Orzian, engrenages et arcanes

Une terre déchirée entre les progrès de la science et les mystères de la magie. Un continent où coexistent de nombreux peuples, disputé depuis toujours par quatre grandes nations. Mais l'arrivée des deux empires rivaux pourrait perturber cet équilibre.
 

Lähm Nawyös
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MessageSujet: Lähm Nawyös Sam 16 Déc - 21:25

Nawyös, Lähm : Tireur d'élite

Identité


Nationalité : Akkaton
Race : Demi-Dragon
Nom : Nawyös
Prénom : Lähm
Surnom : Lyly' (Intime)
Sexe : Mâle
Date de naissance : 12 Octobre 1947
Age : 53 ans
Lieu de naissance : Cité d'Airain
Lieu de vie lors de votre entrée en jeu : Non-Défini
Rang social : Classe aisée
Métier/Position dans la société : Agent du Prétoris
Titre : Fléau des Dragons - Connu


Armes et équipement :


Armure et armes en votre possession lors de votre entrée en jeu :

Sagïel
Fusil de sniper
Inconnu
L’arme de prédilection de l’Agent du Prétoris. Ce fusil, bien particulier, est conçu en longueur, et doté d’une lunette à grossissement variable. Fait d’un alliage très sombre, surmonté de petites dorures fines qui viennent l’éclaircir, l’arme et tant une œuvre d’art qu’un instrument de mort implacable. Afin d’aider légèrement le tireur, elle possède également un bipied rétractable.

Amélioration Akkatonienne : Portée prodigieuse – La portée effective de l’arme est de 750 mètres de distance.


Miläim
Brombas
Inconnu
L’arme secondaire de Lähm, elle lui permet de pouvoir tenir contre des adversaires à courte portée. L’arme, qui peut paraitre assez massive, est en réalité plutôt légère, et dotée d’une puissance de feu moyenne comme les autres armes de sa catégorie, son avantage résidant surtout dans son chargeur semi-automatique à quatre balles. D’apparence sombre, de fin traits de métal rouge sang viennent lui donner un côté assez artistique.

Amélioration Akkatonienne :Chambre de chargement rapide – Grâce à la dextérité du porteur, et à la chambre de chargement améliorée de l’arme, le temps de recharge est réduit du quart.


Armure de combat Prétoris
Armure légère
Inconnu
Adaptée à la morphologie de chacun de ses agents, l’armure de combat des Prétoris peut prendre diverses formes, tout en gardant les mêmes tons noirs et métalliques. Pour Lähm, il s’agit d’une armure légère très proche du corps qui ne le gêne pas dans ses mouvements, lui permettant d’exploiter toute son agilité. L’armure est renforcée par d’épaisse plaques de cuir au niveau du dos, du torse, des épaules, des coudes, des genoux et des tibias.

Autres équipements

Tenue d’apparât
Ensemble militaire officiel
Inconnu
Un ensemble élégant fait de tissus tous plus chers et riches les uns que les autres. Lähm ne le porte que rarement, lors de cérémonies ou quand il est amené à rencontrer l’empereur. C’est un ensemble noir mat, élégant, surmonté d’un tissu rouge sang qui lui donne un peu de couleurs. Sur la poche située à gauche de la poitrine est accroché l’ensemble des médailles du militaire.

Cape Prétoris
Cape
Inconnu
Une grande cape aux couleurs sombres qui recouvre complètement le corps du porteur, ainsi que son visage. Assez légère, elle protège très bien des intempéries et du soleil. Le tissu qui la compose étant particulièrement difficile à créer, l'équipement est assez couteux, et par conséquent assez rare.  

Amélioration Akkatonienne : Dissimulation – La couleur et la texture de la cape est interchangeable, et toutes les teintes sont travaillées pour offrir une excellente dissimulation à moyenne distance pour le porteur.


Prothèse oculaire
Amélioration corporelle
Inconnu
L’oeil droit de Lähm est en réalité une prothèse de très bonne facture, ce qui la rend pratiquement indécelable au premier regard.  Elle rend son œil légèrement plus lumineux dans la nuit, ce qui est la seule manière de remarquer qu’il ne s’agit pas d’un œil normal.

Amélioration Akkatonienne : Calcul Balistique – La prothèse de Lähm a été créée pour lui permettre d’accélérer ses calculs balistiques. Ainsi, elle lui donne des informations essentielles pour lui permettre de rapidement prendre le tir et s’adapter aux mouvements ennemis.


Balles perçantes en Altagane
Balles de guerre
Inconnu
Une munition faîte en altagane et taillée pour avoir un meilleur pouvoir de pénétration.



Caractéristiques :




Magie : (Description ici.)

Potentiel : Inapte

Feu : Inapte
Eau : Inapte
Vent : Inapte
Terre : Inapte
Lumière : Inapte
Ténèbres : Inapte
Invocation : Inapte
Nécromancienne : Inapte
Transformiste : Inapte

Mental : (Description ici.)

La volonté : Maitre
Contrôle de soi : Maitre
L'intelligence : Maitre
La perception : Champion
Le charisme : Adepte
Technologie : Maitre

Physique : (Description ici.)

Force physique : Confirmé (+1 de bonus racial = Champion)
Agilité : Prodige
Vivacité : Virtuose
Résistance physique : Adepte (-1 de malus racial face aux armes technologiques = Débutant)
Résistance magique : Confirmé (+1 de bonus racial = Champion)
Vitalité : Champion (-1 de malus racial = Confirmé)
Beauté : Confirmé
Discrétion : Prodige

Martial : (Description ici.)
Armes de tailles : Inapte
Armes lourdes : Inapte
Armes d'hast : Inapte
Faux : Inapte
Art de la défense :Confirmé
Armes de lancer/fouet : Inapte
Arc/arbalète : Inapte
Mains nue/Arts martiaux : Confirmé
Armes à feu : Légende
Equitation : Débutant
Domptage : Inapte
Conduite : Débutant



Description de votre personnage :


Description physique :

Dû à ses origines plutôt particulières et uniques, il est plutôt difficile de décrire Lähm en seulement quelques points. Commençons par le visage. Ses cheveux ont une couleur plutôt classique, d'un noir mat. Ils sont rarement coiffés, souvent en bataille, car ils ne sont pas rasés très court comme beaucoup de militaires. Même si le jeune homme ne leur apporte pas beaucoup d’attention ni d’importance, le côté « cheveux dans le vent » lui donne un charme bien particulier. Cette particularité est accentuée par un détail qui ne trompe pas : Lähm n’est pas un humain, en attestent les deux grandes cornes noires aux reflets bleutés qui couronnent sa tête. Ses dents, notamment ses canines, sont plus effilées que la moyenne, comme le seraient celles d’un prédateur. Malgré cette apparence qui pourrait être inquiétante de prime abord, son sourire jovial et enjoué, ainsi que les traits fins de son visage viennent considérablement atténuer cette apparence parfois légèrement austère. Car oui, Lähm sourit souvent, ce qui égaille considérablement son jeune visage. Ses yeux sont d’un bleu profond, légèrement assortis à la teinte bleutée de ses cornes, et, dans la nuit, l’un des deux semble briller un peu plus intensément. La raison est simple : l’œil droit, l’œil de tir du jeune homme, est une prothèse oculaire, qui est presque indétectable pour quelqu’un qui ne s’y connait pas.

