains en stock ? Sauf si vous les gardez pour vous, ce que je pourrais comprendre évidemment... » Après tout, ce peuple n'était-il pas connu pour son excellente bière aussi ? Pour sa part en tout cas, Osami n'était pas à son coup d'essai concernant le fait de boire un tel breuvage.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Lun 26 Mar - 21:51
Le nain siffla dans sa barbe lorsque l’inconnue accompagnant sa duchesse compara son breuvage à celui des montagnes, sensé être supérieur. Ça, c’était à voir, et Orik se sentit blessé et rabaissé. C’est qu’il y mettait du cœur à son alambic ! Il ne savait pas où était Sarrasi, il avait toujours été mauvais en géographie, mais cette fille qui le prenait de haut lui chauffait déjà la barbe et les oreilles. Si la duchesse était absente, il l’aurait mise dehors avec son pied au fesses en lui disant que si elle préférait l’alcool des neiges éternelles, elle n’aurait qu’à aller le trouver ailleurs. C’est qu’on ne plaisante pas avec les distillateurs de Sciroppo et la fierté naine par ici.

« D’abord je suis pas ton très cher et la seule personne que j’vouvoie c’est Madame, parce qu’elle tient la barre du duché. »
dit le nabot en faisant une courte révérence ridicule, pliant vaguement les genoux. « Sinon j’fais un alcool local de qualité et j’sers que ça. Pas d’machins étrangers chez moi ; j’suis Esperanzien de cœur et la bière des forteresses ça fait un bail qu’ça n’existe plus pour moi. Quant à ce que j’fabrique ici, ce sont mes oignons. » Valerya se racla la gorge en jetant un regard si froid au tavernier qu’il rentra le tête dans les épaules. « Oui… D’accord. J’suis parti à l’aventure, ça a tourné court. Voilà, comme ça tout le monde est au courant. Bon, j’vous apporte la commande. » Et il fila derrière le comptoir sans demander son reste.

« Il s’est retrouvé sur une île déserte parce qu’il a trop braillé sur son capitaine et qu'il y a eu du rififi avec l'équipage. C’est un personnage pittoresque. Il gueule souvent pour un rien, sûrement pour compenser sa...» Valerya mit la main à plat un peu au-dessus de la table. Apparemment la taille du nain était le nœud du problème. « Le Mousse Braillard était son surnom à bord avant de se faire débarquer. C’est vrai qu’il n’est pas beaucoup plus grand qu’un gamin.»

Cette fois ce fut la cuisinière qui vint apporter une assiette creuse remplie de filets de sardines à l’huile d’olive agrémentées d’herbes, de sel et de lanières de poivron rouge. Apparemment le nain devait bouder ou plus vraisemblablement rester dans son coin pour éviter de rembarrer la duchesse vampire dont avait dû entendre les paroles, ce qui pouvait des répercussions douloureuses. Le verre de sang coupé à du Caloroso fut déposé en premier devant Valerya. La rombière en mit trois autres de couleurs -transparent, jaune franc et rougeâtre- à côté de l’assiette d’Osami et s’éclipsa. « Caloroso,  Acidulo et Piccante. » Commenta sobrement Valerya en désignant chaque sorte d’alcool de l’index. Elle ne souhaita pas bon appétit à Osami ; d’une parce qu’elle avait oublié les bonnes manières lorsqu’elle était devenue vampire, deuxièmement parce qu’elle n’avait pas consommé de nourriture solide depuis près de cinq siècles. Et puis d’expérience souhaiter bon appétit à ses invités en fixant leur jugulaire avait tendance à couper leur faim.

« Vous ne devez pas manger du poisson tous les jours par chez vous. »
Encore une fois la duchesse faisait un effort pour faire la conversation dans un effort pathétique. Heureusement elle fut sauvée par les hommes au comptoir qui n’avaient pas digéré la réflexion d’Orik à propos des fillettes qui buvaient du vin de palme. Le ton monta et les Espéranziens qui buvaient tranquillement ensemble deux minutes auparavant s’empoignaient vigoureusement pour savoir lequel d’entre eux méritait le titre de femmelette. La première gifle fendit l’air et Osami put assister à une bagarre de taverne dans la plus pure tradition pirate. Les marins enchaînaient les bourre-pifs alors que le nain debout sur son comptoir braillait que le premier qui cassait le matériel devrait payer.
Valerya regardait le spectacle les jambes croisées, l’air flegmatique. Elle acquiesçait lorsque les participants accomplissaient un mouvement réfléchi même s’il n’était pas réussi. La force brute était une chose, mais un pirate devait souvent sa survie plus à sa cervelle qu’à ses poings.

« Je préfère qu’ils se défoulent entre eux plutôt qu’ils se retournent contre moi. Je suis parfois en mer et je n’aime pas avoir à reconquérir mon Fort que des mutins ont pris pendant mon absence. »
expliqua la duchesse tandis qu’un rude gaillard s’effondrait à leurs pieds.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Ven 30 Mar - 19:42
Osami manqua de ricaner, car visiblement sa taquinerie sortit sur un ton de second degré avait été prise au premier degré. Ah les nains pensa t-elle… Ils étaient facilement vexés pour un rien, cela ou bien les mœurs locales faisaient que l'humour au second degré était facilement prit pour la vérité. Soit, elle tâcherait probablement de faire plus attention, même si pour le moment elle s'amusait surtout des conséquences de son trait d'humour qui résonnaient bien dans les paroles du barbu. Un barbu qui de ce qu'il disait ne buvait pas de bière naine, soit, il devait compenser autrement après tout et ses breuvages devaient êtres très bons à leur manière...

« Je ne faisais que de l'humour, vous savez, tous ceux qui disent de telles paroles ne le pensent pas forcément. Si j'avais voulu vous critiquer véritablement, sachez que mes propos auraient été plus cassants et dis de moins bonne humeur. » Répondit-elle amusée au nain, ce tout en précisant calmement. « Mais bon, je peux comprendre avoir heurtée votre sensibilité avec mes propos, je tâcherais donc de faire plus attention à l'avenir. » Une manière aussi d'insinuer que c'était un peu navrant quand même qu'il s'affecte pour si peu, ce avant de laisser le nain déconfit repartir pour aller chercher sa commande. Ce avant de paraître curieuse quand sa collègue lui raconta plus en détail l'aventure qui avait menée disons le nain à se retrouver tavernier ici.

