Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Prise dans un malentendu - Lähm
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MessageSujet: Prise dans un malentendu - Lähm Sam 10 Fév - 21:05
4 avril 2000

Une pluie fine mais intense rendait les rues de la cité boueuse et déserte. Cette humidité insidieuse s’insinuait dans les vêtements, même les plus imperméables, formant des flaques dans lesquelles les réverbères se reflétaient. La lumière maladive et faiblarde qu’ils répandaient, peinait à percer les ténèbres de la nuit.

Dans le calme des ruelles, les bruits d’une cavalcade se faisait entendre. Une silhouette sortit des ombres pour s’en fondre dans d’autres. Quatre autres formes surgirent à leur tour, passant devant la cachette de la première. Elles disparurent plus loin rendant à la rue sa sérénité. De sa cachette, Lydie sortit, serrant sa main droite contre son ventre. Un liquide poisseux et chaud coulait entre ses doigts et chaque pas apportait son lot de souffrance. Chaque respiration brûlait ses poumons et semblait sortir par la plaie qu’elle gardait comprimée. Dans son autre main, sa hache était enserrée dans une poigne qui faisait pâlir ses phalanges. Des crampes commençaient à apparaitre dans ses doigts mais elle préférait les ignorer pour le moment.

Malgré sa blessure et le sang qu’elle avait perdu, la Chasseresse était toujours lucide, mais pour combien de temps. Le bruit de courses de ses assaillants, bien que quelques rues plus loin, lui parvenait clairement de même que celui d’un second groupe. L’odeur métallique de son sang lui emplissait les narines de façon désagréable. Les vertiges n’allaient pas tarder à arriver. Il lui fallait un endroit où s’abritait. Elle connaissait l’endroit où elle sera en sécurité, ou au moins protégée, mais encore fallait-il qu’elle ait la force d’y arriver et d’y pénétrer.

Tout s’était passé si vite. Lydie revenait d’une chasse dans les montagnes, et après avoir récupéré son paiement à l’arrière d’un hôtel particulier de la Cité d’Airain, elle avait comme à son habitude décidée d’aller le dépenser dans sa taverne habituelle, en attendant son prochain contrat. C’est là que la soirée a dû dégénérer.

Avant d’entrer dans l’établissement où elle avait sa chambre et sa table, les sens développés de la Chasseresse avaient observé la présence d’un groupe d’hommes, dissimulés dans les ombres dans le quartier environnement. Mais fatiguée et lassée du voyage, la femme n’avait pas écouté son instinct, convaincue que c’était l’épuisement et la paranoïa qui parlaient. Sans plus s’en soucier, elle était entrée se mettre à l’abri. A l’emplacement de sa table habituelle, un groupe de cinq hommes étaient assis. Ils portaient encore leur manteau plein de pluie. Tant mieux, ils déguerpiront plus vite. C’était alors dit la Chasseresse. Si elle avait réfléchi plus longtemps au lieu d’écouter sa lassitude, elle aurait sans aucun doute flairé le danger.

Arrivée à leur niveau, la femme avait claqué violement les mains sur la tables pour bien leur fait comprendre ses attentions. Lydie était épuisée et avant l’impression de devoir répéter cette scène à chacun de ses retours ces derniers mois. Je ne vous le dirais qu’une seule fois. Vous êtes à ma table alors vous allez… Lydie Kolas ? L’homme à sa droite s’était levé calmement et avait posé sa question aussi calmement. La Chasseresse le regarda éberluée. Elle répondit sans s’en rendre compte. Oui, c’est pourquoi.

Si elle n’avait pas eu de si bons reflexes, ça aurait été ses derniers mots. Des mots stupides, car elle aurait dû se méfier. Un léger mouvement de l’inconnu la prévint à temps mais pas assez. Il était rapide et l’éclat de la lame qui venait d’apparaitre disparut presque instantanément dans la chair de la Chasseresse. Celle-ci avait entamé un mouvement de recul qui lui sauva la vie. Dans le même temps sa main vint attraper sa franquiste dans son dos et l’abattit d’un revers dans la figure de son agresseur.