Passons donc au physique d’une manière plus générale. Lähm est plutôt grand, sans être un géant, et surtout particulièrement athlétique. Doté d’une endurance honorable, son physique a été forgé par les entrainements intenses qu’il s’inflige quotidiennement. Dans un sens, il s’agit de son outil de travail, et Lähm en a bien conscience. Son rythme cardiaque est particulièrement bas au repos, et il possède de grandes capacités de récupération qui lui permettent de diminuer rapidement les battements de son cœur après un effort. Outre ses capacités physiques, sa peau est légèrement mate, et de solides écailles noires recouvrent une partie de ses avant-bras, ses épaules et omoplates ainsi que sa nuque, attestant de son héritage. Pourtant, l’ensemble est loin d’être disgracieux. Exotique, et harmonieux, son physique n’a rien à envier aux autres hommes de son âge. Le dernier détail pouvant attirer l’attention, ce sont ses ailes. En effet, étant un demi-dragon, Lähm est capable d’utiliser ces deux organes pour fendre les airs. Leurs écailles sont noires, comme les autres, et la membrane est elle aussi très foncée, avec de légers reflets bleutés.

En guise de tenue, Lähm n’est généralement pas trop compliqué. Généralement affublé de ses tenues de combat, il se balade souvent vêtu du mélange cuir/métal noir si caractéristique de son armure. Légère, et parfaitement adaptée à sa souplesse et à son corps, cette dernière lui permet de passer inaperçu dans la plupart des situations. Lorsqu’il est en public, il revêt généralement une grande cape qui permet de cacher au maximum sa tenue de combat aux yeux de tous, ainsi que les deux ailes qu’il garde généralement repliée pour éviter de trop se faire remarquer. Il porte également généralement une grande capuche assortie au reste, dans laquelle se trouve deux grands espaces permettant de laisser passer ses cornes. Lähm, pour les cérémonies officielles, possède également une tenue militaire de grande facture, très riche, et qui témoigne de son rang dans l’empire.


Pour faire plus simple, Lähm ressemble pour deux gouttes dos à Valérian, dans le film éponyme de Luc Besson. Si vous ne l'avez pas vu, voici une image si vous cliquez sur ce lien. Pour ce qui concerne la voix de Lähm, il s'agit également de celle de l'acteur dans la VO du film, dont voici un extrait



Description mentale :

Ce qu’on remarque facilement, lorsqu’on connait Lähm, c’est à quel point son attitude contraste avec son métier. D’aucun pourraient penser qu’un assassin de sa trempe est quelqu’un de froid, taciturne ou encore particulièrement versée dans la violence, la guerre, ou la souffrance, mais il n’en est absolument rien. Lähm est jovial, enjoué, presque en retrait dans certaines situations. Il apprécie le contact social même s’il est rarement à l’aise dès le départ à cause d’une légère timidité. Dans tous les cas, il semble avoir une approche plutôt pacifiste de la vie d’une manière générale, et il serait impossible pour quelqu’un qui ne le connait pas de détecter une quelconque tendance militaire.

Pourtant, même s’il a parfois du mal à se plier à certaines règles, Lähm fait un excellent militaire. Il est doté, mais dans les pires situations, d’un sang froid et d’un esprit analytique absolument remarquable. La panique ne semble jamais l’atteindre, et sa compréhension de l’environnement et des consignes font de lui une unité particulièrement redoutable. Il doit d’ailleurs à toutes ces qualités sa réputation grandissante au sein de l’empire. Quelqu’un qui le connaitra par sa réputation et le rencontrera ensuite sera sans doute particulièrement déstabilisé par la différence entre son attitude martiale et celle qu’il affiche au quotidien.

Mais, comme tout être humain, Lähm possède de nombreux points faibles. Même s’il ne l’affiche pas vraiment, les gens aussi talentueux que lui cultivent une légère arrogance. Dans le meilleur des cas, elle peut être traduite par le fait que Lähm est une parfaite confiance en lui et en ses capacités, mais elle peut également être source de problèmes pour le jeune homme. Deuxièmement, Lähm est particulièrement sensible aux charmes de la gente féminine. Non pas qu’il en sera particulièrement déconcentré durant son travail, mais il ne tuera jamais une femme de sang froid si on ne lui en donne pas l’ordre direct, surtout si cette dernière lui plait.

Convictions :

Si on parle de conviction, la question est surtout de savoir pourquoi Lähm se bat-il. En réalité, il se bat… parce que c’est la seule chose qu’il ne sache réellement faire. Bien sûr, au cours de ses années d’existence, il a rencontré de multiples personnes et s’est forgé un fort caractère, mais la guerre a toujours été pour lui comme une évidence. Ses parents étant considérés comme des réfugiés à Akkaton, il a toujours été bercé et formé pour devenir ce qu’il est aujourd’hui. Même s’il est officiellement un adversaire de l’empire magique, il n’éprouve aucune haine à leur encontre, ce qui peut paraitre assez paradoxal. Il fait simplement ce pour quoi il a du talent, et est reconnaissant à l’empire d’Akkaton de lui avoir permis de s’exprimer malgré son ethnie quelque peu étrange.


Passé de votre personnage :


Histoire :

Prologue

L’histoire de Lähm est bien particulière. Aussi, pour la comprendre, il convient de se pencher sur quelques évènements s’étant passés avant sa naissance, et surtout sur deux personnages clefs : son père, Dramiüs, et sa mère, Lÿne. Les deux ont grandis sur le premier continent Ikhyldien, dans la haute noblesse de l’empire. Et pour cause, Dramiüs était un dragon, et Lÿne sa dragonnière. Seulement, le lien qu’ils partageaient grandissait un peu plus chaque jour, tout comme leur réputation. S’ils étaient, en apparence, et dans les faits, deux fiers guerriers à l’âme intrépide et aventurière, ce qu’ils pouvaient ressentir l’un pour l’autre était beaucoup plus intense. Un amour naissant, sincère, avait fini par les étreindre tous les deux. Le Dragon, qui maitrisait l’art magique de la métamorphose, prit alors forme humaine afin de consommer le fruit de leur idylle.