« Je me demande décidément pourquoi tant de nains ont un problème avec cela, ce n'est pas leur faute après tout s'ils sont nés ainsi. » Ne manqua t-elle pas sinon de glisser pensive en apprenant que le tenancier de cette taverne avait envie de compenser sa petite taille en générale… Sauf qu'elle se mit à dire tout à coup à voix basse après avoir fait une constatation. « C'est vrai que même pour un nain… Il est petit quand j'y pense... » Ce qui dans les faits ne devait pas arranger les choses disons, déjà que même les nains plus grands étaient capables de faire des fois une fixette sur la taille des choses…

Dans tous les cas, elle ne doutait pas que la nourriture et les alcools qu'on finit par lui apporter étaient du genre de ceux qu'elle apprécierait. Elle ne se formalisa bien entendu pas le moins du monde du fait que sa collègue ne lui souhaita pas bon appétit, disons que ce n'était pas le genre de chose qu'elle entendait souvent de la part d'un vampire, ce même si elle n'était pas spécialement gênée à l'idée que cette dernière allait très bientôt boire un verre de sang non loin d'elle. Dans tous les cas Osami s'attaque d'abord à l'un des alcools au hasard qu'elle prit légèrement le temps de goûter, puis se rendant compte que ce n'était pas vraiment un alcool de ceux qu'on savoure qu'elle buvait, elle le vida d'un trait et laissa la légère chaleur se diffuser dans son corps alors qu'elle voyait que non loin une bagarre venait de débuter.

« Oui évidemment et vos sujets ne doivent pas manger souvent de fromages de chèvre je suppose, je vous assure que c'est le genre de nourriture à rapidement lasser si on ne varie par son répertoire, heureusement en tant que duchesse je suis à même de faire importer de la nourriture de loin si nécessaire... » Elle s'apprêta alors à ajouter quelque chose, puis tout à coup la bagarre qui venait de débuter devenait vraiment sérieuse.

« Spaventosa-san, dîtes-moi. Me permettriez-vous de m'amuser un peu avec vos sujets ? Tant que je ne les abîme pas sérieusement bien entendu, disons que j'aimerai pouvoir m'intéresser aux mœurs locales d'un peu plus près... » Attendant l'autorisation de la vampiresse, quand elle l'eut, elle dit alors à voix haute aux bagarreurs.

« De toute manière, je suis certaine que même une fillette pourrait triompher de vous messire, et en tant que femme pour ma part, je suis sûr qu'à moi seule je pourrais filer une respectable correction à chacun d'entre-vous, cela vous apprendra à vous formaliser qu'on vous compare à l'autre sexe. »

Un des hommes un peu trop sûr de lui s'approcha alors d'elle, d'un air vexé, mais plus avec l'impression qu'elle les charriait qu'autre chose. C'est pour cela sans doute qu'il tenta tout simplement de lui filer une gifle comme un mari contrarié et violent le ferait à sa femme ou son enfant. La kitsune saisit alors tout simplement son bras en vol et d'un simple geste elle lui fit une clé de bras, elle la maintint jusqu'à ce qu'il abandonne et le relâcha ensuite. Puis elle regarda alors les autres, qui pour certains semblaient hésiter et décidèrent d'arrêter de se batte, tandis que quelques autres eux décidèrent de tenter le coup. Non pas tous en même temps, ils avaient ce minimum de dignité, mais en y allant chacun leur tour à chaque fois qu'elle donnait une déculotté à l'un des leurs.

Quant elle en eut finit, et ce sans casser le moindre meuble, elle se rassit alors à table et demanda à la vampiresse. « Je suppose que c'est une bonne manière de gagner un peu de respect par ici, n'est-ce pas ? Pensez-vous que je ferais bien d'offrir à ces hommes une tournée en lot de consolation ? » Ce qu'elle fit de toute manière peu après, ce qui ferait peut-être davantage avaler la pipule à ces gaillards après tout. Surtout vu comment ils venaient de se faire corriger par une dame aux airs raffinés...




[Hrp : Je partais du principe que ton personnage acceptait pour faire avancer un peu les choses, mais si ce n'est pas le cas, n'hésite pas à me mp pour le dire et j'éditerais Wink .]
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Dim 8 Avr - 22:50
Osami tenta de parlementer et de s’excuser auprès du Nain. Valerya eut un unique gloussement tant elle trouvait la situation cocasse. C’était inutile de dialoguer avec un âne bâté qui passait sa vie à braire sur tout et tout le monde. Si son hôte avait voulu lui coller une droite parce qu’elle s’était sentie offensée, la pirate le lui aurait permis tout en interdisant au tavernier de riposter ; c’était lui qui l’avait insultée en premier. Mais cette situation avait permis d’observer la duchesse de Sarrasi et de constater qu’elle était plus une femme de dialogue et de raison qu’une brute épaisse. C’était plutôt rare pour une ancienne mercenaire, d’autant qu’elle s’était hissée au pouvoir en massacrant son patron.

« Si ça se trouve, il est nain de partout. Ça expliquerait beaucoup de choses. » s’amusa Valerya quand le Nain avait tourné les talons, prétendant de façon graveleuse qu’il ne devait pas en avoir beaucoup dans le pantalon. Soit ce dernier ne l’entendit pas, soit il préféra être sourd à la provocation ducale à moins qu’il ne l’ait pas entendue. Il faut dire que ça s’agitait au comptoir et que les tenanciers commençaient à mettre les chopes, assiettes et tabourets à l’abri d’une éventuelle casse.