Etait-ce conscient ou un hasard ? En tout cas, le coup se fit avec le côté opposé à la lame. Au lieu de planter son arme dans le visage de son adversaire, Lydie lui brisa sûrement la mâchoire et peut-être un peu plus. Une chose était sûre, il ne se relèverait pas tout de suite. Et la chasseresse n’attendit pas plus longtemps pour voir la réaction de ses comparses. Elle fit volte-face et se mit à courir en direction de la fenêtre la plus proche. Elle sentait son sang coulait sur ses vêtements mais elle devait s’éloigner en priorité. Dans son dos, le sifflement d’un couteau de jet la poursuivait. Si elle essayait de l’éviter, elle n’arriverait jamais dehors vivante. Si elle restait si sa trajectoire, ses chances n’étaient pas bien meilleures, mais c’est cette option qu’elle choisit.

Un choc se fit dans son dos mais la peau d’ours qui lui servait de cape et son armure d’écaille de cuir, firent leur travail. Elle bondit donc à travers la fenêtre, arrivant de manière fracassante dans la rue. Pour protéger son arbalète, accrochée dans son dos, la Chasseresse ne put faire de roulade et s’écrasa sur le sol, ne faisant qu’empirer sa blessure. Elle se releva immédiatement pour reprendre sa fuite.

Son ouïe l’informa que le second groupe d’hommes courait dans sa direction. Elle prit à gauche dans une ruelle, évitant ainsi un premier adversaire. Elle laissa passer un deuxième en se glissant dans un renfoncement, puis en sema deux autres dans les labyrinthes de rues obscures pour finalement laisser passer le reste du groupe qui se dispersa plus loin, en se cachant sous un chariot.

Rampant hors de sa cachette, tous les sens aux aguets, la main retenant tant bien que mal le sang de sa plaie, l’autre serrant son arme qu’elle n’avait pas lâchée, elle marcha d’un pas vif et silencieux, se faufilant d’ombre en ombre, vers son abri providentiel.

Comme elle s’y attendait, il était gardé. Deux factionnaires gardaient une porte fermée, tous deux à l’abri sous deux petits cabanons. Il allait falloir les faire sortir et s’éloigner pour laisser la possibilité à la blessée de s’introduire dans le bâtiment.

Dans l’ombre d’une maison, elle se laissa glisser au sol, lâchant sa franquiste et armant son arbalète. Sa plaie se mit à saigner plus fort sans la pression de sa main et la manivelle glissait sous ses doigts sanglants. Mais elle parvint à armer son arbalète. Elle vérifia qu’aucune autre personne n’était dans le coin avant d’épauler. L’eau ruisselait sur son visage, lui broyant la vue. La douleur troublait elle aussi sa vision mais elle réussit à focaliser toute son attention sur sa cible. Bandant sa volonté, elle retint son souffle et appuya sur la détente. Le carreau vola et vint riper sur une tuile d’un toit de l’autre côté de la rue. Elle se détacha et emmena avec elle toute sa colonne et la voisine, tombant dans un boucan infernal. Les deux gardes surgirent de leur poste et se précipitèrent pour aller voir.

Remettant son arbalète, à l’épaule, ramassant sa franquiste, Lydie sauta sur l’occasion et se précipita vers l’accès temporairement libre. Poussant la porte qu’elle referma derrière, elle déboucha sur une cour intérieure. A sa gauche une autre porte s’ouvrit, elle n’eut le temps que de s’avancer pour se cacher au coin suivant, espérant que les gardes qui sortaient du poste ne regardent pas dans sa direction. Elle s’autorisa un petit soupir avant de reprendre sa marche.

Chaque pas était de plus en plus difficile, et les vertiges de plus en plus fort. Elle pénétra dans le bâtiment. Elle savait où elle devait aller. Un escalier, puis un second. Chaque marche était un supplice. Un dernier virage et un couloir à remonter. C’était cette porte. Elle le savait pour l’avoir observé une fois à son insu, par curiosité. Elle savait aussi qu’il était, il y en avait des traces.