Mais, curieusement, la famille de Dramius ne semblait pas voir d’un très bon œil cette relation, et cette union, si particulière. Ne souhaitant pas vraiment créer de tensions avec la famille du dragon qui était issue de la haute noblesse, les deux amants choisirent de quitter l’empire pour voyager plus simplement, au gré des vents. Et c’est ce qu’ils firent, quittant les terres de l’empire Ikhyldien pour des lendemains qui leur paraissaient plus cléments. Leur réputation les précédait et attirèrent bien des regards sur eux, sans qu’aucun tord ne leur soit jamais fait. Mais c’est ainsi qu’ils croisèrent la route de Taman Hyson-Draenor, éminent membre de l’une des cinq familles impériales. Lÿne, Dramiüs et Taman se lièrent bien vite d’amitié, et ce dernier leur proposa alors de venir vivre dans la Capitale Akkatonienne en Orzian. Séduits par l’idée de pouvoir vivre cet Idylle autrement que comme des vagabonds, le curieux couple accepta. Leur intégration au sein des Draenor ne fut pas simple car, même s'ils étaient tout deux des guerriers réputés, ils durent mener bataille en faveur de l'empire pour gagner la confiance et le mérite nécessaire à leur acceptation. Après quelques années, une fois officiellement intégrés aux Draenor, ils purent finalement se marier et, quelques mois plus tard, leur joie fut à nouveau comblée par l’annonce d’un évènement. Lÿne était enceinte d’un petit garçon, et c’est donc neuf mois plus tard que commence notre histoire.

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Chapitre 1 – Enfance

Le 12 du mois d’octobre naquis un petit garçon solide aux grands yeux bleus. Mais un coup d’œil suffisait à deviner qu’il n’était pas entièrement humain. En effet, les écailles noires de son père recouvraient quelques-unes des parties de son corps, et ses canines semblaient plus allongées que la moyenne. Mais, au niveau de son dos, quelque chose était plus flagrant. De petites ailes draconiques étaient repliées sur elles-mêmes, encore trop faibles pour espérer transporter le nourrisson. Ce dernier fut alors nommé Lähm, en l’honneur de l’arrière-grand-père de Lÿne, et achevait de combler de bonheur ses deux parents.

Lähm fut alors élevé au sein de la famille Draenor avec tous le respect et les égards que pouvait mériter la noblesse Akkatonienne. Pourtant, même s’il était choyé et aimé par ses deux parents, ces derniers étaient bien loin d’être laxistes. Et la raison en était d’ailleurs relativement simple. La famille Draenor dont ils faisaient partie intégrante cultivait l’élitisme, et il leur était impensable que leur propre fils ne puisse pas suivre leurs traces. Aussi, en plus des apprentissages classiques, ils débutèrent la formation militaire de Lähm particulièrement tôt. Il fut donc initié à tous ses aspects : Stratégie, techniques de combats, armement, technologie, comme autant de domaines qui devinrent rapidement le quotidien de l’enfant. Ainsi bercé dans ces coutumes dès son plus jeune âge, tous les aspects de la vie militaire lui devinrent familier, parfaitement normaux et logiques. Lähm était brillant, et, comme beaucoup d’enfants de son âge, il comprenait et apprenait vite. A peine âgé d’une dizaine d’année, il excellait donc scolairement et militairement parlant, pour le plus grand plaisir de ses deux parents.

Entourés des meilleurs précepteurs que l’on puisse trouver en la présence des éminents membre des Draenor, et surtout de Taman, son parrain officiel, Lähm continua sur la voix dans laquelle on l’avait inscrit, sans en discuter la légitimité. Après tout, c’était ce qu’il avait toujours connu. Ce fut lorsqu’il eut quinze ans qu’on l’initia à la pratique des armes. Seulement, si la spécialité de Lÿne, sa mère, était les armes d’Hast, le jeune garçon ne semblait lui avoir aucune affinité pour les armements standards. Il était impossible de parler ici de maladresse, car son agilité et sa dextérité suffisaient à appliquer les leçons qu’on lui enseignait, mais il n’excellait pas comme ses parents avaient l’habitude de le voir exceller. Ils essayèrent donc de lui enseigner le maniement d’armes différentes, accompagné par différents maitres d’armes, qui finirent par s’accorder sur une chose. Malgré ses capacités physiques et intellectuelles, Lähm ne semblait pas fait pour le combat.

Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, ce constat irrévocable n’eut pas de conséquences. En effet, la famille Draenor ne tenait pas que les guerriers en haute estime. Les stratèges, les commandants et les conseillers militaires étaient monnaie courante dans l’environnement de Lähm. Ainsi, il n’était ni grave, ni important que la pratique martiale ne lui convienne pas, puisqu’il était déjà en avance, pour son âge, sur la plupart de ses camarades. Plus important encore, malgré une timidité assez prononcée au début d’une relation, le jeune garçon n’avait aucun mal à se faire des amis. Ses yeux étaient rieurs, son sourire charmeur et, malgré son physique assez particulier à cause de ses cornes et de ses incisives de prédateur, il intégrait parfaitement les différents groupes dans lesquels il s’épanouissait. C’était pour lui l’âge des rencontres, et des premiers amours dont il profitait aussi bien que ses camarades humains. Une enfance et une adolescence simple, dans un cadre et des conditions de vie idylliques.

Pourtant, un seul détail apparut rapidement aux yeux de tous. Lähm avait grandi rapidement. Il avait atteint la taille et le physique d’un solide jeune homme aux alentours de ses seize ans. Ce fait inquiéta légèrement ses parents. L’adolescent était un hybride d’une race peu connue, et Dramiüs craignait qu’il ne vieillisse prématurément. Cependant, ils furent rapidement rassurés. Sa croissance suivrait surement un modèle similaire à la croissance elfique. Les enfants paraissaient vieillir vite, puis leur apparence et leur physique ne bougeait plus d’un pouce pendant de nombreuses années. Le danger, et la légère inquiétude de ses parents, écarté, Lähm pu donc profiter de son physique plus avancé que ses camarades pour ravir le cœur de quelques jeunes filles, jouissant innocemment d’une longévité dont il n’avait, jusqu’alors, pas conscience.

Alors qu’il avançait toujours un peu plus sur la voie militaire, Lähm commença à s’intéresser davantage à toutes les améliorations technologiques qui faisaient la renommer de l’empire, ainsi qu’à certaines méthodes de combats bien particulières. Voyant qu’il s’épanouissait tel que ses parents le souhaitaient, ces derniers l’encouragèrent à suivre cette voie. Il y démontra alors des compétences et des compétences bien particulières. Lähm comprenait, et ne tardait pas à maitriser rapidement tous les rouages de la balistique et de la technologie spécifiques aux armes à feu et aux prothèses diverses et variées.