Puis Osami déclara que le fromage de chèvre était un aliment dont on pouvait se dégoûter à force d’en manger quotidiennement. « Je comprends tout à fait » répondit Valerya en fixant son verre d’un air désintéressé, un sourire ironique aux lèvres. Voilà cinq siècles qu’elle était obligée d’ingurgiter la même nourriture pour survivre, au rythme d’une prise au moins une fois par semaine. Le sang lui paraissait délicieux. Cependant son alimentation était aussi monotone que celle des bergers de Sarrasi. Elle pouvait agrémenter ses repas d’un peu d’alcool mais la base restait la même : seule l’hémoglobine non animale pouvait la nourrir. Fort heureusement elle n’avait rien à comparer au sang : elle ne pouvait rien ingérer d’autre et les souvenirs se rapportant à l’art culinaire avaient disparus lors de sa transformation en créature immortelle. Ainsi elle n’avait aucune idée du goût que pouvaient avoir les mets et c’était peut-être mieux ainsi, au moins elle n’avait pas de regrets.

La tension au comptoir avait débouché sur une rixe traditionnelle. Osami, visiblement excitée par l’action, désira se joindre à la fête. « Je vous en prie, allez-y, amusez-vous, je surveille vos verres. Les règles sont simples : que les poings, pas de triche avec la magie transformiste, pas d’objets ni d’armes. Tout homme ou femme à terre est hors-combat.» 
Les jambes croisées, son menton dans sa main, Valerya regarda Osami se battre. Elle comprenait mieux pourquoi elle avait survécu aux nobles de Sarrasi qui s’étaient dressés contre elle. C’était une rude adversaire et encore, la pirate était consciente que son vis-à-vis se retenait pour ne pas briser des cous ou fendre des crânes.

« C’est une sacrée bonne-femme que vous avez trouvé là. Elle est dans votre équipage ? » demanda le Nain qui s’était approché de sa table en essuyant une chope de son torchon grisâtre.

« Non, c’est une invitée. » répondit froidement la duchesse, concentrée sur la rixe qui se terminait.

« Elle est bizarre, elle est pas d’chez nous. C’est une étrangère qui vient de s’installer ? Z’avez vu comment elle cause ? Elle nous donne du messire et elle vouvoie tout l’monde. Sauf vot’respect, y a que vous qu’on vouvoie. Parce que vous êtes la patronne. »


« Oh, je suis touchée par cette marque de respect. »
dit Valerya en tournant son visage inexpressif vers Orik sur un ton si neutre qu’on pouvait se demander si elle était cynique ou non. « Mais c’est une patronne aussi, d’un autre duché sur le continent. »

« Ah ouais ? » demanda le tavernier qui s’esquiva derrière son comptoir non sans lancer des regards curieux à la kitsune -qu’il prenait pour une humaine- de façon vraiment indiscrète. Il faut dire qu’il n’avait jamais vu une autre duchesse et il se serait imaginé une créature engoncée dans la soie, arborant de riches bijoux et exhalant un parfum suave hors de prix. Il disparut un instant le temps de servir une tournée à tout le monde.

Osami revint s'asseoir, contente d'avoir cassé la figure à quelques gars du cru. « Par ici c’est la loi du plus fort qui l’emporte. Il n’y a pas que les poings ; gueuler plus haut que les autres, être le meilleur marin ou le capitaine le plus effrayant permet d’avoir un certain respect. Rien qu’être en ma présence indique que vous avez un certain statut. Je ne fraie pas avec n’importe qui, même si je me promène souvent dans les rues et que n’importe qui peut m’aborder assez facilement.» Cela paraissait dangereux. Ça l’était véritablement ; néanmoins cela mettait un peu de piquant dans une vie que les siècles avait rendue monotone.

« Beau combat. Je miserai une pièce sur vous lors de la Lotta. Je pense que je peux gagner un beau pactole. »

« Mes grandes altesses sérénissimes si je puissais-je me permettre de vous offrir un rafraîchissement... »
 dit cérémonieusement le Nain qui s’était approché en portant deux verres, l’un rouge sang, l’autre rempli d’un liquide jaune pâle. Il tentait de faire des politesses tout en massacrant la grammaire et la conjugaison. « C’est la fine fleur de palme que je distillais-je la saison dernière. J’espère que le nectar le plus meilleur du port vous… Euh… Déssoiffera. »

Valerya se contenta de lever les yeux au plafond devant tant de lamentable flagornerie mais prit son verre des petits doigts boudinés du tavernier. « Je préfère quand tu parles normalement. J’ai presque rien compris. »

Le Nain fit mine de ne pas l’avoir entendue et plia les genoux en tenant son tablier maladroitement comme l’aurait fait une paysanne devant un cavalier venu lui demander une danse. Cela ressemblait vaguement à une révérence.

« Si sa majesté ultime veuille bien m’pardonner ma latitude de tout à l’heure, j’en serais fort content. Sinon j’ai bien peur que la patronne ici présente m’brûle la barbe puis me coupe la tête vous voyez... »

Valerya lança un regard noir au Nain. Elle n'avait absolument pas envie de lui faire subir ce supplice. Par contre c’étaient des excuses tellement ridicules qu’elle avait envie de lui refiler une claque. Manque de bol, cela dégénérerait en bagarre et la duchesse n’avait pas vraiment envie de se lancer dans un combat pour le moment. Le pugilat n’était vraiment pas son truc.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Mer 11 Avr - 0:43
« Le jeu habituel des Duchés pour vous en somme, sauf que c'est dans une atmosphère différente qu'il a lieu. Au final quand on est au pouvoir en ces terres, ce sont toujours les détails qui comptent si on veut garder sa place. » Répondit-elle avec amusement à la pirate lorsque celle-ci lui expliqua que par ici c'était la loi du plus fort qui s'appliquait. Comme partout ailleurs en ces terres en effet, sauf que le plus fort se résumait souvent en le plus riche ou le plus habile en intrigue, pas toujours le plus musclé ou le meilleur général, le défunt et plus ou moins regretté Ilfrido, conquérant des Duchés du sud, le prouvant bien par son trépas inattendu… Du moins pour lui.