Elle commença à tabouriner à la porte, mais son énergie diminua brutalement. Elle était allée au-delà de ses forces. Elle finit par appuyer son épaule contre la porte et quand celle-ci s’ouvrit, la Chasseresse s’écroula à l’intérieur de la pièce.
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MessageSujet: Re: Prise dans un malentendu - Lähm Mar 13 Fév - 10:10
Lähm était revenue depuis une paire de jour d’une mission qui l’avait éloigné de la capitale durant plus d’une semaine. Complexe, elle s’était pourtant déroulée sans accroc notable, une sorte d’habitude pour le jeune demi-dragon. Il fallait dire que, contrairement aux quelques missions particulièrement relevées qu’on lui avait confié par le passé, celle-ci n’avait de difficile que la traque, pas l’élimination. Un mage transformiste était toujours assez complexe à détecter, mais, une fois fait, ne l’était pas autant à supprimer. Il pouvait donc profiter de quelques jours de repos avant le début de sa prochaine mission, et séjournais donc dans sa chambre, dans la garnison prétoris.

Cette dernière était plutôt confortable, et très loin de l’idée que l’on pouvait avoir en pensant à un logement militaire. Les prétoris étaient peu nombreux, une vingtaine tout au plus, et les logements qui leur étaient alloués étaient par conséquent beaucoup plus luxueux que pour leur confrères militaires. Petits appartements fonctionnels, ils étaient totalement personnalisables. Et il fallait avouer que les Prétoris gagnaient généralement bien leur vie, et Lähm ne faisait pas exception à la règle. Simple, mais confortable, le petit appartement comportait un atelier à la pointe de la technologie parfaitement rangé, où reposait, en temps normal, Sagiël et Milhaïm, les armes du Prétoris. Le reste était composé d’un ameublement moderne, ainsi que d’un grand lit dans le fond de la pièce. Le jeune demi-dragon n’avait pas vraiment de problème à dormir dans un lit simple, mais il fallait avouer qu’avec l’envergure de ses ailes, il était plus pratique pour lui de se reposer dans un lit double.

Pour ce qui était de son retour, Lähm était plutôt satisfait, dans la mesure où, chose exceptionnelle, la moitié des Prétoris était de « permission ». Ainsi, une dizaine de ses membres si spéciaux se retrouvaient ensembles au même endroit, ce qui faisait sans doute de la caserne, pour un ennemi, l’endroit le plus dangereux du continent. Pourtant, à les voir s’amuser de manière quasi-enfantine tous ensembles, il était bien difficile de croire que chacun d’entre eux était un tueur-né et entrainé pour ne posséder aucune faiblesse. L’ambiance était donc joyeuse, et se fut après être resté un bon moment parmi ses pairs que le jeune dragon retourna dans sa chambre. Il appréciait certes le contact social, mais un léger moment de quiétude lui ferait le plus grand bien. Il s’isola donc au niveau de son atelier, accomplissant les derniers réglages qu’il avait prévu pour son arme. Travailler ainsi lui faisait du bien, il était dans sa bulle, dans son monde, et entrait dans une sorte de méditation calme et sereine.

Le bruit lointain de tuiles brisées le fit sortir de sa concentration, et il regarda alors autour de lui. Il devait venir d’une ruelle un peu plus loin, et, constatant que ça n’était pas vraiment digne d’intérêt, Lähm se replongea dans sa tâche. Sans réellement savoir combien de temps s’écoula alors, il sursauta en entendant quelqu’un tambouriner violemment à sa porte. Son cerveau se mit naturellement en action. Il n’y avait aucune raison qu’un autre Prétoris ne vienne le déranger de manière si véhémente. Cela devait donc être important. Il se leva donc de sa chaise pour se diriger vers sa porte d’entrée, mut d’un étrange pressentiment.