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Chapitre 2 – Le désert

L’âme aventurière de Lähm ne cessait de grandir, et l’appel de l’extérieur se faisait chaque jour un peu plus grand. Resté cloitré dans une salle, même si c’était pour pratiquer ses passions, le lassait de plus en plus. Aussi, il fut enchanté de savoir que le groupe d’étudiant dont il faisait partie avait été choisi par Taman pour participer à une mission d’apparence routinière. N’étant pas encore officiellement des soldats, ou n’appartenant simplement pas à l’armées, ils n’étaient là que pour observer et se familiariser avec la vie militaire. Mais c’était amplement suffisant pour Lähm. Ils étaient chargés, au sein d’une compagnie d’une vingtaine d’hommes, d’escorter un chargement à travers le désert jusqu’à un camp voisin. Il s’agissait d’une arme expérimentale qui devait y subir quelques tests de routine, et, en insistant auprès de son parrain, Lähm réussit à apprendre que l’arme en question était un fusil beaucoup plus complexe et couteux que l’armement militaire standard. Il fit alors quelques recherches qui lui permirent de découvrir que l’arme en question alliait une précision et une puissance de feu encore inégalée. Prouesse technologique, il restait encore de sérieux problèmes. La chambre de tir avait du mal à résister à l’impulsion initiale, et explosait presque systématique une fois le premier coup tiré. Cette anomalie intriguait d’ailleurs beaucoup le jeune homme, mais son parrain lui avait formellement interdit ne serait-ce que de toucher l’armement.

Ils partirent alors au matin. Un groupe hétéroclite composé d’une vingtaine de soldats et d’une dizaine d’étudiants et étudiantes de l’âge du demi-dragon. Ces dernières semblaient d’ailleurs particulièrement attirer les regards des militaires, qui, leur escouade entièrement composée de membres masculins, paraissaient particulièrement apprécier la compagnie de la gente féminine. Sans savoir pourquoi, voir ses amies ainsi dévisagées et reluquées ne laissa pas le jeune homme de marbre. Mais il tut son amertume naissante, bien trop heureux de voir son quotidien changer le temps de quelques jours.

Ils avaient fait une pause au milieu du désert, dans l’une des rares Oasis qui le peuplaient. La moitié du bataillon était parti en éclaireur dans diverses directions, et le reste des hommes avait établi un campement de fortune pour passer la nuit. Comme à son habitude, le désert était calme, et le soleil couchant apportait avec soulagement un peu de fraicheur. Globalement, les étudiants restaient entre eux, légèrement à l’écart des soldats. En réalité, l’idée venait surtout des jeunes femmes, parfois inquiètes des regards qu’avaient tendance à porter les militaires sur elles. Ainsi, elles ne quittaient le groupe généralement qu’à deux, comme pour aller se soulager par exemple, afin d’éviter d’être importunées.

Lähm semblait être l’un des seuls à réellement profiter de cette occasion. La vie militaire lui parlait, comme s’il était fait pour ça, et il se sentait, à ce moment, particulièrement libre. Une légère brise battait ses cheveux désordonnés, et il savourait l’instant les yeux fermés. Mais la quiétude qui régnait autour l’Oasis s’envola aussi rapidement qu’elle semblait être venue. Un cri féminin retentit au loin, et Lähm se retourna prestement. L’une de ses amies se trouvait au sommet d’une butte légèrement éloignée du campement et accourait vers eux en faisant de grands signes de bras paniqués, et hurlant à l’aide. L’ensemble des personnes présentes au campement s’étaient alors levées, alors que les soldats récupéraient leurs armes. Mais la jeune femme était bien trop loin pour que ses cris ne puissent être clairement intelligibles. C’est alors qu’une deuxième forme se dessina au sommet de la dune. Féminine une nouvelle fois, mais beaucoup plus lente, il s’agissait à nouveau d’une jeune étudiante. Lähm récupéra alors, comme d’autres, ses jumelles dans sa poche. Il put alors constater, grimaçant, que la jeune femme possédait une profonde griffure au niveau de la cuisse, ainsi qu’une autre au niveau du bras. Les deux blessures saignaient abondamment, alors que, les larmes aux yeux, la jeune femme tentait de suivre l’amie qui la précédait. Cette dernière, qui semblait penser que sa compatriote la suivait, revint en courant vers elle pour la soutenir et l’aider à marcher. Mais il était évident que quelque chose clochait.

C’est alors qu’une forme bien plus imposante se dessina à leur suite, alors que les deux jeunes femmes progressaient tant bien que mal vers le campement. Des étudiants, qui avaient commencés à accourir vers elle, se figèrent en apercevant leur poursuivant. Mélange mutant de lion et de scorpion, une manticore de plus de deux mètres se hissait au sommet de la dune. Lähm continua alors d’inspecter la scène à l’aide de ses jumelles, alors que des cris d’effroi retentissaient autour de lui. Du sang vermeil coulait le long de la mâchoire de la créature, et, dans l’une de ses griffes, une partie de corps vêtu d’un uniforme de soldat gisait, inerte. Une seconde passa, comme une éternité, alors que la manticore toisait ses deux nouvelles proies. Puis, lâchant les restes du soldat mort, elle s’élança avec une vitesse effrayante vers les deux étudiantes, qui, ralenties par la blessure de l’une d’entre elles, peinaient à progresser. Lähm sorti alors de sa torpeur. Si les jeunes femmes avaient franchi la moitié de la distance qui les séparaient de leur salut, la Manticore était bien trop rapide pour qu’elles n’aient ne serait-ce qu’une chance d’y parvenir. Mais c’était sans compter l’intervention des soldats, qui, équipés, pourraient maintenant courir à leur secours et abattre la créature avant qu’elle ne dévore les deux jeunes femmes. Le demi-dragon entendit alors de nouveaux cris, venant du campement cette fois. Il se retourna pour assister à un spectacle auquel il n’aurait jamais pu s’attendre.

Un étudiant était à terre, la lèvre en sang, devant le capitaine de la compagnie. Les soldats, eux, avaient formé une ligne de défense entre la caravane et la créature. Le jeune homme fronça alors les sourcils. Ils n’avaient pas la moindre intention de venir au secours des deux demoiselles qui courraient pour sauver leur vie, respectant simplement les ordres qui étaient de protéger la caravane. De toute manière, il était trop tard, et Lähm le savait. Les armes des soldats ne permettraient jamais d’atteindre une cible à cette distance, leur portée effective était bien trop faible, et, dans tous les cas, leur précision laissait bien trop à désirer pour espérer réaliser un tel exploit. Les deux étudiantes étaient condamnées, et, malgré la colère de ses camarades, le jeune homme comprenait lui la réaction des militaires. Ils avaient une mission, et elle n’était pas de protéger le groupe d’étudiants coute que coute.