« Une pièce seulement ? Vous me chagrinez très chère. » Ne manqua t-elle pas sinon d'ajouter d'un air faussement vexée quand la duchesse d'Esperanza lui fit part de sa volonté de parier sur elle plus tard lors de la Lotta. Grand bien lui en fasse pensa Osami, après tout en ces terres l'on avait jamais assez d'argent…

« Qu'est-ce qui vous arrive ? Vous êtes malade ? » Demanda t-elle sinon étonnée ensuite quand le nain vînt les voir pour leur apporter à boire, après tout elle se demandait bien pourquoi un tel changement d'attitude, mais finalement elle se contenta d'y sourire d'un air amusé, qui sait… Peut-être avait-il deviné qu'elle était duchesse et voulait-il se rattraper pensa t-elle, à croire que les mêmes nains pouvaient être intimidés à l’occasion…

Et son sourire se fit plus discret, comme un air pensif qu'elle arbora tout à coup quand le nain s'excusa. Hum, elle fit mine de réfléchir quelques instants à la manière de réagir, puis dit avec un sourire toujours aussi amusé.

« Allons, je ne vais pas vous en vouloir pour si peu… Je ne serais pas duchesse après tout si je ne supportais pas les gens de fort caractère, cela et puis voir un nain se faire couper la barbe est une chose si horrible que je préfère me passer d'un tel spectacle... » On savait après tout l'importance que ces derniers donnaient à celle-ci, surtout quand elle était très longue… Sur ce elle ne manqua pas néanmoins d'ajouter avec un soupçon.

« Mais comme vous tenez à être galant, vous pourriez en effet faire quelque chose pour moi très cher... » Elle laissa un instant de silence planer comme pour ménager un certain suspens, puis ajouta avec un ton de dame de la haute bourgeoisie un peu exagéré dans les formes…

« Parlez moi de dame Valerya et du duché qu'elle gouverne, je suis sûr après tout qu'une dame comme elle est trop modeste pour oser me parler de ses innombrables exploits et faits d'armes. Mais bien entendu, faîtes le avec un langage châtiée, après tout il plaît à mon oreille de voir un gentilhomme bien s'exprimer... » Restait donc à voir ce qu'il allait lui dire, mais il était sûr et certain que ce serait divertissant, que ce soit parce qu'il devrait le dire avec un certain langage, mais aussi parler de sa patronne qui se trouvait non loin… En somme de quoi bien s'amuser pour les deux dames, du moins si la pirate goûtait à cette plaisanterie de la part de la kitsune.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Jeu 19 Avr - 21:34
Valerya fut soulagée qu’Osami prenne l’intervention du tavernier avec humour. Les Esperanziens n’étaient pas connus pour la finesse de leurs manières. A la réflexion les montagnards ne devaient être guère mieux. La vampire n’avait jamais rencontré de chevrier mais il y avait fort à parier qu’un berger puant le bouc et revêtu de peaux de bête n’était guère plus aimable que le nain.

« Je suis d’accord. Tu es déjà assez laid avec ta barbe, mais sans ce sera une torture de te contempler. Ça fera fuir tes clients. Tsss… Pas bon pour tes affaires. » dit la duchesse avec un sourire cruel.  Au comptoir les clients ricanèrent mais la tenancière aux cheveux gras leva une poêle en fonte d’un air menaçant et les rires cessèrent. Apparemment on ne plaisante pas avec la tôlière.

Osami ne s’occupait plus des clients qu’elle avait étrillés de manière magistrale. Toute son attention était tournée vers le Nain à qui elle parlait d’une voix suave. Ce dernier n’en menait pas large, il essayait de se donner une contenance alors qu’il était assez clair qu’il avait les chocottes, à se tenir entre deux redoutables duchesses. Il s’était mis dans un beau guêpier avec sa grande gueule.

Contre toute attente le pauvre Orik fut sommé d’énumérer les qualités de sa duchesse. Il était bien en peine, il faut dire qu’il trouvait que personne n’arrivait à sa propre cheville. Bon, peut-être la duchesse, à bien y réfléchir, parce qu’elle pouvait lui couper la barbe… Et la tête par la même occasion. Et puis il n’avait pas vraiment compris les consignes de la kitsune.

« C’est quoi un langage châtié ? »
demanda prudemment Orik.

« Un parler que tu ne tortures pas avec des injures. Comme tout à l’heure, lorsque tu parlais et que je ne comprenais rien. » expliqua la duchesse avec une impatience inhabituelle.

« Que vous fussiez rien compris. »
rétorqua le nain avec hauteur, croyant parler le duchéen le plus élégant.

« Exactement. Maintenant chante mes louanges. » exigea Valerya en croisant ses bras sur sa poitrine.

Le nain se tut quelques instants pour réfléchir.

« ça vient ? C’est à croire que je suis la reine de Teïder si tu persistes à te taire. »

« Votre altesse vampiresque et bien au-dessus des… Heu… Sauve-reigne de l’incontinent d’Orzian. »

Valerya se cacha la tête dans sa main afin de ne pas perdre sa réputation en éclatant de rire. Elle ferma les yeux pour garder son calme. Osami venait quand même d’apprendre qu’elle venait de l’incontinent d’Orzian, elle devait faire une de ces têtes !

« Mais ma duchesse n’est pas que ça. Elle a zigou… truci… noyé beaucoup d’ennemis. Elle a fricoté… Hum… Aidé le grand Ilfrido, sans elle il fût été pas ce qu’il était mais grâce à elle il était ce qu’il était. » Valerya avait jeté un regard sombre à Orik lorsqu’il fut question de fricotage. Ou l’art et la manière de répandre une bonne vieille rumeur de quelques siècles. Le reste de la phrase n’était pas très clair.