Il ouvrit la porte, et vit rapidement une masse s’effondrer sur lui. Par réflexe, il retint la femme qui s’écroulait, reconnaissant immédiatement les habits et le visage de la chasseresse. La réceptionnant dans ses bras, il observa les alentours avec des yeux aguerris. Soit la jeune femme était épuisée, soit elle était blessée. Dans les deux cas, la raison ne pouvait pas se trouver bien loin, et il fallait que Lähm reste sur ses gardes. Il le savait. Sans dire un moment, et cachant bien rapidement son étonnement, il souleva la chasseresse dans ses bras et referma la porte de sa chambre derrière lui. Il l’allongea alors sur son lit, voyant une tâche rouge déjà tâcher ses draps blancs. Sa blessure à l’abdomen était critique, et il allait falloir s’en occuper.

Mais le Prétoris était trop prudent pour ne pas se méfier de la situation. Avant toute chose, il bondit vers son établi pour s’emparer de Milhaïm, son brombas, et de le recharger. Il le posa ensuite sur sa table de chevet, puis se reconcentra sur Lydie. Le demi-dragon n’était pas un médecin de génie, mais avait suivi l’éducation militaire des Draenor, qui comprenait la médecine. De plus, chacun des prétoris avait des Kits de soin en cas de besoin, et il pourrait ainsi intervenir modestement. De toute manière, il était trop risqué de faire appel à l’aide de quelqu’un. La présence de Lydie ce soir était déjà quelque chose qui sortait du quotidien, et qui agrandissait le champ des possibles.

Sans un mot, Lähm se mit au travail. La blessure était celle d’une lame, ce qui l’arrangeait. Il y avait peu de chance qu’un corps étranger ait envahit le corps de la chasseresse, mis à part un éventuel poison, qu’il s’empressa de détecter. Une fois qu’il fut sur que ce n’était pas le cas, il s’attela à arrêter l’hémorragie.
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MessageSujet: Re: Prise dans un malentendu - Lähm Sam 17 Fév - 17:33
Lydie avait l’impression de flotter. Elle avait froid et chaud en même temps, se sentait coincée dans un vide immense, perdu dans l’obscurité. Son état d’inconscience n’était pas complet car elle arrivait à percevoir se qui se passait autour d’elle, sans vraiment le comprendre. Les années de chasses et d’errance solitaire en territoire hostile lui ont fourni cette capacité de conscience même inconsciente, en échange, son esprit n’est jamais vraiment en repos, toujours sur le qui-vive et à réfléchir pour agir promptement. Voilà l’une des raisons de son état d’ébriété presque constant, le vain espoir de voir son instinct et son esprit à l’arrêt, afin de pouvoir pleinement se reposer et oublier les drames qui ont affligé sa vie.

Elle sentait le parfum de Lähm et se savait en sécurité sous sa protection, pourtant son esprit ne trouvait pas le repos, malgré son inconscience dû à sa perte de sang et à sa blessure. Le Prétoris était en train de recoudre sa blessure. Le coup n’était pas net, à cause du recul de la jeune femme. Elle avait eu la vie sauve, mais une plaie plus large que profonde. Sa conscience remonta à la surface un court instant. Elle entrouvit les yeux, bougea faiblement le bras. Dans un souffle, elle réussit à prononcer deux phrases. Je te déteste. Tout ça est ta faute. Puis elle retomba dans l’obscurité.

Lorsqu’elle émergea de nouveau, sa tête lui tournait moins, les variations de températures et les tremblements de son corps avaient cessé. Elle fit appel à ses sens autre que la vue d’abord pour faire un point plus précis de son environnement. La première chose, fut le calme et une respiration près d’elle. La seconde fut la sensation de légèreté sur son corps. Elle ouvrit de grands. Son armure n’était plus sur elle, et au toucher, ce n’était pas non plus sa chemise qu’elle portait. Elle ne portait d’ailleurs pas de chemise. Sa tête se tourna vers la respiration, celle de Lähm, occupé à entretenir une de ses armes, les armes de la Chasseresse non loin de son lit. Elle essaya de se redresser rapidement, mais eut le souffle coupé par une douleur soudaine. Sa plaie lui refusait le droit de bouger rapidement. Elle laissa sortir un gémissement de peine. Avant de s’écrouler à nouveau sur l’oreiller, les dents serrées.

C’est de ta faute si j’en suis là. Il n’y a pas de doute. Et qui m’a déshabillée ?

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