La manticore semblait l’avoir elle aussi compris. Au lieu de se jeter sur ses proies, elle les faucha d’un grand coup d’appendice caudal, les envoyant au sol. Littéralement, le monstre semblait jouer avec elle, sachant pertinemment quel festin l’attendait. Mais ce ne fût pas cette scène affreuse qui paru réveiller le demi-dragon. Ce n’était pas non plus l’envie de voler tel un preux chevalier au secours de demoiselles en détresse. Non, le besoin, l’envie était bien plus primaire, plus basique. Comme on lui avait toujours dis, et comme il l’avait cru lui-même, il n’était pas doué pour la chose martiale. Il serait un stratège, ou un conseiller brillant, ce qui lui convenait parfaitement. Ou plutôt ce qui lui avait convenu jusqu’à présent. Il laissa alors son instinct prendre le dessus, et se précipita vers la caravane.

Lähm dérapa devant celle qui abritait l’arme prototype pour laquelle ils accomplissaient ce voyage. Il décrocha alors le fusil soigneusement entreposé, puis son regard couru rapidement sur le reste des murs, cherchant des munitions. Il venait d’en trouver une demi-douzaine, soigneusement rangées elle aussi, mais, entendant de nouveau cris dehors, il ne put en saisir qu’une seule. Alors qu’il sortait, équipé de l’arme, il tomba nez à nez avec le capitaine, rouge de colère. Mais le jeune demi-dragon était, quant à lui, parfaitement calme. Dans sa tête ne résonnaient que des calculs et des probabilités. D’un coup sec, qui surprit le responsable de la compagnie, il courba légèrement les doigts, ne fermant pas totalement le poing, et frappa dans la trachée. Le coup n’était pas mortel, mais suffisant pour mettre l’homme à terre. D’une froideur implacable, Lähm se précipita alors en direction des deux jeunes femmes, que la manticore reniflait à présent. Tout en courant, le jeune homme se mit alors à instinctivement calculer les distances en fonction des ombres des arbres et des perspectives. Elles étaient environ à six cents mètres de lui. Impossible. Il lui fallait se rapprocher encore. Il entendait les soldats lui hurler de s’arrêter, mais son cerveau laissait simplement cette information de côté.

Cinq cent cinquante mètres. Toujours impossible. Chacune de ses foulées soulevaient de grandes gerbes de sable alors qu’il progressait. Mais il était trop lent. Il lui restait cent cinquante mètres à parcourir pour espérer être à portée effective de sa cible, selon les caractéristiques qu’il connaissait de l’arme, et sans compter la possibilité que cette dernière ne fonctionne pas. La manticore semblait s’être lassée de jouer avec ses deux proies, et les deux filles, recroquevillées, semblaient l’avoir compris, et avaient cessé de se débattre. La jeune femme qui avait été blessée était inanimée, alors que sa consœur observait simplement la manticore qui s’était relevée, les larmes aux yeux. Elle était désarmée, n’avait nulle part où fuir, et seule la mauvaise fortune était à blâmer. La manticore poussa alors un rugissement, et tomba sur elle, scellant son trépas. Elle ferma les yeux, poussa un dernier hurlement de terreur, et tout ce qui suivit ne fut que ténèbres.

Les soldats s’étaient relevés, quittant leur formation, et regardant d’un air éberlué la scène qui s’étalait sous leurs yeux. Lähm était allongé au sol, derrière le fusil au canon encore fumant. Son esprit analytique lui avait vite fait comprendre qu’il n’aurait aucune chance d’atteindre les quatre cents mètres avant que la Manticore n’ait dévoré les deux jeunes femmes. A plus de cinq cents mètres, il s’était donc couché au sol, fusil en main. Comme un geste parfaitement naturel, il avait étendu le bras gauche pour stabiliser sa visée, calant la crosse dans le creux de son aisselle. Le vent était faible, trop faible pour le gêner à cette distance. En revanche, son cerveau ressassait en boucle toutes les données dont il disposait, et les alignait selon les méthodes que le demi-dragon avait apprises. Sans se presser, sans ne se précipiter ni commettre une seule erreur, Lähm glissa sa seule et unique balle dans le prototype. Calant délicatement son œil droit dans le viseur, il laissa son instinct mathématique guider la lunette. Il remarqua alors que, à l’arrière du crâne de la Manticore se trouvait une plaie récente. Au vu de la distance, il s’agissait de la seule ouverture possible pour que le balle ne pénètre le cuir épais de la créature. Lähm ressentit alors tout son corps ne faire qu’un avec son arme, qui devint une extension de son être. Ses battements de cœur étaient calmes, réguliers, et résonnaient dans ses oreilles. S’ensuivit alors un instant où le temps semblait s’être arrêté. Les cris étaient lointains, tout comme le rugissement triomphant de la créature. Lähm expulsa alors lentement l’air de ses poumons en un fin filet, alors que ton son corps se détendait. Son index droit effleura alors la détente, comme une tendre caresse, alors que l’oxygène avait complètement quitté ses poumons. Un nouvel instant d’éternité survint, et Lähm pressa la détente.

Le souffle impressionnant dégagé par le coup de feu fit voler un instant ses cheveux vermeils, alors que la balle atteignait déjà le sommet de sa courbe. La manticore allait s’abattre sur sa victime lorsque le projectile, en moins d’une seconde, la percuta finalement dans la seule faiblesse de sa peau, éclatant, une micro seconde plus tard, l’ensemble de son système nerveux. La bête s’écroula au pied de la jeune fille évanouie.

Lähm prit une bouffée d’air, remplissant à nouveau ses cavités pulmonaires d’un air frais. Reculant légèrement de la lunette, il posa sa tête sur le coussinet disposé sur la partie haute de la crosse, fermant les yeux, et savourant l’instant de paix dans lequel il paraissait se trouver. Il sentit à peine les pas précipités des étudiants qui remontaient jusqu’au deux jeunes filles et qui passaient à côté de lui. Après quelques instants, le jeune homme se releva, contemplant avec un sourire en coin son exploit. Mais sa joie fut de courte durée. De solides bras l’empoignèrent, une matraque s’abattit sur sa tête, et sa conscience bascula dans les ténèbres.

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Chapitre 3 – Prétoris

Lähm restait muet, enfermé dans la cellule dans laquelle il s’était réveillé. On lui avait expliqué ce qu’il faisait là, et ce qui l’attendait probablement par la suite. Mais il n’avait pas vraiment écouté, l’esprit encore obnubilé par ce qui s’était déroulé dans le désert. Son esprit était encore là-bas, ressentant le souffle de la détonation, ses cheveux noirs volants brusquement dans le vent et le sable brûlant enveloppant sa poitrine. Il l’avait senti, c’était ce dont il était capable, ce qu’il voulait vivre à nouveau. La satisfaction d’avoir réussi était si enivrante… Bien plus que tout ce que pourrait un jour lui procurer un métier de stratège ou de conseiller. Il s’était illustré, c’était indéniable, mais, pourtant, il savait que ce n’est pas ce que l’empire retiendrait de son comportement. Et curieusement, le regard que lui portait la nation ne lui semblait plus si important. Non, décidément, la sensation qui lui avait étreint le cœur lorsque son index droit avait appuyé sur la gâchette du prototype valait bien toutes les sanctions et le déshonneur qui en découlerait. Pour la première fois, il s’était senti en paix, et avec son monde, et avec lui-même. Il était heureux, tout simplement.