« Son altesse Sanguinaria est très bonne avec nous, tant qu’on fait pas de vagues. Sinon, hop ! A la piscine aux requins ou pendu à l’entrée du port. Couic ! » dit le tavernier en faisant un geste de droite à gauche avec son pouce au niveau de sa gorge velue, suggérant une mort violente. Il avait complètement laissé tomber le langage châtié. De toute façon il ne savait pas comment décrire une exécution dans une prose fleurie.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Sam 21 Avr - 20:56
Osami fut amusée de constater que sa collègue se prenait au jeu d'écouter le nain chanter les louanges de celle-ci, en même temps elle ne devait pas voir souvent ce pauvre bougre essayer de le faire avec un registre de langage plutôt élevé. Il était certains d'ailleurs que ça devait être la première fois de sa vie que celui-ci l'employait… Pauvre nain, pour la peine la kitsune aurait presque pitié de lui, même si pour le coup ce serait assez hypocrite étant donné que c'était elle l'instigatrice de tout ceci…

Et quand le nain s'essaya en effet au langage châtié… Fichtre, il y avait vraiment des choses à travailler pensa l'ancienne Ikhyldienne avec stupeur et amusement. "Incontinent Orzanien", et tournures de phrases qui voulaient à peine dire quelque chose, voilà bien la preuve que ce qu'elle demandait au nain était l'équivalent pour celui-ci de grimper sur le toit de son auberge sans échelle…

Dans tous les cas, elle aussi dû se retenir pour ne pas rire et perdre le semblant de dignité de grande dame qu'elle essayait de se donner… Dans les faits, la scène devait être amusante à regarder d'ailleurs, car les deux duchesses faisaient semblant d'écouter avec perplexité alors qu'elles se cachaient toutes deux la bouche d'une main pour que leur hilarité ne soit pas trop visible, le comble de la subtilité en somme…

« Je vois, je vois… Il faudrait vraiment que je prenne le temps de vous apprendre à mieux user d'un langage châtié très cher, du moins si j'avais le temps pour cela, heureusement pour vous ce n'est pas le cas… Mais qui sait à l'avenir ? » Finit en tout cas par dire la duchesse montagnarde avec un air malicieux et visiblement satisfait d'elle, ce avant de glisser à sa collègue.

« Je crois que vous avez en tout cas rarement entendue d'éloge à votre personne d'une telle nature, n'est-ce pas ? » Elle manqua d'éclater de rire, mais arriva à se retenir heureusement… Bon, bon, bon, que faire maintenant ? Allait-elle continuer à mener la vie dure à ce pauvre nain ? Oui, absolument, au pire, elle lui donnerait un joli pourboire pour sa peine, mais maintenant qu'elle le tenait, autant ne pas s'en priver…

« Néanmoins, autant continuer sur notre lancé pour le moment, n'est-ce pas ? Maintenant racontez moi une aventure épique menée par dame Valerya ! Je ne sais pas, par exemple une bataille glorieuse menée contre une flotte ennemie ? Comment elle a matée des vassaux contrariants ou bien la chasse d'une créature marine terrible ? Je vous laisse le choix, mais faîtes en sorte que j'ai l'impression d'entendre les vers épiques d'un véritable conteur de saga ! Votre peuple n'est-il pas talentueux après tout pour de telles choses ? » Elle était probablement un tantinet cruelle de lui demander cela, mais bon c'était lui qui l'avait bien cherché et puis ça lui ferait une bonne leçon, le genre dont il se souviendrait longuement. Sans oublier que c'était la vampiresse en sa compagnie la véritable maîtresse de ce nain, donc si cette dernière ne lui disait pas d'arrêter, autant continuer, après tout ce n'est pas tous les jours que celle-ci devait s'amuser autant au cours de son immortelle existence...
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Mer 25 Avr - 17:20
« Vous voulez qu’j’vous raconte une histoire ? Pourquoi vous lui d’mandez pas, elle est d’vant vous ? » demanda ingénument le nain. « Wohou ! » s’exclama t-il quand le bout de la botte de Valerya s’écrasa sur son tibia. « Ouais, j’vais raconter l’histoire. » dit-il précipitamment.


« C’était y a à peu près trois cent ans d’ça... Le Complot des Cinq Forbans. »

« Deux cent quarante quatre ans. »
précisa Valerya dont les yeux étaient devenus gris acier à ce mauvais souvenir.

« La duchesse était partie en mer et les cinq commodores de l’époque avaient décidé d’la mettre sur la touche. C’était un complot bien ficelé, les gars n’étaient pas des branquignoles. Ils ont commencé par prendre le fort par ruse pis ils se sont emparés des capitaines qui seraient fidèles à la duchesse. Ils ont pendu les pauvres bougres au port. Certains ont réussi à s’cacher et à s’faire la malle. En tout cas tous les équipages étaient sous contrôle et ceux qui résistaient… Bah le faisaient pas longtemps. On raconte qu’la rade était rouge de sang et qu’il y avait des corps partout. Ça a pué l’cadavre pendant un bout d’temps... »

Le nain leva le bras et fit un geste de la main vers la patronne qui arriva pour remplir les verres. Elle posa un regard interrogatif sur Valerya qui fit non de la tête. Une fois son travail terminé, la femme aux cheveux gras retourna faire la vaisselle. Les conversations s’étaient tues et tous les clients écoutaient désormais le nain qui leur offrait un récit intéressant.

« Après avoir fait l’ménage à Espéranza, les cinq commodores ont voulu attraper la duchesse. Ils ont mis tous les canons sur la jetée en attendant l’retour d’Il Sanguinario pour l’arroser d’boulets et l’couler par le fond. Mais la duchesse avait été prévenue par des fuyards et comme elle est pas stupide, elle a changé d’bâtiment, pris un bateau d’pêche pour s’rendre compte d’la situation. Ça d’vait pas être beau à voir. » dit le nain en regardant Valerya qui acquiesça, l’air sombre.

« Ceux qu’étaient pas fous ou qui sentaient qu’leur vie étaient en danger s’sont carapatés vite fait sur d’autres îles. La Duchesse s’est installée chez les Azuriens. Nidos c’est une île toute en falaises, y a pas grand place pour accoster ni pour grimper en haut. Les commodores bougeaient pas d’la capitale, pour courir derrière les fidèle d'la duchesse mais aussi j’pense qu’ils commençaient déjà à s’engueuler. La duchesse a gardé la tête froide et elle a estimé ses forces. Elle a réorganisé ses troupes. Mais l’problème c’était qu’les navires d’guerre étaient au port. Et l’chantier naval, fallait pas y compter non plus. Peu d’gars, pas grand-chose à manger, des coques de noix pour naviguer… C’était pas évident. »

« Nous avions toujours des sympathies sur place ; tous n’approuvaient pas le coup de force. En fait beaucoup avaient peur d’être fusillés pour un rien. Rien de pire qu’une bande de soiffards qui assassinent à tout va pour régler leurs comptes. Nous devions les neutraliser et c’est pour ça que nous avons...» précisa Valerya.