Lähm ne sut jamais combien de temps il passa, assit dans sa cellule, dans cet état d’apaisement, attendant le verdict qui lui annoncerait sa sentence. Son seul regret était l’idée de ne plus pouvoir jamais ressentir quelque chose de comparable. Bien sûr, il pensait à la déception de ses parents, ou bien de son parrain, lorsqu’ils apprendraient ce dont on l’accusait. Il n’avait, pour la première fois, laissé parler son instinct que quelques secondes, secondes qui avaient suffit à changer drastiquement sa vie, même s’il ignorait encore à quel points les changements seraient importants.

Un jour, il se retrouva face à la mine grave de Taman. Sachant pertinemment que le verdict avait dû tomber, Lähm était prêt à faire face aux conséquences de ses actes. Mais l’homme se contenta d’observer son filleul dans les yeux, pendants de longues minutes. Il brisa alors le silence, d’une voix ni dure, ni tendre. Une simple interrogation, qui ne semblaient engager à rien.

« Tu as vraiment fait ce dont ils t’accusent ? » Demanda-t-il, les yeux toujours rivés dans ceux du demi-dragon.

Lähm, sans aucune honte, supportait le regard de son parrain. Ne prononçant pas un seul mot, dans un moment d’éternité, il hocha simplement la tête. Taman ferma les yeux quelques instants, puis il sorti une clef de sa poche, ôtant alors les menottes métalliques que portait son filleul.

« Suis-moi. » Dit-il simplement, avant de se relever.

Lähm fit de même, se contentant d’obéir. Il n’y avait aucune trace de crainte, seulement le sentiment que le destin suivait simplement et inexorablement son cours. Il franchit alors le couloir, sachant pertinemment qu’où qu’il puisse aller, il n’avait fait qu’obéir aux insaisissables lois de l’univers. On le mena rapidement à une petite pièce où étaient installées une dizaine de personnes, que le jeune dragon ne prit même pas le temps de regarder. Un petit collectif disparate. Hommes, femmes, jeunes, adultes, il y en avait pour tous les goûts. Tous en uniformes, il semblait pourtant à Lähm qu’ils manquaient nettement de discipline, installés plus ou moins n’importe comment dans la pièce. Pourtant, il se dégageait comme une certaine harmonie du petit groupe hétéroclite. Ou plutôt, un certain sentiment d’unité. Les regards se posèrent alors sur Lähm, et c’est ainsi qu’il rencontra l’unité Prétoris.

Composée d’une dizaine de membres, tous plus différents les uns que les autres, les missions de l’unité étaient d’ordre divers. Espionnage, élimination de cibles sensibles, leur réputation n’était plus à faire. Mais personne ne connaissait réellement leurs modes opératoires, ni leurs membres actifs. Ils n’avaient pas de signatures particulières, et le groupe était surtout entourés de légendes toutes plus tordues les unes que les autres. Une seule chose était sûre : leur efficacité redoutable. Capable de prouesse inaccessibles aux autres unités Akkatoniennes, la force de l’unité résidait dans la particularité de ses membres. Allant de l’expert en lames, au spécialiste des explosifs, il alignait un panel immense de capacités capables de répondre à des situations d’une complexité hors norme. Et les Prétoris venaient alors d’intégrer leur tout premier tireur d’élite.

On rendit alors à Lähm le fusil prototype, puis il fut mis à sa disposition toute la technologie et les ressources nécessaires pour qu’il puisse l’améliorer ou la modifier. Rapidement, le jeune demi-dragon se sentit à l’aise avec le groupe et ses excentricités. Ils ne se voyaient que rarement, ne partant généralement en mission qu’à deux ou trois au maximum, ils étaient déployés sous couverture dans tout Orzian. La faute de Lähm fut rapidement oubliée, alors que sa réputation faisait son chemin jusqu’aux oreilles de l’empereur. Il officia ainsi, s’améliorant chaque jour, durant une trentaine d’années. Son apparence restait parfaitement inchangée grâce au sang de dragon qui coulait dans ses veines. Véritable légende des armes à feu, et particulièrement apprécié par la famille Draenor, ses talents ne cessaient de se développer de jour en jour. Ses compétences en surveillance, camouflage et, surtout, en tir à grande distance entretenaient une sorte de voile mystérieux autour de lui, que le jeune homme ne cherchait en rien à renier.

Pourtant, il lui en fallait toujours un peu plus, même s’il s’épanouissait. Avide de nouveaux challenges, Lähm exécutait sans sourciller toutes les missions que l’unité Prétoris lui confiait, sous les ordres des conseils exceptionnels des cinq familles. Il supprima alors des noyaux de révolutions contre la supériorité Akkatonienne dans tout Orzian, aidé par ses pairs, ce qui ne fit qu’alimenter les rumeurs qui régnaient au sujet de l’unité d’élimination Akkatonienne.


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Chapitre 4 – Fait d'arme

Lähm semblait ne vieillir ni physiquement, ni mentalement. Les humains qu’il côtoyait, et qui composaient donc principalement l’unité Prétoris, à part quelques elfes, nains et vampires qui s'y étaient greffés, se suivaient sans se ressembler. Aussi, il vit certains de ses camarades partir, les uns après les autres, pour être remplacés par des individus toujours plus excentriques. Le jeune dragon, lui commençait doucement à faire partie du paysage de l’unité, devenant au fur et à mesure des années l'un des vétérans du groupe, bien que son apparence laisse à penser qu’il n’était en réalité qu’une jeune recrue. Mais il n’y avait pas vraiment d’organisation hiérarchique propre. Ainsi, lorsqu’un membre intégrait l’unité, c’était qu’il disposait de capacités et compétences particulières qui lui permettaient de répondre et solutionner quelques problèmes bien précis. Aussi, tout n’était ensuite qu’une affaire de respect entre les membres, seulement sous le contrôle du conseil exceptionnel des cinq grandes familles, qui se réunissait sous consigne de l’empereur.

La renommée de Lähm, elle, ne faisait que grandir davantage. Son expertise technologique lui avait permis de fabriquer et améliorer ses armes et équipements, de manière à les optimiser quant à son utilisation bien spécifique. Aussi, Sagiel, le fusil prototype qui ne ressemblait plus du tout à son modèle de départ, et Mïlaim, le Brombas, avait lui aussi subit bon nombre d’améliorations. Mais l’équipement du jeune dragon n’était pas le seul à avoir subi des transformations. En effet, l’œil de visée de Lâhm avait lui aussi été remplacé par une prothèse oculaire, et travaillé pour lui fournir toutes les informations balistiques dont il avait besoin pour tirer à d’aussi grandes distances.

Vint un jour, donc, l’heure de son plus grand défi. Sur l’ordre de l’empereur, et par extension des cinq familles, le jeune dragon fut chargé, presque un an à l’avance, de démanteler une cellule de l’esprit qui sévissait. Seulement, cette fois, deux problèmes majeurs s’offrirent au jeune homme. Le premier, c’était que la cellule semblait si organisée qu’il était difficile de prévoir ses différents mouvements. En effet, peu d’informateurs disposaient d’informations sures à son sujet. Elle n’était pas géographiquement implantée et, mis à part certains détails, on ignorait beaucoup de ses leaders. Il s’agissait donc d’un travail de longue haleine et, par mesure de précaution, l’unité Prétoris ne pouvait pas se permettre d’engager plusieurs hommes pendant une durée aussi fluctuable. Aussi, la mission fut donnée au jeune demi-dragon, qui avait toutefois toute autorité sur les moyens à mettre en œuvre pour mener à bien sa mission.

Le deuxième problème, fut la très probable présence d’un dragon et d’un dragonnier dans les rangs ennemis. Encore une fois, il paraissait plus que logique que la mission soit confiée à Lähm. Après tout, quoi de mieux qu’un Dragon pour en abattre un autre ? Le père de ce dernier se proposa alors d’entrainer son fils, pendant quelques mois, afin qu’il puisse prétendre à la réussite de sa mission. Cette dernière n’étant pas inscrite dans le temps, l’occasion été rêvée, et Lähm, qui appréciait particulièrement préparer ses assauts, accepta. Son père lui apprit alors tout ce qu’il fallait savoir sur les dragons, couplant la théorie et la pratique. La tâche était immense, mais en suivant une stratégie précise, elle était parfaitement réalisable. Surtout pour un expert des armes à feu comme le jeune homme. Une fois que son père le jugea suffisamment compétent pour affronter ledit dragon, il laissa le jeune homme partir.

La traque fut longue, et Lähm comprit rapidement qu’il n’y arriverait pas seul. Selon les différentes informations qu’il avait pu glaner, le groupe se réunissait semestriellement au sein des montagnes d’Eïrn, dans un endroit reculé et inconnu. Il lui fallait donc quelqu’un particulièrement doué en pistage, et en guérilla, afin de lui prêter main forte. Mais, comme il lui avait été dit lors du briefing, aucun membre de l’unité Prétoris n’était susceptible de venir en renfort. Il allait donc falloir qu’il trouve lui-même quelqu’un de suffisamment exceptionnel pour le guider dans les montagnes et retrouver la trace de la cellule terroriste.

Bien vite, grâce à son réseau, il entendit parler d’une pisteuse au potentiel immense, surnommée, à juste titre selon les rumeurs, la chasseresse. N’ayant pas d’autres pistes, et ayant besoin de ses talents légendaires, il se rendit en Akkaton, afin de rencontrer la dite mercenaire. La situation dans laquelle ils se rencontrèrent aurait pu en décevoir plus d’un. Le demi-dragon, enveloppé dans sa grande cape, qui cachait notamment ses ailes, était dans un bar indiqué par l’un des nombreux infiltrés d’Akkaton, comme étant l’un des repères préférés de la chasseresse. Mais Lähm eut bien du mal à la repérer. Il aurait pu trouver ça normal, si, en final, la femme qu’il recherchait n’était pas une ivrogne à l’attitude partiellement provocatrice, qui avait d’ailleurs manqué de peu de déclencher une bagarre générale. Profitant de son état d’ébriété, et à grand renfort d’esquive et de maitrise martiale, Lähm avait finalement réussi à la sortir du bar, sous la pluie, essuyant alors une volée d’injures curieusement variée. Mais, au vu de la prime que lui promit alors le membre de la troupe des Prétoris, la jeune femme ne mit pas longtemps à accepter le travail qu’on lui proposait.

Le curieux Duo prit alors la direction des montagnes d’Eïrn. Grâce aux talents indéniables de Lydie, ils trouvèrent, après quelques semaines de traque, la petite vallée dans laquelle était prévue la grande réunion que les membres de l’esprit avaient prévu de tenir, en attestaient les tentes plantées quelques jours auparavant.

C’était pour ce moment que Lähm était venu. Ici, le rôle de Lydie consistait surtout à empêcher les soldats de l’atteindre, par le biais d’une féroce guérilla et des multiples pièges que la chasseresse avait d’ores et déjà mis en place. Grâce à sa prothèse oculaire, le jeune dragon n’avait pas besoin de  repères particuliers, car cette dernière analysait d’ores et déjà les distances qui le séparaient de ses cibles. La priorité était bien sûr le dragon, l’unité ennemie la plus à même de causer des dégâts à leur maigre formation. Une fois prêts, ils attendirent presque deux jours dans un silence et une concentration à toute épreuve. Une seule erreur serait fatale, et ils le savaient. Si Lähm ne devait, lui, ne se permettre de rater aucuns tirs, Lydie, elle devait être un véritable mur invisible entre d’éventuels assaillants et lui.

Le surlendemain, donc, la délégation était là. Le Dragon était bien moins impressionnant que ne pouvait l’être le père de Lähm, probablement bien plus jeune. En tout est pour tout, en comptant le Lézard géant, il y avait cinq cibles. Le dragonnier, et trois dignitaires plus simplement vêtus venaient compléter la liste, plongeant eux même dans un enfer dont ils n’avaient aucune espèce d’idée. Les montagnes formaient certes une muraille autour de la plaine dans laquelle ils avaient élu domicile, mais, dans la situation, il s’agissait davantage des murs impitoyables de leurs tombeaux. Lydie avait disparu, et le jeune demi-dragon était seul. Son premier coup signerait le début des hostilités, aussi, il fallait le choisir avec soin. D’un geste délicat, le Prétoris glissa une balle à haute pénétration dans la chambre de son fusil, glissant ensuite son œil dans la lunette. Il prit une profonde inspiration, alors que son viseur se baladait sur chacune de ses cibles, avant de s’arrêter sur le dragon. Il bloqua ensuite l’air dans ses poumons, puis, après une seconde de concentration, il fit feu.