« Eh Ho ! C’est moi qui raconte ! »
dit le nain en tapant du poing sur la table. Puis il regarda craintivement sa duchesse, les yeux dilatés par la peur. « Mais vas-y, je t’en prie. » répondit la vampire d’un ton mielleux lourd de menace. Le nain rentra la tête dans les épaules, se rapetissant encore plus.

« Ou… Ouais… La duchesse a lancé une attaque enfin si on peut dire… Tous ses gars avaient pris des baquavelas. Ce sont des tout p’tits bateaux. Donc pendant qu’les commodores avaient les yeux tournés sur le large au niveau du port, la duchesse et ses hommes débarquaient sur toutes les petites plages de l’île et allaient se cacher dans l’maquis. Ils ont attendu un peu pour savoir c’qu’il s’passait en ville et contre qui ils s’battaient. Pis sans attendre la nuit ils ont contre attaqué. C’était un combat dur, maison par maison, rue par rue. L’combat a été indécis quelques jours, y a eu beaucoup de morts des deux côtés mais finalement la duchesse a gagné la ville. Y a un commodore qui s’est enfermé dans l’fort, les aut’ ont appareillé et sont partis vers le large. Ils ont incendié une partie d’la ville et balancé des volées d’canon en partant pour endommager les bateaux qui partiraient à leur poursuite. » Il fit une pause puis avala une lampée à son verre.

« L’commodore dans l’Fort a été affamé comme le rat qu’il était. Ce lâche a même pas osé sortir quand il a eu trop faim : il s’est suicidé quand ses hommes ont décidé d’sortir. Le sort qu’leur a réservé la populace fut pas tendre. Enfin ça faisait un commodore de moins, il en restait quatre autres dans la nature. »


« Ce commodore s’appelait Berniol Danse-Lame, un fameux épéiste duchéen. C’était un homme fier et ambitieux. Depuis son suicide on ne l’appelle plus que Berniol le Lâche. Son nom est passé à la postérité ; si l’on veut se griller la cervelle d’une balle par ici on dit « se bernioler ». Lui qui voulait qu’on se souvienne de lui pour ses faits d’arme… Quelle ironie. »
Les lèvres de Valerya s’élargirent en un bref sourire cruel. « Mais ce plan était trop bien organisé pour qu’il n’y ait pas une puissance étrangère derrière tout cela. J’ai rapidement éliminé les grandes nations de l’époque qui finalement n’avaient aucun intérêt à voir les océans pacifiés. Ne reste qu’un ou plusieurs ducs et peut-être les empires Akkatonien et Ikhyldien. Ils ont colonisé Orzian quelques années après et une opération de pacification des mers pouvait être souhaitable pour les deux. L’archipel peut être un avant-poste intéressant avant d’envahir le continent. Malheureusement je n’ai jamais su qui et combien d’ennemis avaient trempé dans cette intrigue. » Valerya se tut mais il était clair qu’elle avait encore des comptes à régler à propos de cette histoire. En fait, à ses heures perdues, elle recherchait encore s’il y avait des commanditaires cachés à cette révolte.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Ven 27 Avr - 17:31
Osami était autant amusée par l'attitude du nain qui au début se montra hésitant quant au fait de raconter une histoire sur la duchesse pirate, que par l'attitude de celle-ci qui était décidément désireuse elle aussi d'entendre le nain raconter une quelconque histoire à son sujet. Il fallait croire que sans s'en rendre compte la kitsune avait dû trouver avec le petit jeu qu'elle infligeait au nain, quelque chose qui ne manquait pas de vivement intéresser la vampire.

Ainsi, le nain leur parla de la trahison d'ancien vassaux de Spaventosa-san, rien de bien exceptionnel en soit, enfin la trahison de vassaux évidemment, après tout on était dans les Duchés du Sud. Par contre l'histoire en elle-même ne manquait pas d'intérêt, surtout qu'elle se passait dans un cadre bien différent de celui des montagnes riches en minerais que dirigeait la kitsune.

Et évidemment, la duchesse pirate avait triomphé de ce complot qui avait visé à lui nuire, sinon elle ne serait pas là aujourd'hui. Et Osami soupçonnait que ça ne devait pas être le premier qu'elle avait dû géré et que ce ne serait certainement pas le dernier. On ne s'ennuyait jamais après tous dans les Duchés, il y avait toujours quelque chose pour vous occuper, même si cela impliquait le risque de finir avec un poignard dans le dos ou bien un boulet de canon dans le ventre dans le cas de la vampiresse.

Pour sa part la kitsune n'était pas mécontente de ne pas avoir eu pour le moment à gérer de manière impitoyable ses vassaux, oh certes elle avait dû mater les comtes, mais elle n'avait pas eu à en exécuter beaucoup au final. Soit ces derniers avaient finis par se soumettre à son autorité, soit elle les avaient bannis, certes c'était avec le risque qu'ils essayaient de revenir plus tard, mais elle se faisait confiance à ce sujet. De toute manière, elle préférait éviter de passer pour une tyran si possible, de manière à peut-être s'attirer ainsi l'estime et l'amour du peuple. Un amour qui pouvait des fois être une puissante arme à la disposition d'une dirigeante.

« Je pense que vous pourriez aussi vous intéresser à Teïder si vous cherchez des commanditaires, je ne dis pas que c'est forcément eux, mais des fois les motivations derrière leurs actes peuvent être très obscures ou servir leur plan d'une manière très inattendue. Moi qui gère un duché à la frontière de cette nation remplie de fanatiques je le sais fort bien. » Rien de pire après tout que des hommes que l'on pouvait penser dénués de toutes raisons car fanatiques, mais qui des fois pouvaient au contraire faire preuve d'un raisonnement calculateur et froid si efficace qu'il en devenait effrayant… Sur ce elle reprit plus légère.

« On ne s'ennuie jamais en ces terres n'est-ce pas ? Car quand ce sont pas les Teïderiens, les étrangers ou les seigneurs voisins qui veulent notre peau, c'est nos vassaux qui veulent notre place. L'avantage de notre partenariat c'est que nos deux Duchés sont si éloignés l'un de l'autre que nous ne nous marchons pas dessus. » Elle regarda alors le nain et dit avec un soupçon de gentillesse.