La balle fendit les airs, et vint brutalement percuter la jonction entre le dos et les ailes du dragon, explosant l’os sous l’impact. La bête poussa un rugissement de douleur, mais les mains expertes de Lähm étaient déjà en train de recharger. Avant que, paniqués, les gens n’aient eu le temps de comprendre, le second coup parti, résonnant dans les montagnes, et brisant l’os parallèle à celui précédemment touché. Le reptile était cloué au sol, immobilisé. Alors que les troupes cherchaient vainement à s’organiser pour partir en direction du bruit, un troisième coup parti, perforant l’œil du mastodonte, qui se souleva sous la douleur et fit tomber son cavalier. Ou plutôt sa cavalière, puisque, lorsque son casque roula au sol, Lähm pu apercevoir une jeune femme d’une vingtaine d’années, incroyablement belle, encore sous le coup de la surprise. Le Dragon était, lui, inoffensif pendant un petit laps de temps, ce qui laissa le temps au tireur de faire mouche trois fois de plus. Les trois dignitaires s’étaient écroulés, une balle logée dans la cervelle. S'ils avaient essayé de se protéger de leur sombre exécution grâce à la magie, les balles de Lähm spécialement conçues pour l'occasion ne leur avaient laissé aucunes chances.

Les fantassins chargèrent alors vers la montagne où se trouvait Lähm, mais celui-ci ni prêta aucune attention. Gardant son attention focalisée sur ses cibles. Avec une froideur inimaginable, le tireur d’élite abattit les guérisseurs qui paraissaient se précipiter au chevet du dragon, empêchant alors quiconque de s’approcher de sa blessure à la tête qui saignait abondement. Lorsque la plupart furent hors d’état de nuire, toujours avec un sang-froid monstrueux, le demi-dragon commença à faire feu de nombreuses fois sur le reptile immobilisé, accumulant la douleur et les blessures de ce dernier qui ne pouvait pas réagir face au traitement impitoyable de son demi-homologue. C’est alors que, le visage brillant de larmes, la dragonnière refit son apparition, tentant à son tour d’alléger les blessures de son lié. Mais Lähm était trop professionnel pour se laisser attendrir par le beau minois de la jeune femme, et sa balle perfora violemment le bras tendu de cette dernière, touchant également une partie de ses côtes, et elle s’écroula au sol, lourdement blessée.

Le calme était revenu dans la plaine, où il ne semblait plus y avoir âme qui vive. Poussant un profond soupir, afin de se sortir de l’état impitoyable dans lequel il s’était mis pour s’adonner à sa mission, Lähm recula le visage de Sarïel. Quelques lointains cris indiquèrent que Lydie avait elle aussi fait sa part. Ils avaient donc, à deux, réussi à neutraliser une cellule entière de l’esprit, y compris un dragon, un dragonnier, et une vingtaine d’hommes. Le demi-dragon se redressa, raccrochant son fusil sur son dos. Il réajusta ensuite sa cape, avant d’avancer, tranquillement, vers le lieu du carnage. Il ne doutait pas que ses tirs avaient tous fait mouche, mais son travail était de s’assurer que sa mission était bel et bien remplie.

Marchant à travers les cadavres, il arriva bien vite au niveau du dragon. Ce dernier respirait toujours, mais faiblement. Il agonisait lentement. Sans un mot, le jeune homme dégaina son Brombas et, visant la blessure déjà bien ouverte au niveau de l’œil, il mit fin aux souffrances de la créature mystique. C’est alors qu’il aperçut, lovée contre le ventre désormais définitivement immobile du dragon, la dragonnière qui y était adossée, tenant sa blessure de son bras valide. Le visage trempé par les larmes et le sang, elle lui jeta alors un regard d’où émanait un tumulte d’émotions contradictoires. Le Prétoris braqua alors pendant quelques secondes son arme vers le crâne de la jeune femme, mais ne parvint pas à tirer, le visage toujours parfaitement caché par la capuche qui le recouvrait. Sa mission était accomplie, et il n’avait plus aucune raisons de tirer. Il devait neutraliser la dragonnière, et elle n’était maintenant plus qu’une humaine, mortellement blessée. Il rengaina alors, lui tournant le dos sans un mot, pour rejoindre les montagnes.

Il retrouva Lydie et, ensembles, ils regagnèrent Akkaton. La réussite de Lähm dans cette opération complexe accentua davantage sa réputation, et, de cette histoire, il obtint le titre de « Fléau des dragons », qui, bien qu’exagéré, semblait parfaitement convenir au peuple Akkatonien.

Lähm fait donc, au moment de l’investiture du nouvel empereur, toujours parti de l’unité Prétoris, dont il est actuellement l'un des membres les plus anciens, malgré son apparent jeune âge.


Liens :

- Dramïus Nawyös-Draenor [Père – Vivant] : Un puissant dragon, taillé pour le combat, et maitre dans le transformisme. Lähm le respecte énormément, comme le reste de sa famille de sang et d’adoption politique. Il a formé son fils à vaincre les dragons, et il lui doit donc complètement le titre que lui a valu son exploit.

- Lÿne Nawyös-Draenor [Mère – Vivante] : Une farouche guerrière humaine, tombée amoureuse de son lié. Bien que bienveillante et aimante avec son fils, elle a toujours essayé de lui inculquer une certaine éthique militaire. Comme son père, Lähm l’estime énormément.

- Taman Gräindur-Draenor [Parrain – Vivant] : Un stratège de génie, responsable de la venue des parents de Lähm en Akkaton. Très haut placé dans la hiérarchie militaire, c’est lui qui intègre son filleul à l’unité Prétoris. Lähm lui voue une estime peut être encore plus grande que celle qu’il voue à ses parents, voyant en lui comme un second père.

- Lydie Kolas [Associée – Vivante] : Une chasseresse de renom, avec qui Lähm a curieusement prit plaisir à voyager. Bien que très différents, il se trouve que leur duo fonctionne plutôt bien, et il la tient donc en haute estime.

- Otmar Ehrlich-Deffarès [Empereur – Vivant] : L’empereur auquel Lähm a juré allégeance, et qu’il tient en haute estime malgré le fait qu’ils ne soient pas issus de la même famille politique.  



Qui êtes vous ?


Petite présentation de votre personne : J'suis un panda Badass ! Sinon Euh bah... Je suis un étudiant/salarié (oui alternance, pour traduire), et grand fan de diverses choses, comme le sport, le cinéma, les mangas et, surtout les jeux vidéos !

Rythme rp et particularités : Malgré ma présentation à la troisième personne, je compte bien écrire à la première ! Et niveau rythme, classique, je dirais !

Comment avez vous découvert le forum : Le fondateur est un ... ami ? o/

Des ambitions pour votre personnage ? Quelle évolution aimeriez vous lui donner à court ? Moyen ? Long terme ? Ah... C'est une question particulière et je sais pas du tout pour l'instant, j'attends de voir ce qui me vient, surement l'humaniser un peu plus !


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Lähm Nawyös
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