« J'en ai finis avec vous mon brave, allez vous reposer si vous le désirez, vous l'avez bien mérité, d'ailleurs tenez, en remerciement de vos services. » Elle lui glissa une poignées de pièce d'or dans la main puis le laissa repartir. Après tout elle avait certes été assez taquine avec lui, mais elle n'était pas non plus méchante, alors autant lui offrir une petite rétribution pour ses efforts après tout…

« Cela aura été une occupation assez agréable je dois avouer, et maintenant je suppose que l'on peut passer à la suite de la visite si vous n'avez rien contre Spaventosa-san ? Je vous laisse me faire la surprise évidemment. » Cela et puis autant ne pas s'attarder trop longtemps dans une taverne, pas qu'elle n'aimait pas l'endroit, mais disons que ce ne serait pas vraiment une bonne démonstration de dignité de sa part de passer son temps là-dedans… Pas que les Esperanziens devaient en avoir quoi que ce soit à faire en vérité, mais bon elle avait tout de même ses principes après tout. Notamment celui de conserver une certaine forme de dignité propre à la noblesse Ikhyldienne qui voulait passer pour un minimum raffinée, même si évidemment Osami interprétait ce raffinement à sa sauce...
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Sam 5 Mai - 13:08
Valerya fit une petite moue lorsque Osami parla de la responsabilité de Teider.

« Je ne vois pas en quoi cela les concernerait ; mon duché est très éloigné de leur royaume et ce ne sont pas des marins aguerris donc nous ne les croisons pas beaucoup en mer. Quant aux prises, elles n’offrent pas beaucoup d’intérêt. Enfin… Sauf si on aime faire la chasse aux Suppôts de la Douleur ou je ne sais quoi. Mais vu qu’un rebelle s’est réfugié chez eux… Pourquoi pas. A moins de le royaume ait profité de son statut d’exilé volontaire pour obtenir des informations de sa part et l’utiliser comme commandant de la flotte. Et quelle flotte. » Valerya eut un bref gloussement méprisant qui exprimait assez bien ce qu’elle en pensait.

Osami renvoya le nain après cette petite discussion. « Bah ! J’ai pas fini… » geignit le nain interloqué d’être interrompu dans son histoire et de recevoir une telle manne pour ses talents de conteur. « A vot’ bon vouloir messeigneuses... » dit-il avec une révérence gauche avant de s’esquiver. En tout cas les pièces disparurent dans la poche de son tablier et le nain fila derrière son comptoir sans demander son reste. Un sou c’est un sou, et il n’avait pas vraiment envie de rendre la monnaie.

Osami voulait continuer sa visite. Le fort n’avait pas vraiment d’intérêt, elles avaient déjà fait un tour au chantier naval. La ville n’était pas la plus belle des duchés et les esperanziens, bien que très exotiques pour la duchesse venue des montagnes, ne resteraient pas une distraction bien longtemps. La Sarrasienne décida qu’il était temps de faire voile vers une prochaine destination. Malheureusement c’était à Valerya de se creuser la tête pour lui trouver une occupation.

« Y a toujours la possibilité d’aller visiter une ferme locale sur une autre île. Je vous laisse y réfléchir. Pendant ce temps on va aller chiner chez Enos le Refourgueur. »

Valerya prit la tête des opérations et s’enfonça dans un dédale de ruelles plus ou moins puantes qui les amena devant une grande bâtisse de moellons, torchis et briques. On pouvait se demander comment cet amas de matériaux hétéroclites pouvaient tenir debout. Néanmoins la maison semblait la plus cossue de la rue. Le propriétaire s’était même payé le luxe d’une enseigne s’avançant sur la rue en métal noir et doré, en forme de coffre au trésor débordant d’or. Le panneau au-dessus de la porte d’entrée était pour le moins explicite, dans une écriture bleue tarabiscotée comme dans un parchemin de prix. « Enos, Négociant en Tout » annonçait fièrement le propriétaire et une fois rentré il était clair qu’Enos vendait absolument de tout, du biberon en verre aux bustes en marbre. Le bric-à-brac débordait d’objets grands ou petits qui s’accumulaient sur des meubles marquetés, étagères ou toute place plane disponible. Il y en avait presque jusqu’au plafond.  

« C’est un des revendeurs, les pirates y déposent les objets pris qu’ils auraient du mal à vendre et Enos se prend une commission dès que la marchandise trouve acquéreur. Tout le monde y trouve son compte. Et surtout le revendeur qui sait mieux que quiconque estimer la valeur réelle des objets… Enos a la réputation d’être un rat et un escroc notoire mais il a toujours réussi à se défendre d’accusation de recel ou d’arnaque avec une certaine adresse oratoire que je lui envie. » dit Valerya à voix haute, sans s’inquiéter des autres clients qui traînaient dans la boutique.

Le service de sécurité semblait assuré par d’anciens marins qui avaient connu un accident : les trois hommes qui circulaient entre les piles d’objets semblaient borgnes ou estropiés. Il y avait une petite dizaine de badauds de tous âges et une petite bande de gamins qu’un unijambiste surveillait d’un œil d’aigle pour ne pas qu’ils dérobent quoi que ce soit.

« Je suis honoré que votre Altesse Ducale vienne nous rendre visite aujourd’hui. » Un homme d’une trentaine d’année, de taille et de corpulence moyenne et habillé élégamment comme un bourgeois duchéen de Vinche se faufila entre les piles d’objets avec l’aisance d’un homme qui connaît sa boutique par cœur. Il s’inclina élégamment à la manière d’un homme de cour dont il semblait partager le goût pour les parfums complexes. Valerya se contenta de hocher la tête et de le fixer froidement.

« Je faisais visiter la ville à mademoiselle la duchesse de Sarrasi. » Le boutiquier plongea une nouvelle fois dans uns révérence servile. «  Il est toujours intéressant pour la concurrence de savoir où finissent les marchandises qu’on leur pille. » lâcha la duchesse avec un humour cynique.

« Oh, si peu ! Si peu ! Chacun de mes fournisseurs m’assure que les biens venus sont des objets personnels, je ne puis malheureusement me porter garant pour ce qui est de la provenance de la marchandise avant qu’elle n’entre en leur possession. Mesdames n’oubliez pas que la boutique pratique des tarifs préférentiels pour la couronne ducale, vous pouvez acheter sans retenue. » Valerya lui jeta un regard torve, visiblement pas impressionnée par son bagout. Le marchand s’esquiva avec un sourire un peu nerveux, laissant les deux femmes se promener dans son antre de bric et de broc et y chiner selon leur bon vouloir.
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MessageSujet: Re: Entre duchesses (Pv Valerya) Dim 6 Mai - 15:32
Osami n'ajouta rien au sujet des Teïderiens, se contentant de sourire de manière amusée à la façon dont sa collègue tournait en dérision ces derniers, en effet leur flotte n'était pas terrible et c'était presque un euphémisme de le dire… Bon, après elle n'était pas sûr du fait que le duché pirate n'avait guère d'intérêts pour eux, mais bon ce n'était pas à elle de se mêler de ce genre d'affaires, cela et puis il est certain en effet que ce ne serait jamais par la mer que ces fanatiques représenteraient le moindre danger heureusement, le contraire aurait été inquiétant d'ailleurs…

Quant au fait que le nain n'avait pas finit de raconter son histoire, Osami se réservait le droit disons d'entendre la suite plus tard et peut-être de la bouche de quelqu'un d'autre, c'était bien après tout d'avoir plusieurs versions différentes d'un même récit. De plus, elle ne tenait pas à s'attarder plus que nécessaire dans cette taverne comme le témoigna sa demande à la duchesse pirate de poursuivre la visite. Aux dernières nouvelles elle était ici après tout pour un voyage d'affaire et diplomatique et si possible refourguer entres autres les stocks excédentaires de fromages de chèvres sarrasiens, alors autant continuer.

Cela et puis, il fallait dire sinon qu'elle trouvait pas mal de ressemblances entre les sarrasiens et les habitants du Duché pirate, bon certes les sarrasiens n'étaient pas autant dénués de raffinement en apparence, du moins pour ceux qui n'étaient pas bergers, mais ils avaient aussi un caractère fort et affirmé dirons nous. En même temps, la montagne n'était pas un environnement qui avait tendance à forger des hommes mous et faibles de caractère, elle se montrait même impitoyable envers ces derniers...

« Une ferme locale ? Intéressant, mais pourquoi pas cette île peuplée d'azuriens dont j'ai entendu parler ? Il paraît que c'est un endroit très intéressant à visiter, même si évidemment il ne vaut mieux pas avoir le vertige... » Et savoir voler aussi, même si heureusement ce ne serait pas un problème pour elle, du moins techniquement parlant.

Dans tous les cas, le prochain endroit où la mena Spaventosa-san était disons… Fort charmant, en tout cas plus que les ruelles qu'il avait fallut emprunter pour s'y rendre et qui pouvaient se faire se poser des questions décidément sur l'hygiène publique locale. Un négociant en tout ? Voilà bien un principe duchéen par essence qui lui plaisait, même si elle se demandait si c'était en bonne partie de l’esbroufe ou si l'homme vendait réellement un peu de tout. Et il semblerait que ce soit le cas, même si à vue d’œil elle ne distingue rien qu'elle désirait spécialement acheter pour sa part.

« Un bon marchand Duchéen en somme. » Glissa sinon Osami avec humour devant la description que lui fit sa collègue vampiresse au sujet du négociant qui tenait ce magasin. Il semblait être un brave homme en effet, le genre à convoiter activement le contenu de la bourse de tout ceux qu'il croisait. C'était ironique à dire, mais c'était bien des hommes tels qui lui qui faisaient la prospérité des Duchés du Sud, après tout la cupidité était un moteur comme un autre pour faire tourner efficacement l'économie...

Par contre, elle se posait des questions quant au fait que ce soit une bonne idée d'engager des estropiés pour assurer la sécurité, mais soit, après tout les apparences pouvaient être trompeuses, de plus c'était le genre de geste qui pouvait pousser de tels employés à être particulièrement fidèles à leur patron, ce qui n'était pas plus mal en soit, après dans les Duchés du Sud la loyauté était une qualité souvent bien trop rare…

Et il fallait le dire, le propriétaire des lieux lui plaisait assez, certes c'était un bourgeois comme on en voyait tant dans les autres Duchés, du moins d'apparence, mais le constate qu'il représentait par rapport à ses compatriotes d'Esperanzia donna de quoi sourire à la duchesse kitsune qui ne manqua pas de rendre à celui-ci son salut, même si elle le fit en s'inclinant moins largement. Après tout elle restait d'un rang au dessus de lui.

« Il faudrait pour cela que nous ayons une flotte à piller, vous savez, une fois que je vend mes marchandises aux autres Duchés qui eux ont à se préoccuper de tels soucis, je me fiche bien de ce qu'il en advient. Qu'ils s'occupent eux-mêmes de la protéger ou non n'est pas mon affaire. Pire je pourrais peut-être vous acheter les produits pillés pour les revendre à nouveau quand j'y pense. » Répondit-elle sinon amusée devant l'humour cynique de la vampire, ce avant de reprendre avec plus de sérieux à l'égard du négociant avant qu'ils ne s'esquive trop.

« Dîtes moi très cher, je suis très intéressée par certaines reliques du passé dirons nous, des reliques qui des fois sont très difficiles à trouver, mais qui peuvent êtres très intéressantes à posséder. Par exemple d'anciennes affaires qui auraient appartenues à un de mes prédécesseur si vous voyez ce que je veux dire. Ou bien à des mercenaires de Sarrasi qui ce seraient fait une certaine renommée il y a un certains temps de cela. » Elle jeta un regard aux marchandises qui étaient accumulées autour d'elle d'ailleurs et conclut donc avec calme. « Auriez-vous de telles marchandises à disposition ? » Après tout ne prétendait-il pas pouvoir vendre de tout par l'intermédiaire de son enseigne ? Si c'était le cas, qu'il le prouve donc...
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